Orientalys : «Un espace pour le dialogue des cultures»

août 4, 2016

Pour la 6ème année, le Vieux-Port de Montréal se transformera en Médina et vibrera aux rythmes venus de l’Orient du 11 au 14 août prochain. L’Algérie sera présente à travers des artistes venant du pays (Raina Rai, El Dey) ou d’autres ayant élu domicile au Canada. Maxime Garrigue, adjoint à la programmation nous parle de ce rendez-vous estival montréalais.

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Le Festival Orientalys en est à sa 6e édition. A-t-il évolué depuis ses débuts ?

Le concept d’Orientalys c’est de rapprocher les festivaliers des cultures orientales avec des spectacles de musique, de danse, des ateliers et des animations gratuites pendant 4 jours de festivités au cœur de l’été, en plein centre de Montréal. Avec six ans d’existence, le festival a bien évolué.

Né comme étant le volet plein air du Festival du monde arabe, Orientalys s’est ouvert plus largement sur l’Orient et donne chaque année à voir toujours plus de pays représentés pendant l’événement, avec en plus du Maghreb et du Moyen-Orient, la Chine, l’Inde ou le Pakistan, et pour la première fois en 2016, la Thaïlande. Mais malgré tout, Orientalys garde certaines caractéristiques de ses débuts, notamment la gratuité des activités et le lieu, le quai Jacques-Cartier du Vieux-Port de Montréal.

Montréal est une ville qui a une multitude de festivals. Qu’est-ce qui permet à Orientalys de se démarquer ?

Il est vrai que Montréal regorge de festivals, surtout en période estivale, mais l’équipe travaille fort pour proposer une programmation intéressante, à chaque fois renouvelée et toujours plus interactive.

Orientalys est avant tout rassembleur, autant dans son concept inclusif que dans le lieu central qu’il occupe et qui mélange touristes, Québécois de toutes origines et immigrants qui viennent découvrir, redécouvrir ou simplement profiter de toutes les activités et spectacles offerts pendant les quatre jours. Le festival est en croissance constante avec toujours plus de monde accueilli, des gens qui reviennent à chaque année et une notoriété qui s’améliore. Nous pensons que ce que les gens viennent chercher à Orientalys c’est surtout l’authenticité et la proximité qui permettent un moment chaleureux et un réel échange.

L’actualité internationale ne risque-t-elle pas de déteindre sur Orientalys, dont le cœur est le rapprochement entre l’Orient et l’Occident ?

Nous sommes extrêmement attristés par l’actualité internationale, notamment celle qui touche le Moyen-Orient et l’Europe. Mais pour ce qui est de notre événement, nous ne pensons pas qu’il y ait véritablement de répercussions du fait qu’Orientalys est un festival en plein air et festif, qui ne se confronte pas directement avec la politique.

Il permet de rapprocher des cultures entre elles plutôt que de les opposer, et c’est aussi l’occasion de porter un autre message, à l’image de La Maison de la Syrie, qui est active pour la cause syrienne et qui vient présenter le meilleur de la culture et des traditions de ce pays. Les gens sont curieux de mieux connaître ce dont on parle aux informations, mais dans un autre contexte et avec de véritables interlocuteurs. C’est un levier formidable pour favoriser le dialogue.

Pouvez-vous nous donner une idée sur ce qui attend les festivaliers ?

Orientalys est ancré à Montréal avec de nombreux partenaires dans les nombreuses communautés qui y participent. C’est important pour notre équipe que ces associations soient les actrices de leur animation dans leurs tentes et ce sont elles qui nous accompagnent et qui peuvent nous conseiller ou même présenter certains artistes sur nos scènes.

C’est notamment le cas pour les jeunes artistes, ou les artistes locaux qui peuvent profiter du festival comme d’un tremplin et gagner en expérience et en notoriété. Mais Orientalys, c’est aussi des artistes de renommée internationale qui viennent jouer comme le groupe allemand Äl Jawala et sa musique frénétique des Balkans, Delhi 2 Dublin qui vient de la côte ouest du Canada et qui propose de revisiter une fusion indienne à l’heure électronique, ou le trio montréalais Cordâme, qui vient présenter un spectacle avec de la danse, inspiré de la mythologie méditerranéenne. Ce seront au final plus de 200 artistes de plus de 25 nationalités différentes qui seront présents à Orientalys cette année avec de la musique, de la danse, du chant et de nombreuses surprises.

