Bochra Manai, chercheure en sciences sociales à l’université de Montréal : « L’importance de raconter sa version des faits »

mars 29, 2018

S’il y a un conseil que donnerait Bochra Manai, post-doctorante en sciences sociales à l’université de Montréal, à tout immigrant et toute personne ne faisant pas partie du groupe majoritaire c’est de raconter et d’écrire « sa version des faits », Car s’ils ne le font pas, d’autres le feront à leur place,

 

« Parce que tant que l’on n’écrit pas sa version des faits, on reste toujours sous le joug du discours dominant », dit celle qui est coordinatrice d’un regroupement d’organismes communautaires du quartier Montréal-Nord,

On peut imaginer qu’un tel discours a été prononcé devant un public acquis d’avance lors d’une rencontre sur les problèmes « systémiques » qui minent les relations entre la société et ses minorités, au sens large,

Mais rien de tel, Cette citoyenne canadienne à la croisée de plusieurs identités (tunisienne, française, algérienne et berbère, l’ordre étant aléatoire!) a trouvé la manière et le ton de le dire lors d’une soirée plutôt mondaine qu’elle a présidée samedi dernier à Montréal,

A l’occasion de la deuxième édition du Magherb-In, un événement qui met de l’avant la femme maghrébine du Québec, A équidistance entre une levée de fonds, une soirée de gala et un 7 à 9 de réseautage, Bochra Manai a invité les membres de la diaspora à ne pas hésiter à « noircir des feuilles blanches »,

L’enjeu n’est pas des moindres : raconter sa version des faits, «Pas de Fake facts ou de fake news, mais une possibilité de raconter leur vécu», tient-elle à préciser,

Cette nuance est nécessaire depuis que l’une des conseillère de l’actuel président des Etats-Unis a popularisé le concept de « faits alternatifs »,

«  Nous sommes porteurs d’une histoire collective. Celle des émigrants algériens, maghrébins ou berbère. Celle des immigrants du Québec, tantôt définis comme francophones, tantôt comme musulmans ! Nous faisons en somme l’expérience d’une société dans laquelle ce que nous sommes doit être dit. Pourquoi, parce que si nous continuons à attendre que les autres disent de nous du bien, qu’ils nous connaissent et nous reconnaissent, nous passons à côté du pouvoir des mots. », a-t-elle expliqué aux invités de la Fondation club avenir qui, elle aussi, s’est donnée pour mission de promouvoir l’excellence au sein de la diaspora maghrébine au Canada et au Québec,

« J’ai décidé que jamais personne, ni les islamophobes, ni les racistes, ni les cyniques, ni les contradicteurs, ni les polémistes, ni les individus aux intentions douteuses, personne ne parlerait en mon nom , En tant que femme, musulmane, au parcours tunisien et français, je dispose d’un regard, d’une acuité à lire les choses, les terrains de recherche, les débats de société ou les relations humaines, que personne ne peut me retirer. », a-t-elle ajouté,

Cette obsession de l’écriture lui a été transmise par son père qui a dû fuir « à pieds » la Tunisie de Benali pour se réfugier un moment en Algérie puis en France au début des années 1990. Il sera suivi par sa femme, une Algérienne, et ses enfants ,

Le manque de temps n’est pas une excuse aux yeux la chercheure, «Ce n’est pas une raison. Pourquoi? Parce qu’il y aura toujours un autre, qu’il soit chercheur, journaliste ou un écrivain, pour coucher votre réalité sur papier. Et que cela peut aussi créer des frustrations », met-elle en garde,

Elle a rappelé la polémique qui a suivi et qui poursuit toujours la pièce de théâtre Fredy, Une pièce-documentaire écrite par Annabel Soutar et qui raconte la mort de Fredy Villanueva un jeune homme tué par des policiers qui tentaient de l’arrêter et suivie d’une émeute dans le quartier de Montréal-Nord,

« Un des problèmes autour de cette œuvre, qui a certaines qualités, c’est qu’elle est une version des faits artistiques pensée et produite par et pour ceux qui ne vivent pas les enjeux. Je pense à la version des faits de la mère, du père, des sœurs et du frère. Quelle aurait été leur version des faits, leur narration de la douleur. Comment auraient-il mis en scène leur pouvoir des mots ? », s’est-elle questionnée,

