Après le transfert des corps, les factures à payer

août 18, 2017

Quand la mère de Redouane s’est éteinte au début du mois de juillet à Red Deer, une ville dans la province de l’Alberta dans l’ouest canadien, il s’est retrouvé devant une situation imprévue.

Lui, prévoyant d’habitude, était dans l’impossibilité d’envoyer sa maman en Algérie pour l’enterrer à Annaba. Les services funéraires et le transport par avion d’Edmonton, la capitale de l’Alberta, vers Montréal puis Alger coûtent près de 11 000 dollars canadiens. Une maman, Khalti Yamina, qu’il chérissait au point où il l’avait ramenée vivre avec lui et d’autres membres de sa familles au Canada. Le seul recours pour lui était de se retourner vers la communauté.

Un appel sur facebook vite relayé sur les pages algériennes de Montréal a alerté l’Association de la sépulture musulmane du Québec (ASMQ). Cette dernière qui dispose d’un Fonds d’entraide et de solidarité y a puisé directement et a fait un appel aux dons. La générosité des Algériens et des autres communautés a fini par permettre à cette dame de 87 ans d’être enterrée vers la mi-juillet en Algérie.

Son cas n’est pas unique. Régulièrement, des appels à l’aide sont lancés sur les médias sociaux pour venir en aide à des familles qui veulent envoyer leurs défunts en Algérie ou les enterrer au Québec. Cette province canadienne dispose d’un cimetière exclusivement musulman au Nord de Montréal et de carrés musulmans dans des cimetières multiconfessionnels. «Je n’aime pas cette appellation de carré musulman.

C’est un cimetière à part entière qui dispose de 3000 places», insiste Omar Chikh, directeur du Centre funéraire musulmans de Montréal -Dar El Imane affilié à l’entreprise funéraire Magnus Poirier, en parlant du cimetière qu’il a inauguré il y a environ deux ans. Bien qu’il y a possibilité de se faire enterre au Québec les gens continuent à se faire rapatrier.

«Si encore une majorité de personnes font le choix de se faire rapatrier au pays d’origine, et ce, pour diverses raisons qui s’articulent les unes avec les autres (à la fois sociales, culturelles, religieuses, économiques, etc.), de plus en plus de personnes font le choix de se faire inhumer dans leur terre d’accueil», écrit dans les médias locaux, Yannick Boucher, chargé de cours et doctorant au Département d’anthropologie de l’Université de Montréal et qui s’intéresse aux rites funéraires des musulmans. Il estime à 70% le taux de rapatriement des défunts vers leur pays d’origine.

Selon Abdelghani Cheriaf, consul général d’Algérie à Montréal, les demandes d’aide sont minimes. «Sur une cinquantaine de décès par année, nous recevons 4 à 5 demandes d’aide», explique-t-il. Donc, on est loin de l’image qu’on se fait à chaque annonce de collecte pour rapatriement. Cette visibilié est due généralement aux circonstances de décès qui sont parfois dramatiques (accident de la route, noyade, meurtre…). Le consulat dispose d’un budget très limité qui peut être siphonné par un seul rapatriement.

Dans des cas exceptionnels, comme pour les victimes de la tuerie de la Grande Mosquée de Québec, le ministère a autorisé la prise en charge. «Nous avons eu aussi des cas désespérés comme les deux pères de famille noyés l’été 2016 quand ils sauvaient un enfant. Exceptionnellement le rapatriement a été pris en charge», ajoute-t-il. Quid de la loi de finances 2017 qui a limité le rapatriement des dépouilles aux seuls nécessiteux ?

Celle-ci a abrogé les deux premières versions, 2015 et 2016, qui l’ouvraient à tout le monde mais jamais mises en application car aucun décret exécutif n’a suivi. «La loi ne définit pas « nécessiteux ». Nous attendons de connaître concrètement qui y aura droit», explique Abdelghani Cheriaf.  La solution viendrait d’un décret exécutif ou d’un simple arrêté ministériel.

Monsieur rapatriement

C’est sans conteste monsieur rapatriement. Le député de la diaspora pour l’Europe et l’Amérique, Noreddine Belmeddah, s’est fait connaître dans l’hémicycle par ses prises de position concernant le dossier des rapatriements. Son intérêt au sujet remonte au temps où il présidait une association qui défendait les harraga en Espagne et en Europe. A l’automne 2014, il a pris le gouvernement de court en faisant adopter par l’APN en plénière un amendement au projet de loi de finances 2015.

Il y a introduit la notion de prise en charge par l’Etat du rapatriement des dépouilles des Algériens.  Le ministre des Finances était hors de lui au point où le président de l’APN lui a lancé un retentissant «Allah Ghaleb» ! Juste après lors d’une rencontre, l’ex-Premier ministre Sellal lui dit publiquement : «Tu nous as créé un problème !» Solution pour Sellal ? Aucun texte exécutif n’a suivi et l’article est resté lettre morte. «Cet amendement m’a coûté cher.

A cause de lui j’ai été éliminé des listes du FLN pour les élections législatives de mai dernier, moi qui avais siégé à la tête de la commission des affaires étrangères au nom du parti», nous explique Noreddine Belmeddah qui a été réélu sur les listes de l’Alliance nationale républicaine (ANR). Pour Hakim Bouisri, administrateur et co-fondateur de l’ASMQ, «nous encourageons les gens à prendre des assurances-vie ici au Canada. En cas de décès, il suffit juste de donner le code de police d’assurance à la maison funéraire et le problème est réglé». Pour 30 dollars par mois, on peut avoir une assurance vie de 100 000 dollars.

Ceci évite parfois les collectes douteuses ou l’argent n’est pas tracé. «Nous avons eu même quelqu’un qui est allé collecter l’argent après la mort de son ex-femme avec qui il n’avait plus aucun lien», affirme Hakim Biouisri. De son côté, le consul souligne l’importance de penser à ceux qu’on laisse derrière soi, car les factures ne s’arrêteront pas pour la famille avec la mort. C’est beaucoup plus important que le simple transfert du corps. Il faut penser aux vivants.

Par Samir Ben  Contactez moi

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80% des Algériens décédés au Canada se font rapatrier

août 18, 2017

Omar Chikh est directeur du  Centre funéraire musulman de Montréal.

Est-ce que les Algériens du Canada qui décèdent se font automatiquement rapatrier en Algérie ?

Sur 10 décès, 8 se font rapatrier pour être enterrés en Algérie. C’est émotionnel et subjectif. On reste attaché au pays surtout que les parents sont enterrés là-bas.

Mais la tendance s’inverse. On remarque de plus en plus une hausse des enterrements ici au Canada. Certaines familles sont à la troisième génération. Les enfants sont nés et ont grandi ici. Les cimetières sont propres et bien organisés. Dans ce cas, il est préférable de se faire enterrer au Canada pour ne pas compliquer le recueillement de ceux laissés derrière nous.

– Un rapatriement en Algérie ou un enterrement au Canada n’est pas gratuit. Comment s’organisent les familles lors d’un décès ?

Les frais sont entre 5000 et 6000 dollars. Sur 10 décès, nous avons 4 cas de collecte d’argent auprès de la communauté. A peine 10% des gens sont assurés. Quand les gens ont un bon travail ou travaillent dans de grandes entreprises, ces dernières leur proposent des assurances-vie.