Quels sont les artistes algériens qui seront présents ?

L’Algérie sera présente comme chaque année depuis la création du festival avec une tente qui viendra présenter le pays avec des activités, des animations et de nombreux artistes qui ont joué sur nos scènes. Cette année encore, nous sommes heureux de consolider notre partenariat avec l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC) qui sera très présente — l’AARC devrait porter un autre nom après sa prochaine fusion avec l’Office Riad El Feth, ndlr — notamment à travers la participation des deux groupes, Raïna Raï et El Dey, ainsi que de l’Espace Algérie de la Médina.

Nous accueillerons également une révélation montréalaise en l’espèce du groupe Nomad’Stones, emmené par son chanteur algérien Chakib, ainsi que de la chanson kabyle avec l’expérimenté Azzedine El Maghrabi au oud. Nous aurons aussi la chance de proposer des danses kabyles avec le groupe Sanaa Dance.

La page Facebook d’Orientalys…

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copyright  – 2012@2016 – Samir Ben


Bahia Kiared expose à Montréal

décembre 1, 2015

L’artiste-peintre Bahia Kiared expose depuis hier et ce jusqu’au 6 décembre prochain plusieurs de ses toiles regroupées sous le thème  »Elles » à l’espace Mushagalusa de Montréal.

Le vernissage aura lieu demain, 2 décembre. Les Montréalais auront la chance d’y assister à partir de 18:00 à la galerie sise au 533 rue Ontario Est.

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«Je me sens proche de ce qui est vrai et authentique. J’aime surtout reproduire ce que m’inspire le genre humain, de par ses joies et ses faiblesses, ou même sa détresse. Ses milles et une façons de se tenir, de regarder me touchent et me donnent envie par moment de figer l’instant d’un regard, d’une impression ou juste d’une lueur dans les yeux», dit la montréalaise d’origine algérienne à propos de son travai.

Sa mère «cette femme forte et fière qui avait le goût des belles choses, comme elle la décrit, a été la première à me faire aimer le dessin, la peinture ainsi que le monde des couleurs et à été ma plus grande inspiration et ma seule école dans le domaine artistique», dit-elle.

Venue d’Algérie il y a quelques années, Bahia Kiared raconte son expérience canadienne dans un récit (D’Alger à Montréal) qu’elle a publié au début du mois chez Edilivre.

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Le passeport algérien passe à 100 dollars canadiens

octobre 14, 2015

Le timbre fiscal du passeport algérien est passé de 90 à 100 dollars canadiens depuis le 6 octobre dernier annonce le consulat d’Algérie à Montréal.

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Bien que le prix du timbre n’ait pas connu de changement (6 000 DA), sa valeur en dollar a augmenté « suite à la dépréciation du taux de change entre le dollar américain et le dollar canadien » justifient les responsables du consulat.

A rappeler que le passeport coûtait 27 dollars avant l’entrée en vigueur de la loi de finances 2015 où il est passé à 90 dollars.

Avant janvier 2010, sa valeur en monnaie algérienne était pour une longue période de 2 000 DA et les services consulaires faisaient payer les ressortissants algériens vivant au Canada 95 dollars avant de les ramener à 27 dollars.

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Canada : mobilisation pour les réfugiés syriens

septembre 7, 2015

Il aura fallu que la photo du corps du petit Aylan Kurdi, échoué sur une plage turque, soit vue pour que le sort des réfugiés syriens passe à la une des médias partout dans le monde et au Canada.

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Rassemblement à Vancouver

Vancouver, Ottawa et Montréal sont les premières villes à avoir manifesté dans un pays connu pour avoir eu, jusqu’à récemment, une politique d’accueil de réfugiés des plus généreuses dans le monde. Hsen Moussi, président et fondateur d’une association de défense de réfugiés, Mouvance migratoire Ô Canada, estime que jusqu’à récemment le gouvernement canadien n’a pas fait preuve d’un grand enthousiasme concernant l’accueil des réfugiés syriens.

