Législatives algériennes : Un taux de participation de 12% à Montréal

mai 12, 2017

Ils étaient 1 370 sur les 11 254 inscrits à s’être déplacés au consulat d’Algérie à Montréal pour voter. Le taux de participation atteint ainsi les un peu plus de 12%.

Montréal fait partie de la zone 4 (Europe hors France et Amérique) où sur les 133 377 inscrits, 11 849 ont voté soit un taux de participation de 9%.

 

Par Samir Ben  Contactez moi

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Législatives algériennes : Un taux de participation de 6.5% à Ottawa

mai 11, 2017

Sur les 2 649 incrits sur la liste élecorale à Ottawa, 171 ont voté à l’élection du 4 mai, soit un taux de participation d’un peu moins de 6.5%. Les bulletins nuls étaient au nombre de 53.

 

La capitale canadienne fait partie de la zone 4 (Europe hors France et Amérique) où sur les 133 377 inscrits, 11 849 ont voté soit un taux de participation de 9%.

 

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Vote de la diaspora : Le FFS conteste les résultats en Espagne, en Belgique et en Allemagne

mai 10, 2017

Avec 15 voix le séparant du postulant de l’Alliance nationale républicaine (ANR), le candidat du Front des forces socialistes (FFS) pour l’Europe hors France et l’Amérique (zone 4) a annoncé avoir déposé un recours auprès du conseil constitutionnel. Ce dernier devrait statuer d’ici le 17 mai prochain.

Dès la publication des résultats provisoires par l’institution, les langues ont commencé à se délier.

Mohamed Ferrah, n’y va pas par quatre chemins. Il s’en prend directement dans son recours aux responsables des bureaux de vote en Espagne, en Belgique et en Allemagne (Francfort).

« A Madrid et Alicante, des fonctionnaires des consulats se sont amusés à voter par procuration à plusieurs reprises. Sur les P-V, on ne mentionne même pas le nombre de votants par procuration », nous explique celui qui est à 15 voix d’un poste de député. Il a récolté 1208 voix contre 1223 pour Noreddine Belmeddah, député sortant FLN, réélu sous les couleurs de l’ANR.

« Les urnes des bureau de Charleroi, Luxembourg, Gand et Liège ont été acheminées à Bruxelles sans les surveillants après le vote du week-end. Elles ont passé deux nuits à l’hôtel Royal de Bruxelles avant d’être exposées aux votants le dernier jour du scrutin le jeudi 4 mai », ajoute Mohamed Ferrah.

Il ne mâche pas ses mots quand il parle du vote pas procuration qui serait la brèche par laquelle s’introduit le « diable » de la fraude.

« A Francfort, c’est le même processus qu’ailleurs. Des fonctionnaires avec 20 procurations qui votent pour leurs connaissances. Or, la loi n’autorise qu’une seule procuration par personne et que celle-ci doit être motivée par des contraintes majeures. Je défie le consul de Madrid et d’alicante de mettre les registres à la disposition des experts. Ils trouveront que des personnes ont voté plusieurs fois par procuration », continue-t-il.

Autre reproche. La composition du personnel des bureaux de vote. « Le bureau de vote devait être composé uniquement de citoyens résidant dans la Zone mais en réalité la majorité sont des fonctionnaires des consulats », explique-t-il.

Mais le FFS, comme d’autres partis, avait des surveillants et pouvaient compter les votants en temps réel ?

« On nous a exigé que ce soit la même personne pour tout le long des six jours du scrutin. Ce n’était pas possible qu’elle soit présente tout le temps», cet ancien élu de l’APW d’Alger.

Sans le dire directement, le candidat FFS se pose des questions sur le taux de participation global.

Dans le cas de Montréal où se trouve le tiers des voix qu’il a récoltées dans la zone 4, l’évolution du taux de participation laisse perplexe.

Selon les observateurs, le samedi 29 et dimanche 30 avril, un beau week-end à Montréal,  le nombre de votants était de 154.

Lundi, mardi et mercredi « il y a eu de la pluie et une journée de semaine, nous n’avons pas eu de surveillant, ajoute-t-il. Et jeudi matin,  on a eu 1 000 voix de plus a raison de 350 voix par jour de semaine ! »

Sur les 955 466 inscrits à l’étranger, 95 844 ont voté, soit un taux de participation de 10 %. En Europe hors France et en Amériques, sur les 133 377 inscrits, 11 849 ont voté soit un taux de participation de 9%.

Invité à commenter le recours du FFS, le député élu Noreddine Belmeddah dit que « le FFS a le droit d’introduire des recours mais ailleurs qu’au Canada, il a été classé troisième, cinquième et parfois n’a obtenu aucune voix ».

 

La tâche ne sera pas facile avec le Conseil constitutionnel puisque le fardeau de la preuve repose sur le dos du FFS dans son recours. Mais elle permet aux citoyens et à l’observateur de voir clairement les mécanismes de la fraude dans les bureaux ouverts pour les Algériens de l’étranger.

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En collaboration avec des Algériens du Canada : Première compétition d’aéronautique en Algérie

mai 9, 2017

Quel étudiant en aéronautique n’a pas rêvé de mettre en pratique la théorie apprise sur les bancs de son université et concevoir une fusée amateur qu’il pourra lancer un jour ? Le rêve est plus proche de la réalité qu’on le croit!