Ceux qui posent problème sont ceux qui travaillent dans des petites entreprises ou qui travaillent à travers des agences de main-d’œuvre. Nous avons mis en place des ententes de type préarrangements funéraires, une nouveauté dans la communauté. Une quarantaine d’ententes ont déjà été signées [le Centre funéraire musulman de Montréal –  Dar El Imane est affilié à l’entreprise de services funéraires Magnus Poirier, ndlr].

– La loi de finances 2017 a prévu une prise en charge pour les rapatriements des Algériens nécessiteux.  Est-ce que les gens en bénéficient au Canada ?

Personne n’en a bénéficié. Elle n’est pas appliquée [le gouvernement n’a pas encore publié les textes exécutifs, ndlr].

– L’opinion publique affirme que contrairement à l’Algérie, le Maroc et la Tunisie prennent en charge leurs ressortissants !

Il n’y a que la Tunisie qui le fait. Le Maroc le fait à travers des assurances. Certes en Algérie, il y a l’assurance Amana, partenariat entre la SAA et la MACIF qui offre des assurances rapatriement.

Elle ne fonctionne pas, même si nous convenons qu’elle est abordable. Pratiquement elle ne réussit pas à intéresser la communauté pour plusieurs raisons, entre autres, l’inexistence de représentation de banque algérienne au Canada et les longs délais des virements bancaires entre les deux pays.

Les assurances marocaines ont des représentations bancaires à Montréal. Ce sont elles qui se chargent de tout. Le virement prend 10 minutes ! Les compagnies Pakistan Airlines, Turkish Airlines ou El Al (Israël) transportent gratuitement les dépouilles de leurs ressortissants. Air Algérie nous facture au poids !

 

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Salah Beddiari, poète et romancier : « Une vingtaine d’auteurs algériens vivent au Québec »

août 11, 2017

Salah Beddiari parle des Journées du livre de la diaspora arabe et berbère dont il est l’un des organisateurs. La troisième édition se tient depuis hier jusqu’au dimanche 13 août dans le cadre du festival Orientalys de Montréal qui reçoit chaque année plus de 150,000 visiteurs. Plus de 50 écrivains et écrivaines de la diaspora (Algérie, Égypte, Irak, Liban, Maroc, Syrie, Tunisie, Yémen) leurs livres et recueils (200 titres) seront exposés et mis en vente. Une vingtaine de maisons d’édition du Québec et du reste du Canada seront présentes.

 

 

Salah Beddiari – Photo. Karim Ouadia

 

Pourquoi un salon de la diaspora arabe et berbère ?

Il y a trois ou quatre ans, j’ai été invité dans plusieurs salons de livre à travers le Québec.  Entre autres, le salon du livre de Haïti. Ce petit pays de 10 millions d’habitants avait une vingtaine de maisons d’éditions présentes et 50 auteurs dont 25 du Québec.

Je me suis dit que nous qui venions des 22 pays arabes, nous pourrions faire au moins quelque chose de pareil si ce n’est pas mieux.

L’année dernière, j’ai fait une petite expérience avec le stand Algérie lors du festival Orientalys de Montréal. C’était une seule journée consacrée uniquement aux écrivains algériens. En fouillant un peu, j’ai été surpris de découvrir qu’il y avait une vingtaine d’auteurs d’origine algérienne qui vivaient au Canada principalement au Québec. Ils produisent de la fiction, de la littérature jeunesse, des essais.

 

A quel public s’adressent ces auteurs?

A qui on rapporte ?! C’est toujours un petit problème pour les écrivains immigrants. Car généralement, on rapporte à notre communauté, à notre société. Parfois c’est dans le subconscient on ne le sait même pas. Quand quelqu’un raconte une histoire, c’est trivial pour lui qu’il le raconte à ses compatriotes.

Mais pour les auteurs immigrants issus de cette diaspora arabe et berbère, je pense qu’il y a un problème par rapport à qui on rapporte, à qui on parle, à qui on s’adresse.

De mon point de vue, j’observe qu’il y a pas mal d’auteurs qui sont arrivés ici et qui s’adressent à la société québécoise : regardez, je suis là, je suis arrivé et j’ai une histoire à raconter. Généralement, c’est la nostalgie du pays. Il y a beaucoup de témoignages dans les ouvres des auteurs issus de l’immigration. Généralement, après le deuxième et le troisième livre ça devient un peu différent.

Nous allons discuter de tout cela lors de tables rondes au cours du salon. Le problème de l’édition, et la publication de ces auteurs, les difficultés qu’ils ont à intégrer ce marché…

 

Qu’est ce qui intéresse le lecteur Québécois dans cette production des auteurs de la diaspora ? Quels seraient les ingrédients du succès ?

Personne ne connait la recette! Il n’y a pas de recette magique. Il y a plusieurs facteurs qui font qu’un auteur sort du lot : l’histoire, le hasard, la date de sortie, les relations…

Pour nous, le but est de mettre un peu de lumière sur la production littéraire de ces gens qui sont venus d’ailleurs avec un imaginaire différent, avec un référent culturel différent qui ne passe pas parfois chez le lecteur québécois.

 

 Existe-t-il  une littérature de la diaspora algérienne au Canada ?

 Nous avons au moins une quinzaine d’auteurs. Il y a les auteurs qui sont arrivés dans les années 1960 et 970 comme Nadia Ghalem qui vit au  Canada depuis 1962. Après cette vague, il y a eu un vide parce que la majorité des Algériens venus par la suite étaient des étudiants. Ceux qui sont restés plus dans les sciences exactes et techniques.

Il faut mentionner que Tahar Djaout a étudié à l’université de Sherbrooke. Son premier recueil de poésie a été publié aux éditions Naamane de la même ville. Rachid Mimouni a fait ses études au Québec à l’Université de Montréal.

Et puis il y a eu la décennie noire qui a connu un bond de la présence algérienne au Québec et au Canada que ce soit des immigrants ou des réfugiés. Beaucoup de cadres algériens sont partis. Au bout de quelques années, ça a commencé à donner des résultats que ce soit des témoignages ou des livres de fiction sur le terrorisme en Algérie et sur la guerre dans les années 1990.Il y a, entre autres, Salah Belabed qui a publié 4 ou 5 romans.  Moi-même je suis arrivé pendant cette période. Il y a Soraya Benhaddad, qui fait dans la littérature jeunesse.  Zehira Houfani qui a publié chez un grand éditeur, Lux, spécialisé dans les écrits engagés. Le professeur Omar Aktouf aussi.

Il y a Djemila Benhabib qui a eu un grand succès avec son essai Ma vie à contre-coran. Elle demeure la plus connue. Il y aussi Nassira Belloula. La jeune romancière Katia Belkhodja a publié deux magnifiques romans. Il y a Karim Akouche,  il avait eu des débuts difficiles mais maintenant il commence à s’installer puisqu’il va plus vers la littérature ces derniers temps.  Il y a Hamid Benchaar et Salah Chekirou. On commence à devenir nombreux!

 

Journées du livre : https://www.facebook.com/JDLDiasporaArabeEtBerbere/

Orientalys : https://www.facebook.com/orientalysmontreal/

Par Samir Ben  Contactez moi

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Patricia McCullagh, nouvelle ambassadrice du Canada en Algérie

août 11, 2017

Le gouvernement algérien vient de donner son agrément à la nomination de Patricia McCullagh en qualité d’ambassadrice du Canada en Algérie, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Elle prendra ses fonctions le 1er septembre prochain.