Joignant l’acte à la parole, Bochra Manai publiera le mois de mai aux Presses universitaires de Montréal un ouvrage sur les Maghrébins de Montréal basé sur sa thèse de doctorat en études urbaines soutenue à l’INRS (Montréal) en 2015,

 

Par Samir Ben  Contactez moi

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Montréal : Ajouad Algérie Mémoires, ou le refus de l’amnésie

mars 23, 2018

La date du 22 mars commence à rentrer dans les mœurs. Les Algériens rendent hommage et honorent la mémoire des victimes du terrorisme islamiste qui a ensanglanté l’Algérie pendant les années 90’.

La diaspora algérienne au Canada n’est pas restée en marge de cette dynamique, elle qui est composée d’une bonne partie de l’intelligentsia algérienne ayant fui le terrorisme islamiste et son projet d’instauration d’un Etat théocratique qui ferait pâlir de jalousie Daech et ses satellites.

Vendredi prochain, 23 mars, car le 22 est un jour de semaine, aura lieu à Montréal, pour la huitième année consécutive, la Journée contre l’oubli des victimes du terrorisme islamiste en Algérie. Pour cette édition, la branche montréalaise de Ajouad Algérie Mémoires a invité le dramaturge algérien Omar Fetmouche qui présentera sa pièce de théâtre Yasmine stigmatisant le viol comme arme de terreur et dénonçant la passivité sociale face à l’influence hégémonique de l’obscurantisme religieux et aux diktats brutaux des autorités.

«A travers cette commémoration, on veut transmettre deux messages. Le premier, c’est de souligner la mémoire des personnes qui ont été assassinées pour qu’on ne les oublie pas, mais aussi pour ce qu’elles portaient comme perspectives pour l’Algérie.

En second lieu, dénoncer l’Etat algérien dont toutes les institutions réunies ont complètement effacé et mis de côté ce sacrifice», explique Azeddine Achour de Ajouad Montréal rencontré avec d’autres membres lors d’une réunion de préparation de l’événement de vendredi prochain. Au même moment, le journaliste Karim Ouadia tournait sur le lieux une capsule vidéo sur Ajouad Montréal. «On était une dizaine au début.

On était conscients qu’il fallait s’inscrire dans la durée. Il fallait commencer par un petit noyau de gens convaincus, puis étoffer le mouvement», ajoute celui qui a fondé Ajouad Montréal juste après la création en France de Ajouad Algérie Mémoires par Nazim Mekbel, le fils de Saïd Mekbel, le célèbre chroniqueur du journal Le Matin assassiné le 3 décembre 1994. Ce devoir de mémoire est souligné par tous les membres du groupe. «Nous les avons oubliés et certains voudraient les effacer.

Ces gens étaient de condition modeste. Il y avait certes parmi eux des gens connus, des hommes et des femmes de culture, des enseignants universitaires, mais il y avait aussi des gens ordinaires qui ont été tués par les terroristes juste parce qu’ils travaillaient pour le gouvernement, de simples gardiens d’infrastructures. On leur reprochait de travailler pour le taghout (le tyran)», rappelle Lazhar Zouimia.

Amel, Raja, Nazim…

Au fil des questions et des discussions, Rachida Aït Tahar a du mal à oublier. «Je ne peux pas oublier. On peut peut-être pardonner, comme a dit Nelson Mandela, mais on n’oublie pas.» «On ne décide pas comme ça de pardonner. Au nom de quoi ? C’est aux familles des victimes de pardonner. Elles doivent comprendre pourquoi leurs parents ont été tués.

C’est à ces familles que revient le droit de pardonner», ajoute Lazhar Zouaïmia. Ajouad Algérie Mémoires a été créée le 3 décembre 2010, jour anniversaire de l’assassinat de Saïd Mekbel. «J’ai eu l’idée en octobre 2010. J’ai alors pris contact avec Amel Faredheb, la fille de Abderrahmane Fardeheb assassiné le 26 septembre 1994. J’ai aussi contacté Raja Alloula , entre autres.

