Bochra Manai, chercheure en sciences sociales à l’université de Montréal : « L’importance de raconter sa version des faits »

mars 29, 2018

S’il y a un conseil que donnerait Bochra Manai, post-doctorante en sciences sociales à l’université de Montréal, à tout immigrant et toute personne ne faisant pas partie du groupe majoritaire c’est de raconter et d’écrire « sa version des faits », Car s’ils ne le font pas, d’autres le feront à leur place,

 

« Parce que tant que l’on n’écrit pas sa version des faits, on reste toujours sous le joug du discours dominant », dit celle qui est coordinatrice d’un regroupement d’organismes communautaires du quartier Montréal-Nord,

On peut imaginer qu’un tel discours a été prononcé devant un public acquis d’avance lors d’une rencontre sur les problèmes « systémiques » qui minent les relations entre la société et ses minorités, au sens large,

Mais rien de tel, Cette citoyenne canadienne à la croisée de plusieurs identités (tunisienne, française, algérienne et berbère, l’ordre étant aléatoire!) a trouvé la manière et le ton de le dire lors d’une soirée plutôt mondaine qu’elle a présidée samedi dernier à Montréal,

A l’occasion de la deuxième édition du Magherb-In, un événement qui met de l’avant la femme maghrébine du Québec, A équidistance entre une levée de fonds, une soirée de gala et un 7 à 9 de réseautage, Bochra Manai a invité les membres de la diaspora à ne pas hésiter à « noircir des feuilles blanches »,

L’enjeu n’est pas des moindres : raconter sa version des faits, «Pas de Fake facts ou de fake news, mais une possibilité de raconter leur vécu», tient-elle à préciser,

Cette nuance est nécessaire depuis que l’une des conseillère de l’actuel président des Etats-Unis a popularisé le concept de « faits alternatifs »,

«  Nous sommes porteurs d’une histoire collective. Celle des émigrants algériens, maghrébins ou berbère. Celle des immigrants du Québec, tantôt définis comme francophones, tantôt comme musulmans ! Nous faisons en somme l’expérience d’une société dans laquelle ce que nous sommes doit être dit. Pourquoi, parce que si nous continuons à attendre que les autres disent de nous du bien, qu’ils nous connaissent et nous reconnaissent, nous passons à côté du pouvoir des mots. », a-t-elle expliqué aux invités de la Fondation club avenir qui, elle aussi, s’est donnée pour mission de promouvoir l’excellence au sein de la diaspora maghrébine au Canada et au Québec,

« J’ai décidé que jamais personne, ni les islamophobes, ni les racistes, ni les cyniques, ni les contradicteurs, ni les polémistes, ni les individus aux intentions douteuses, personne ne parlerait en mon nom , En tant que femme, musulmane, au parcours tunisien et français, je dispose d’un regard, d’une acuité à lire les choses, les terrains de recherche, les débats de société ou les relations humaines, que personne ne peut me retirer. », a-t-elle ajouté,

Cette obsession de l’écriture lui a été transmise par son père qui a dû fuir « à pieds » la Tunisie de Benali pour se réfugier un moment en Algérie puis en France au début des années 1990. Il sera suivi par sa femme, une Algérienne, et ses enfants ,

Le manque de temps n’est pas une excuse aux yeux la chercheure, «Ce n’est pas une raison. Pourquoi? Parce qu’il y aura toujours un autre, qu’il soit chercheur, journaliste ou un écrivain, pour coucher votre réalité sur papier. Et que cela peut aussi créer des frustrations », met-elle en garde,

Elle a rappelé la polémique qui a suivi et qui poursuit toujours la pièce de théâtre Fredy, Une pièce-documentaire écrite par Annabel Soutar et qui raconte la mort de Fredy Villanueva un jeune homme tué par des policiers qui tentaient de l’arrêter et suivie d’une émeute dans le quartier de Montréal-Nord,

« Un des problèmes autour de cette œuvre, qui a certaines qualités, c’est qu’elle est une version des faits artistiques pensée et produite par et pour ceux qui ne vivent pas les enjeux. Je pense à la version des faits de la mère, du père, des sœurs et du frère. Quelle aurait été leur version des faits, leur narration de la douleur. Comment auraient-il mis en scène leur pouvoir des mots ? », s’est-elle questionnée,

Joignant l’acte à la parole, Bochra Manai publiera le mois de mai aux Presses universitaires de Montréal un ouvrage sur les Maghrébins de Montréal basé sur sa thèse de doctorat en études urbaines soutenue à l’INRS (Montréal) en 2015,

 

Par Samir Ben  Contactez moi

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Montréal : Ajouad Algérie Mémoires, ou le refus de l’amnésie

mars 23, 2018

La date du 22 mars commence à rentrer dans les mœurs. Les Algériens rendent hommage et honorent la mémoire des victimes du terrorisme islamiste qui a ensanglanté l’Algérie pendant les années 90’.

La diaspora algérienne au Canada n’est pas restée en marge de cette dynamique, elle qui est composée d’une bonne partie de l’intelligentsia algérienne ayant fui le terrorisme islamiste et son projet d’instauration d’un Etat théocratique qui ferait pâlir de jalousie Daech et ses satellites.

Vendredi prochain, 23 mars, car le 22 est un jour de semaine, aura lieu à Montréal, pour la huitième année consécutive, la Journée contre l’oubli des victimes du terrorisme islamiste en Algérie. Pour cette édition, la branche montréalaise de Ajouad Algérie Mémoires a invité le dramaturge algérien Omar Fetmouche qui présentera sa pièce de théâtre Yasmine stigmatisant le viol comme arme de terreur et dénonçant la passivité sociale face à l’influence hégémonique de l’obscurantisme religieux et aux diktats brutaux des autorités.