Étudiantes tunisiens aux 3e Tunispacedays

Près d’une centaine d’étudiants venant de neuf universités algériennes se retrouveront le 25 septembre prochain à l’institut d’aéronautique et études spatiales de Blida pour une compétition où ils auront à présenter des maquettes et des prototypes, sans moteur, de fusées amateur de haute puissance qu’ils auront conçues et validées auparavant selon des critères scientifiques et techniques rigoureux.

« Le plus important pour le moment n’est pas de lancer ces fusées. Le focus est porté sur la conception et la validation du travail des étudiants ainsi que la réalisation du prototype ou de la maquette. On le fera dans quelques années  après l’obtention des autorisations nécessaires. Les Tunisiens le font et ils organisent des lancements de fusées qui atteignent 500 mètres d’altitude», explique Abdelkader Kherrat, chargé de cours en aéronautique à Polytechnique Montréal.

Étudiants pendant la compétition IREC 2016 – Utah (USA)

« Ce genre de compétition est organisée partout dans le monde. L’année dernière à Green River en Utah (USA) où j’étais présent, une équipe de jeunes étudiants égyptiens s’est classée sixième », nous explique cet infatigable ingénieur chez le constructeur canadien Bombardier qui s’apprête à visiter une compétition qui se tiendra au Québec où l’association canadienne de fuséologie organise des lancers qui atteignent les 2 000 mètres d’altitude.

 

« Le but de cette manifestation est d’offrir aux étudiants une activité parascolaire qui leur permettra de vivre une expérience en ingénierie », ajoute Abdelkader Kherrat qui a déjà réussi auparavant à envoyer une carlingue d’avion de Bombardier à l’institut de Blida.

« Les étudiants sont énormément motivés. Je reçois quotidiennement des questions sur facebook et skype à des heures tardives ici alors imaginez à quelle heure en Algérie [5 heures de décalage horaire, NDLR]», mentionne cet ancien étudiant de Polytechnique d’El Harrach et passionné d’aéronautique à l’enthousiasme contagieux.

L’idée de cette compétition remonte à une année lorsqu’il l’avait proposée à des enseignants universitaires algériens qui l’ont rapidement adoptée. S’en est suivi un accord de la direction générale de la recherche du ministre de l’enseignement supérieur, qui ne s’est pas fait prier pour embarquer dans le projet. Le recteur de l’Université de Blida a proposé d’accueillir cette première édition.

D’autres universités peuvent s’ajouter aux neuf qui ont répondu à l’appel (Oran, Bel Abbes, Blida, École Polytechnique El-Harrach, Bab Ezzouar, Constantine, École Polytechnique de Constantine, Biskra et El Oued).

Les étudiants qui sont suivis par des encadreurs en Algérie auront aussi l’aide et le support d’une équipe à Montréal.  La compétition durera un jour. Les 3 équipes gagnantes devraient recevoir entre 50 000 et 200 000 DA en prix. Pour le moment, Abdelkader Kherrat a réussi à convaincre Cevital et Soficlef de sponsoriser l’événement et continue à essayer de convaincre d’autres.

 

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Canada : Le FFS perd son unique siège de la diaspora

mai 6, 2017

Débâcle pour le FFS à l’étranger. Le parti de Hocine Ait Ahmed se voit « allégé » de son seul siège de la diaspora à l’Assemblée populaire nationale (APN) à l’issue d’une élection qui a connu un fort taux d’abstention. Près de 90% des 133 377 inscrits sur la liste électorale de la zone 4 (Europe hors France et Amériques) n’ont pas voté.

Bien qu’ayant récolté le plus de voix au bureau de Montréal (404 sur les 1311 exprimées), le candidat FFS, Mohamed Ferrah, n’a pas pu récolter les appuis nécessaires dans les autres bureaux de vote d’une zone qui s’étend sur plus de deux continents.  L’issue de cette élection se joue en Europe et plus précisément entre l’Espagne, l’Angleterre et l’Italie et à un moindre degré la Belgique. Le Canada avec ses 14 000 électeurs ne peut pas faire basculer significativement les résultats. D’ailleurs le député sortant (FFS), Belkacem Amarouche, avait plaidé pour un nouveau découpage qui ferait élire un résident du Canada.

La candidature de ce résident en Belgique n’a pas été retenue. Le parti lui a préféré Mohamed Ferrah, résident montréalais et ancien membre de l’APW d’Alger. Ceci avait provoqué une crise interne au sein du microcosme FFS à Montréal et à Bruxelles. Finalement, les deux sièges de la circonscription sont revenus au FLN et à l’Alliance nationale républicaine (ANR).  Le nouveau député FLN de cette zone, Abdelhakim Dahmoune, est un employé du consulat d’Algérie à Francfort (Allemagne).

Le deuxième siège est revenu au député sortant Noreddine Belmeddah. Il a été élu sur les listes de l’ANR après que sa candidature eut été rejetée par son ancien parti, le FLN.  Une situation dont seul le parti de Ould Abbès est capable de faire subir à un de ses membres qui a été à la tête de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée. Cet ancien membre-fondateur de la Fédération européenne des associations algériennes à l’étranger  s’est fait connaitre par l’introduction dans la loi e finance 2015 de la première disposition sur le rapatriement des dépouilles des Algériens de l’étranger –  les décrets d’applications n’ont toujours pas été promulgués par le gouvernement, faut-il le rappeler. Sa présence soutenue sur les médias sociaux le long de son dernier mandat lui a porté chance et a donné ses fruits. Pour l’observateur, c’est une preuve que l’appartenance politique compte peu pour les électeurs de la diaspora.

