Hocine Gueham, chercheur en pensée islamique : « Empêcher les mosquées de Montréal de tomber entre les mains du Wahhabisme»

janvier 31, 2018

L’Algérien, Hocine Gueham, chercheur en pensée islamique et Spécialisé des mouvements extrémistes, participera ce mardi à Montréal à un colloque sur le Vivre ensemble organisé par le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, à l’occasion du premier anniversaire de l’attentant de la grande mosquée de Québec  qui a coûté la vie à six personnes dont deux Algériens.

Quels conseils donnerez-vous aux musulmans qui s’installent au Canada ?

Premièrement, les musulmans qui s’installent dans des pays où la culture et le culte sont différents que ceux de leur pays d’origine doivent admettre la situation telle qu’elle est là où ils vont s’installer.

Si, maintenant, leur option se dirige vers un attachement rigoureux à leur culte et à leur culture et qu’eux-mêmes jugent qu’ils sont incompatibles avec la société d’accueil ou que celle-ci ne va pas les accepter en tant que tels, la meilleures des solutions dans ce cas, à mon avis, c’est le retour vers le pays d’origine.  Le musulman fera éviter le désordre à tout le monde.  La logique donne au pays d’accueil, souverain,  le droit d’imposer ses lois et non pas au venant et surtout pas quand il s’agit d’une minorité  et de loin quand l’idéologie véhiculée ou le culte est rejetée.

L’islam a incité les musulmans à ne pas imposer leur religion. Le fait d’imposer l’islam est une hérésie créée uniquement par le Wahhabisme.  Jamais l’Islam n’a voulu créer une société d’imposteur où les apparences sont religieuses et le fond rejette cette religion. Que la pratique ne se fait que suite à une répression ou une menace qui guette les sujets.

En plus,  dans le saint Coran, on retrouve des versets où Dieu interdit au Prophète de transmettre le discours religieux à ceux qui ne veulent pas l’entendre.  Les lecteurs peuvent me contacter pour leur fourni les détails de cette thèse. Celle-ci a été dissimulée et escamotée par le discours religieux contemporain. Le wahhabisme et frères musulmans occultent ces versets qui déragent leur tentatives d’asseoir leur pouvoir à l’échelle mondiale.

En dernier lieu, l’islam n’a jamais prêché, prétendu ou développé des thèses qui interdisent le co-relationnel avec ceux qui sont différents dans la culture, le système politique, la confession ou autre.

La preuve est  donnée par le Prophète lui-même. Lorsqu’il est arrivé  à Médine, 48 heures après, il a établi une charte où il a demandé aux Juifs et Israélites établis à l’époque autour de Médine d’y adhérer pour former une seule nation. Il avait garanti aux Juifs leur droit au culte, à la citoyenneté et à la protection en cas de guerre sans que ces derniers soient obligés de prendre part à cette guerre.

Donc, l’islam lui-même appelle à la cohabitation et non pas à l’extermination de l’autre. Je le répète, tous ces préceptes d’extermination, d’exclusion et de violence sont d’un point de vue théologique des hérésies.

Sur le plan politico-stratégique, on sait que ce sont certains régimes dans le monde arabe qui veulent asseoir leur hégémonie sur l’ensemble des territoires musulmans pour affermir leur pérennité au pouvoir.

 

Donc aucune incompatibilité entre l’islam et la vie en occident ?

Le musulman qui arrive dans une terre d’accueil doit savoir que l’islam ne voit pas d’incompatibilité et de contradiction entre le fait de garder sa confession et d’avoir n’importe quelle nationalité. Le verset 13 de la sourate 49 précise et déclare que c’est Dieu qui a cautionné et admis qu’il y ait une diversité entre les peuples et les races à tout point de vue.

Le musulman qui arrive dans un autre pays que ce soit en Amérique du Nord ou en Europe ou ailleurs, doit oublier le fait qu’il soit arabe, berbère, Pakisatanais ou Africain, vous êtres Canadien. La nature, la politique la société, certaines contraintes objectives qui relèvent du climat, de la distance, du bon sens, de la raison imposent à ce citoyen de se réadapter. Comme il doit faire pour s’adapter au décalage horaire, il doit régler son décalage culturel, politique et sociétal. Il doit s’intégrer dans ce nouveau bloc et ne sera plus obligé de ne vivre qu’avec les traditions héritées auparavant. Sinon c’est la collision qui mènerait à la non-intégration qui pourrait engendrer le clash avec les autres.