«A travers cette commémoration, on veut transmettre deux messages. Le premier, c’est de souligner la mémoire des personnes qui ont été assassinées pour qu’on ne les oublie pas, mais aussi pour ce qu’elles portaient comme perspectives pour l’Algérie.

En second lieu, dénoncer l’Etat algérien dont toutes les institutions réunies ont complètement effacé et mis de côté ce sacrifice», explique Azeddine Achour de Ajouad Montréal rencontré avec d’autres membres lors d’une réunion de préparation de l’événement de vendredi prochain. Au même moment, le journaliste Karim Ouadia tournait sur le lieux une capsule vidéo sur Ajouad Montréal. «On était une dizaine au début.

On était conscients qu’il fallait s’inscrire dans la durée. Il fallait commencer par un petit noyau de gens convaincus, puis étoffer le mouvement», ajoute celui qui a fondé Ajouad Montréal juste après la création en France de Ajouad Algérie Mémoires par Nazim Mekbel, le fils de Saïd Mekbel, le célèbre chroniqueur du journal Le Matin assassiné le 3 décembre 1994. Ce devoir de mémoire est souligné par tous les membres du groupe. «Nous les avons oubliés et certains voudraient les effacer.

Ces gens étaient de condition modeste. Il y avait certes parmi eux des gens connus, des hommes et des femmes de culture, des enseignants universitaires, mais il y avait aussi des gens ordinaires qui ont été tués par les terroristes juste parce qu’ils travaillaient pour le gouvernement, de simples gardiens d’infrastructures. On leur reprochait de travailler pour le taghout (le tyran)», rappelle Lazhar Zouimia.

Amel, Raja, Nazim…

Au fil des questions et des discussions, Rachida Aït Tahar a du mal à oublier. «Je ne peux pas oublier. On peut peut-être pardonner, comme a dit Nelson Mandela, mais on n’oublie pas.» «On ne décide pas comme ça de pardonner. Au nom de quoi ? C’est aux familles des victimes de pardonner. Elles doivent comprendre pourquoi leurs parents ont été tués.

C’est à ces familles que revient le droit de pardonner», ajoute Lazhar Zouaïmia. Ajouad Algérie Mémoires a été créée le 3 décembre 2010, jour anniversaire de l’assassinat de Saïd Mekbel. «J’ai eu l’idée en octobre 2010. J’ai alors pris contact avec Amel Faredheb, la fille de Abderrahmane Fardeheb assassiné le 26 septembre 1994. J’ai aussi contacté Raja Alloula , entre autres.

C’est Amel Fardeheb qui a eu l’idée du nom qui renvoie à la pièce de théâtre de Abdelkader Alloula, lui aussi tué le 14 mars 1994», nous explique Nazim Mekbel, contacté sur internet. «Je suis le président de l’association en France, mais je considère qu’Ajouad n’est pas juste une association. Pour moi, c’est un mouvement citoyen qui traverse les frontières et tout le monde travaille en totale indépendance.

L’essentiel c’est d’être dans la même philosophie», ajoute celui qui se dit «content que la date du 22 mars commence à rentrer dans les mœurs et que les gens commémorent cette date sans qu’on ait besoin de leur faire un rappel. C’est à ça que je voulais arriver. Il y a même des étudiants de Béjaïa qui vont le faire comme ils l’ont fait l’année dernière, eux qui n’ont même pas connu la décennie noire sont en train de la faire.».

Détails de l’événement : https://www.facebook.com/events/227382524498781/

 

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Idir Sadou*. Membre de Ajouad Montréal : J’ai fait tous les deuils, sauf celui de mes camarades assassinés par les islamistes

mars 23, 2018

– Comment a été lancée Ajouad Algérie Mémoires à Montréal ?

Ajouad Algérie Mémoires est partie d’une émotion, d’une indignation. Celle d’enfants de victimes du terrorisme islamiste qui, en plus de la douleur de la perte, ont eu le sentiment que, symboliquement, on assassinait leurs parents une seconde fois.

Pour couvrir sa politique de «réconciliation nationale» et d’amnistie des assassins, le pouvoir et ses relais politiques et médiatiques ont mis en place une opération scandaleuse d’amnésie collective. On (Bouteflika, en tête) sommait les Algériens de tourner la page et d’oublier la «tragédie nationale» présentée comme une sorte de gros malentendu. C’est cette imposture qui a déclenché l’initiative.

Le nom Ajouad (qui signifie les généreux ou les braves) est emprunté à la célèbre pièce du regretté Abdelkader Alloula, lui-même assassiné par le terrorisme islamiste. La date du 22 mars, proclamée symboliquement Journée nationale contre l’oubli, fait référence aux grandes manifestations populaires anti-intégristes organisées les 22 mars 1993 et 1994. A Montréal, c’est Azzedine Achour qui a lancé l’initiative. Y prendre part était pour moi une évidence. Le sujet me tenait à cœur. J’ai fait tous les deuils possibles et imaginables, sauf celui de la perte de mes camarades et amis qui ont été assassinés.

Leur absence/présence m’habite encore presque tous les jours. C’est quelque chose dont je n’arrive pas à guérir. A ce stade, je tiens à préciser que tout ce que je vous dirai dans cet entretien n’engage que moi. Je ne suis le porte-parole ni de l’association Ajouad Algérie Mémoires, créée en France et animée par Nazim Mekbel, ni celui du groupe de Montréal.

– Votre première commémoration remonte à 2010…

Au départ, c’était un moment pour communier et rendre hommage à des gens qu’on a ravis à notre affection et qu’on a également arrachés à l’Algérie qu’ils ont servie avec dévotion. On se retrouvait, on partageait des souvenirs, des sourires et parfois quelques sanglots étouffés. Mais, dans notre esprit, il y avait quelque chose de très politique dans cette initiative.

