Montréal : Lancement du Congrès des Kabyles du Canada

mai 14, 2018

Réunis hier, dimanche, au Palais des congrès de Montréal, près de 300 inscrits aux assises du Congrès des Kabyles du Canada ont entériné le lancement des activités de cette instance représentative.

Les congressistes ont élu les 25 membres du Conseil d’administration composé de 7 femmes et 18 hommes. Il sera doté d’un Conseil consultatif (Tajmaat) et un conseil des sages qui veillera sur les questions éthiques et déontologiques.

https://congresdeskabylesducanada.com

 

Plus de détails suivront.

Par Samir Ben  Contactez moi

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copyright – 2012-2018 – Samir Ben

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Les amis de la musique andalouse de Montréal (AMAM): 10 années sans fausse note !

mai 12, 2018

« Quand tu es dans le désert et que tu as soif, il faut que tu creuses pour survivre ». C’est la règle que s’est appliqué le jeune chef d’orchestre Salim Bouzidi quand, en 2008, le besoin de perpétuer la tradition musicale andalouse à Montréal est devenu une nécessité vitale pour lui.

Depuis son arrivée au Canada en 1999, il a travaillé avec d’autres musiciens amoureux de cette musique lors de concerts de chanteurs algériens de passage dans la ville mais avait. Mais il n’a pas eu la chance de continuer à pratique l’andalou appris en Algérie.

« J’ai accompagné des chanteurs qui se produisaient ici dans un style moderne mais il y avait toujours ce besoin de retour à la musique andalouse. Je gardais les numéros de téléphones des musiciens avec qui je travaillais. J’ai fini par rassembler ceux qui étaient intéressés de près ou de loin et on s’est réuni un 23 novembre 2008 pour former un vrai groupe de musique », nous explique-t-il avant le concert de ce samedi soir qui marque le 10e anniversaire de l’orchestre des Amis de la Musique Andalouse de Montréal (AMAM).

Le concert de ce soir permettra aux présents d’apprécier le travail accompli durant les dix dernières années avec une place de choix pour la relève. « Nous sommes en train de préparer sérieusement la relève et nous allons donner la preuve ce samedi », ajoute Salim Bouzidi qui rappelle que ce pas la première fois qu’il fait monter les « bourgeons » sur scène.

« La soirée se déclinera sous forme de courbe. Nous confierons la première partie aux classes d’initiation. Ce sera historique. On aura la première Nouba [thème musical, NDLR] exécutée par des enfants à Montréal », ajoute le chef d’orchestre.

« Pour les adultes, le programme est centré sur l’anniversaire. Plus festif, moderne et qui s’inspire du mode sahli. Et comme c’est une célébration joyeuse, on se permet de jouer des chansonnettes de plusieurs créateurs. On rend hommage aussi à Cheikh El Hasnoui, un avant-gardiste qui a fait des valses,des rumba dès les années 1940 ». détaille-t-il.

La soirée continuera avec des artistes confirmés dont certains ont gradué dans l’association AMAM comme Kamel Berranen, Abdellah Bendaoud ou Rachid Khali arrivé plus récemment d’Algérie.

Le concert de ce samedi « marquera l’accomplissement d’une décennie mais aussi le début d’une autre avec la collaboration et l’attention de tous les amoureux de la musique classique andalouse », dit Salim Bouzidi qui fait remarquer que ces amoureux ne viennent pas tous du Maghreb. Dans les classe d’initiation, sont inscrits aussi des enfants canadiens (québécois) dont les parents ont eu la chance de connaître cette musique.

Le secret de la durée de l’orchestre AMAM? Salim Bouzidi le résume en deux mots : « Patience et et passion! ».

A noter que ce concert est donné en collaboration avec NeoFuse Events.

Pour assister :

https://www.eventbrite.ca/e/billets-amam-concert-10ieme-anniversaire-43094579046


Algeroweb-Ksari ou la mémoire des Algériens du Canada

mai 2, 2018

Lancé en 1997, le portail internet Algeroweb s’est vite imposé comme la première source d’information communautaire pour les Algériens du Canada, longtemps avant l’avènement des médias sociaux. Il fêtera ses 20 ans ce samedi.