Mais «depuis la publication de la photo du petit Syrien, la donne a changé et toute la classe politique, y compris le gouvernement, veut les accueillir. Encore faudrait-il qu’ils arrivent au Canada», a-t-il indiqué. Le gouvernement canadien (conservateur) avait promis, en janvier dernier, d’accueillir 10 000 réfugiés syriens sur trois ans. Mais concrètement, seuls 1002 Syriens se sont installés au pays de la feuille d’érable.

En 2014, ils étaient 1300. Hsen Moussi a lancé une pétition pour demander au gouvernement Harper de régulariser tous les demandeurs d’asile qui sont déjà présents au Canada et ce ne sont pas seulement des Syriens. Il rappelle aussi que, depuis 4 ou 5 ans,  les demandes de refuge sont traitées plus «sévèrement», en plus des coupes dans les budgets alloués aux organismes d’aide aux réfugiés.

Aylan Kurdi et le Canada

La mort de Aylan Kurdi s’est invitée à la campagne électorale canadienne pour les élections du 19 octobre prochain. Chris Alexander, ministre de l’Immigration, s’est retrouvé au cœur d’une controverse après la publication de l’information sur son refus d’accorder l’asile à la famille du petit Aylan, en mars dernier.

La demande de parrainage aurait été déposée par la tante du bébé qui vit à Vancouver, dans l’Ouest canadien. Le ministre conservateur a même suspendu sa campagne pour gérer cette crise. Finalement, il s’est avéré que c’est l’oncle et non le père de Aylan à qui la demande de refuge a été refusée.

Que ce soit le père ou l’oncle qui a déposé la demande, ceci met en lumière la froideur d’un système où parfois l’humain devient un simple code ou numéro de dossier. Les partis de l’opposition ont sauté sur l’occasion et une surenchère sur les bonnes intentions d’accueil s’en est suivie. «Un gouvernement du NPD va prendre cette crise humanitaire extrêmement au sérieux, comme nous en avons l’obligation, et le Canada va assumer sa part», a dit Thomas Mulcair, chef du Nouveau parti démocratique (centre gauche), qui a promis d’accueillir
46 000 réfugiés.

Justin Trudeau, chef du Parti libéral, s’est engagé à accueillir 25 000 réfugiés syriens,  si son parti venait à remporter les élections.

De son côté, le Premier ministre sortant et chef du Parti conservateur, Stephen Harper, s’est engagé à accueillir 20 000 réfugiés syriens d’ici quatre ans. «Aussi longtemps qu’il y aura des organisations comme le soi-disant Etat islamique, provocant littéralement des millions de réfugiés et menaçant de massacrer des gens partout dans le monde, il ne peut y avoir de solution à la crise des réfugiés. Nous devons avoir une position militaire ferme contre l’EI et c’est ce que nous faisons», a-t-il affirmé en conférence de presse. Le Canada participe à la coalition militaire internationale contre Daech.

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Montréal : deux Algériens meurent en sauvant de la noyade l’enfant de l’un des deux

août 13, 2015

Un père et son ami sont morts le week-end dernier en tentant de sauver le fils du premier d’une noyade certaine dans le parc des Chutes-Dorwin à 75 kilomètres au nord de Montréal.

Les chutes de Dorwin à 75 km au Nord de Montréal

Les chutes de Dorwin à 75 km au Nord de Montréal

Les corps de Nouali Benaissa, 50 ans, et Blaha Meloua, 53 ans, tous deux originaires de l’Ouest algérien ont été repêchés dans la rivière Ouareau chacun leur tour, dimanche et lundi.

Profitant du beau temps, les deux familles sont allées pique-niquer à côté des chutes. Échappant à la vigilance des adultes, et pour une raison inconnue, l’enfant de 5 ans se retrouve dans l’eau à cet endroit où la baignade est interdite. Nouali Benaissa saute le premier pour sauver le fils de son ami. Il réussit à l’arracher au torrent après une lutte contre le courant très puissant.  Il est lui-même pris dans le tourbillon et c’est à ce moment que le père de l’enfant, Blaha Meloua, plonge pour les secourir.