 

Ceci nous mène à l’islamophobie au  Canada …

L’islamophobie est le fait de rejeter les notions de l’islam et sa philosophie. En réalité, il y a deux Islam. Un Islam prophétique qui n’a plus de présence de nos jours. Et une autre miroitée. Cette dernière reflète un faux islam qui découle des mouvements islamistes et non pas musulmans. Attaquer les thèses de ces derniers relève également du devoir du musulman. Je pourrais moi-même me considérer islamophobe par rapport à un islam tel que le wahhabisme.

Pour ceux qui s’attaquent à  l’Islam prophétique que je suppose qu’ils ignorent complètement, on pourrait leur pardonner du fait qu’ils n’arrivent pas à découvrir le vrai visage de l’islam et que c’est le wahhabisme qui les en empêche à travers le mal satanique qu’il diffuse avec un vocabulaire religieux.

Mais je suis certain que si les discussions sont ouvertes avec les gens qui s’attaquent indument aux sources de l’islam. Si jamais ils s’assoient avec de vrais musulmans qui leur expliqueraient la grandeur de cette religion, l’islamophobie cessera d’exister. Celle-ci est en somme le fruit de l’existence d’un islam tordu, l’islam wahhabite et non l’islam prophétique.

Les musulmans doivent louanger Dieu de vivre dans ce pays. Le Canada est la mère de l’Humanité. Il accueille toutes les races du monde et toutes les confessions sans en faire distinction ni prêter attention à ces détails. Il offre toutes les chances d’avoir une vie décente, un pays de droit et de justice et de liberté. Une bénédiction pour l’Humanité entière.

 

Vous avez eu le temps de visiter certaines mosquées à Montréal. Quel constat faites-vous du discours qui y est véhiculé ?

D’après le petit constat que j’ai relevé durant ce court séjour certains noyaux extrémistes islamistes commencent à s’implanter dans des mosquées à Montréal.

C’est une gangrène. Dès qu’elle est semée, c’en est fini pour le sujet. Nous avons visité certaines mosquées et nous avons discuté avec des imams et des fidèles et nous avons constaté la présence d’un discours extrême ce qui nous amène à tirer la sonnette d’alarme.

Le Canada est une terre vierge pour le culte musulman notamment venant des pays maghrébins et les mosquées le sont également.  C’est justement ce vide qui peut donner l’occasion aux extrémistes d’occuper ces mosquées pour mener les prières et former les fideles dans l’esprit du wahhabisme.

Si ce courant arrive à mettre pied et donner des racines dans les mosquées à Montréal, je serais très inquiet sur l’avenir du Canada.

On peut tirer profit de l’expérience algérienne en multipliant les rencontres. Il faut  faire appel à des gens qui ont une double culture,  musulmane et occidentale maitrisant les langues , sages et qui croient en l’amour du prochain pour occuper ces espace et empêcher qu’ils tombent entre les mains des extrémistes et du wahhabisme.

 

 

Plus : https://www.facebook.com/events/524993711201972/

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L’Algérie présente aux commémorations de l’attentat de la mosquée de Québec

janvier 26, 2018

Deux chercheurs universitaires venant d’Algérie prendront part à un colloque sur le Vivre Ensemble, organisé par le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence de Montréal.