Comme témoin de cette période tragique des années 1990, sans doute la plus sanglante et la plus traumatisante de notre histoire récente, notre génération ne peut pas garder le silence. Elle a le devoir de parler, de témoigner, de raviver la mémoire. Pas pour cultiver la haine, pas pour cuire dans le ressentiment, mais pour assumer notre histoire, pour guérir nos plaies et nous reconstruire comme peuple et nation. Nous sommes dans un combat mémoriel. Car on ne bâtit pas une grande nation sur la falsification et le gommage de l’histoire.

On connaît les dégâts causés par l’amnésie de notre passé lointain et par les tripatouillages de notre histoire plus récente (celle de la guerre de Libération, notamment). Une partie du désarroi identitaire des jeunes d’aujourd’hui vient de là. Ils ne savent plus qui ils sont. D’une action intimiste, quasiment familiale, l’événement s’est progressivement élargi à mesure que d’autres gens se joignaient à nous.

Mais ce que nous faisons reste essentiellement symbolique. Nous sommes une petite organisation de quelques dizaines d’Algériens. Nous voulons juste que l’histoire enregistre que, quelque part dans des villes et villages d’Algérie, à Paris, Marseille, Montréal ou ailleurs, des Algériens anonymes, des citoyens lambda, n’ont pas accepté que l’on enterre une seconde fois celles et ceux qui ont été tués par l’islamisme armé.

– Est-ce qu’il y a la place au pardon ?

Bien évidemment. Nous ne sommes pas dans la logique de la revanche. Mais pour pardonner, il faut d’abord juger, nommer les crimes, les qualifier, puis en désigner les responsables. Encore une fois, ce n’est pas pour entretenir et cultiver la haine. C’est, au contraire, pour que l’histoire et notre mémoire collective puissent enregistrer qu’on ne peut pas user impunément de la violence pour régler des différends.

Quels qu’ils soient. Rien ne légitime ce qui s’est passé. Ni les ignominies du pouvoir, ni les ambitions politiques, ni les dogmes de la religion. Il n’y a rien qui puisse légitimer l’assassinat d’autres êtres humains, des civils désarmés de surcroît. C’est inacceptable.

– Comment est racontée la décennie noire au Canada ?

Il n’y a pas de récit unique, officiel. Chacun raconte son histoire. Pour les Canadiens, il y a eu une «guerre civile» en Algérie. Le Québec a une affection et une bienveillance réelles envers l’Algérie. A cause notamment du prestige de notre lutte de Libération nationale. L’idée indépendantiste est toujours présente, en particulier dans le cœur de l’ancienne génération. Ce qui s’est passé en Algérie pendant la décennie noire a troublé les gens ici. Ils ne comprenaient pas. Mais avec tous les développements sur la scène internationale (11 septembre, actes terroristes en Occident, Daech…), les perceptions changent.

Mais les explications restent confuses… Dans la communauté algérienne, il y a deux discours. Celui des islamistes qui tourne autour de deux idées : le coupable, c’est le pouvoir qui a arrêté le processus électoral ; pour les assassinats et tueries de masse, on sort la thèse du «qui tue qui ?». Quant aux gens comme nous, nous affirmons que c’est l’islamisme politique et son projet théocratique qui nous ont conduits à la tragédie. C’est inscrit dans son logiciel.

Le FIS et les autres partis islamistes sont, dans leur essence, des mouvements insurrectionnels. Ils se sont préparés à la guerre et ont commencé à la faire depuis longtemps. Ils voulaient non seulement prendre le pouvoir, mais aussi changer la nature de l’Etat algérien et de ses institutions. Tout le reste n’est qu’enfumage.

Ceci étant, je ne cautionne pas la brutalité excessive, la répressive aveugle et massive, les tortures et autres exécutions extra-judiciaires qui ont été commises par différentes structures et institutions officielles de la République. Pour rester légitime, le monopole de la violence et son usage doivent toujours respecter la loi et la dignité des personnes. Pour avoir moi-même connu la torture et la détention, comme syndicaliste étudiant (UNEA) et militant de gauche, je sais de quoi sont capables certains chefs zélés des appareils de sécurité.

– Donc, la communauté reste divisée sur ce qui s’est passé en Algérie ?

Ici, c’est un peu comme en Algérie. Nous n’avons pas encore réglé ce problème parce qu’il n’y a jamais eu de vrai débat. Malgré l’ampleur du drame vécu, l’idée selon laquelle «on ne doit jamais recourir à la violence pour régler nos problèmes» n’est pas encore semée dans la conscience des Algériens, notamment les plus jeunes d’entre eux. L’arrêt du processus électoral n’était qu’un mauvais prétexte. La vraie question est celle de la légalisation des partis islamistes par Chadli en violation de la Constitution qui interdit l’usage de la religion en politique.

– Beaucoup d’islamistes ont émigré au Québec pendant la décennie noire ; représentent-ils encore un danger ?

C’est paradoxal. Il y a en même temps surestimation et sous-estimation du danger. Certains disent ou suggèrent que l’islamisme peut, un jour, prendre le pouvoir et changer le Québec et le Canada. C’est un transfert mécanique de ce que nous avons vécu en Algérie. C’est tellement exagéré que c’est contre-productif. On ne mobilise pas, on ne conscientise pas par la peur ! D’un autre côté, il y a de la sous-estimation. L’islamisme politique est un problème à prendre au sérieux. Il y a effectivement des groupes activistes qui matraquent sans cesse leurs discours hostiles et haineux.