La suite est dramatique. Les deux hommes se noient sous le regard horrifié de leurs femmes et des enfants présents. L’arrivée rapide des secours a permis de sauver l’enfant mais malheureusement  le décès de Nouali Benaissa a été constaté à l’hôpital et le corps de Blaha Meloua n’a été retrouvé que le lendemain.

Ce dernier a immigré au Canada il y a 6 ans après avoir vécu à Chicago aux États-unis, selon des informations recueillies auprès de ses amis.
Il a travaillé comme chauffeur de taxi avant de suivre une formation dans la construction et la rénovation (plomberie, électricité…) il y a une année. Il était père de deux enfants, un garçon et une fille.Nouali Benaissa a lui aussi vécu aux Etats-Unis avant de s’installer au Canada. Architecte de formation, il a travaillé dans l’inspection des constructions pour la ville de Montréal.

Les deux familles habitaient dans le quartier de Saint-Léonard à Montréal.

Rapatriement des corps

Une collecte vient d’être lancée  par l’association Le Centre culturel algérien. L’argent collecté servira à couvrir les frais des pompes funèbres (le centre ICQ) ainsi que le transport des corps et des familles vers l’Algérie.

L’État algérien ne prend pas en charge les rapatriements de corps de ses citoyens décédés à l’étranger et ce bien que la loi de finances 2015 avait prévu un fonds spécial à cet effet. Mais en l’absence de décret exécutif, elle est en stand by.

Tout semble indiquer aussi que cette disposition de la loi ne sera jamais appliquée. On se rappelle que le gouvernement avait été piégé par le député FLN de l’émigration (Canada, les Amérique et l’Europe hors France) Noureddine Belmeddah qui avait introduit un amendement accepté et voté par les autres députés.

A noter que le rapatriement des corps n’est pas systématique. D’autres immigrants algériens préfèrent enterrer leurs morts au Canada à l’image de ce que promeut l’Association de la Sépulture Musulmane du Québec.
Pour les dons :  L’Association le Centre Culturel Algérien (CCA) à Montréal…

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Québec : Cinquante nuances de musulmans

avril 2, 2015

Aller vers l’autre pour le connaître au-delà des clichés et des préjugés. C’est ce que tente de promouvoir une exposition photos itinérante qui va parcourir le Québec durant les douze prochains mois. Bienvenue dans Québécois(e)s, Musulman(e)s …et après ?

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Elisabeth Garant, directrice du centre Justice et foi, n’aime pas les stéréotypes et les préjugés. Elle a mobilisé une équipe pluridisciplinaire pour aller à la chasse et à la déconstruction de cet obstacle à un vivre-ensemble harmonieux avec les musulmans du Québec.

Avec l’organisme LaVoiEdesFemmes, elle a mis en place une exposition de 24 photos d’autant de musulmans ou de personnes de culture musulmane. Des scènes et des clichés, sans jeu de mots, de la vie quotidienne d’hommes ou de femmes, ne portant pas forcément le voile comme on aurait pu s’y attendre – un stéréotype ! La première escale se tient jusqu’au 4 avril dans le hall du Gesu au centre-ville de Montréal.

« Les personnes qui ont accepté d’être pris en photo, ont des postures différentes les unes des autres. Nous avons essayé de montrer qu’il y a une diversité, des réalités différentes dans le mot musulman », explique celle qui se défend de présenter les musulmans comme victimes mais qui veut « changer un regard et un stéréotype qui s’enracine malheureusement ».

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Autant de musulmans que de façons d’être musulman. «Certains ont un rapport à l’islam dans une foi active; d’autres cultivent une attache plus culturelle, affective, de mémoire relativement à l’héritage qu’ils portent. D’autres, laïcs, ont un lien critique avec cette tradition et à la façon dont elle doit s’enraciner au Québec », nuance-t-elle.

Cette diversité « se décline à travers les 24 clichés qui montrent la rencontre avec l’autre, le rapport avec la société québécoise. Nous avons  essayé de montrer les musulmans et les musulmanes comme des acteurs réels qui font face à des obstacles dans leur désir de participation. C’est davantage cette figure que nous voulions mettre de l’avant et non pas la victime », nous dit Elisabeth Garant quand on lui parle de risque de victimisation et de singularisation qui entoure les musulmans.