Le Québec commémore à partir d’aujourd’hui jusqu’à lundi prochain le premier anniversaire de la tuerie de la Grande mosquée de Québec survenue le 29 janvier 2017.
Six musulmans dont deux Algériens, Khaled Belkacemi et Abdelkrim Hassane, avaient perdu la vie quand un tireur proche de l’extrême droite a ouvert le feu sur les fidèles après la prière du soir (icha).
Plusieurs activités officielles et citoyennes sont prévues à Montréal et à Québec, la capitale de la province éponyme où on attend la présence du Premier ministre canadien Justin Trudeau et celui du Québec Philippe Couillard, entre autres.  L’Algérie sera présente à travers ses représentations diplomatiques et consulaires.
Le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV) de Montréal organise deux colloques sur le « Vivre ensemble avec nos différences » en collaboration avec plusieurs organismes dont l’ambassade du Canada en Algérie.
Deux chercheurs algériens ont été invités par le CPRMV pour y prendre part. Boualem Djouhri,  professeur en sciences humaines à l’université de Bejaia et Hocine Gueham, chercheur indépendant et écrivain spécialiste de la pensée islamique. Ce dernier affirmait dans une interview à El Watan que « tout salafiste est susceptible de basculer dans la violence » (http://www.elwatan.com/actualite/tout-salafiste-est-susceptible-de-basculer-dans-la-violence-08-06-2017-346821_109.php).  Récemment, il expliquait que « «Le wahhabisme n’est pas un courant religieux mais un courant politique»  (http://www.elwatan.com/-00-00-0000-359257_109.php).
Toute cette expertise a intéressé le Centre de prévention que dirige Herman Deparice-Okomba qui les a invités sur proposition du ministère algérien des affaires religieuses.
Une source de l’ambassade du Canada en Algérie a explique à El Watan que cette dernière  «coopère avec le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence depuis 2016, dans les domaines de la déradicalisation et du vivre ensemble.  Dr Deparice-Okomba a visité Alger en septembre 2016, où il a pris la parole dans un atelier international organisé par le ministères des affaires étrangères algérien.
Sa deuxième visite était en octobre 2017, quand il a également fait une présentation lors de la réunion plénière du Groupe de travail sur l’Afrique de l’Ouest du Forum mondial de lutte contre le terrorisme. Les deux visites ont inclus un programme de rencontres avec les autorités et autres personnes d’intérêt. »
«  Pendant la dernière visite, Dr. Deparice-Okomba a rencontré le Ministre des Affaires religieuses d’Algérie, Mohammed Aïssa, qui a offert une collaboration quant à la commémoration des victimes de l’attentant au Centre culturel islamique à Québec. C’est dans ce contexte que l’Ambassade appui l’initiative », ajoute la même source.
« L’ambassade n’a pas fourni aucune ressource financière. Notre appui a plutôt consisté à mettre en contact le Centre de prévention et les autorités du ministère des affaires religieuses, et d’assurer la communication continue entre les deux partenaires. Nous sommes très contents avec ce partenariat. L’ambassade va continuer de travailler en partenariat avec ces deux partenaires importants », conclut la même source.
Les autres victimes tombées sous les balles du suprémaciste Alexandre Bissonnette dont le procès débutera le 26 mars sont : Mamadou Tanou Barry, 42 ans de Guinée, Aboubaker Thabti, 44 ans de Tunisie, Azzeddine Soufiane, 57 ans du Maroc et  Ibrahima Barry, 39 ans de Guinée.

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104 000 Algériens vivent au Canada

janvier 22, 2018

Une étude publiée jeudi dernier à Montréal établit le nombre d’Algériens vivant au Canada à 104 400 en 2016. Commandée et financée par le Fondation Club Avenir et menée par Yasser Boulmezaoud, un étudiant en doctorat en sociologie à l’Université du Québec à Montréal, cette étude dresse un portrait des Algériens du Canada, une première pour une communauté dont les premiers membres sont arrivés au Canada dans les années 1960.

L’étude est basée sur les derniers chiffres de Statistiques Canada, les ministères de l’immigration canadien et québécois ainsi que l’ambassade et le consulat d’Algérie. Elle a permis d’arriver à ces chiffres plus rigoureux que le fantaisiste 150 000 sorti de nulle part mais repris dans les médias.
«L’arrivée des Algériens au Canada a commencé en 1965 par une dizaine pour atteindre la Centaine de Milliers en 2015. Entre 2011 et 2016, le Canada a accueilli une moyenne de 3479 Immigrants algériens par an, contre une moyenne de 4420 par an entre 2007 et 2011.», explique Yasser Boulmezaoud qui est aussi consultant-formateur en administration et commerce et co-fondateur du cabinet Regard Neuf & Conseil Inc.
Le Canada a été aussi une terre d’asile pour les Algériens qui ont fui le pays pendant la décennie noire. Entre 1991 et 2000, près de 3000 Algériens ont obtenu le statut de réfugié contre 205 seulement entre 2011 et 2016.
En 2016, l’Immigration algérienne au Canada était composée à 52 % d’hommes. Dans la tranche d’âge de 25 à 40 ans, les femmes sont majoritaires et représentent 54%.
Les moins de 15 ans représentent 34% des Algériens du Canada. A titre comparatif, au Québec, la même catégorie d’âge représente 16 % de la population.
Comme la communauté algérienne au Canada est une immigration récente, la première génération reste la majorité avec 69% en 2016 du total contre 73% en 2011. La deuxième génération représente 30% et la troisième génération 1%.
La première génération est composée des personnes nées à l’extérieur du Canada. La deuxième génération comprend les personne nées au Canada mais dont l’un des parents est né à l’extérieur du Canada. Quant à la troisième génération, elle est composée des personnes nées au Canada et dont les deux parents sont eux aussi nés au Canada.
L’étude dont l’auteur a bénéficié d’une bourse de la Fondation Club Avenir s’est intéressée aussi à la répartition géographique des Algériens dans le Canada.
Ainsi, en 2016, 90% des Algériens du Canada étaient installés au Québec. 80% à Montréal. Près de 6% vivaient en Ontario et un peu plus de 2 % en Alberta. On a aussi dénombré 10 Algériens dans le Nunavut, le territoire dans l’extrême nord canadien.
« 65% des Algériens de plus de 25 ans à Montréal, détiennent un diplôme universitaire.  Seulement 23% des plus de 15 ans n’ont aucun diplôme contre une moyenne Montréalaise de 41% pour la même tranche d’âge », explique Yasser Boulmezaoud.
A rappeler que la Fondation Club Avenir, basée à Montréal, promeut l’intégration des Algériens du Canada par la promotion l’excellence en remettant chaque années des trophées pour ceux et celles qui se sont distinguées. Elle a été fondée en 2002 par le Professeur de HEC Montréal, Taïeb Hafsi et deux chefs d’entreprises TIC, Bachir Halimi (Speech Mobility) et Ahmed Aina (Dialexia).

