Au gré des jours…

Exposition : Carnets de Côte-des-Neiges du bédéiste Michel Hellman
(Une autre façon de découvrir le quartier le plus multiethnique de Montréal!)

Quel personnage de BD pourrait représenter Côte-des-Neige? Quand on pose cette question au bédéiste Michel Hellman, il répond, un peu amusé, que ça ne peut être qu’un personnage joyeux bien que complexe.

Mais pour ce détenteur d’une maîtrise en histoire de l’art de l’Université McGill, Côte-des-Neiges est une ambiance plutôt qu’un personnage. Elle est poétique, absurde, rigolo et parfois même sombre ou franchement laide. Cette « ambiance » est exposée à la maison de la culture de Côte-des-Neiges depuis le début du mois d’avril et se poursuit jusqu’au 27 mai.
Le quartier n’est pas étranger à Michel Hellman. « Je suis né à Montréal et j’ai grandi à Notre-Dame-de-Grâce à côté de Côte-des-Neiges », nous dit celui qui a fait son primaire et son secondaire au Collège Marie-de-France sur le chemin Queen Mary.
Mais l’expérience n’a pas été sans « découvertes » pour lui. « Je pensais que c’était vraiment un quartier que je connaissais ! Mais finalement ça dépend de ce qu’on va y faire. Même quand on y habite, Côte-des-Neiges doit se découvrir », explique Michel Hellman.
Bien qu’il n’ait pas débarqué en touriste à CDN, il y a quand même fait un peu le touriste. « Avoir l’opportunité de pouvoir aller pendant trois mois [à l’automne 2017, NDLR] comme un touriste dans ma propre ville, c’était très enrichissant. J’ai fait tous les coins. j’avais une carte et je me suis rendu compte de la grande variété de Côte-des-Neiges. C’est ce qui m’a le plus marqué », ajoute celui qui réside actuellement dans le quartier du Mile End.

Au-delà de l’Oratoire et de l’Orange Julep

L’illustrateur a parcouru le quartier avec ses carnets. Il y a couché ses réflexions et observations en dessins. Il en a fait même un petit livre que les visiteurs de l’exposition peuvent se procurer.
« Je voulais représenter Côte-des-Neiges avec le style bande dessinée. Il y a des dessins humoristiques. On voie l’échangeur Décarie, le cimetière avec plein de détails que je me suis beaucoup amusé à faire », confie le bédéiste.
Il use aussi du style contemplatif. « Je prenais le temps de le faire avec mon matériel. J’apportais des crayons, de la gouache et je m’arrêtais dans certains endroits. Et je restais comme ça à dessiner », ajoute celui qui y allait de manière solitaire pour observer. Et il n’observait pas que les lieux. Il s’intéressait aussi aux gens.
Pour Michel Hellman, quand on habite dans un endroit, on se retrouve à faire toujours les mêmes chemins. « C’est en sortant des sentiers battus qu’on se force à réellement découvrir le lieu où on habite », nuance-t-il.
« J’ai essayé d’aller en profondeur dans le quartier. C’est sûr qu’il y a des coins que j’ai plus parcourus que d’autres. J’y allais avec ma voiture, m’arrêtais puis dessinais. Je voulais représenter Côte-des-Neiges au-delà de l’Oratoire St-Joseph, du cimetière et de l’orange Julep », explique Michel Hellman.

Les portes. Lors de ses déambulations dans le quartier, les portes se sont imposées au bédéiste. Un thème qui ressort dans l’exposition.

« J’ai découvert Côte-des-Neiges à travers ses commerce, ses restaurants et ses magasins de différentes cultures. J’ai remarqué que leurs portes étaient des sortes de babillards où sont affichés les événements qui ont lieu dans leur communauté, les petites annonces… », ajoute Michell Hellman. Pour lui, c’est une illustration du Côte-des-Neiges mosaïque culturelle.

Une côte peut en cacher une autre

C’est en proposant à Caroline Richard, la directrice de la Maison de la Culture de Côte-des-Neiges, son exposition Territoires sur la la Côte-Nord que cette dernière lui suggère de faire aussi quelque chose sur le quartier. Elle lui a donné carte blanche.

« Je voulais présenter mes travaux sur le Nord. L’exposition [Territoires, NDLR] avait déjà fait le tour de quelques maisons de la culture, Notre-Dame-de-Grâce, Mercier, entre autres. C’est un travail sur lequel je suis depuis 2012 et j’ai présenté de nouvelles œuvres », nous dit-il.
Territoires est une exposition réalisée principalement à partir de sacs à ordures découpés, ramassés dans les communautés innues d’Ekuanitshit et d’Uashat sur la Côte-Nord. «Michel Hellman présente un portrait du Québec boréal où la vision idéalisée d’une nature vierge et sauvage – inspirée des tableaux des grands paysagistes canadiens du siècle dernier – se confronte à une réalité plus sombre, mais également teintée d’espoir, d’une région en pleine transformation », peut-on lire sur sa présentation.
De ses deux voyages dans le Grand-Nord il a tiré, entre autres, une bande dessinée, Nunavik (Pow Pow, 2016).
« Je voulais parler du Grand Nord. Un endroit qui m’intéresse. Je l’ai visité à deux reprises. J’en ai fait une bande dessinée qui rendent mes impressions, mes découvertes et mes déceptions », ajoute le bédéiste.
Carnets de Côte-des-Neiges n’est pas le premier travail de Michel Hellman sur un quartier montréalais. Il a déjà travaillé sur son quartier de résidence actuel, le Mile End. Il en a fait une bande dessinée publiée en 2011 chez le même éditeur.

Réalité augmentée

La maison de la culture de Côte-des-neiges innove avec cette exposition. Elle introduit la réalité augmentée. Avec l’aide de la Société des arts technologiques, six enfants du quartier ont créé des animations à partir des dessins de Michel Hellman.

Les visiteurs munis de tablettes prêtées sur place peuvent en faire l’expérience. Il leur suffit juste de rapprocher la tablette de l’un des six dessins choisis et le croquis s’anime sur l’écran.
L’exposition continue jusqu’au 27 mai.

 

Par Samir Ben  Contactez moi

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