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Le livret très instructif qui accompagne l’exposition est truffé de chiffres et d’explications de concepts et de notions et permet d’aller au-delà des photos.  On y apprend que la présence musulmane au Québec ne date pas de quelques années mais remonte à 1870, même si elle n’était pas très visible à l’époque.

En 2011, au Québec, 243 430 personnes ont déclaré être musulmanes. On découvre aussi que la première mosquée au Québec a été construite en 1964 à Ville Saint-Laurent.
Nous sommes loin de l’actualité tumultueuse qui entoure sur les mosquées du Québec où certaines sont menacées de fermetures quand d’autres donnent lieu parfois à des moments frôlant l’hystérie collective, comme lors de la séance publique du conseil municipal de Shawinigan au début du mois de février.

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L’influence du contexte international sur la perception qu’ont les Québécois du musulman ou du supposé musulman fait l’objet d’un tableau chronologique qui nous mène de la crise pétrolière de 1973 jusqu’à l’attentat contre Charlie Hebdo.

Le clou de cette exposition reste la bibliothèque humaine, un concept né au Danemark et déjà utilisé par les communautés autochtones.

« Une bibliothèque humaine pour déconstruire les préjugés. », explique la directrice du centre jésuite. « C’est une méthode d’animation qui passe par le partage. A toutes les demi-heures, les gens peuvent ‘emprunter’ une personne qui devient ainsi un livre. Pendant cette demi-heure, il y a un échange entre trois ou quatre personnes et ce livre ». Les sujets peuvent aller de son expérience de vie à la spiritualité », dit-elle.

 

L’image du musulman

La traitement médiatique qui participe à la fabrication d’une image, en général, est bien résumé par Jean-François Dumas fondateur d’Influence Communication qui estime qu’il « distorsionne souvent la réalité.  On croit malheureusement à tort que l’importance d’un phénomène de société [ou autre, NDLR] est directement proportionnelle à sa médiatisation.»

« L’image du musulman est détériorée par des amalgames. J’espère que l’exposition va en défaire quelques uns, qu’elle permette la reprise de la réflexion loin de la vision imposée par le discours de la lutte anti-terroriste. Beaucoup de gens au Québec ont amorcé leur réflexion sur la présence des musulmans après les événements de septembre 2001. Et, malheureusement, elle a été fortement influencée par des discours politiques et publics basés sur la lutte au terrorisme ».

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Interrogée dans un autre contexte qui n’était pas en lien avec l’exposition, Rachida Azdouz, psychologue spécialisée en relations interculturelle à l’Université de Montréal trouve que lorsqu’il s’agit de musulmans «le Québec est divisé en deux camps, autour desquels gravitent des positions marginales ou extrêmes ». Il y a « la vision des inclusifs dont la thèse soutient que les musulmans sont ciblés, ostracisés et diabolisés plus que les autres groupes en ce moment et qu’il faut nommer l’islamophobie comme un phénomène en soi, pas la diluer dans un tout raciste ou xénophobe ».

L’autre vision est celle des « identitaires » qui trouve que « le multiculturalisme canadien exacerbe tellement le droit à la différence qu’il ruine toute chance d’intégration autour de valeurs communes et qu’il dilue le fait canadien français dans un tout multiethnique ; avec la conséquence selon eux , que les groupes religieux, incluant les musulmans , « censurent » toute critique de l’orthodoxie et de ses excès au nom du droit à la différence , de la liberté d’expression ou de la dénonciation de l’islamophobie ».

La troisième voix est celles des « nuancés » comme les appelle Rachida Azdouz. Ils « dénoncent sans équivoque l’islamophobie tout en se donnant le droit de critiquer aussi sans équivoque les dérives communautaristes, le repli et les interprétations radicales ou décontextualisées de l’Islam : ils sont peu audibles dans les medias et souvent attaqués des deux bords pour « double discours » ou « ambigüité idéologique ».»