Ils encouragent les logiques de repli communautariste, attisent les tensions avec la société d’accueil et, plus grave, influencent de jeunes esprits en perte de repères. Ce sont des sujets potentiellement explosifs qu’il faut traiter avec sérieux et dans la clarté. Il ne faut pas confondre musulman conservateur et militant islamiste. Dans sa sphère privée, un musulman peut vivre «comme à l’époque de Koraïche» s’il le veut.

La loi canadienne lui garantit ce droit. L’islamiste militant, lui, veut changer l’ordre social et légal. Il veut que la loi de Dieu, telle qu’il la définit lui-même, s’applique à tous. Pour les théocrates, la liberté de conscience, l’émancipation humaine, les droits des femmes et des minorités ne sont que des perversions de la civilisation occidentale.

– Les lois du Québec ne le protègent-elles pas de l’intégrisme ?

Grâce à sa «révolution tranquille», le Québec a progressé dans la sécularisation et la mise en retrait de l’Eglise dans l’organisation et la gestion des affaires publiques. C’était suffisant tant que la société était relativement homogène aux niveaux culturel et confessionnel. Le Québec étant un pays d’immigration, sa société se diversifie sans cesse.

La sécularisation ne suffit plus face à la nouvelle complexité sociétale. Ma conviction est qu’il faut aller vers une laïcité clairement assumée, c’est-à-dire institutionnalisée. Il faut arrêter de brouiller les cartes. La laïcité est une affaire simple : la foi et les croyances religieuses doivent demeurer dans l’espace privé. Ni plus ni moins.

– Ajouad pourrait-il être utile au combat anti-intégriste au Québec et au Canada ?

A la fin de chaque activité d’Ajouad Montréal (nous en sommes à la 8e édition), nous ouvrons le débat pour donner la parole aux gens, leur permettre de s’exprimer et de ventiler. Les participants(e)s connaissent nos positions de démocrates et de progressistes. Certains nous ont aimablement reproché de ne pas impliquer le groupe Ajouad Montréal dans le combat anti-intégriste qui se mène au Québec et dans les enjeux politiques qui s’y rattachent. Tout aussi aimablement, nous avons toujours répondu que notre regroupement a été créé pour mener le combat mémoriel, pour qu’on n’oublie pas les victimes de l’intégrisme.

Pas question de dénaturer cette vocation. Ajouad n’est pas une entrave à la lutte anti-intégriste, bien au contraire. Que ceux qui veulent créer d’autres cadres d’action pour lutter contre la menace intégriste prennent des initiatives et fassent des propositions. Chacun(e) sera alors interpellé(e) individuellement et répondra en conscience.
(*)

IDIR SADOU

Arrivé au Québec en 2000, il a travaillé dans l’intégration en emploi des nouveaux arrivants. Bien que retraité, ce presque septuagénaire continue d’être actif : à côté de diverses implications bénévoles sur le terrain social et civique, il coordonne la publication d’un bulletin interculturel pour le compte d’un organisme de la communauté arménienne.

En Algérie, parallèlement à des études en économie, il a travaillé pour divers ministères (celui de l’Agriculture, notamment), dans des petites entreprises privées et dans la presse (il a dirigé Sawt Echaab, organe central du PAGS, puis a rejoint l’équipe d’Alger Républicain aux côtés du défunt Abdelhamid Benzine).

En fait, le parcours de vie de cet enfant de la guerre d’indépendance est celui d’un militant qui a mis l’essentiel de son énergie dans les combats pour le progrès général, la justice sociale et la démocratie.

Par Samir Ben  Contactez moi

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Consulat d’Algérie à Montréal : Portes ouvertes pour les enfants de la diaspora algérienne..

mars 12, 2018

Samedi dernier, le Consulat général d’Algérie a ouvert ses portes aux enfants de la diapora algérienne vivant Canada. Une trentaine d’enfants et leurs accompganteurs ont eu l’occasion de voir « l’autre côté du guichet » administratif. Photos.

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Diaspora (Canada) : Une association pour briser l’isolement des malades

février 12, 2018

Le Maillon solidaire est le nom donné à une association d’aide anonyme aux personnes malades et à leurs familles que vient de lancer un groupe d’Algériens du Canada.

L’idée selon sa présidente Nouria  Kaced, qui est aussi infirmière, a germé il y a un peu plus d’une année entre les membres du groupe qui constitue le conseil d’administration de la nouvelle association.

Le plus grand besoin des malades et de leurs familles, qu’ils soient d’origine algérienne ou autres, ce n’est pas l’argent. « Personne ne meurt de faim au Québec et puis les soins sont gratuits», nous explique celle qui a une expérience dans les soins palliatifs, en marge de la cérémonie de lancement tenue samedi dernier à Laval, dans la banlieue nord de Montréal.

« Briser l’isolement,  écouter,  aider les gens à trouver les bonnes références et les orienter »,  sont des actions plus importantes que de leur faire des dons en nature ou en argent, estime la présidente qui a déjà activé dans le Croissant rouge algérien avant qu’elle s’installe au Canada.

« Nous comptons sur de nombreuses personnes généreuses et totalement désintéressées. Ainsi, nous avons pu accompagner quelques familles en leur donnant du répit. Nous rendons visite à leurs proches malades apportant quelques réjouissances, cuisinant des plats ardemment désirés, les faisant rire et sourire, les référant à des ressources professionnelles plus compétentes. Car nous ne  cherchons pas à nous substituer aux institutions et aux professionnels légitimes », a rappelé Nouria Kaced dans son allocution.

«  Mais quand même gratter le dos de l’un, masser les pieds de l’autre. Câliner, rassurer, peigner, tenir compagnie, lire un livre, créer une atmosphère familiale et chaleureuse n’est pas si compliqué. Du mieux qu’on peut, du mieux qu’on sait, nous tentons d’atténuer la douleur de ces personnes, de leur solitude, de leurs angoisses », a-t-elle ajouté.