Les huit députés pour les Algériens de l’étranger sont répartis sur quatre zones électorales disposant chacune de deux sièges à l’APN. Les résultats ont été comme suit : Zone 1 – France-Nord (FLN/RND), Zone 2 –  France-sud (FLN/Moustakbal) , Zone 3 –  pays arabes, Afrique et Océanie (FLN/RND) et  Zone 4 – Europe hors France, les Amériques et le reste du monde (FLN/ANR).

Sur les 955 466 inscrits à l’étranger, 95 844 ont voté, soit un taux de participation de 10 %. Les bulletins nuls sont au nombre de 11 593.

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Montréal : Le FFS en tête, les bulletins nuls en 5ème position

mai 5, 2017

Seuls les chiffres de Montréal sont disponibles. L’ambassadeur d’Algérie au Canada refuse de communiquer aux médias ceux du bureau d’Ottawa.

Dépouillement. Bureau de Montréal.

Sur les 11 254 inscrits à Montréal, 1 311 électeurs ont pris part au scrutin donnant un taux de participation de 11.7% à l’issue du dépouillement qui s’est terminé vers 23 :00.

Ce bureau fait partie de la zone 4 (Europe hors France, les Amériques et le reste du monde). Elle est dotée de deux sièges sur les 462 que compte l’Assemblée populaire nationale (APN).

Le candidat du Front des forces socialistes (FFS) Mohamed Ferrah, présent pendant l’opération de dépouillement puisqu’il vit au Canada, est arrivé en tête avec 404 voix, suivi de celui du FLN avec 307 voix.

Le député sortant de la zone 4 Noreddine Belmeddah (Espagne) qui s’est présenté sous les couleurs de l’Alliance nationale républicaine (ANR) s’est classé troisième avec 247 voix. En 2012 il a été élu sur la liste du FLN. Les bulletins nuls étaient au nombre de 59, soit en cinquième position. Le parti El Karama termine la liste de 12 candidatures avec deux voix.

On ne connaît pas encore les résultats du bureau d’Ottawa qui couvre l’ouest canadien. L’ambassadeur d’Algérie au Canada, Hocine Meghar, a refusé de nous communiquer le nombre d’inscrits, le nombre de votants ainsi que les résultats, nous renvoyant au ministère de l’intérieur et au conseil constitutionnel qui donnera les résultats dans 15 jours.

Le résultat du FFS s’explique par une intense campagne de proximité de son candidat qui vit à Montréal où il a installé son quartier général de campagne au cœur du Petit Maghreb, une artère commerciale prisée par les Algériens. « Sortir le vote »  était l’enjeu pour le FFS car les partis du pouvoir (FLN, RND…) ont leur électorat acquis.

Le FLN en deuxième position jouit d’une base « fidèle » qui s’est encore un fois exprimée. Le député sortant réalise avec sa troisième position un score appréciable d’autant plus qu’il ne s’est jamais déplacé au Canada pendant son mandat. Sa présence et sa réactivité sur les médias sociaux y compris youtube l’ont grandement aidé. Il est fort probable que s’il est resté avec le FLN, il aurait été classé premier si on prend en compte qu’il y a deux paramètres qui pèsent pour ce vote : le candidat lui-même et/ou le parti.

Beaucoup d’observateurs s’attendaient à un fort taux de bulletins nuls. Mais il ne faut pas oublier qu’historiquement, le vote nul s’exprime plus significativement pendant l’élection présidentielle.

Près de 120 000 Algériens vivent au Canada, principalement dans la région de Montréal. En 2012, le taux de participation était d’un peu plus de 8% — sur les  10 000 inscrits, 888 ont voté.

Si le taux de participation est passé de 8% à 11.7%, il faut tenir compte de l’augmentation du nombre d’électeurs.

Les électeurs algériens de l’étranger sont au nombre de 955.426. La zone 4 est dotée de 2 députés pour 133.337 électeurs. Elle compte 61 centres de vote et 390 bureaux répartis sur trois continents. L’opération de vote s’est étalée du 29 avril au 4 mai.

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Législatives du 4 mai : Montréal ne croit pas aux urnes

mai 3, 2017

Seulement une cinquantaine de votants sur les 11 000 inscrits se sont rendus aux urnes au premier jour du  vote anticipé.

Amira Bouraoui, la pasionaria du mouvement Barakat, ne s’est pas trompée en publiant sur son mur Facebook le nombre de votants à Montréal. Une cinquantaine d’inscrits ont voté samedi, premier jour du vote anticipé pour les Algériens à l’étranger. Pour le nombre d’inscrits, par contre, elle s’est royalement emmêlé les pinceaux en confondant le nombre d’Algériens immatriculés au consulat de Montréal, 86 000, et ceux inscrits sur les listes électorales, 11 000.