En arrivant au Canada en septembre 1990, Abdelkader Kechad ne se doutait pas que 28 ans plus tard, il allait célébrer le vingtième anniversaire d’un site internet qu’il fondera et destinera aux Algériens du Canada et même au-delà.

Mais beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts entre temps où son histoire personnelle épousera celle d’une communauté qui dépasse maintenant les 100 000 individus.

Parcourir les événements qui ont jalonné la vie de cet ingénieur d’application du Centre d’étude et de recherche en informatique (CERI), l’ancêtre de l’Ecole nationale supérieure d’informatique de Oued Smar (Alger), c’est raconter l’histoire de la génération d’Algériens formés à l’école de l’indépendance et qui ont répondu à l’appel de l’ailleurs. A ce moment, l’Algérie commençait une lente descente aux enfers qui allait emporter 200 000 de ses enfants et forcer à l’exil une partie de son intelligentsia.

Un kilomètre entre une maison et une autre!

Le fondateur du site Algeroweb-Ksari, se rappelle que quand il préparait son dossier d’émigration au Canada, un auditeur de la célèbre émission Contact de la chaîne 3 de la radio algérienne affirmait qu’il allait vivre au Canada « un pays où il y avait un kilomètre entre une maison est une autre!». Pour cet Algérien de Boufarik et ex-président de sa fanfare « nous ne connaissions rien de ce pays sauf qu’il était grand et qu’il y avait des ours! »

« C’est un collègue au travail qui m’a transmis la piqûre de l’émigration en me racontant qu’un ami à lui vivait au Canada et que tout se passait bien pour lui », continue celui qui quittera son emploi dans une filiale de l’ex-entreprise publique SEMPAC pour aller vivre au pays de l’érable.

Ce n’est qu’en arrivant au Canada qu’il comprendra que tout n’était pas rose. Il avait planifié de faire venir sa famille après quelque temps mais comme il n’arrivait pas à trouver de travail, il a dû revoir ses plans.

Après six mois et des centaines de demandes d’emploi envoyées par poste, il n’y avait pas encore Internet, il décide de rentrer en Algérie.

« Je savais que je devais commencer au bas de l’échelle mais même plus bas je ne trouvais pas », explique Abdelkader Kechad. On est à la première moitié de 1991.

En rentrant en Algérie, il retrouve un emploi comme informaticien dans une entreprise publique.

Puis un jour, rentrant du travail et en arrivant à Boufarik il « reçoit une gifle » lorsqu’il voit ses deux enfants avec des bidons d’eau, le plus grand avait six ans. L’eau était coupée et ils devaient aller en chercher.

A ce moment, il prend la décision de revenir au Canada. « J’ai dit à ma femme que je préfère vivre sur l’aide sociale que de voir mes enfants avec des jerricans », se remémore celui qui vivait encore chez sa mère.

En ce temps-là, ni Air Algérie ni Air Canada Rouge n’avaient encore lancé leurs lignes Alger-Montréal. Il fallait passer par Casablanca et la Royal Air Maroc.

On était en juin 1991 et le syndicat du FIS, l’ancien parti islamiste, menaçait de clouer les avions au sol. La détermination de Abdelkader Kechad à partir le pousse même à prévoir de rallier Casablanca par taxi. Finalement la menace du SIT est levée et il arrive au Canada avec femme et enfants. Un mois après il trouve du travail. Et maintenant, il est spécialiste SAP.

L’aventure Algeroweb

A cette époque, « je ne connaissais pas de journaliste de la communauté ni à la télévision ni à la radio », explique Abdekader Kechad. Sur radio centre ville de Montréal, le comédien Rachid Ouali lance une première émission qu’il nomme Carrefour Maghreb. Elle sera diffusée à partir du 18 novembre 1990, selon le témoignage de ce dernier à la Ksari WebTV. L’émission passait tous les jeudis de 18:00 à 19:00. Plus tard en 1996, il cédera l’émission à d’autres animateurs et elle deviendra Taxi Maghreb et Montréal Labess.

A la télvision, une ancienne journaliste algérienne vivant au Canada, Newzika Benmansour-Sibilio, lance en 1992 Fidèle Algérie, une émission sur la défunte Télévision ethnique du Québec (TEQ), le canal 24. Viendra le journal Alfa, lancé en mars 1997 par Mustpaha Chelfi, ancien journaliste à algérie Actualité.