Plus : http://www.maillonsolidaire.ca

Par Samir Ben  Contactez moi

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Hocine Gueham, chercheur en pensée islamique : « Empêcher les mosquées de Montréal de tomber entre les mains du Wahhabisme»

janvier 31, 2018

L’Algérien, Hocine Gueham, chercheur en pensée islamique et Spécialisé des mouvements extrémistes, participera ce mardi à Montréal à un colloque sur le Vivre ensemble organisé par le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, à l’occasion du premier anniversaire de l’attentant de la grande mosquée de Québec  qui a coûté la vie à six personnes dont deux Algériens.

Quels conseils donnerez-vous aux musulmans qui s’installent au Canada ?

Premièrement, les musulmans qui s’installent dans des pays où la culture et le culte sont différents que ceux de leur pays d’origine doivent admettre la situation telle qu’elle est là où ils vont s’installer.

Si, maintenant, leur option se dirige vers un attachement rigoureux à leur culte et à leur culture et qu’eux-mêmes jugent qu’ils sont incompatibles avec la société d’accueil ou que celle-ci ne va pas les accepter en tant que tels, la meilleures des solutions dans ce cas, à mon avis, c’est le retour vers le pays d’origine.  Le musulman fera éviter le désordre à tout le monde.  La logique donne au pays d’accueil, souverain,  le droit d’imposer ses lois et non pas au venant et surtout pas quand il s’agit d’une minorité  et de loin quand l’idéologie véhiculée ou le culte est rejetée.

L’islam a incité les musulmans à ne pas imposer leur religion. Le fait d’imposer l’islam est une hérésie créée uniquement par le Wahhabisme.  Jamais l’Islam n’a voulu créer une société d’imposteur où les apparences sont religieuses et le fond rejette cette religion. Que la pratique ne se fait que suite à une répression ou une menace qui guette les sujets.

En plus,  dans le saint Coran, on retrouve des versets où Dieu interdit au Prophète de transmettre le discours religieux à ceux qui ne veulent pas l’entendre.  Les lecteurs peuvent me contacter pour leur fourni les détails de cette thèse. Celle-ci a été dissimulée et escamotée par le discours religieux contemporain. Le wahhabisme et frères musulmans occultent ces versets qui déragent leur tentatives d’asseoir leur pouvoir à l’échelle mondiale.

En dernier lieu, l’islam n’a jamais prêché, prétendu ou développé des thèses qui interdisent le co-relationnel avec ceux qui sont différents dans la culture, le système politique, la confession ou autre.

La preuve est  donnée par le Prophète lui-même. Lorsqu’il est arrivé  à Médine, 48 heures après, il a établi une charte où il a demandé aux Juifs et Israélites établis à l’époque autour de Médine d’y adhérer pour former une seule nation. Il avait garanti aux Juifs leur droit au culte, à la citoyenneté et à la protection en cas de guerre sans que ces derniers soient obligés de prendre part à cette guerre.

Donc, l’islam lui-même appelle à la cohabitation et non pas à l’extermination de l’autre. Je le répète, tous ces préceptes d’extermination, d’exclusion et de violence sont d’un point de vue théologique des hérésies.

Sur le plan politico-stratégique, on sait que ce sont certains régimes dans le monde arabe qui veulent asseoir leur hégémonie sur l’ensemble des territoires musulmans pour affermir leur pérennité au pouvoir.

 

Donc aucune incompatibilité entre l’islam et la vie en occident ?

Le musulman qui arrive dans une terre d’accueil doit savoir que l’islam ne voit pas d’incompatibilité et de contradiction entre le fait de garder sa confession et d’avoir n’importe quelle nationalité. Le verset 13 de la sourate 49 précise et déclare que c’est Dieu qui a cautionné et admis qu’il y ait une diversité entre les peuples et les races à tout point de vue.

Le musulman qui arrive dans un autre pays que ce soit en Amérique du Nord ou en Europe ou ailleurs, doit oublier le fait qu’il soit arabe, berbère, Pakisatanais ou Africain, vous êtres Canadien. La nature, la politique la société, certaines contraintes objectives qui relèvent du climat, de la distance, du bon sens, de la raison imposent à ce citoyen de se réadapter. Comme il doit faire pour s’adapter au décalage horaire, il doit régler son décalage culturel, politique et sociétal. Il doit s’intégrer dans ce nouveau bloc et ne sera plus obligé de ne vivre qu’avec les traditions héritées auparavant. Sinon c’est la collision qui mènerait à la non-intégration qui pourrait engendrer le clash avec les autres.

 

Ceci nous mène à l’islamophobie au  Canada …

L’islamophobie est le fait de rejeter les notions de l’islam et sa philosophie. En réalité, il y a deux Islam. Un Islam prophétique qui n’a plus de présence de nos jours. Et une autre miroitée. Cette dernière reflète un faux islam qui découle des mouvements islamistes et non pas musulmans. Attaquer les thèses de ces derniers relève également du devoir du musulman. Je pourrais moi-même me considérer islamophobe par rapport à un islam tel que le wahhabisme.

Pour ceux qui s’attaquent à  l’Islam prophétique que je suppose qu’ils ignorent complètement, on pourrait leur pardonner du fait qu’ils n’arrivent pas à découvrir le vrai visage de l’islam et que c’est le wahhabisme qui les en empêche à travers le mal satanique qu’il diffuse avec un vocabulaire religieux.

Mais je suis certain que si les discussions sont ouvertes avec les gens qui s’attaquent indument aux sources de l’islam. Si jamais ils s’assoient avec de vrais musulmans qui leur expliqueraient la grandeur de cette religion, l’islamophobie cessera d’exister. Celle-ci est en somme le fruit de l’existence d’un islam tordu, l’islam wahhabite et non l’islam prophétique.