Mais pourquoi lui tenir rigueur à l’ère des fake news et de la post-vérité ? Pour un samedi ensoleillé dans une ville qui attend que le printemps s’installe réellement, le résultat frôle le ridicule. Le vote ne semble pas intéresser les Algériens qui vivent à Montréal, siège du seul consulat algérien couvrant tout l’Est canadien, soit quatre provinces (Québec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Ecosse et Terre-Neuve-et-Labrador).

Plus de 95% des 120 000 Algériens du Canada vivent dans cette ville cosmopolite qui célèbre cette année son 375e anniversaire, elle fut un temps la capitale du Canada avant que la prude reine Victoria décide de lui préférer Ottawa. Les autres sont répartis inégalement entre les provinces de l’Ontario, de l’Alberta et de la Colombie britannique couvertes pour ces élections législatives par le consulat d’Ottawa.

Si l’engouement n’était pas au rendez-vous au consulat sis à la rue Saint-Urbain, on frisait l’émeute à quelques kilomètres de là, sur la rue Bélanger et plus précisément au café Tikjda près de l’artère commerciale le Petit Maghreb. Des centaines d’Algériens fans de Lounis Aït Menguellet attendaient en file indienne pour se faire dédicacer de la main de l’artiste son dernier album Tudert nni (Une certaine vie) lancé le même jour.

La veille, ils étaient 1400 à l’Olympia de Montréal, venus l’écouter et célébrer avec lui son cinquantenaire de vie artistique.
Il ne fallait surtout pas parler des élections avec des gens qui ont parfois fait des milliers de kilomètres pour venir voir ce monument du verbe et de la musique kabyles. «ça ne m’intéresse pas. Je laisse la politique aux politiciens. Je suis venue pour la poésie !» nous lance une dame qui vit depuis 19 ans au Canada, quand on tente de lui poser une question sur ces élections.

A côté d’elle, un groupe d’amis venus des Etats-Unis et de l’Ouest canadien était plus réceptif aux questions du journaliste. «Nous ne sommes pas concernés. L’Algérie est une dictature», lance l’un d’eux, quand l’autre nous gratifie d’un : «Moi, je vote MAK. Ces gens-là votent pour des places pas pour la démocratie.» «Cette élection est un vote entre un système et ses sujets. Ceux qui croient en ce système vont voter pour lui.  Nous, nous sommes à l’extérieur de ce système», conclut le fin analyste du groupe.

Montréal n’a jamais cru aux élections algériennes. Aux dernières législatives, le taux de participation était d’un peu plus de 8% — sur les 10 000 inscrits, 888 avaient voté. La confection des listes des candidatures n’a pas été facile. 12 listes se disputent la zone 4 (Europe hors France, les Amériques et le reste du monde). Il fallait trouver des colistiers qui  acceptent de jouer les seconds rôles.

Houria Gaceb, tête de liste pour le parti de Tahar Benbaïbeche, El Fadjr El Djadid, n’a pu déposer sa liste qu’à la dernière minute. Amar Souab, un consultant en développement des affaires internationales, a tenté sa chance avec le MPA. Le désistement de son colistier à la dernière minute et les contraintes bureaucratiques (casiers judiciaires algérien et canadien…) ont eu raison de sa candidature.

Retour au café Tikjda mais quelques jours plus tôt. En arrivant l’après-midi, le calme régnait malgré les deux parties de dominos qui s’y jouaient. On est accueillis par une affiche du dernier roman de Karim Akouche, La religion de ma mère. Des portraits de stars de la chanson kabyle accrochés aux murs à côté d’affiches de galas passés ou à venir ne trompent pas : nous sommes dans un haut lieu populaire de la communauté kabyle de la ville. Le Petit Maghreb est à deux rues plus au nord.

Sur le grand écran surplombant le présentoir, où on peut choisir des gâteaux secs, principalement des bradj à 1,50 dollar l’unité, se déroulait un match de football sans grand enjeu sur beIN Sports. L’emblème berbère est bien visible au-dessus du comptoir. Karim, originaire de Béjaïa, qui vit à Montréal depuis 7 ans, a reçu comme tous les Algériens immatriculés au consulat un courriel, comme on dit correctement au Québec, l’informant du vote.

«Je ne connais pas les candidats. Au fond, un député pour l’émigration, ça ne sert à rien. Je comprends qu’en Algérie ça peut être important pour un parti de participer pour ‘‘survivre’’. Mais le Parlement lui-même ne sert à rien, car le régime est présidentiel. Il faut changer le régime avant tout», nous explique-t-il et au même moment les esprits commençaient à s’échauffer autour d’une des tables de dominos.

Sale temps pour les députés sortants

Le soir, rue Jean Talon, au cœur du Petit Maghreb au café Safir. On est accueillis par l’inévitable beIN Sports sur deux écrans 48 pouces. Ici, Ennahar TV a la cote. Des gravures représentant la vie nomade dans le Sahara algérien tapissent les murs. A l’entrée, le babillard regorge de petites annonces pour cours de football, des recherches de location pour nouveaux immigrants et même des cours de japonais. Rachid, originaire de Sig, travaille dans ce populaire et célèbre point de ralliement des fans de l’équipe nationale de football.

«Oui, je vote, nous répond-il. Le pays a besoin d’institution stable, peu importe qui sont dedans.» Abdelhak, client habitué des lieux et originaire de Sidi Bel Abbès, n’est pas du même avis. Il déplore que «le vote ait un caractère tribal en Algérie». «Les députés cherchent des privilèges. Cette élection ne changera pas le système», ajoute-t-il.