Et en marge des positions dominantes, Rachida Azdouz observe aussi des visions plus extrêmes : « franchement racistes, xénophobes et antireligieuses primaires ou encore archi-libérales qui prônent une conception absolue, jusqu’au-boutiste de la liberté d’expression religieuse , incluant celle des musulmans : par exemple, les musulmanes ont le droit de porter un niqab pour enseigner si les femmes occidentales ont le droit de porter une jupe courte pour enseigner, un juge peut porter un signe religieux très visible comme le turban ou le niqab en autant que ses jugements soient équitables ».

Lucide, Elisabeth Garant conclut que « l’exposition ne peut pas tout faire mais elle participe à déconstruire certains discours qui nuisent à une compréhension juste. Je pense qu’il y a des musulmans et des musulmanes qui appartiennent à des courants différents. L’effet pervers du jeu médiatique met à la marge la majorité et la minorité devient le centre de l’attention. »

 

 

Pour poursuivre : Entretien avec Rachida Azdouz

 

Par Samir Ben  Contactez moi

QuébécoisEs, musulmanEs… et après? Est préparée par le Centre justice et foi et l’organisme LaVoiEdesFemmes . Avec la collaboration des Productions Pied-de-biche et d’Espace Nodal et a bénéficié du financement de la Fondation Béati et de la Ville de Vaudreuil.

Comité organisateur : Elisabeth Garant, Mouloud Idir, Eve Torres et Andréanne-Pâquet.
Photos : Lucie Larin-Picard.
Texte accompagnant les photos : Anne Laguë
Livret : Bochra Manaï, Daisy Boustani et Mouloud Idir.

 

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Rachida Azdouz : « Les Québécois ont actuellement une vision moins caricaturale des musulmans »

avril 2, 2015

Entretien avec Rachida Azdouz, psychologue spécialisée en relations interculturelles à l’Université de Montréal. Elle nous parle de l’image du musulman au Québec et ce qui pourrait la faire changer.

 

La psychologue Rachida Azdouz     Rachida Qzdouz. Photo : Radio-Canada/Marie-Ève Soutière

La psychologue Rachida Azdouz Rachida Qzdouz. Photo : Radio-Canada/Marie-Ève Soutière

 

Comme peut-on qualifier l’image du musulman au Québec? Monolithique ou nuancée ? Est-ce que les gens savent par exemple qu’il y a des musulmans athées….. ?

Je crois que ça a beaucoup évolué depuis 10 ans …les Québécois ont une vision moins caricaturale des musulmans et savent qu’il y a des tendances et des variantes.

Mais on a encore du mal à imaginer un athée de culture musulmane comme on imagine un athée de culture judéo-chrétienne.

On le trouve suspect …s’Il est athée, il doit éliminer toute référence à l’islam dans son auto-identification.

Le problème vient aussi parfois des musulmans eux-mêmes qui ont du mal à intégrer l’athée dans l’éventail des possibles, surtout dans un climat d’islamophobie: il est parfois traité d’informateur indigène, de « bon » musulman (bon avec ironie) qui montre l’image qu’on attend de lui…un musulman sans sa foi et sans sa pratique , un musulman qui montre patte blanche ….pas solidaire , qui se renie .

 

Est-ce que les médias au Québec participent à la construction de cette image (mauvaise ou bonne) – on voit plus d’imams radicaux que d’autres ?

Oui , on accorde trop de visibilité à des personnalités très marginales …mais elles font aussi partie de la réalité, aussi marginale soit-elle, et il ne faut pas nier leur existence ni la camoufler.

Les médias doivent refléter la réalité sous toutes ses formes, pas seulement les réalités dominantes ou consensuelles.

 

 

Dans ce contexte, quelle image de soi peuvent avoir les jeunes issus de l’immigration musulmane – la deuxième génération?

Plus la diversité interne sera reflétée à travers des visages publics, moins les jeunes auront l’impression d’être prisonniers d’un seul schéma , acculés à l’identification par opposition et hostilité à la société d’accueil ou au contraire par assimilation et mimétisme: les jeunes de tradition musulmane ont autant besoin de s’inspirer d’un Rachid Badouri que d’un Boucar Diouf, une Nabila Benyoucef, un Akli Ait Abdallah, une Kahina Talbi, une Rachida Mfaddel, un Mohamed Lotfi, un Aziz Fares ….