Les musulmans doivent louanger Dieu de vivre dans ce pays. Le Canada est la mère de l’Humanité. Il accueille toutes les races du monde et toutes les confessions sans en faire distinction ni prêter attention à ces détails. Il offre toutes les chances d’avoir une vie décente, un pays de droit et de justice et de liberté. Une bénédiction pour l’Humanité entière.

 

Vous avez eu le temps de visiter certaines mosquées à Montréal. Quel constat faites-vous du discours qui y est véhiculé ?

D’après le petit constat que j’ai relevé durant ce court séjour certains noyaux extrémistes islamistes commencent à s’implanter dans des mosquées à Montréal.

C’est une gangrène. Dès qu’elle est semée, c’en est fini pour le sujet. Nous avons visité certaines mosquées et nous avons discuté avec des imams et des fidèles et nous avons constaté la présence d’un discours extrême ce qui nous amène à tirer la sonnette d’alarme.

Le Canada est une terre vierge pour le culte musulman notamment venant des pays maghrébins et les mosquées le sont également.  C’est justement ce vide qui peut donner l’occasion aux extrémistes d’occuper ces mosquées pour mener les prières et former les fideles dans l’esprit du wahhabisme.

Si ce courant arrive à mettre pied et donner des racines dans les mosquées à Montréal, je serais très inquiet sur l’avenir du Canada.

On peut tirer profit de l’expérience algérienne en multipliant les rencontres. Il faut  faire appel à des gens qui ont une double culture,  musulmane et occidentale maitrisant les langues , sages et qui croient en l’amour du prochain pour occuper ces espace et empêcher qu’ils tombent entre les mains des extrémistes et du wahhabisme.

 

 

Plus : https://www.facebook.com/events/524993711201972/

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L’Algérie présente aux commémorations de l’attentat de la mosquée de Québec

janvier 26, 2018

Deux chercheurs universitaires venant d’Algérie prendront part à un colloque sur le Vivre Ensemble, organisé par le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence de Montréal.

Le Québec commémore à partir d’aujourd’hui jusqu’à lundi prochain le premier anniversaire de la tuerie de la Grande mosquée de Québec survenue le 29 janvier 2017.
Six musulmans dont deux Algériens, Khaled Belkacemi et Abdelkrim Hassane, avaient perdu la vie quand un tireur proche de l’extrême droite a ouvert le feu sur les fidèles après la prière du soir (icha).
Plusieurs activités officielles et citoyennes sont prévues à Montréal et à Québec, la capitale de la province éponyme où on attend la présence du Premier ministre canadien Justin Trudeau et celui du Québec Philippe Couillard, entre autres.  L’Algérie sera présente à travers ses représentations diplomatiques et consulaires.
Le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV) de Montréal organise deux colloques sur le « Vivre ensemble avec nos différences » en collaboration avec plusieurs organismes dont l’ambassade du Canada en Algérie.
Deux chercheurs algériens ont été invités par le CPRMV pour y prendre part. Boualem Djouhri,  professeur en sciences humaines à l’université de Bejaia et Hocine Gueham, chercheur indépendant et écrivain spécialiste de la pensée islamique. Ce dernier affirmait dans une interview à El Watan que « tout salafiste est susceptible de basculer dans la violence » (http://www.elwatan.com/actualite/tout-salafiste-est-susceptible-de-basculer-dans-la-violence-08-06-2017-346821_109.php).  Récemment, il expliquait que « «Le wahhabisme n’est pas un courant religieux mais un courant politique»  (http://www.elwatan.com/-00-00-0000-359257_109.php).
Toute cette expertise a intéressé le Centre de prévention que dirige Herman Deparice-Okomba qui les a invités sur proposition du ministère algérien des affaires religieuses.
Une source de l’ambassade du Canada en Algérie a explique à El Watan que cette dernière  «coopère avec le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence depuis 2016, dans les domaines de la déradicalisation et du vivre ensemble.  Dr Deparice-Okomba a visité Alger en septembre 2016, où il a pris la parole dans un atelier international organisé par le ministères des affaires étrangères algérien.
Sa deuxième visite était en octobre 2017, quand il a également fait une présentation lors de la réunion plénière du Groupe de travail sur l’Afrique de l’Ouest du Forum mondial de lutte contre le terrorisme. Les deux visites ont inclus un programme de rencontres avec les autorités et autres personnes d’intérêt. »
«  Pendant la dernière visite, Dr. Deparice-Okomba a rencontré le Ministre des Affaires religieuses d’Algérie, Mohammed Aïssa, qui a offert une collaboration quant à la commémoration des victimes de l’attentant au Centre culturel islamique à Québec. C’est dans ce contexte que l’Ambassade appui l’initiative », ajoute la même source.
« L’ambassade n’a pas fourni aucune ressource financière. Notre appui a plutôt consisté à mettre en contact le Centre de prévention et les autorités du ministère des affaires religieuses, et d’assurer la communication continue entre les deux partenaires. Nous sommes très contents avec ce partenariat. L’ambassade va continuer de travailler en partenariat avec ces deux partenaires importants », conclut la même source.
Les autres victimes tombées sous les balles du suprémaciste Alexandre Bissonnette dont le procès débutera le 26 mars sont : Mamadou Tanou Barry, 42 ans de Guinée, Aboubaker Thabti, 44 ans de Tunisie, Azzeddine Soufiane, 57 ans du Maroc et  Ibrahima Barry, 39 ans de Guinée.