Patricia McCullagh occupait le poste d’ambassadrice du Canada en Côte d’Ivoire depuis octobre 2015.

Elle a fait sa carrière au sein de l’Agence canadienne de développement international (ACDI). Elle y a occupé plusieurs postes à travers le monde dont Jakarta en Indonésie et Dar Es Salam en Tanzanie.

Entre 2011 et 2012, elle a été à la tête de la Direction générale de l’analyse stratégique et des opérations pour l’Europe, le Moyen-Orient, le Maghreb, l’Afghanistan et le Pakistan au sein de  l’ACDI.

Patricia McCullagh succède à Isabelle Roy en poste à Alger depuis le 26 février 2015. Dans un entretien accordé à El Watan en juillet dernier, elle a affirmé qu’elle resterait liée à l’Algérie.

« Je connais l’Algérie depuis que, jeune étudiante en maîtrise à l’Université de Montréal, j’y ai passé trois mois en 1988-89, pour y compléter ma thèse portant sur le double marché des changes en Algérie (sciences économiques). Ce séjour inoubliable m’a permis de voyager du nord au sud – jusqu’à Ghardaïa et le fabuleux Tassili N’Ajjer – et de l’ouest à l’est en passant par les petite et grande Kabylie jusqu’à El Oued. Je souhaitais y revenir, j’ai eu l’immense privilège d’y représenter mon pays comme Ambassadrice depuis près de trois ans ; il est clair pour moi que je resterai liée encore à ce pays fascinant et magnifique, et que je n’attendrai pas 29 ans pour y revenir », a affirmé la désormais ex-ambassadrice du Canada en Algérie.

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Amel Rahal, nouvelle directrice d’Air Algérie Canada

août 3, 2017

Amel Rahal, la nouvelle directrice d’Air Algérie Canada, a pris ses fonctions hier au siège de la compagnie à Montréal. Elle vient ainsi combler un poste « vacant » depuis plus de deux ans et demi.

Avant d’être affectée à Montréal, elle occupait le poste de directrice qualité et sécurité aérienne chez Air Algérie. Elle cumule plus de 30 ans de travail au sein de la compagnie nationale. Elle est entrée à Air Algérie en 1985 année où elle avait décroché son diplôme d’ingénieur de l’École militaire polytechnique de Rouiba (ex-École Nationale des Ingénieurs et des Techniciens d’Algérie – ENITA). Amel Rahal a été, entre autres, directrice de l’assurance qualité.

Le poste qu’elle rejoint a déjà consommé trois hommes. Le premier directeur a fait valoir ses droits à la retraite après sa condamnation pour inconduite sexuelle en 2015 puis son absolution totale.

Un deuxième directeur a été annoncé puis envoyé travailler à l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

Un autre directeur, Yacine Ameyar, a occupé son poste pendant seulement deux mois entre novembre et fin décembre 2016. Il a été rappelé en Algérie sans qu’on sache les raisons derrière cette décision. Pendant cette période de flottement, l’intérim a été assuré par le chef d’escale Azzedine Djemai.

La nouvelle directrice arrive en pleine haute saison estivale. Air Algérie assure un vol direct quotidiens entre Montréal et Alger. De son côté, Rouge la filiale Low Cost d’Air Canada dessert Alger à partir de Montréal quatre fois par semaine depuis le 1er juillet. Air Algérie est présente au Canada depuis 2007.

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Une collecte pour rapatrier la dépouille d’une Algérienne décédée dans un vol entre Montréal et Rome

juillet 18, 2017

La famille d’une Algérienne décédée vendredi dernier lors d’un vol d’Air Canada entre Montréal et Rome fait face à une situation imprévue où elle doit payer près de 8 000 dollars canadiens en frais funéraire et de rapatriement vers l’Algérie.

La dépouille de la femme de 55 ans originaire de Constantine est toujours dans une morgue à Moncton au Nouveau-Bruswick (Canada) où l’avion dans lequel elle se trouvait a fait un atterrissage d’urgence après son décès. Elle voyageait avec ses trois enfants, des jeunes adultes dans la vingtaine.

« Une association à Moncton nous a aidés à faire un premier dépôt de 2000 dollars. Le reste, nous devons le payer dans les 60 jours », a expliqué à El Watan son fils joint à Moncton où il est pris en charge avec ses deux sœurs par Air Canada.

Une collecte a été lancée à Montréal par des membres de la famille élargie qui ont pris contact avec une association active dans les rapatriements et les enterrements de musulmans, l’Association de la sépulture musulmane au Québec. Cette dernière devrait contribuer avec 1 500 dollars.

Dès l’obtention des certificats de décès et autres papiers, la dépouille sera transférée par voie terrestre jusqu’à l’aéroport de Saint-Jean (Nouveau Bruswick) pour être rapatrié vers Montréal puis en Algérie.

La famille privilégie le passage par Paris car il y a un vol direct entre cette ville et Constantine où elle sera enterrée.

La famille ne bénéficiera pas des dispositions de la loi de finances qui prévoit une prise en charge du rapatriement des dépouilles uniquement pour les Algériens nécessiteux.

 

Plus d’info : https://www.facebook.com/sepulturemusulmanequebec/

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Les Algériens du Canada célèbrent la fête de l’indépendance

juillet 7, 2017

Calendrier oblige, les Algériens du Canada célèbrent cette fin de semaine la fête l’indépendance de l’Algérie, le 5 juillet n’étant pas férié au pays de la feuille d’érable.

La Communauté des Algériens unifiés du Canada lance les festivités demain vendredi avec une soirée de gala dans une grande salle montréalaise.

L’association fera d’une pierre deux coups : organiser son premier gala annuel et célébrer la fête de l’indépendance de l’Algérie.

« Cette conviviale soirée a été placée sous le signe du bien vivre ensemble et de la diversité culturelle. Cela sera nous donnera l’opportunité de rappeler notre lien affectif fort avec notre pays d’origine l’Algérie et de réaffirmer notre attachement pérenne et notre communauté de destin avec notre grande famille Canadienne », expliquent les organisateurs.

Créée en décembre dernier par trois médecins algériens vivant au Canada Mehdi Khider, Mohamed Chaïd et Salim Bouguermouh, la Communauté des Algériens unifiés du Canada s’est « tracée plusieurs objectifs dont la préservation, l’enrichissement et la promotion de la culture et de l’identité des Algériens ».

« La communauté Algérienne, partie prenante d’une société multiethnique,  ambitionne de s’affirmer comme vecteur d’une culture plurielle, capable de contribuer à l’enrichissement du Canada », ajoutent-ils.

Bien qu’elle ne soit pas la première association créée par les Algériens du Canada, ses  initiateurs veulent en faire « une interface efficace entre la communauté d’origine Algérienne et les différents centres de décision et d’influence, afin de porter nos revendications et nous faire entendre, sachant que notre communauté est l’une des plus nombreuses au Canada ».