Parmi ces personnes, certaines affichent leurs croyances religieuses alors que d’autres sont davantage reconnues pour leur identité professionnelle et on en oublie leurs origines.

Tous ces cas de figure doivent pouvoir cohabiter et inspirer les jeunes.

 

Que doivent faire les musulmans ou les personnes d’ascendance ou de culture musulmanes pour « rassurer » les Québécois?

 

La meilleure chose à faire pour les Québécois de tradition musulmane est de se montrer dans toute leur diversité, leurs variantes, leurs débats internes, incluant les désaccords et les conflits sur la question religieuse et les stratégies d’intégration …

Le devoir de loyauté et de solidarité ne doit pas exclure le droit à la différence et le droit à la dissidence.

Éviter la délégitimation et la diabolisation des uns par les autres qui alimente la peur chez les accueillants. Ne pas céder à l’illusion du ou des porte-parole légitimes, fédérateurs, qui porteront publiquement la voix de tous, dans un élan volontariste.

Mieux vaut une multitude de musulmans « représentatifs » des divers visages   de la tradition musulmane, du très orthodoxe à l’athée, que quelques « représentants  » liés par des mots d’ordre, aussi nobles soient ils.

 

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Immigration au Canada : Les Algériens seront prioritaires… (*)

avril 1, 2015

Entrée Express. Les candidats algériens à l’immigration au Canada seront priopritaires dans le traitement des demandes déposées dans le cadre du programme Entrée Express qui est en vigueur depuis le début de l’année.

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A partir du 1er avril, la proprité sera donné aux Algériens, selon une source proche du ministère en charge du dossier qui a préféré garder l’anonymat pour ne pas subir la colère des candidats des autres pays qui devront attendre leur tour et une sélection hypothétique.

Le Premier ministre canadien Stephen Harper vient de signer un décret exécutif, non publié dans le journal officiel du pays de l’érable, qui ouvre les portes à plus d’immigration algérienne.

Les demandes d’immigration des Algériens seront traitées dans les 15 jours, y compris les week-ends, à partir de la date du dépôt de dossier.  Ce dernier sera allégé : il suffit d’avoir fait des études secondaire et d’un casier judiciaire vierge. Donc, plus besoin de prouver ses ressources financières, ses études universitaires ainsi que sa bonne santé.

Les candidats seront reçus par l’ambassadrice canadienne, selon ses disponibilités, qui devrait leur offrir du sirop d’érable en guise de bienvenue.

Selon une source du ministère canadien de l’immigration, il ne sera plus nécessaire de se déplacer en Tunisie pour le fameux entretien de sélection.  Les candidats sélectionnés sur la base du premier arrivé premier servi, seront accueillis dans la nouvelle extension de l’ambassade canadienne.

Celle-ci a récupéré une partie de la propriété de SNC-Lavalin qui lui est adjacente. Cette compagnie l’a offert gratuitement pour l’opération dans le but de redorer son image qui a été ternie par des histoires de corruption en Algérie .

SNC Lavalin a promis qu’elle prendrait en charge les trois premiers mois de résidence au Canada des candidats reçus (logement,nourriture, loisir et le mariage pour les célibataires).

L’argent sera prélevé des caisses de la compagnie montréalaise qui a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 6 milliards de dollars les 10 dernièrs années en Algérie. L’ambassade canadienne a recruté du personnel local pour faire face aux prévisions.

Une source canadienne à Ottawa a affirmé à Elwatan.com que cette décision a été prise avec la bénédiction de la reine Elisabeth II, le canada étant une monarchie constitutionnelle, pour différentes raisons : Les Algériens ont démontré depuis toujours leur capacité d’adaptation à l’hiver canadien et au monde du travail. Ils occupent tous des postes de reponsabilité et ont un revenu annuel moyen de plus de 250 000 dollars. Le taux de chômage étant insignifiant et tout le monde trouve du travail dans son domaine.

Le gouvernement algérien a  accepté cette nouvelle politique du Canada à la seule condition qu’il sera permis aux pêcheurs algériens d’aller pêcher la morue sur les côtes atlantiques canadiennes.