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Tahar Djaout «rend visite» à Montréal : «Le silence est la mort…»

janvier 22, 2018

L’association du Festival international du film amazigh de Montréal a organisé la semaine dernière une projection-débat autour du film de Abderrazak Larbi-Cherif Tahar Djaout, Un poète peut-il mourir ? Le débat a été mené par l’ancien présentateur du journal télévisé en français de l’ENTV, Soleiman Mellali, qui a dû quitter l’Algérie sous les menaces de mort pendant la décennie noire.

C’est dans le lointain Canada, plus précisément à Sherbrooke, que Tahar Djaout publia son premier recueil de poésie, Solstice barbelé, (éditions Namane, 1975) à l’âge de 21 ans.

Son pays, l’Algérie, n’était pas l’endroit le plus indiqué pour exprimer sa «rage, au sujet de l’oppression de l’identité et de la culture berbère», pour reprendre les propos de Radia Mebarek, qui lui a consacré son mémoire de maîtrise en lettres, à l’université du Québec, à Trois Rivières.

Quatre décennies plus tard, la semaine dernière, une rencontre à été organisée à Montréal autour du poète, romancier et journaliste. Entre-temps, les «frères vigilants», personnages lugubres de son roman posthume, mais non moins prémonitoire, Le dernier été de la raison, auront eu droit de son corps, mais pas de son œuvre. Le 26 mai 1993, Tahar Djaout est victime d’un attentat devant chez lui dans la banlieue d’Alger.

Le fils d’Oulkhou (Azeffoun) et de La Casbah d’Alger rendit l’âme une semaine plus tard, le 2 juin, jour de l’Aïd. Il succomba  aux balles assassines d’un groupe à la «foi surhumaine et  inhumaine». Une horde au Dieu de «la vengeance et du châtiment, qui ne connaît ni l’amour, ni le pardon, ni la compassion, ni la tolérance». Un Dieu dont elle a, elle-même «soigneusement tracé les contours».

A Montréal, l’évocation de Tahar Djaout s’est faite autour du film sorti en 2011 que lui a consacré le journaliste et documentariste Abderrazak

 

Tahar Djaout, un poète peut-il mourir ?

En préambule à la projection organisée en collaboration avec le Festival international du film oriental de Genève (Fifog), l’assistance, qui a bravé la vague de froid extrême qui s’est abattue sur Montréal, a écouté religieusement la chanson Kenza, dans laquelle Lounès Matoub rendait hommage à Tahar Djaout, avant qu’il soit lui-même assassiné en 1998.  Le court métrage Yidir, de Tahar Houchi, a été aussi projeté. Il raconte l’histoire d’un enfant à qui on interdit de parler sa langue maternelle, le tamazight, à l’école.