Par Samir Ben  Contactez moi

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104 000 Algériens vivent au Canada

janvier 22, 2018

Une étude publiée jeudi dernier à Montréal établit le nombre d’Algériens vivant au Canada à 104 400 en 2016. Commandée et financée par le Fondation Club Avenir et menée par Yasser Boulmezaoud, un étudiant en doctorat en sociologie à l’Université du Québec à Montréal, cette étude dresse un portrait des Algériens du Canada, une première pour une communauté dont les premiers membres sont arrivés au Canada dans les années 1960.

L’étude est basée sur les derniers chiffres de Statistiques Canada, les ministères de l’immigration canadien et québécois ainsi que l’ambassade et le consulat d’Algérie. Elle a permis d’arriver à ces chiffres plus rigoureux que le fantaisiste 150 000 sorti de nulle part mais repris dans les médias.
«L’arrivée des Algériens au Canada a commencé en 1965 par une dizaine pour atteindre la Centaine de Milliers en 2015. Entre 2011 et 2016, le Canada a accueilli une moyenne de 3479 Immigrants algériens par an, contre une moyenne de 4420 par an entre 2007 et 2011.», explique Yasser Boulmezaoud qui est aussi consultant-formateur en administration et commerce et co-fondateur du cabinet Regard Neuf & Conseil Inc.
Le Canada a été aussi une terre d’asile pour les Algériens qui ont fui le pays pendant la décennie noire. Entre 1991 et 2000, près de 3000 Algériens ont obtenu le statut de réfugié contre 205 seulement entre 2011 et 2016.
En 2016, l’Immigration algérienne au Canada était composée à 52 % d’hommes. Dans la tranche d’âge de 25 à 40 ans, les femmes sont majoritaires et représentent 54%.
Les moins de 15 ans représentent 34% des Algériens du Canada. A titre comparatif, au Québec, la même catégorie d’âge représente 16 % de la population.
Comme la communauté algérienne au Canada est une immigration récente, la première génération reste la majorité avec 69% en 2016 du total contre 73% en 2011. La deuxième génération représente 30% et la troisième génération 1%.
La première génération est composée des personnes nées à l’extérieur du Canada. La deuxième génération comprend les personne nées au Canada mais dont l’un des parents est né à l’extérieur du Canada. Quant à la troisième génération, elle est composée des personnes nées au Canada et dont les deux parents sont eux aussi nés au Canada.
L’étude dont l’auteur a bénéficié d’une bourse de la Fondation Club Avenir s’est intéressée aussi à la répartition géographique des Algériens dans le Canada.
Ainsi, en 2016, 90% des Algériens du Canada étaient installés au Québec. 80% à Montréal. Près de 6% vivaient en Ontario et un peu plus de 2 % en Alberta. On a aussi dénombré 10 Algériens dans le Nunavut, le territoire dans l’extrême nord canadien.
« 65% des Algériens de plus de 25 ans à Montréal, détiennent un diplôme universitaire.  Seulement 23% des plus de 15 ans n’ont aucun diplôme contre une moyenne Montréalaise de 41% pour la même tranche d’âge », explique Yasser Boulmezaoud.
A rappeler que la Fondation Club Avenir, basée à Montréal, promeut l’intégration des Algériens du Canada par la promotion l’excellence en remettant chaque années des trophées pour ceux et celles qui se sont distinguées. Elle a été fondée en 2002 par le Professeur de HEC Montréal, Taïeb Hafsi et deux chefs d’entreprises TIC, Bachir Halimi (Speech Mobility) et Ahmed Aina (Dialexia).

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Tahar Djaout «rend visite» à Montréal : «Le silence est la mort…»

janvier 22, 2018

L’association du Festival international du film amazigh de Montréal a organisé la semaine dernière une projection-débat autour du film de Abderrazak Larbi-Cherif Tahar Djaout, Un poète peut-il mourir ? Le débat a été mené par l’ancien présentateur du journal télévisé en français de l’ENTV, Soleiman Mellali, qui a dû quitter l’Algérie sous les menaces de mort pendant la décennie noire.

C’est dans le lointain Canada, plus précisément à Sherbrooke, que Tahar Djaout publia son premier recueil de poésie, Solstice barbelé, (éditions Namane, 1975) à l’âge de 21 ans.

Son pays, l’Algérie, n’était pas l’endroit le plus indiqué pour exprimer sa «rage, au sujet de l’oppression de l’identité et de la culture berbère», pour reprendre les propos de Radia Mebarek, qui lui a consacré son mémoire de maîtrise en lettres, à l’université du Québec, à Trois Rivières.

Quatre décennies plus tard, la semaine dernière, une rencontre à été organisée à Montréal autour du poète, romancier et journaliste. Entre-temps, les «frères vigilants», personnages lugubres de son roman posthume, mais non moins prémonitoire, Le dernier été de la raison, auront eu droit de son corps, mais pas de son œuvre. Le 26 mai 1993, Tahar Djaout est victime d’un attentat devant chez lui dans la banlieue d’Alger.

Le fils d’Oulkhou (Azeffoun) et de La Casbah d’Alger rendit l’âme une semaine plus tard, le 2 juin, jour de l’Aïd. Il succomba  aux balles assassines d’un groupe à la «foi surhumaine et  inhumaine». Une horde au Dieu de «la vengeance et du châtiment, qui ne connaît ni l’amour, ni le pardon, ni la compassion, ni la tolérance». Un Dieu dont elle a, elle-même «soigneusement tracé les contours».

A Montréal, l’évocation de Tahar Djaout s’est faite autour du film sorti en 2011 que lui a consacré le journaliste et documentariste Abderrazak

 

Tahar Djaout, un poète peut-il mourir ?

En préambule à la projection organisée en collaboration avec le Festival international du film oriental de Genève (Fifog), l’assistance, qui a bravé la vague de froid extrême qui s’est abattue sur Montréal, a écouté religieusement la chanson Kenza, dans laquelle Lounès Matoub rendait hommage à Tahar Djaout, avant qu’il soit lui-même assassiné en 1998.  Le court métrage Yidir, de Tahar Houchi, a été aussi projeté. Il raconte l’histoire d’un enfant à qui on interdit de parler sa langue maternelle, le tamazight, à l’école.