Dehors, les commerces halal et autres commencent à fermer. Un dernier client se fait une boule à zéro chez le coiffeur du coin. Les lumières sont toujours allumées dans cette mosquée ou plutôt salle de prière – un célèbre journaliste local, originaire de France, a rendu les lieux très connus avec son livre Montréalistan.

Peu d’affiches de candidats jusqu’à ce qu’on arrive à la permanence électorale du FFS, au coin de la rue Jean Talon et de la 16e avenue. On est dans la circonscription électorale de Justin Trudeau, le Premier ministre canadien. Les affiches de Mohamed Ferrah, tête de liste, et les photos de Hocine Aït Ahmed tapissent la devanture des lieux et les murs à l’intérieur.

Sur la table, des piles de prospectus du programme du parti. «Nous en avons imprimés 10 000, pratiquement le nombre d’inscrits sur la liste électorale», nous dit le candidat tête de liste. Il avait demandé au consulat la liste électorale. Il l’a reçue mais sans l’information la plus utile pour lui, soit l’adresse qui lui permettrait de faire sortir les gens pour voter. Il est convaincu que si la participation est élevée, le FFS obtiendra facilement 25% des voix, selon un sondage en ligne. Lui aussi a dû faire face aux aléas de la bureaucratie de l’administration algérienne.

En déposant les dossiers des candidats et suppléants, le consulat lui a exigé les originaux, la veille de clôture de l’opération de dépôt. Or, sa colistière Mokhtaria Bennourine réside en Belgique. Il a dû faire un aller-retour Montréal-Bruxelles et passer par Munich au retour. Le tout en moins de 24 heures et une facture de 1800 dollars au bout de la ligne !

La candidature de cet ancien élu de l’APW d’Alger arrivé au Canada en 2007 a suscité des remous au sein du microcosme FFS de Montréal. Il a réussi à convaincre son parti de le choisir à la place du député sortant Belkacem Amrouche. Le même sort a été réservé par le FLN à son député de la zone 4, Noreddine Belmeddah (lire l’article de Ali Aït Mouhoub). Certains l’ont accusé de n’avoir même pas de carte du parti. Accusation qu’il balaie du revers de la main. «ça me fait rire ! J’en ai 25. J’ai été élu en 1997 sur la liste FFS de l’APC de Bir Mourad Raïs, puis en 2002 à l’APW d’Alger. J’étais le plus jeune congressiste en 1991», explique celui qui a toujours son bureau d’études en architecture à Alger.

Le député sortant du FFS, qui, de toute évidence, n’a pas accepté sa mise à l’écart, s’en est pris au choix de son parti en l’affichant publiquement sur Facebook. «Pourrions-nous voter sur un projet sans que les personnes qui se portent sur ces listes de candidatures soient de véritables militants de ce même projet ; ils étaient même des ennemis de ce projet à une date pas lointaine, peut-être même des chargés de missions maudites», a-t-il mis sur son mur.

Actuellement, il serait mis en observation par le FFS. Y restera-t-il ? Seul l’avenir nous le dira. Pour le moment, la naissance de son deuxième enfant lui apporte joie et réconfort loin de l’arène politique. Mohamed Ferrah de son côté affirme, à la fin, qu’il restera toujours au FFS même s’il perdrait cette élection.

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Lounis Aït Menguellet à l’occasion de la sortie de son album Tudert nni : «Le combat pour tamazight n’est pas encore fini»

avril 30, 2017

Rencontré la veille de son concert qui a eu lieu à guichet fermé, hier vendredi, à l’Olympia de Montréal devant 1400 fans, Lounis Aït Menguellet donne dans cet entretien un accès direct et tout en humilité à son nouvel album qu’il lance aujourd’hui en Algérie et en France. A l’occasion, il rappelle que le combat pour tamazight, qui doit être l’affaire de tous les Algériens,
n’est pas encore fini. Le plus difficile reste à faire.

Avez-vous choisi de lancer votre nouvel album au Canada, ou est-ce un hasard du calendrier ?

Mon itinéraire de travail a fait que le disque sortira alors que je ne serai pas en Algérie. Mais en réalité, il sortira en Algérie. Mais la première chanson qui sera chantée sur scène, le sera au Canada !

Comment s’est construit votre nouvel album ?

En 2016, j’avais décidé d’une année sabbatique.  Et comme je savais qu’en 2017 il y aura le cinquantenaire de ma carrière, nous avons décidé, mes proches et moi, à commencer par mon fils Djaffar, de célébrer cet anniversaire.  Franchement, je n’espérais pas l’album. Parce que les chansons viennent ou ne viennent pas. Je ne sais même pas et je n’ai jamais su provoquer la moindre inspiration.

Et puis tout d’un coup, ça a commencé à débouler. Le déclic est venu des gens qui me demandaient pourquoi je n’écrivais pas mes mémoires. Je ne me sens pas le courage d’écrire. J’écris déjà les chansons… et puis me confier totalement à quelqu’un ce n’est pas tellement mon genre.