(*)Le lecteur aura compris de lui-même que tout ceci n’est qu’un poisson d’avril et que rien de tout ce qui a été écrit plus haut n’est vrai ! (La version initiale de ce post a été publiée pour la première fois le 1er avril 2013)

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Canada : L’attentat contre Charlie Hebdo replonge les journalistes algériens dans la décennie noire

janvier 10, 2015

Des journalistes algériens qui ont fui le pays pendant la décennie noire pour se réfugier au Canada se retrouvent catapultés en plein dans l’horreur des assassinats de leurs collègues et amis et l’angoisse du tueur embusqué au coin de rue « grâce » à l’attenant contre le magazine Charlie Hebdo.

A l’époque, la communauté internationale faisait dans le soutien « sélectif ». Ecoutons deux d’entre eux : Karim Ait-Oumeziane et Souleïmane Mellal, l’ancien présentateur vedette de la télévision algérienne actuellement, rédacteur en chef de Radio Canada Internationale.

 

http://ici.radio-canada.ca/tele/le-telejournal-18h/2014-2015/segments/reportage/816/charlie-hebdo-mosquee-algerie

 

Par Samir Ben  Contactez moi

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« Il faut reconnaître le MAK » (Me Ali Yahia Abdennour au Canada )

novembre 18, 2014

Voilà une déclaration qui ne devrait pas déplaire au fondateur du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), Ferhat Mehenni.

Ali_Yahia_Abdennour_Photo_Mohand_Belmellat

Me Ali Yahia Abdennour qui est au Canada pour promouvoir son livre sur la crise berbère de 1949 et animer une série de rencontres sur la situation politique en Algérie, répondait à une question sur la légitimité et la pertinence du mouvement autonomiste, lors des débats qui ont suivi sa première conférence tenue dimanche dernier à Montréal.

L’illustre avocat a rappelé dans sa réponse, sa dernière contribution sur les colonnes d’El Watan où il affirmait que « Les partis non reconnus, présidés par Ali Benflis, Sid Ahmed Ghozali, Ali Rachedi Abdeslam, Ferhat Mehenni, etc. ont droit de cité, car toutes les voix ont le droit de se faire entendre. Il est temps que le bon sens et la raison habitent les esprits. ».

Pour l’infatigable militant des droits de l’Homme, « le parti de Ferhat Mhenni a le droit d’exister » et ce sera au peuple trancher. Mais sans liberté, puisque l’armée accapare le pouvoir depuis l’indépendance, ce ne sera pas une tâche facile. « La souveraineté populaire a été confisquée autant par le colonialisme que par les militaires. Nous avons libéré le territoire mais pas le peuple », ajoute Me Ali Yahia Abdennour. Il fera appel à Victor Hugo qui avait dit « libérez la liberté et elle fera le reste ». Pour lui, d’ailleurs, le « problème » de la liberté et de la justice se posera « lorsque le pouvoir actuel doit partir ». Il lui prédit une fin avant avril 2015.

Il a aussi rappelé avoir rencontré Ferhat Mehenni et avoir séjourné en Espagne. Un pays dont il loue la décentralisation, chose qui manque cruellement en Algérie. Une centralisation qui commence à la base où « le secrétaire général d’une APC désigné par décret présidentiel a plus de pouvoir qu’un président d’APC pourtant élu », sans oublier le wali qui a presque un droit de vie et de mort sur les maires.

Revenant sur le cas de l’Espagne, Me Ali Yahia Abdennour rappelle que les régions de ce pays jouissent déjà d’une large autonomie à tous les niveaux.

Par ailleurs, il n’adhère pas à l’idée de l’indépendance de la Kabylie. « Comment voulez-vous abandonner les richesses du Sahara ?», tranche-t-il.

L’ancien ministre de l’agriculture sous Boumédiène est invité par la Fondation canadienne pour Tamazight (Tiregwa). Selon son président Rachid Beguenane, il devrait aussi « donner ce mardi une conférence à l’université Laval dans la capitale provinciale et une autre, samedi prochain, à l’Université du Québec à Montréal. Elles auront pour thèmes la démocratie en Afrique du Nord ».

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