Pour l’écrivain Yasmina Khadra, interviewé dans le documentaire, «avec l’assassinat de Tahar Djaout, le point de non-retour était franchi». La suite tout le monde la connaît : une centaine de journalistes assassinés par «ceux qui s’opposaient au progrès, à la démocratie et à la liberté. Un crime qui a été suivi par des centaines de milliers de morts et de traumatisés et certainement quelques milliers d’exilés», comme l’a souligné Soleiman Mellali, l’ancien présentateur du journal télévisé en français de la Télévision algérienne et rédacteur en chef à Radio Canada.

«Dans le film, nous avons vu des extraits de ses romans et de sa poésie, mais il y a une phrase qui est à la fois très belle et terriblement très tragique, parce qu’elle était à mon avis prémonitoire. -Le silence est la mort. Et toi si tu te tais, tu meurs. Et si tu parles, tu meurs. Alors dis et meurs.- C’est une phrase qui a été suivie à la lettre par des dizaines de journalistes algériens par la suite qui ont résisté à l’obscurantisme et au terrorisme. C’est une expression qui devenue célèbre mondialement. Chaque fois qu’un journaliste est assassiné, cette phrase revient sur les réseaux sociaux et dans les articles de presse», a-t-il ajouté.

Qui a tué Tahar Djaout ?

«Peu d’Algériens croyaient qu’on allait arriver à une situation aussi grave. Que les intellectuels, que les journalistes allaient être ciblés. Les terroristes islamistes ont choisi de cibler toutes les personnes remarquables de la société civile algérienne, parce que ça faisait du bruit. La mort de Tahar Djaout a été un électrochoc pour les journalistes et pour les intellectuels.

Soleïman Mellali

Sa mort n’a pas été vaine. Beaucoup ont compris à ce moment que la défense de la démocratie et de la liberté était le choix à faire», affirme Soleiman Mellali.

Tahar Djaout a été tué le lendemain de la publication de son célèbre éditorial La famille qui avance et la famille qui recule. Il n’était pas tendre avec le pouvoir, et encore moins avec les islamistes.

«Il avait la terreur de voir ce pays basculer dans la République islamique. Il était taraudé par la question de savoir qu’allons-nous devenir là-dedans», explique Meziane Ourad dans le film sur Tahar Djaout.

Il écrivait notamment : «Vu la situation de crise profonde que vit l’Algérie et qui brouille toute perspective d’avenir, le salut ne résiderait-il pas plutôt dans un choix résolu, quitte à faire des mécontents, le choix qui arrachera l’Algérie aux serres des ténèbres pour la propulser vers le jour ? Ce choix tarde à se préciser, à tel point que nous commençons à nous demander avec angoisse si c’est vraiment vers la lumière du jour que ceux qui ont en charge la destinée du pays veulent nous mener.»

A l’époque, le Haut comité d’Etat, dirigé par Ali Kafi, entamait un dialogue politique avec les partis. La présence des islamistes est dénoncée par Tahar Djaout dans sa célèbre tribune.

«L’originalité de la seconde mi-temps de ce dialogue politique est qu’il réunira les formations groupées en ‘familles’ d’idées. Et là on retombe à pieds joints dans la grande problématique de l’Algérie, car, si on évacue quelques points de détail, il n’ y a en fait que deux familles : la famille qui avance et la famille qui recule.

Parmi les cinq formations politiques reçues par le HCE, on dénombre : deux partis intégristes, deux partis qui soutiennent l’intégrisme et un seul pari qui œuvre pour une Algérie républicaine et moderne».

«Les vraies circonstances de sa mort restent inconnues encore. Le chauffeur qui a dénoncé l’émir du GIA, Layada, est revenu sur sa déclaration. Finalement, Layada est acquitté et le chauffeur est condamné à 10 ans de prison pour d’autres faits sans lien avec l’assassinat du poète», rappelle Soleiman Mellali.

Les aveux faits devant les caméras de la Télévision publique algérienne auraient dû être faits devant un juge dans un Etat de droit, comme l’a souligné l’ancien présentateur du journal télévisé.

Lors du débat, un des présents a suggéré qu’avec le recul, on ne peut affirmer hors de tout doute que ce sont les islamistes qui l’ont tué puisqu’il «voyait les choses venir et disait que ceux qui nous gouvernent nous mènent vers les ténèbres, au même titre que les islamistes».
«Effectivement, ca reste très troublant», lui répond Soleiman Mellali. «Mais je peux vous affirmer qu’à l’époque rien n’était vraiment clair.