C’est Amel Fardeheb qui a eu l’idée du nom qui renvoie à la pièce de théâtre de Abdelkader Alloula, lui aussi tué le 14 mars 1994», nous explique Nazim Mekbel, contacté sur internet. «Je suis le président de l’association en France, mais je considère qu’Ajouad n’est pas juste une association. Pour moi, c’est un mouvement citoyen qui traverse les frontières et tout le monde travaille en totale indépendance.

L’essentiel c’est d’être dans la même philosophie», ajoute celui qui se dit «content que la date du 22 mars commence à rentrer dans les mœurs et que les gens commémorent cette date sans qu’on ait besoin de leur faire un rappel. C’est à ça que je voulais arriver. Il y a même des étudiants de Béjaïa qui vont le faire comme ils l’ont fait l’année dernière, eux qui n’ont même pas connu la décennie noire sont en train de la faire.».

Détails de l’événement : https://www.facebook.com/events/227382524498781/

 

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Idir Sadou*. Membre de Ajouad Montréal : J’ai fait tous les deuils, sauf celui de mes camarades assassinés par les islamistes

mars 23, 2018

– Comment a été lancée Ajouad Algérie Mémoires à Montréal ?

Ajouad Algérie Mémoires est partie d’une émotion, d’une indignation. Celle d’enfants de victimes du terrorisme islamiste qui, en plus de la douleur de la perte, ont eu le sentiment que, symboliquement, on assassinait leurs parents une seconde fois.

Pour couvrir sa politique de «réconciliation nationale» et d’amnistie des assassins, le pouvoir et ses relais politiques et médiatiques ont mis en place une opération scandaleuse d’amnésie collective. On (Bouteflika, en tête) sommait les Algériens de tourner la page et d’oublier la «tragédie nationale» présentée comme une sorte de gros malentendu. C’est cette imposture qui a déclenché l’initiative.

Le nom Ajouad (qui signifie les généreux ou les braves) est emprunté à la célèbre pièce du regretté Abdelkader Alloula, lui-même assassiné par le terrorisme islamiste. La date du 22 mars, proclamée symboliquement Journée nationale contre l’oubli, fait référence aux grandes manifestations populaires anti-intégristes organisées les 22 mars 1993 et 1994. A Montréal, c’est Azzedine Achour qui a lancé l’initiative. Y prendre part était pour moi une évidence. Le sujet me tenait à cœur. J’ai fait tous les deuils possibles et imaginables, sauf celui de la perte de mes camarades et amis qui ont été assassinés.

Leur absence/présence m’habite encore presque tous les jours. C’est quelque chose dont je n’arrive pas à guérir. A ce stade, je tiens à préciser que tout ce que je vous dirai dans cet entretien n’engage que moi. Je ne suis le porte-parole ni de l’association Ajouad Algérie Mémoires, créée en France et animée par Nazim Mekbel, ni celui du groupe de Montréal.

– Votre première commémoration remonte à 2010…

Au départ, c’était un moment pour communier et rendre hommage à des gens qu’on a ravis à notre affection et qu’on a également arrachés à l’Algérie qu’ils ont servie avec dévotion. On se retrouvait, on partageait des souvenirs, des sourires et parfois quelques sanglots étouffés. Mais, dans notre esprit, il y avait quelque chose de très politique dans cette initiative.

Comme témoin de cette période tragique des années 1990, sans doute la plus sanglante et la plus traumatisante de notre histoire récente, notre génération ne peut pas garder le silence. Elle a le devoir de parler, de témoigner, de raviver la mémoire. Pas pour cultiver la haine, pas pour cuire dans le ressentiment, mais pour assumer notre histoire, pour guérir nos plaies et nous reconstruire comme peuple et nation. Nous sommes dans un combat mémoriel. Car on ne bâtit pas une grande nation sur la falsification et le gommage de l’histoire.

On connaît les dégâts causés par l’amnésie de notre passé lointain et par les tripatouillages de notre histoire plus récente (celle de la guerre de Libération, notamment). Une partie du désarroi identitaire des jeunes d’aujourd’hui vient de là. Ils ne savent plus qui ils sont. D’une action intimiste, quasiment familiale, l’événement s’est progressivement élargi à mesure que d’autres gens se joignaient à nous.