Et là, je me suis dit que l’idéal serait que je fasse des flashs sur ma vie, mais avec ce que je sais faire le mieux : écrire des chansons. Cela a donné la première chanson, titre de l’album, Tudert nni (Une certaine vie). Après, d’autres chansons sont venues en cascade. Cela a été une aubaine extraordinaire.

Est-ce que le texte précède la mélodie ?

Indifféremment. Lorsque le texte vient, la musique vient avec. Si c’est un air qui me trotte dans la tête, le texte vient avec.

Est-ce que la musique est de votre fils Djaffar ?

Djaffar travaille uniquement les arrangements. Il est indispensable que les mélodies soient les miennes.

Donc ce sont 7 chansons…

Oui, en plus de celle que je viens de citer, Taqsit nidden (une autre histoire) qui fait suite à la première et qui décrit un petit peu le dérapage d’après l’indépendance, où l’artiste était complètement muselé et où une chape de plomb est tombée sur toute la société. Avec Zer Kan (Regarde…), j’ai mis en jeu les 4 éléments (la terre, l’air, l’eau et le feu). Une chanson qui parle en quelque sorte d’écologie, mais loin de tout militantisme pur et dur. Un clin d’œil à la nature. I w aggad iw (aux miens) est très importante pour moi.

Elle s’adresse à tous les gens qui m’ont suivi le long de mes 50 ans de carrière, surtout le public qui m’a soutenu et grâce auquel j’ai duré jusqu’à maintenant. Il est admirable. Yella wass (Il y a un jour….), il y a des jours avec et des jours sans, comme on dit. Un jour, on se réveille et on s’épanouit, et un autre jour, on n’a pas envie de se lever.

Quant à Tajmilt i tayri (hommage à l’amour), comme son nom l’indique, c’est un hommage à l’amour. On me demande souvent si j’assume les chansons d’amour du début de ma carrière et si je ne les regrette pas ? Non seulement j’assume et à mon âge je leur rends hommage. Et enfin Slam i temzi (Ode à la jeunesse), un hommage jeunesse qui n’est pas une question d’années.

Est-ce que votre public a évolué. Vos chansons parlent-elles à la nouvelle génération ?

C’est extraordinaire. Je vois des familles entières (le grand-père, le père, les petits-enfants..) venir à mes concerts. Cela se transmet. Je ne me l’explique pas, mais j’ai très bien compris que les gens qui m’ont suivi veulent que leur progéniture me suive. Ils les ont éduqués dans ce sens.

Pour revenir à Taqsit nidden (Une autre histoire), est-ce qu’un chanteur doit être obligatoirement engagé ?

Non. Il y a des chanteurs qui ne se sentent pas interpellés et d’autres qui le sont.

Et vous est-ce que vous vous sentez interpellé ?

Oui, franchement. J’ai été confronté à l’aberration de la négation de ma langue, ancestrale et de mon identité. C’est une réalité qu’on ne peut pas nier et qu’on ne peut pas occulter. Et jusqu’à présent le problème n’est pas complètement réglé.

Même avec l’officialisation de tamazight ?

L’officialisation n’est qu’une loi parmi tant d’autres qui a besoin d’être appliquée. Elle a besoin de moyens. Il faut continuer à faire en sorte que la volonté politique soit maintenue. Le combat doit continuer. Il consiste aussi à travailler, à la construire, à la faire passer de l’oral à l’écrit.

C’est le combat le plus difficile en fait. Cela prendra du temps. Il ne faut pas se faire d’illusions. Il faut s’y atteler et ne pas dire que maintenant qu’elle est officielle passons à autre chose. Le combat, je ne le vois pas en termes de batailles de rues ou de manifestations. Non, c’est en termes de travail. Et je suis convaincu que ce sera bénéfique pour tous les Algériens et pour tout le pays.

C’est un apport extraordinaire. Les gens finiront par comprendre l’importance de cet apport. Les Algériens arabophones ne devraient pas avoir peur de s’approprier ce qui leur appartient déjà. L’Algérien, actuellement, a peur de s’approprier une partie de lui-même.

Vous avez dépassé les 20 albums le long de votre carrière. De toutes vos chansons, y a-t-il une que vous voudriez voir rester pour les générations futures ?

Je ne peux pas. Si je choisis une chanson, je sentirais une trahison envers toutes les autres. Pour moi, ce sont des entités vivantes, pas de simples abstractions. Je les aime toutes. Je les ai ressenties toutes à un moment ou un autre. Sincèrement, je ne pourrais pas choisir.

Qu’est-ce qui pourrait arrêter Lounis Aït Menguellet de chanter ?

Si la source se tarit. Qu’il n’y ait plus de chansons. Depuis 50 ans, je n’ai jamais programmé de prochain album. Je suis resté un chanteur provisoire durant toutes ces années.

Vos enfants travaillent avec vous. N’y a-t-il pas un risque que vous leur fassiez de l’ombre  ?

J’espère que non. Il m’arrive d’y penser. Si vous prenez, par exemple, Djaffar, je suis incapable de faire ce qu’il fait. Les arrangements qu’il réalise, je n’en serais jamais capable. Les chansons qu’il chante sont, musicalement, totalement différentes des miennes. La même chose pour Tarik. Il a écrit un roman, Le petit prodige, et il a un autre en chantier. On fait des choses différentes.