Beaucoup de gens ont écrit pour dire que les GIA étaient dirigés par des membres de l’armée et qu’au niveau du pouvoir il y avait aussi des islamistes. Ceci dit, il y a des cas où c’était clair que ce sont des islamistes», a-t-il ajouté.

 «Dans le cas de Smaïl Yefsah, on a la certitude que c’était des islamistes et c’est parti de l’intérieur de l’ENTV. Smaïl ne retournait pas chez lui, car quand on travaille à la télévision, on est facilement reconnaissable. Ce jour-là, il a juste dit qu’il allait chez lui pour chercher des vêtements. Il y avait un monteur vidéo qui travaillait avec nous et qui réalisait les vidéos du FIS. Alors on fait les recoupements et on tire les conclusions», conclut le journaliste de Radio Canada.

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Un joyeux Yennayer de Montréal

janvier 13, 2018

Une vidéo du journaliste Karim Ouadia où des Algériens du Canada parlent du nouvel an berbère.

 

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Célébrer Yennayer pour soutenir l’école de Tamazight INAS de Montréal

janvier 13, 2018

La célébration de Yennayer est, depuis 2013, l’occasion pour l’école de Tamazight INAS de Montréal  d’organiser une levée de fonds lui permettant de continuer l’enseignement à ses 80 élèves venant de la métropole et de ses environs.

C’est ce samedi que rendez-vous est donc donné au public composé principalement de membres de la communauté kabyle et berbérophone mais ouvert aux autres communautés pour une soirée conviviale digne des traditionnelles et millénaires veillées de Yennayer en Afrique du Nord, le tout autour d’un couscous et d’un programme musical.

« Cette levée de fonds est importante pour notre école. Elle est notre principale source de financement », explique Oussaid Saidoun, président de l’association INAS.

L’Association INAS fondée en 2009 a mis sur pied une école du week-end pour enseigner tamazight afin de « réponde au besoin de la communauté qui désire transmettre sa langue à ses enfants ». Le programme s’adresse aux adultes aussi.

Ailleurs au Canada, à Ottawa, l’Association culturelle amazigh d’Ottawa-Hull (http://acaoh.ca/) dispense depuis une quinzaine d’années des cours de tamazight les fins de semaine pour les enfants dans le cadre du Programme des Langues Internationales de la province de l’Ontario.

A noter aussi que d’autres associations célèbrent Yennayer à Montéral  comme l’Association culturelle Zerfa Chaouie Québec ou le Centre amazigh de Montréal (CAM), entre autres.

 

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Chant lyrique : La Soprano Fairouz Oudjida à l’Opéra d’Alger

janvier 7, 2018

La soprano algérienne Fairouz Oudjida  se produira  mardi, 16 janvier, à l’Opéra d’Alger en un récital unique où elle revisitera les classiques de la musique occidentale et berbéro-arabe.

Vivant au Canada depuis 2010, la Soprano Fairouz Oudjida s’est produite il y a un peu plus d’une année au Palais de la culture d’Alger dans le cadre des Journées scientifiques et culturelles de la diaspora algérienne du Canada.  Mais « c’est l’opéra d’Alger qui convient à une Soprano comme elle », souligne sa productrice Sara Nacer de SN Production.  Depuis cette date, le focus a été mis sur l’institution culturelle inaugurée en octobre 2016 et baptisée du nom de l’ancien président du Conseil  constitutionnel Boualem Bessaïh – un don de la Chine à l’Algérie d’une valeur de 36 millions de dollars américains.

Elle a été invitée par le Wali d’Alger qui l’a découverte lors de sa visite en juin dernier à Montréal.

« Quand le wali d’Alger était à Montréal [12e Congrès mondial Metropolis, NDLR], on avait discuté des possibilités d’échange et de coopération entre la wilaya et la diaspora.  Il y avait un côté artistique. Nous lui avons parlé d’une artiste dont le rêve est de se produire à l’Opéra d’Alger. Il a été tout de suite favorable », rappelle Abdelghani Cheriaf, le Consul d’Algérie à Montréal.

La Soprano qui a passé toute son enfance à Hassi Messaoud dans le sud algérien où travaillait son père, a préparé un programme qui ravira les oreilles les plus exigeantes.

Elle va revenir sur l’ensemble de sa carrière en commençant par son répertoire classique (l’école italienne, russe…).  « C’est en artiste universelle qu’elle se produira à Alger », explique sa productrice.

D’ailleurs le récital devrait démarrer très fort avec un air de l’opéra Tosca que peu de Sopranos sont capables d’y toucher.