 

Festitam et activités sportives

Le lendemain, la fête sera populaire au Parc Jean Drapeau de Montréal. L’organisme Festitam fondé par deux Algériens et un Québécois organise Québec-Maghreb la grande fête dans le cadre des Week ends du monde.  Cette fête draine habituellement des milliers de personnes d’origine maghrébine ou des Québécois.

La fondation Club Avenir de son côté et le Collège des judokates et judokas algéro-canadiens organisent des activités sportives pour les jeunes d’origines algériennes (football et judo).

https://www.facebook.com/Communauté-des-Algériens-Unifiés-du-Canada-1310211455666854/

https://www.facebook.com/noureddine.salhi.10/posts/10154699044843457?pnref=story

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1695875213774950&set=a.186700384692448.49778.100000574641478&type=3&theater

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Isabelle Roy, ambassadrice du Canada en Algérie : «Le Canada accueille chaque année quelque 300 000 personnes»

juillet 6, 2017

A l’occasion du 150e anniversaire du Canada, la diplomate canadienne revient pour El Watan sur les relations entre son pays et l’Algérie et la situation dans le monde, à deux mois de la fi n de sa mission en Algérie.

Le premier lien entre l’Algérie et votre pays est sans doute la communauté des Algériens qui vivent au Canada. Combien sont-ils ?

La communauté algérienne au Canada est très importante et en croissance depuis quelques années. Je dois souligner qu’à mon arrivée en Algérie en 2015, le consulat général d’Algérie à Montréal parlait déjà de 100 000 Algériens.  Ce nombre a dû largement augmenter depuis deux années, j’ai vu récemment le chiffre de 150 000 personnes. Cette communauté avec laquelle j’ai le plaisir de rencontrer et d’échanger lors de mes voyages au Canada, notamment à Montréal est très dynamique, instruite et professionnellement qualifiée. C’est un pont entre nos deux pays et permet d’envisager des partenariats accrus entre petites et moyennes entreprises novatrices, de même qu’entre institutions notamment dans le secteur de l’éducation et de la formation.

 

En plus de ces derniers, combien sont les Algériens qui visitent le Canada chaque année?

De par la forte communauté algérienne établie au Canada, de plus en plus d’Algériens se rendent au Canada pour des visites familiales, certaines personnes s’y rendent aussi pour découvrir le pays. En 2016, 14 000 Algériens ont visité le Canada pour différentes raisons.

 

Etudes au Canada

 

Pour rester dans les chiffres, il y a aussi les étudiants algériens qui choisissent le Canada pour leurs études supérieures…

Les études au Canada intéressent les étudiants du monde entier et cet intérêt est motivé par la qualité de la formation qui fait la réputation des universités canadiennes. Chaque année, plusieurs établissements canadiens figurent dans le classement des meilleures universités du monde de par la qualité de l’enseignement dispensé, mais aussi l’ouverture de la société canadienne sur le monde. Le Canada est la 7e destination du monde la plus populaire pour les étudiants internationaux, en 2015, le Canada a accueilli 353 262 étudiants internationaux. En 2017, trois villes canadiennes sont classés parmi les 20 premières villes universitaires, il s’agit de : Montréal (1ère), Toronto (10e) et Vancouver (11e).

Les étudiants algériens ne sont pas en reste de cette quête d’un enseignement de qualité et d’un environnement multiculturel et linguistique. C’est pourquoi, le Canada arrive au deuxième rang des destinations étrangères les plus populaires auprès des étudiants algériens. Le nombre d’étudiants algériens qui choisissent le Canada pour poursuivre leurs études est en croissance constante, malgré que les études ne soient pas gratuites. Ils étaient 600 étudiants en 2011 alors que ce nombre était de 1160 en 2016.

 

Vos services organisent régulièrement des salons pour promouvoir les études dans les collèges et universités canadiennes. Bien que les études ne soient pas gratuites, ces salons connaissent un grand engouement. Comment expliquez-vous ceci ?

Effectivement, pour la quatrième année consécutive, l’Ambassade a organisé le Salon de l’éducation au Canada, les 29 et 30 novembre 2016 au Palais de la Culture.  Le salon a connu un grand succès auprès des jeunes et leurs parents qui cherchent à offrir à leurs enfants la meilleure éducation, qui leur ouvrira les portes de la réussite. À l’heure de

la mondialisation, l’éducation, l’innovation et le savoir-faire sont des moteurs essentiels de l’économie, c’est pourquoi le secteur de l’éducation et la recherche sont des priorités au Canada. L’engouement pour les études au Canada s’explique aussi  par le fait que les diplômes universitaires, diplômes ou certificats canadiens sont reconnus dans le monde entier; la qualité de l’éducation et le niveau de vie sont parmi les plus élevés du monde, mais le coût de la vie et les frais de scolarité pour les étudiants internationaux sont généralement inférieurs à ceux des autres pays. L’enseignement du français et de l’anglais comme première et seconde langues est une part intégrale de l’éducation canadienne, permet aux étudiants d’améliorer leurs compétences dans les deux langues. Je tiens à souligner que le Canada a été le seul pays à organiser un salon d’une aussi  grande envergure dédié au recrutement des étudiants, une initiative qui a été suivie par d’autres pays ces dernières années. En 2016, 12 institutions postsecondaires représentant 4 provinces canadiennes (Québec, Ontario, Manitoba, Nouvelle Écosse) ont participé au salon. La délégation comptait 11 institutions francophones et une bilingue. Les participants au salon d’Alger étaient constitués de 6 universités, 5 collèges et 1 groupement d’institutions. Plus de 1800 étudiants ont visité le salon EduCanada Alger, ils étaient intéressés par les programmes de Maitrise (53.7%), licence (26.2 %) et de doctorat (19.2%). Un intérêt aux programmes à vocation technique a également été relevé (19.6%).

 

Certaines provinces canadiennes et le Québec en particulier proposent des bourses pour les étudiants algériens ? Êtes-vous satisfaite de la gestion de ce dossier ?

Tout d’abord, en ce qui concerne le Québec, en vertu de l’entente de coopération signée entre le gouvernement du Québec et l’Algérie, une exemption des droits de scolarité supplémentaires est accordée à un nombre défini d’étudiants. Pour l’année 2015/2016, 33 doctorants ont été retenus pour compléter leur recherche au Canada dans le cadre du Programme National Exceptionnel mis en place pour le renforcement des capacités nationales d’encadrement en enseignants de rang magistral. En 2016/2017, 26 doctorants ont été retenus pour cette formation résidentielle au Canada.

Le Ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche du Québec est responsable de la gestion de ces exemptions pour le gouvernement du Québec en collaboration avec le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique algérien, avec lequel l’Ambassade  travaille en étroite collaboration pour offrir toutes les facilités à la mise en œuvre de l’entente de coopération.

D’autre part, vous avez les bourses. Certaines universités canadiennes proposent des exonérations partielles des droits de scolarité qui permettent aux étudiants internationaux inscrits à temps plein à un programme d’études en français de payer les mêmes droits de scolarité que les citoyens canadiens et les résidents permanents. Une formule qui connait beaucoup de succès chez les étudiants de pays francophones.

 

Y a-t-il des canadiens inscrits dans des universités algériennes en utilisant ce système puisque l’Algérie offre aussi des bourses dans le cadre de ce partenariat?