Mais ce que nous faisons reste essentiellement symbolique. Nous sommes une petite organisation de quelques dizaines d’Algériens. Nous voulons juste que l’histoire enregistre que, quelque part dans des villes et villages d’Algérie, à Paris, Marseille, Montréal ou ailleurs, des Algériens anonymes, des citoyens lambda, n’ont pas accepté que l’on enterre une seconde fois celles et ceux qui ont été tués par l’islamisme armé.

– Est-ce qu’il y a la place au pardon ?

Bien évidemment. Nous ne sommes pas dans la logique de la revanche. Mais pour pardonner, il faut d’abord juger, nommer les crimes, les qualifier, puis en désigner les responsables. Encore une fois, ce n’est pas pour entretenir et cultiver la haine. C’est, au contraire, pour que l’histoire et notre mémoire collective puissent enregistrer qu’on ne peut pas user impunément de la violence pour régler des différends.

Quels qu’ils soient. Rien ne légitime ce qui s’est passé. Ni les ignominies du pouvoir, ni les ambitions politiques, ni les dogmes de la religion. Il n’y a rien qui puisse légitimer l’assassinat d’autres êtres humains, des civils désarmés de surcroît. C’est inacceptable.

– Comment est racontée la décennie noire au Canada ?

Il n’y a pas de récit unique, officiel. Chacun raconte son histoire. Pour les Canadiens, il y a eu une «guerre civile» en Algérie. Le Québec a une affection et une bienveillance réelles envers l’Algérie. A cause notamment du prestige de notre lutte de Libération nationale. L’idée indépendantiste est toujours présente, en particulier dans le cœur de l’ancienne génération. Ce qui s’est passé en Algérie pendant la décennie noire a troublé les gens ici. Ils ne comprenaient pas. Mais avec tous les développements sur la scène internationale (11 septembre, actes terroristes en Occident, Daech…), les perceptions changent.

Mais les explications restent confuses… Dans la communauté algérienne, il y a deux discours. Celui des islamistes qui tourne autour de deux idées : le coupable, c’est le pouvoir qui a arrêté le processus électoral ; pour les assassinats et tueries de masse, on sort la thèse du «qui tue qui ?». Quant aux gens comme nous, nous affirmons que c’est l’islamisme politique et son projet théocratique qui nous ont conduits à la tragédie. C’est inscrit dans son logiciel.

Le FIS et les autres partis islamistes sont, dans leur essence, des mouvements insurrectionnels. Ils se sont préparés à la guerre et ont commencé à la faire depuis longtemps. Ils voulaient non seulement prendre le pouvoir, mais aussi changer la nature de l’Etat algérien et de ses institutions. Tout le reste n’est qu’enfumage.

Ceci étant, je ne cautionne pas la brutalité excessive, la répressive aveugle et massive, les tortures et autres exécutions extra-judiciaires qui ont été commises par différentes structures et institutions officielles de la République. Pour rester légitime, le monopole de la violence et son usage doivent toujours respecter la loi et la dignité des personnes. Pour avoir moi-même connu la torture et la détention, comme syndicaliste étudiant (UNEA) et militant de gauche, je sais de quoi sont capables certains chefs zélés des appareils de sécurité.

– Donc, la communauté reste divisée sur ce qui s’est passé en Algérie ?

Ici, c’est un peu comme en Algérie. Nous n’avons pas encore réglé ce problème parce qu’il n’y a jamais eu de vrai débat. Malgré l’ampleur du drame vécu, l’idée selon laquelle «on ne doit jamais recourir à la violence pour régler nos problèmes» n’est pas encore semée dans la conscience des Algériens, notamment les plus jeunes d’entre eux. L’arrêt du processus électoral n’était qu’un mauvais prétexte. La vraie question est celle de la légalisation des partis islamistes par Chadli en violation de la Constitution qui interdit l’usage de la religion en politique.

– Beaucoup d’islamistes ont émigré au Québec pendant la décennie noire ; représentent-ils encore un danger ?

C’est paradoxal. Il y a en même temps surestimation et sous-estimation du danger. Certains disent ou suggèrent que l’islamisme peut, un jour, prendre le pouvoir et changer le Québec et le Canada. C’est un transfert mécanique de ce que nous avons vécu en Algérie. C’est tellement exagéré que c’est contre-productif. On ne mobilise pas, on ne conscientise pas par la peur ! D’un autre côté, il y a de la sous-estimation. L’islamisme politique est un problème à prendre au sérieux. Il y a effectivement des groupes activistes qui matraquent sans cesse leurs discours hostiles et haineux.