Par Samir Ben  Contactez moi

———————– Prière de prendre note que tout commentaire qui contient des insultes, des propos racistes, islamophobes ou anti-sémites sera systématiquement refusé. Signalez-le moi. Cet espace doit demeurer un lieu de débat contradictoire basé sur le respect de tout un chacun. ——————————

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Montréal : Les sept chansons du nouvel album de Lounis Ait Menguellet, Tudert nni

avril 28, 2017

Le nouvel album de Lounis Ait Menguellet, Tudert nni (une certaine vie), qui sera lancé demain, samedi 29 avril, en Algérie et en France, se compose de sept chansons écrites et composées par le chantre de la musique kabyle qui célèbre cette année ses 50 ans de carrière.

En entretien avec El Watan le poète et interprète de la chanson kabyle dévoile pour ses fans les titres des nouvelles chansons dont les arrangements ont été réalisés par son fils Djaffar.

« La première chanson, titre de l’album, Tudert nni (une certaine vie) est autobiographique. Taqsit nidden (une autre histoire) qui fait suite à la première, décrit le dérapage d’après l’indépendance où l’artiste était complètement muselé et où une chape de plomb est tombée sur toute la société », explique le chanteur.

« Avec Zer Kan (regarde…), j’ai mis en jeu les 4 éléments (la terre, l’air, l’eau et le feu). Une chanson qui parle en quelque sorte d’écologie mais loin de tout militantisme pur et dur. I w aggad-iw (aux miens) est très importante pour moi. Elle s’adresse à tous les gens qui m’ont suivi le long des 50 ans de carrière. Yella wass (Il y a un jour….), il y a des jours avec et des jours sans, comme on dit. Quant à Tajmilt i tayri (hommage à l’amour), comme son nom l’indique est un hommage à l’amour. Et enfin Slam i temzi (Ode à la jeunesse), un hommage jeunesse qui n’est pas une question d’années. », ajoute-t-il.

L’une de ces chansons sera chantée ce soir à l’occasion du concert qu’il animera à l’Olympia de Montréal. Demain, une séance de dédicaces sera organisée pour ses fans montréalais.

A noter qu’après ce lancement, Lounis Ait Menguellet animera un concert le 7 mai à Orvault (près de Nantes en France) et le 24 juin à Marseille. Une tournée en Algérie est prévue pour le ramadan. D’autres dates sont prévues en France à la rentrée (Aulnay-sous-Bois, Aubervilliers…)

 

Dédicaces à Montréal:

Quand : samedi 29 avril 2017 à partir de 14 :00

Où : Café Tikjda – 3882 Rue Bélanger, Montréal, QC H1X 1B6

 

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Mohamed Benhaddadi, expert en énergie : « L’Algérie doit aller vers le solaire »

avril 27, 2017

Rencontré au Carrefour littéraire de Montréal (*) où il a donné une conférence sur les énergies renouvelables à l’occasion de la journée de la terre, le professeur en génie électrique et expert en énergie croit fermement qu’il est temps que l’Algérie se mette au solaire car les sources du futur sont clairement les énergies renouvelables.

Sans être un « environnementaliste fondamentaliste», ce chercheur-associé au Centre interdisciplinaire de recherche en développement durable (Québec) et premier Chevalier algérien et maghrébin de l’Ordre national du Québec, pense que tout ceci doit se faire maintenant, car demain il sera peut-être trop tard.

Sciences naturelles et du génie au Québec passe sous sa loupe. Puisqu’il est l’un des conseillers scientifiques du Fonds de recherche du Québec.

 

Quel scénario énergétique pour l’Algérie pour les prochaines années ?

Dans un passé récent, j’ai exposé ce que l’Algérie ne devrait pas faire de façon implicite et également explicite. J’ai dit que chaque pays doit faire valoir ses atouts fondamentaux. Ceux qui ramènent le plus de plus-value, qui créent le plus d’emplois et de richesses. L’Algérie avec son potentiel solaire a une chance inouïe d’être parmi les pionniers. Sauf que c’est maintenant que ca se passe. C’est maintenant que le pays doit faire des actions. Parce qu’il peut être un leader dans ce domaine-là en s’associant avec d’autres leaders qui ont besoin, soit de territoires pour implémenter leurs technologies soit des partenaires avec lesquels ils vont les développer.

 

Donc, il faut aller vers le solaire et ce même si les ressources en hydrocarbures n’ont pas toutes été exploitées?

Absolument. Il faut aller vers le solaire. Et l’un n’empêche pas l’autre.  Parce que c’est une action de longue haleine et étalée dans le temps. Il est fondamental qu’on continue à faire de la prospection conventionnelle de gaz et de pétrole et d’exploiter tout le potentiel qui est économiquement viable. Les ressources dégagées doivent aller partiellement vers les ressources du futur qui sont clairement les énergies renouvelables. Pour un pays comme l’Algérie c’est essentiellement le solaire.

 

Comment on peut convaincre le gouvernement d’un point de vue économique ?

Le gouvernement doit, normalement, s’entourer d’experts qui doivent lui expliquer que ce qui n’est pas rentable aujourd’hui va l’être très bientôt. Dans ma conférence, j’ai donné l’exemple de l’éolien. Au début, Il était subventionné à hauteur d’un dollar le kilowatt-heure. Aujourd’hui, il est compétitif. Il n’a presque plus besoin de subventions dans le monde. L’histoire de l’éolien va se répéter avec le solaire et en plus grand encore.