La mobilité bilatérale n’est pas inscrite dans le précédent programme. Toutefois, un accord est en cours de développement avec le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique pour la mise en place d’un programme de mobilité d’étudiants, de même que pour  renforcer les liens entre les besoins de l’industrie et la recherche universitaire par des stages de recherche pour les étudiants de premier cycle et aux cycles supérieurs.  Ce qui permettra aux Canadiens d’effectuer leurs projets de recherche en Algérie dans le cadre de spécialités qui seront définies en amont.

 

Economie

Le volume des échanges entre les deux pays a connu une baisse considérable ces dernières années. Il est passé de 3.72 milliards de dollars en 2013 à 1,5 milliard en 2015 avant de se redresser à 2.37 milliards en 2016. Est-ce que la chute des prix du pétrole pourrait tout expliquer ?

De manière générale  la chute drastique des prix du pétrole a eu de lourdes conséquences sur l’économie mondiale et non seulement sur celles du Canada et de l’Algérie. Globalement, je dirais que oui, la chute des prix du pétrole a eu un impact sur le volume des échanges entre nos deux pays, même si la tendance baissière a été inversée en 2016, toujours en faveur de l’Algérie. Tout comme l’Algérie, le Canada travaille pour la diversification de son économie, depuis plus longtemps, afin de la rendre moins dépendante de la fluctuation des prix des hydrocarbures.  C’est pourquoi dans le cadre de nos échanges avec nos partenaires algériens nous explorons de nouvelles perspectives d’affaires dans de nouveaux secteurs.

 

Depuis votre arrivée à la tête de l’Ambassade du Canada en Algérie début 2015, vous semblez privilégier la PME dans les relations économiques entre les deux pays. Fini l’ère des grandes compagnies comme SNC Lavalin?

Les grandes compagnies canadiennes auront toujours une présence en Algérie et œuvreront  pour consolider et capitaliser la longue expérience acquise dans le cadre du partenariat avec les compagnies algériennes.  Comme les SNC-Lavalin,  ces compagnies n’ont jamais quitté l’Algérie, même pendant les années les plus difficiles que le pays  a traversées et elles ont accompli un grand travail et ont été à l’origine de la consolidation des relations économiques entre le Canada et l’Algérie. De grands édifices, symboles qui font aujourd’hui la fierté de l’Algérie, comme l’Office Riadh El Feth ou le Palais de la culture, portent une empreinte canadienne.  L’Ambassade continuera à appuyer le travail de ces entreprises qui sont la fierté du Canada de par l’expertise qu’elles apportent. Par la suite, vous avez tout le tissu des PME, qui aujourd’hui jouent un rôle moteur dans l’innovation et la création d’emplois. Si on parle aujourd’hui des PME c’est par ce qu’elles pèsent lourd dans l’économie mondiale. 95% des entreprises dans le monde sont des PME et elles emploient près de 60% de la main-d’œuvre du secteur privé. Les PME contribueraient à hauteur de 50 % à la valeur ajoutée brute (VAB) mondiale. C’est dire toute leur importance dans la dynamique économique des pays. Au Canada, les PME représentent plus de 98% du tissu d’entreprises et elles sont un véritable levier de la croissance économique du pays. Je pense que l’expérience canadienne peut être mise à profit dans le cadre du partenariat algéro-canadien. À ce titre, je me réjouis de la visite en Algérie de la première mission commerciale de femmes d’affaires canadiennes qui débuté le 2 juillet. La mission est conduite par la vice-première ministre du Québec, ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Allègement réglementaire et du Développement économique, Mme Lise Thériault.  Cette mission permettra aux femmes d’affaires canadiennes d’avoir des échanges avec  le monde des affaires algérien, après la première rencontre qui a eu lieu au Canada au mois d’avril dernier [mission du Forum des chefs d’entreprise, NDLR].

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Quels sont les secteurs prioritaires pour développer les affaires entre l’Algérie et le Canada ?

Le Canada reste ouvert à tous les secteurs où les opportunités d’échanges et d’affaires peuvent être identifiées. Nous avons identifié un certain nombre de secteurs porteurs tels que le secteur de l’énergie, notamment les énergies renouvelables, les infrastructures, principalement dans le domaine de l’eau, le transport, les technologies de l’information et des communications ainsi que l’agroalimentaire.  Nous sommes à l’écoute de nos partenaires algériens et prêts à apporter notre expérience dans les domaines que les entreprises algériennes souhaitent développer.

 

À un moment, des entreprises canadiennes voulaient activer dans le gaz de schistes. Mais en l’absence de consensus dans l’opinion publique algérienne  autour ces sources d’énergie non conventionnelles, le gouvernement parle maintenant d’énergies renouvelables. Les compagnies canadiennes répondront-elles présent ?

Le Canada est mondialement connu pour son excellence et innovation dans le secteur des  technologies propres, en particulier les énergies renouvelables. Plus de 65 % de l’électricité produite au Canada provient de source d’énergie renouvelable, ce qui fait du Canada un meneur au sein du G7. Dans le monde, le Canada est le deuxième producteur en importance d’hydroélectricité, le septième producteur d’électricité éolienne, et le cinquième producteur de biocarburant. De plus, Canadian Solar est l’une des plus importantes entreprises d’énergie solaire dans le monde.

Nous sommes très conscients de l’importance que prendront  les énergies renouvelables dans le mix énergétique algérien. La création en Algérie d’un ministère de l’environnement et des énergies renouvelables n’est qu’une autre preuve de l’importance qu’accordent les pouvoirs publics aux énergies propres.  Le programme algérien pour le développement des énergies renouvelables ainsi que le prochain appel aux investisseurs constituent des opportunités que nous tâcherons de promouvoir auprès des entreprises canadiennes qui jouissent d’un grand savoir-faire dans l’énergie solaire, les technologies de stockage d’énergie et de réseaux intelligents. Je suis convaincue que l’expertise et le savoir-faire canadiens peuvent avoir une place sur le marché algérien qui connait une grande dynamique.

 

Pour les entreprises algériennes quelles pourraient être les opportunités d’affaires au Canada ?

Comme vous le savez, l’économie canadienne est une économie libre et ouverte sur toutes les initiatives. Le Canada offre un environnement idéal d’affaires  pour les entreprises du monde entier, y compris algériennes. Le Canada offre de nombreuses opportunités, d’abord c’est une porte d’entrée sur le marché américain, avec en prime le bilinguisme (anglais et français). Vous y trouvez aussi une croissance solide et stable, l’économie canadienne est une des rares à avoir surmonté la crise économique;  une fiscalité attractive; des ressources naturelles abondantes; des technologies de pointe et une main-d’œuvre hautement qualifiée.

 

Quelle appréciation font les compagnies canadiennes de la règle 49/51 ?

Permettez-moi tout d’abord de souligner que nous respectons toutes les décisions souveraines de l’État algérien. Les grandes entreprises canadiennes connaissent le marché algérien, sur lequel  certaines sont présentes depuis de longues années et elles s’adaptent à cette règle. Cependant, les nouvelles entreprises, en particulier les PME, qui ciblent le marché algérien pour la première fois pourront sérieusement considérer cette règle dans le choix de la destination de leurs investissements à l’étranger. Notre rôle c’est de leurs fournir toute l’assistance nécessaire pour comprendre le contexte et les particularités du marché algérien.