Ils encouragent les logiques de repli communautariste, attisent les tensions avec la société d’accueil et, plus grave, influencent de jeunes esprits en perte de repères. Ce sont des sujets potentiellement explosifs qu’il faut traiter avec sérieux et dans la clarté. Il ne faut pas confondre musulman conservateur et militant islamiste. Dans sa sphère privée, un musulman peut vivre «comme à l’époque de Koraïche» s’il le veut.

La loi canadienne lui garantit ce droit. L’islamiste militant, lui, veut changer l’ordre social et légal. Il veut que la loi de Dieu, telle qu’il la définit lui-même, s’applique à tous. Pour les théocrates, la liberté de conscience, l’émancipation humaine, les droits des femmes et des minorités ne sont que des perversions de la civilisation occidentale.

– Les lois du Québec ne le protègent-elles pas de l’intégrisme ?

Grâce à sa «révolution tranquille», le Québec a progressé dans la sécularisation et la mise en retrait de l’Eglise dans l’organisation et la gestion des affaires publiques. C’était suffisant tant que la société était relativement homogène aux niveaux culturel et confessionnel. Le Québec étant un pays d’immigration, sa société se diversifie sans cesse.

La sécularisation ne suffit plus face à la nouvelle complexité sociétale. Ma conviction est qu’il faut aller vers une laïcité clairement assumée, c’est-à-dire institutionnalisée. Il faut arrêter de brouiller les cartes. La laïcité est une affaire simple : la foi et les croyances religieuses doivent demeurer dans l’espace privé. Ni plus ni moins.

– Ajouad pourrait-il être utile au combat anti-intégriste au Québec et au Canada ?

A la fin de chaque activité d’Ajouad Montréal (nous en sommes à la 8e édition), nous ouvrons le débat pour donner la parole aux gens, leur permettre de s’exprimer et de ventiler. Les participants(e)s connaissent nos positions de démocrates et de progressistes. Certains nous ont aimablement reproché de ne pas impliquer le groupe Ajouad Montréal dans le combat anti-intégriste qui se mène au Québec et dans les enjeux politiques qui s’y rattachent. Tout aussi aimablement, nous avons toujours répondu que notre regroupement a été créé pour mener le combat mémoriel, pour qu’on n’oublie pas les victimes de l’intégrisme.

Pas question de dénaturer cette vocation. Ajouad n’est pas une entrave à la lutte anti-intégriste, bien au contraire. Que ceux qui veulent créer d’autres cadres d’action pour lutter contre la menace intégriste prennent des initiatives et fassent des propositions. Chacun(e) sera alors interpellé(e) individuellement et répondra en conscience.
(*)

IDIR SADOU

Arrivé au Québec en 2000, il a travaillé dans l’intégration en emploi des nouveaux arrivants. Bien que retraité, ce presque septuagénaire continue d’être actif : à côté de diverses implications bénévoles sur le terrain social et civique, il coordonne la publication d’un bulletin interculturel pour le compte d’un organisme de la communauté arménienne.

En Algérie, parallèlement à des études en économie, il a travaillé pour divers ministères (celui de l’Agriculture, notamment), dans des petites entreprises privées et dans la presse (il a dirigé Sawt Echaab, organe central du PAGS, puis a rejoint l’équipe d’Alger Républicain aux côtés du défunt Abdelhamid Benzine).

En fait, le parcours de vie de cet enfant de la guerre d’indépendance est celui d’un militant qui a mis l’essentiel de son énergie dans les combats pour le progrès général, la justice sociale et la démocratie.

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Consulat d’Algérie à Montréal : Portes ouvertes pour les enfants de la diaspora algérienne..

mars 12, 2018

Samedi dernier, le Consulat général d’Algérie a ouvert ses portes aux enfants de la diapora algérienne vivant Canada. Une trentaine d’enfants et leurs accompganteurs ont eu l’occasion de voir « l’autre côté du guichet » administratif. Photos.

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