Puis vint l’aventure Algeroweb en novembre 1997. « Il était difficile de trouver de l’information sur l’Algérie. Il y avait des pages personnelles mais elles étaient de mauvaise qualité », se rappelle Abdelkader Kechad.

Avec son abonnement internet, il crée une page personnelle qu’il appellera Algeroweb. Il fera partie des pionniers de la présence médiatiques algérienne sur le web avec les sites des journaux El Watan, Liberté ou les disparus Le Matin et La Tribune. Il sera vite repéré par le journal Le Monde qui parle d’Algeroweb dans un dossier datant de mars 1998 titré Internet donne la parole aux Algériens.

« A chaque fois que je trouvais une information sur l’Algérie, je la mettais sur le site», explique-t-il. De la page personnelle, il achète le nom de domaine et il finit par héberger le site chez lui au sous-sol de sa maison où il a récemment aménagé un studio pour Ksari WebTV, « Quand des amis venaient chez moi, je leur montrais l’ordinateur et je leur disais voici Algeroweb », s’amuse-t-il à raconter.

« Au début, je commençais à regarder les statistiques et chaque jour, je voyais qu’il y a 10, 20 puis 30 accès. Ca rentrait du Canada, d’Algérie et de Tunisie », se rappelle-t-il.

Il passe à une version améliorée du site qui lui permet d’atteindre, au plus fort de sa notoriété, les 10 000 visiteurs par jour les fins de semaine. Beaucoup de gens dans la communauté ne sortaient pas le week-end avant d’avoir consulté le site Algeroweb qui répertoriait toute l’activité culturelle et politique de la communauté.

Muni de son stylo et d’un bloc note, il passait dans les commerces des Maghrébins et prenait les cartes de visites pour les mettre sur le site. Personne ne savait qui était derrière le site jusqu’au jour où le journal Alfa lui consacre la Une avec photo et Monsieur Algeroweb en titre!

Algeroweb devient Ksari

En 2008, il prend un grand risque et décide de changer le nom du site. Il y avait trop de sites qui commençaient par « Algerie ». Il voulait quelque chose qui symbolise sa ville Boufarik. Entre Charbate, orange, platane et zlabia, il opte plutôt pour Ksari du nom du quartier de Boufarik connu pour sa zlabia. Les gens ont fini par s’habituer au nouveau nom bien que les anciens continuent à l’appeler Algeroweb.

Avec la notoriété viennent les problèmes. Le site a été accusé de tous les noms. Il y a quelques années, au moment où un site berbériste le traitait gratuitement d’ONG du consulat, Algeroweb se faisait reprocher par certains officiels de ne pas « modérer » les communiqués anti-pouvoir algérien.

« Quand je sais que ce que je fais est bien, le reste m’importe peu, c’est du blablabla. Ce qui me dérange, ce sont les gens qui embarquent dans le dénigrement sans esprit critique », déplore Abdelkader Kechad.

« Je publie tout ce qu’on me propose. Je ne fais aucune différence entre les publications. Mais les extrémistes de tous bords ne m’intéressent pas », explique-t-il.

Toute cette pression l’a poussé à mettre en veille le site plusieurs fois. Une fois il l’a même suspendu deux mois.

En 2015, il lance Ksari WebTV. L’objectif est le même : vidéos et promotion des activités de la communauté. Il passe même des lives.

L’aventure Facebook ne semble pas trop emballer l’informaticien puisque la gestion des forums demande toute une équipe. Sur l’ancienne version du site, il avait un forum qu’il a archivé et qui serait un riche matériel de travail pour tout sociologue qui veut étudier la communauté algérienne du Canada.

«  Ce site, je l’ai fait pour aider ma communauté pas pour m’aider moi-même », conclut Abdelkader Kechad qui lance ainsi une flèche aux pseudo-associations et auto-proclamés leaders de la communautés qui au mieux font du folklore et au pire de la basse politique qui maintient les immigrants dans un statut infantilisant.

 

Pour assister à la soirée :

https://www.facebook.com/events/1577337262383475/

 

Par Samir Ben  Contactez moi

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