 

Est-ce que ce serait un frein à des projets d’investissements ? 

Toute entreprise dans le monde des affaires souhaite, dans la mesure du possible, avoir un contrôle total de ses investissements et des profits générés. Dépendamment, des intérêts que ces dernières peuvent avoir, elles s’adaptent aux contraintes que représentent certains marchés au niveau de la législation, du risque financier ou sécuritaire ou tout autre risque. Ça c’est dans le cas des grandes entreprises, les choses sont un peu plus compliquées pour les petites et moyennes entreprises, plus sensibles compte tenu de leurs tailles et ressources plus modestes.

 

Qu’est-ce qui a joué le plus, selon vous, dans l’implantation de l’usine de Bombardier Aéronautique au Maroc ?

C’est une question qu’il faudrait adresser au principal intéressé. Bombardier Aéronautique est une société d’envergure mondiale qui doit prendre en considération une multitude de facteurs avant de confirmer ses investissements dans de nouvelles usines.

 

La diaspora algérienne au Canada pourrait-elle jouer un rôle dans le renforcement des liens économiques ?

Certainement et c’est déjà le cas. Nombre de compétences de la diaspora algérienne établie au Canada travaillent pour des compagnies canadiennes présentes en Algérie. Ces compétences conjuguent l’expertise canadienne et la connaissance du marché algérien, ce qui fait d’elles un plus dans le renforcement des liens économiques entre nos deux pays.

 

Récemment, une délégation de gens d’affaires algériens s’est déplacée au Canada, quel bilan en faites-vous ?

Il s’agissait en fait de première délégation algérienne à participer à une mission d’affaires au Canada. Le bilan que j’en fais est positif puisqu’il a permis d’établir un contact direct entre les gens d’affaires algériens et canadiens. Cette mission a aussi été une occasion pour présenter l’Algérie et les opportunités d’affaires qui sont offertes aux investisseurs étrangers, car vu l’éloignement géographique, il n’était pas toujours évident de placer le marché algérien sur les priorités des gens d’affaires canadiens. Et dans ce cadre, je dois dire qu’un grand intérêt  a été manifesté aux présentations de la délégation algérienne.

 

Air Canada (Rouge) arrive en Algérie début juillet. Peut-on espérer voir se développer la destination Algérie pour les touristes canadiens ?

L’arrivée d’Air Canada en Algérie est un des évènements majeurs de cette saison estivale et on espère que cette présence va se développer pour toute l’année. Ce vol vient renforcer la liaison aérienne entre le Canada et l’Algérie vu la demande de plus en plus croissante. Il est clair que nous espérons que ce vol, à raison de quatre fois par semaine, permettra les échanges entre nos pays pour le transport des personnes en encourageant les touristes canadiens à visiter le beau pays qu’est l’Algérie, y compris le sud, et le touriste algérien à visiter le Canada. Mais il y a aussi toute la dimension économique que les liaisons aériennes, assurée par Air Canada ou Air Algérie, peuvent offrir en matière de déplacement des gens d’affaires ou de transport de marchandises.

 

Culture, sécurité sociale et retraite

 

Qu’en est-il de la coopération culturelle entre les deux pays?

Comme vous le savez, au Canada la question de la culture est une prérogative provinciale. Chaque province développe sa propre politique culturelle et dédie un budget à ce secteur. Malgré cela, à l’Ambassade nous essayons de développer des ponts culturels entre le Canada et l’Algérie à travers des activités qui s’inscrivent dans un cadre d’échange. Le Canada participe au Festival international de la bande dessinée d’Alger (FIBDA), au Salon international du livre d’Alger (SILA), le grand écrivain-académicien Dany Laferrière a été un des invités de marque de l’édition de 2016. Cette édition a été également marquée par la présence de l’Association nationale des éditeurs du livre du Québec, qui a représenté les maisons d’édition canadiennes à cette grande fête du livre. Je peux aussi citer les différents spectacles, projections de films et autres activités que l’Ambassade organise, notamment dans le cadre de la célébration de la langue française en collaboration avec les ambassades des pays membres de l’organisation internationale de la Francophonie accrédités en Algérie. Toutes ces activités s’inscrivent dans le cadre de la coopération culturelle algéro-canadienne.

 

La communauté algérienne au Canada qui est d’installation récente grandit et la deuxième génération arrive. Dans quelques années le problème de retraites va commencer à pointer du nez. Beaucoup d’Algériens qui vivent au Canada ont commencé leur vie active en Algérie et ont cotisé dans le système algérien. Est-ce que les deux gouvernements envisagent des discussions pour permettre une mobilité entre les deux systèmes des deux pays à l’image de la convention sur la sécurité sociale entre le Maroc et le Canada?

Le Canada et l’Algérie ont chacun manifesté de l’intérêt pour négocier un Accord sur la sécurité sociale. Bien qu’il n’y ait pas encore eu de session de négociation formelle, les parties ont échangé des documents qui pourront servir de base aux négociations. Nous espérons qu’une entente puisse être conclue prochainement, afin d’assurer une couverture sociale.

 

Le modèle canadien

Le Canada qui fête son 150e anniversaire cette année est composé de deux peuples fondateurs, les descendants des Français et des Anglais et de tous les autres bâtisseurs qui se sont joints à eux, est considéré pour beaucoup comme un modèle pour l’humanité par sa tradition de tolérance et d’accueil. Mais ceci n’a pas empêché l’émergence d’un discours xénophobe et islamophobe dont la pire expression s’est manifestée le 29 janvier dernier avec l’attentat de la grande mosquée de Québec ? Le modèle canadien multiculturel s’essouffle-t-il?

Le modèle canadien ne peut pas s’essouffler pour la simple raison que  la diversité  est un élément fondateur du  Canada. Il est vrai qu’il peut y avoir des moments de crispation et de replis identitaires, mais nous ne pouvons pas laisser des actes isolés, qui font malheureusement des victimes, conditionner nos vies et notre manière de voir le monde. L’attentat de la grande mosquée du Québec a certainement endeuillé des familles, mais il a touché toute la société canadienne, qui a exprimé son indignation et son rejet de cet acte  terroriste, comme l’a si bien qualifié le premier ministre Trudeau.

La diversité canadienne est un atout pour le Canada et les Canadiens. Nous formons une société tolérante et ouverte dans laquelle les autres cultures sont les bienvenues. Bien que nos racines soient anglaises, françaises et autochtones, nous tendons la main aux autres cultures dans le monde. Depuis le début de la Confédération jusqu’à aujourd’hui, des immigrants ont enrichi notre société et fait du Canada ce qu’il est aujourd’hui : une société pluraliste et pacifique, avec de solides valeurs démocratiques. Le Canada accueille chaque année quelque 300 000 personnes qui arrivent des quatre coins de la planète dans le cadre des différents programmes d’immigration. C’est  l’un des pays avec la population la plus diversifiée et c’est ce qui faisait sa force.  Aujourd’hui, un Canadien sur cinq est né à l’étranger. La solidarité canadienne s’exprime également à travers l’accueil des réfugiés. Nous nous rappellerons longtemps du chaleureux accueil réservé par notre Premier ministre, Justin Trudeau et toute  la société canadienne aux réfugiés syriens en 2016. Cet élan de solidarité envers le peuple syrien n’avait rien de particulier pour les Canadiens qui sont fiers de leur ouverture sur le monde. Au Canada, la diversité est un fait. Notre pays est la patrie de personnes de toutes origines, races, religions et orientations sexuelles. L’inclusion n’est pas le fait du hasard, mais un choix. Ce choix se fonde sur les nombreux avantages inhérents à la diversité : une croissance économique plus forte, une meilleure cohésion sociale ainsi que des contributions remarquables sur le plan culturel et civique. Il y a des décennies, le Canada a décidé d’adopter une politique de multiculturalisme et de bilinguisme officiel. Nous sommes plus que jamais déterminés à bâtir une société ouverte, inclusive, avec comme principes, le vivre ensemble, le respect, et la lutte à la discrimination, qu’elle soit fondée sur la race, la religion ou l’origine ethnique. Face à la peur et à l’intolérance, nous sommes tous forts et unis.