Pour l’écrivain Yasmina Khadra, interviewé dans le documentaire, «avec l’assassinat de Tahar Djaout, le point de non-retour était franchi». La suite tout le monde la connaît : une centaine de journalistes assassinés par «ceux qui s’opposaient au progrès, à la démocratie et à la liberté. Un crime qui a été suivi par des centaines de milliers de morts et de traumatisés et certainement quelques milliers d’exilés», comme l’a souligné Soleiman Mellali, l’ancien présentateur du journal télévisé en français de la Télévision algérienne et rédacteur en chef à Radio Canada.

«Dans le film, nous avons vu des extraits de ses romans et de sa poésie, mais il y a une phrase qui est à la fois très belle et terriblement très tragique, parce qu’elle était à mon avis prémonitoire. -Le silence est la mort. Et toi si tu te tais, tu meurs. Et si tu parles, tu meurs. Alors dis et meurs.- C’est une phrase qui a été suivie à la lettre par des dizaines de journalistes algériens par la suite qui ont résisté à l’obscurantisme et au terrorisme. C’est une expression qui devenue célèbre mondialement. Chaque fois qu’un journaliste est assassiné, cette phrase revient sur les réseaux sociaux et dans les articles de presse», a-t-il ajouté.

Qui a tué Tahar Djaout ?

«Peu d’Algériens croyaient qu’on allait arriver à une situation aussi grave. Que les intellectuels, que les journalistes allaient être ciblés. Les terroristes islamistes ont choisi de cibler toutes les personnes remarquables de la société civile algérienne, parce que ça faisait du bruit. La mort de Tahar Djaout a été un électrochoc pour les journalistes et pour les intellectuels.

Soleïman Mellali

Sa mort n’a pas été vaine. Beaucoup ont compris à ce moment que la défense de la démocratie et de la liberté était le choix à faire», affirme Soleiman Mellali.

Tahar Djaout a été tué le lendemain de la publication de son célèbre éditorial La famille qui avance et la famille qui recule. Il n’était pas tendre avec le pouvoir, et encore moins avec les islamistes.

«Il avait la terreur de voir ce pays basculer dans la République islamique. Il était taraudé par la question de savoir qu’allons-nous devenir là-dedans», explique Meziane Ourad dans le film sur Tahar Djaout.

Il écrivait notamment : «Vu la situation de crise profonde que vit l’Algérie et qui brouille toute perspective d’avenir, le salut ne résiderait-il pas plutôt dans un choix résolu, quitte à faire des mécontents, le choix qui arrachera l’Algérie aux serres des ténèbres pour la propulser vers le jour ? Ce choix tarde à se préciser, à tel point que nous commençons à nous demander avec angoisse si c’est vraiment vers la lumière du jour que ceux qui ont en charge la destinée du pays veulent nous mener.»

A l’époque, le Haut comité d’Etat, dirigé par Ali Kafi, entamait un dialogue politique avec les partis. La présence des islamistes est dénoncée par Tahar Djaout dans sa célèbre tribune.

«L’originalité de la seconde mi-temps de ce dialogue politique est qu’il réunira les formations groupées en ‘familles’ d’idées. Et là on retombe à pieds joints dans la grande problématique de l’Algérie, car, si on évacue quelques points de détail, il n’ y a en fait que deux familles : la famille qui avance et la famille qui recule.

Parmi les cinq formations politiques reçues par le HCE, on dénombre : deux partis intégristes, deux partis qui soutiennent l’intégrisme et un seul pari qui œuvre pour une Algérie républicaine et moderne».

«Les vraies circonstances de sa mort restent inconnues encore. Le chauffeur qui a dénoncé l’émir du GIA, Layada, est revenu sur sa déclaration. Finalement, Layada est acquitté et le chauffeur est condamné à 10 ans de prison pour d’autres faits sans lien avec l’assassinat du poète», rappelle Soleiman Mellali.

Les aveux faits devant les caméras de la Télévision publique algérienne auraient dû être faits devant un juge dans un Etat de droit, comme l’a souligné l’ancien présentateur du journal télévisé.

Lors du débat, un des présents a suggéré qu’avec le recul, on ne peut affirmer hors de tout doute que ce sont les islamistes qui l’ont tué puisqu’il «voyait les choses venir et disait que ceux qui nous gouvernent nous mènent vers les ténèbres, au même titre que les islamistes».
«Effectivement, ca reste très troublant», lui répond Soleiman Mellali. «Mais je peux vous affirmer qu’à l’époque rien n’était vraiment clair.

Beaucoup de gens ont écrit pour dire que les GIA étaient dirigés par des membres de l’armée et qu’au niveau du pouvoir il y avait aussi des islamistes. Ceci dit, il y a des cas où c’était clair que ce sont des islamistes», a-t-il ajouté.

 «Dans le cas de Smaïl Yefsah, on a la certitude que c’était des islamistes et c’est parti de l’intérieur de l’ENTV. Smaïl ne retournait pas chez lui, car quand on travaille à la télévision, on est facilement reconnaissable. Ce jour-là, il a juste dit qu’il allait chez lui pour chercher des vêtements. Il y avait un monteur vidéo qui travaillait avec nous et qui réalisait les vidéos du FIS. Alors on fait les recoupements et on tire les conclusions», conclut le journaliste de Radio Canada.

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Un joyeux Yennayer de Montréal

janvier 13, 2018

Une vidéo du journaliste Karim Ouadia où des Algériens du Canada parlent du nouvel an berbère.

 

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