 

Vous affirmez que le débat sur l’énergie en Algérie est pollué ?

Pour la simple raison que le débat n’est pas suffisamment technique. On fait intervenir des arguments qui ne sont pas censés être là, liés à des personnes, à des politiques de personnes.  Le débat devrait être situé dans un contexte technico-économique.

 

Mais les scientifiques ne détiennent pas le pouvoir…

Les scientifiques n’ont jamais cherché le pouvoir. Ils n’en ont que faire. Ils sont là pour donner des outils aux politiques pour initier des bonnes politiques. Malheureusement en Algérie, on ne voit pas qu’il y a un débat. Les débats qu’il y a, c’est plus des personnes qui interviennent à titre d’individu. Il faut qu’on ait une institution ou un organisme qui puisse à un moment donné dire assez c’est assez! , Il va falloir mettre tout le monde autour d’une table et écouter les différentes opinions et sortir avec une nouvelle politique énergétique pour le pays.

 

Le ministre de l’énergie a annoncé que l’Algérie n’a pas besoin pour le moment du gaz de schiste . Etes-vous de cet avis?

Je ne sais pas quel est le potentiel de l’Algérie en gaz de schiste. Il y a beaucoup de chiffres qui sont avancés mais on ne sait pas sur quoi ils sont basés. Si les réserves sont faramineuses, il faut certainement penser exploiter ces gisements. Mais actuellement, à ma connaissance, il n’y a pas une évaluation qui nous donne le potentiel économiquement fiable du pays dans cette ressource.

 

Vous avez affirmé que le pire ministre d’énergie qu’a connu l’Algérie est Chakib Khelil. Pourquoi ?

Quand je regarde les politiques qui ont été initiées (par Chakib Kheli, NDLR), on voit que la donnée fondamentale est basée sur l’exploitation maximale des ressources naturelles comme si elles allaient s’évaporer si jamais cette personne n’est plus au pouvoir. L’idée que la finalité est d’augmenter, coûte que coûte, la production est un objectif que je ne peux pas partager parce que la production, conformément aux nouvelles orientations qui s’inscrivent dans un cadre de développement durable, doivent tenir compte d’une exploitation qui tienne compte des besoins des générations futures. Si le potentiel du pays est étalé sur 20 ou 25 ans, on ne devrait pas augmenter la production pour abaisser ce potentiel à 10 ans.

Un autre exemple. Dans le domaine de l’électricité, un domaine que je connais beaucoup mieux, on a voulu déréglementer très rapidement et même sauvagement, comme ca a été fait en Californie au milieu des années 1990 où ils se sont retrouvés avec un prix du kilowatt-heure d’un demi-dollar. Il y avait de la demande qui avait beaucoup augmenté sans que l’offre n’augmente au même rythme. Les prix ont explosé. C’est ce qui allait se produire en Algérie si on avait été dans cette direction jusqu’au bout. C’est le genre de politiques qui sont à  prohiber.

 

Pour revenir à vous, est-ce qu’on a fait appel à vous en Algérie ?

J’ai fait partie de la délégation des experts algériens qui sont partis en Algérie au mois d’octobre dernier où j’ai donné deux conférences, une au ministère des affaires étrangères et l’autre à l’enseignement supérieur. Dans l’un des conférences, il y avait deux personnes qui m’ont demandé si je voulais rencontrer le ministre de l’énergie. J’étais choqué. Pourquoi irais-je voir le ministre, moi qui milite pour que les institutions ne dépendent pas des hommes. Il faut qu’il mette en place une institution qui puissent entrer en contact avec les personnes qui pourront contribuer peut être à l’avenir du pays.

Par ailleurs, je propose une formation sur l’efficacité énergétique, les moteurs et les drives. Je l’ai développée avec Polytechnique de Montréal. Je la donne une fois par année. Elle complète la formation que nous donnons à nos ingénieurs. Ce sont des problèmes pratico-pratiques qu’ils viennent discuter avec moi. Je viens avec une formation qui est ficelée sur la base de laquelle il y a de larges échanges. Elle dure deux journées complètes. Je rêve de le faire en Algérie mais pas à l’université. Elle est destinée aux PME (publique ou privée). Je l’ai donné à une quarantaine d’entreprises dont la moitié sont des PME. 

 Par Samir Ben  Contactez moi

(*) : Le carrefour littéraire de Montréal est un espace de débat et d’échange d’idées lancé en 2016 par le quatuor  Ali Kaidi, Khelifa Hareb, Nacer Irid et Mouloud Idriss, quatre militants pour la démocratie et l’identité amazighe en Algérie et au Québec.

(*)Mohamed Benhaddadi, Rachid pour les intimes, est « titulaire d’un Doctorat en Génie Électrique, professeur et expert en énergie, Chercheur-associé au Centre interdisciplinaire de recherche en développement durable CIRODD et Professeur au CEGEP du Vieux Montréal. Il est l’auteur de plusieurs publications et de deux livres. Ses travaux de recherche portent sur les entraînements et la qualité de l’énergie électrique. Son domaine d’intérêt couvre aussi l’énergie, l’efficacité énergétique et l’environnement.

 

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copyright – 2012-2017 – Samir Ben