 

Le Canada bien qu’épargné grâce à sa géographie a connu deux attentats terroristes. L’Algérie a vécu les horreurs du terrorisme islamiste pendant la décennie noire. Le deux pays coopèrent dans la lutte antiterroriste. Mais peut-on envisager une coopération efficace dans la lutte antiterroriste en l’absence d’accord judiciaire entre les deux pays ?

Aujourd’hui, le monde entier est concerné par le terrorisme et la radicalisation, aucun pays ne peut se dire épargné et seule une collaboration étroite entre les pays peut aider à mettre un terme à la violence. La lutte antiterroriste est une priorité aussi bien pour le Canada que pour l’Algérie, qui d’ailleurs a une longue expérience en la matière qui lui permet de s’imposer comme un partenaire incontournable.

Nos deux pays travaillent étroitement dans le cadre de la lutte antiterroriste. Comme vous le savez, le Canada et l’Algérie coprésident depuis 2011 le Groupe de travail sur le Sahel du Forum mondial de lutte contre le terrorisme (FMLT/GCTF), qui vise à promouvoir la coopération régionale et internationale et offre de réelles opportunités d’échanges et d’étroite collaboration aux experts de sécurité du monde entier. Les activités dans le cadre de ce groupe de travail ont conduit au lancement d’un programme d’action sur la lutte contre l’extrémisme violent et à promouvoir l’engagement communautaire en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Lors de sa dernière réunion ministérielle en septembre 2015, le FMLT/GCTF a lancé son initiative intergroupe de travail pour aborder le cycle de vie complet de la radicalisation à la violence, qui cherchera à élargir les bonnes pratiques existantes du FMLT, tout en développant des outils supplémentaires pour lutter contre le cycle de vie complet de la radicalisation à la violence. Il a également lancé un mécanisme international d’échange de renseignements pour le renforcement des capacités de lutte contre le terrorisme et de lutte contre l’extrémisme violent, qui agira comme plateforme afin de mobiliser et de coordonner les ressources des donateurs dans le but de répondre aux besoins déterminés, sur la base de recommandations non contraignantes pour les bailleurs de fonds ou les exécutants.

Même si le Canada et l’Algérie n’ont pas de traité bilatéral d’assistance judiciaire mutuelle, les deux pays sont parties prenantes de certaines conventions multilatérales qui comportent des dispositions sur l’assistance judiciaire mutuelle, notamment la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme et la Convention internationale pour la répression des attentats terroristes à l’explosif.

Par ailleurs, les lois d’assistance mutuelle du Canada permettent la mise en place d’ententes administratives avec des pays qui ne sont pas parties à des traités bilatéraux pour répondre à une demande particulière d’assistance judiciaire mutuelle. Le Canada est également en mesure de donner suite à des demandes fondées sur une commission rogatoire provenant de tribunaux étrangers qui instruisent des affaires criminelles.

De plus, dans les situations où une ordonnance du tribunal n’est pas requise au Canada pour obtenir la preuve et que la requête respecte par ailleurs les exigences de la loi canadienne, le Canada peut être en mesure de prêter assistance à un pays avec lequel il n’a pas de traité bilatéral d’assistance judiciaire mutuelle. Chaque demande d’assistance est jugée individuellement, en fonction des exigences de la loi canadienne.

 

Etat du monde

 

La ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland vient de dévoiler les nouvelles priorités de la politique étrangère du Canada. Elle a, entre autres, réaffirmé le soutien et l’implication du Canada au sein de l’OTAN. L’année dernière le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, avait affirmé que le Canada n’écarte pas une intervention en Libye contre État islamique. Est-ce que cette option est toujours de mise ?

Le Canada est un contributeur majeur aux activités de l’OTAN depuis la fondation de l’Alliance en 1949, et reste engagé à maintenir la sécurité et la stabilité transatlantique et régionale. L’engagement du Canada au sein de l’alliance transatlantique pour la sécurité est indéfectible. Les contributions du gouvernement canadien s’inscrivent dans le cadre de la lutte contre l’extrémisme violent, de la défaite de Daech et du soutien aux personnes touchées par le conflit en Irak, en Syrie, en Jordanie et au Liban. Dans ce contexte, nous suivons la crise en Libye avec attention.

Pour ce qui est de la Libye, le Canada travaille en concertation avec ses partenaires de l’OTAN, mais encourage surtout toutes les parties prenantes au dialogue pour trouver une solution pacifique au conflit actuel.

 

 

Justin Trudeau

Une visite du Premier ministre canadien Trudeau en Algérie est-elle envisageable dans les prochains mois ?

Il n’y a pas de visite programmé à court terme. Depuis son arrivée comme premier ministre,  M. Trudeau a effectué plusieurs visites à l’étranger, mais n’a malheureusement pas encore eu l’occasion de visiter le Maghreb. Il est évident que nous encourageons une visite du premier ministre en Algérie, qui est notre premier partenaire économique en Afrique et avec qui  nous travaillons en étroite collaboration dans le cadre de la lutte antiterroriste. Je rappelle que Pierre Elliott Trudeau, père de l’actuel premier ministre, était venue en visite en Algérie en 1981, donc une visite de son fils serait une bonne occasion pour souligner l’excellence de nos relations.

 

Votre mission à la tête de l’ambassade canadienne à Alger prendra fin dabs quelques semaines, que garderez-vous de l’Algérie le après votre départ ?

Je connais l’Algérie depuis que, jeune étudiante en maîtrise à l’Université de Montréal, j’y ai passé trois mois en 1988-89, pour y compléter ma thèse portant sur le double marché des changes en Algérie (sciences économiques). Ce séjour inoubliable m’a permis de voyager du nord au sud – jusqu’à Ghardaïa et le fabuleux Tassili N’Ajjer – et de l’ouest à l’est en passant par les petite et grande Kabylie jusqu’à El Oued. Je souhaitais y revenir, j’ai eu l’immense privilège d’y représenter mon pays comme Ambassadrice depuis près de trois ans ; il est clair pour moi que je resterai liée encore à ce pays fascinant et magnifique, et que je n’attendrai pas 29 ans pour y revenir.

 

 

Biographie d’Isabelle Roy:

Ambassadrice du Canada en Algérie depuis février 2015, elle a un  Baccalauréat universitaire en sciences (B.Sc.) en mathématiques de l’Université de Montréal, 1983; un M. Sc. économie, Université de Montréal, 1989; un diplôme d’administration publique, École Nationale d’Administration, Paris, 1996. Isabelle Roy a enseigné les mathématiques au niveau secondaire au Gabon, mené des recherches sur les modèles économiques pour les pays en développement au Centre de recherche et développement en économique, à Montréal, et a été consultante en économie à la Banque mondiale.

Elle a débuté sa carrière à Affaires extérieures et Commerce extérieur Canada en 1990 et a occupé à Ottawa des postes comportant des responsabilités de plus en plus importantes, notamment à la Direction des affaires de la Francophonie, à la Direction des relations économiques et financières, à la Direction de l’Europe de l’Ouest et à la Direction de l’Afrique occidentale et centrale, où elle a été directrice adjointe et directrice.

Mme Roy a occupé des postes à Yaoundé et à Paris, respectivement à l’ambassade du Canada et à titre de membre de la délégation canadienne auprès de l’Organisation de coopération et de développement économiques.

En 1997, elle a été la première diplomate canadienne à participer à un échange diplomatique avec le ministère français des Affaires étrangères. De 2005 à 2008, elle a représenté le Canada à titre d’ambassadrice au Mali. Avant sa nomination comme ambassadrice en Algérie, Mme Roy était à la tête de la Direction de la non-prolifération et du désarmement.

Par Samir Ben  Contactez moi

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Reconnaissance des diplômes, sécurité sociale et retraite : Des Algériens du Québec interpellent les autorités des deux pays

juillet 5, 2017

Plusieurs dirigeants d’association d’Algériens du Québec ont envoyé une lettre à la vice-Première ministre québécoise, Lise Thériault, qui est en visite en Algérie, pour l’inviter à amorcer des discussions avec les autorités algériennes concernant la reconnaissance des diplômes, la sécurité sociale et la retraite, entre autres.

Une copie de la missive a été envoyée par voie diplomatique aux responsables algériens qu’elle devrait rencontrer et au Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune.

Les signataires pressent les responsables des deux gouvernements pour discuter d’«une entente Algérie-Québec sur la reconnaissance des qualifications académiques et des acquis professionnels, ce qui inclut des accords entre les ordres professionnels québécois et les universités algériennes». Ils demandent aussi «une entente de sécurité sociale entre le gouvernement algérien, par le biais de la Caisse nationale de retraite, et le gouvernement québécois par le biais du Bureau des ententes de Sécurité sociale (BESS) de retraite Québec».

L’autre entente réclamée est relative «aux opérations bancaires qui faciliteront des partenariats entre des banques québécoises et des banques algériennes». Les problèmes juridiques à cause des «litiges liés au divorce des personnes mariées en Algérie qui se séparent au Québec» est l’autre point évoqué. «La conversion des permis de conduire délivrés en Algérie en permis de conduire québécois» mérite aussi des accords, selon le groupe de signataires.

Ces derniers sont Adel Ghlamallah (président du Centre culturel algérien),  Amine Salah (président de Mont Algérie), Bachir Halimi (président de la fondation Club Avenir), Mehdi Khider (président de la Communauté des Algériens unifiés du Canada),  Lamine Foura (président de Médias Maghreb) et Yacine Boumghar (président de Lecodev). L’initiatrice de la lettre, Esma Zahzah, en sa qualité de Québécoise d’origine algérienne et de représentante honoraire du Forum des chefs d’entreprise (FCE), voudrait que cette démarche «soit un premier pas qui aidera les deux gouvernements à se pencher sérieusement sur des questions épineuses afin d’apporter des solutions fiables qui permettront une meilleure intégration de la communauté québécoise d’origine algérienne sur sa terre d’accueil, le Québec».

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Lise Thériault. vice-Première ministre du Québec en charge de la PME : «Facilités de déplacements des gens d’affaires entre le Québec et l’Algérie»

juillet 3, 2017

Lise Thériault. vice-Première ministre du Québec en charge de la PME et de la condition féminine, est accompagnée d’une délégation de femmes d’affaires.  Elle arrive aujourd’hui en Algérie sur le vol inaugural de la ligne Montréal-Alger d’Air Canada.

La dernière visite d’un responsable québécois de votre rang remonte à septembre 2000 avec Bernard Landry. Comment peut-on expliquer cette longue absence ?

Le Québec continue chaque année de se démarquer sur le plan international et de trouver de nouvelles opportunités. J’en veux pour preuve, l’ouverture du bureau à Dakar, au Sénégal.

Les relations bilatérales entre le Québec et l’Algérie sont en perpétuel avancement. La mission et le vol inaugural sur lequel je prendrai place en sont de beaux exemples. En espérant que d’autres missions en Algérie suivront.

Quels sont les objectifs de votre mission en Algérie ?

Cette mission exploratoire permettra de créer des liens entre des gens d’affaires algériens et les femmes d’affaires de la délégation afin de favoriser les échanges commerciaux et les connaissances de toutes et de tous. J’aurai aussi la chance de rencontrer des personnes issues du milieu politique, ce qui favorisera, entre autres, les relations économiques et diplomatiques entre le Québec et l’Algérie. Elle permettra aussi de découvrir les opportunités qui s’offrent aux femmes d’affaires québécoises en Algérie et inversement.

Les échanges commerciaux entre le Québec et l’Algérie ont connu une baisse avec la diversification des sources d’approvisionnement en pétrole du Québec. Quelles sont les opportunités d’affaires pour les PME québécoises en Algérie en dehors des hydrocarbures ?

L’Algérie est le premier partenaire économique du Québec en Afrique et au Moyen-Orient.

De son côté, le Québec est le premier partenaire économique de l’Algérie au Canada. Les entreprises québécoises se sont taillées une place enviable sur le marché algérien, nous avons qu’à penser à : AXOR, Aquatech Société de gestion de l’eau inc., CIMA+, Desseau, Econoler, Gesmine, Gestea, Laboratoires Shermont inc., Omnichem inc., Plani-Cité inc., Urecon ltée. Pour ne nommer que celles-ci. Plusieurs secteurs pourraient être privilégiés : agroalimentaire, énergie et mines, finances, formation technique et professionnelle, tourisme et travaux publics.

Les grands projets de travaux publics, comme la construction de barrages, d’aéroports, du métro Alger et d’immeubles gouvernementaux, constituent des occasions d’affaires pour les entreprises québécoises d’ingénierie, ainsi que pour les sous-traitants participants à l’exécution de ces travaux.

Rappelons qu’Air Algérie offre un vol quotidien entre Alger et Montréal. L’ouverture d’une ligne entre Oran et Montréal est actuellement à l’étude. De son côté, Air Canada lance sa ligne Montréal-Alger. Son offre comprend quatre vols hebdomadaires. Ce qui facilite les déplacements des gens d’affaires entre le Québec et l’Algérie.

Si vous invitiez les entreprises algériennes à venir faire des affaires au Québec, quels sont les secteurs qui pourraient être attractifs ?

Le Québec est la porte d’entrée francophone pour les marchés du Canada et de l’Amérique. Il ne tient qu’aux gens d’affaires algériens de déterminer les secteurs qui seront porteurs pour eux et de choisir où ils désirent investir.

 En terminant, puisque nous sommes en mode exploratoire, la mission permettra justement d’identifier des secteurs qui pourraient être intéressants autant pour les gens d’affaires québécois qu’algériens.

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