La deuxième partie du récital ira puiser dans le patrimoine arabe et berbère.  Des choix conscients puisque la soprano revendique toutes ces cultures.  Beaucoup se rappellent sa reprise magistrale de la chanson Ssendu  de Idir qui vient de se produire à Alger dans un concert mémorable après 39 ans d’absence.  Elle partage avec lui « un amour incroyable du pays », souligne son entourage.

Fairouz Oudjida reprendra aussi une partie de son récital Fairouz chante Fairouz donné à Montréal en octobre dernier dans le cadre du Festival du monde arabe. Elle y a rendu un hommage à la diva libanaise.

Elle sera accompagnée du pianiste canadien Dominic Boulianne.  Lauréat du  Prix du Conservatoire de musique de Montréal, il a l’habitude d’accompagner les stars québécoises du chant lyrique comme Nathalie Choquette et Marie-Josée Lord. Il a travaillé aussi avec le Maestro Kent Nagano à l’Orchestre symphonique de Montréal.

Fairouz Oudjida a fait ses preuves avant son arrivée au Canada. Elle a été la soliste de l’Orchestre symphonique national (Algérie) pendant plusieurs années. Elle a parfait sa culture musicale à Milan (Italie), entre autres. Elle obtient le prix du Président de la République pour les jeunes talents.

En 2015, c’est la fondation Club Avenir, un organisme qui promeut l’excellence dans la diaspora algérienne du Canada, qui lui décerner un prix d’excellence.

Mais la meilleure reconnaissance, dit-on, vient des pairs. Et c’est en ces mots fort élogieux que la décrit Martin Dubé, chef de chant à la Julliard School of Music de New York et à l’Opéra de Philadelphie : « La soprano Fairouz Oudjida a une voix riche, ronde et pleine. Elle a un charme, une grâce et un timbre des plus chauds nous rappelant les grandes chanteuses italiennes. Émotions et plaisirs seront au rendez-vous dès les premières notes de Fairouz. »

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Hausse des frais de prestations consulaires pour les Algériens de l’étranger

janvier 4, 2018

Publiée avant-hier au Journal officiel, la loi de finances 2018 revoit à la hausse plusieurs prestations consulaires pour la diaspora algérienne.

Ainsi, à partir du 1er janvier, le droit de timbre pour une autorisation paternelle passe de 50 DA à 200 DA, soit une hausse de 300%. La légalisation de documents, entre autres, coûtera 200 DA au lieu de 40 DA.

La plus grande augmentation a été appliquée à la délivrance de la traduction ou du duplicata d’un livret de famille. Elle passe de 100 DA à 2000 DA, soit une hausse de 1900%.

Tous ces frais sont payés en euros ou en dollars. Le taux de change, quant à lui, est fixé par l’administration centrale du ministère des Affaires étrangères.

Au consulat de Montréal, par exemple, une légalisation de document coûtait 1 dollar. Elle passera probablement à 4 dollars.
Lors des débats sur la loi de finances en novembre dernier, le député de l’émigration (Canada, Etats-Unis et Europe hors France), Noreddine Belmeddah (ANR), avait interpellé le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, sur les difficultés d’application de telles taxes.

Il a demandé leur abrogation pure et simple. «Les Algériens de l’étranger doivent, parfois, se déplacer à des milliers de kilomètres pour payer sur place les prestations. Or, si celles-ci étaient gratuites, certains documents pourraient leur être envoyés par la poste.»

Par contre, le même député avait proposé, il y a quelques années, de faire payer l’établissement des cartes consulaires pour les Algériens de l’étranger afin d’alimenter un fonds qui servira au rapatriement des dépouilles.

Bien qu’il n’ait pas pu faire accepter sa proposition par ses pairs, il a réussi à faire passer dans la loi de finances 2015 un amendement pour que l’Etat le prenne en charge directement. Finalement, un consensus semble avoir été trouvé. Depuis l’année dernière, l’Etat algérien «prend en charge le rapatriement des dépouilles des Algériens nécessiteux». Une mesure qui est appliquée, aléatoirement, pour le moment.

Seule la carte consulaire continuera à être gratuite, selon la loi de finances. Mais, contradiction (?), le code du timbre prévoit que «les immatriculations consulaires seront soumises à un droit de timbre qui sera fixé par décision conjointe du ministre des Affaires étrangères et du ministre chargé des Finances».

 Selon différentes sources, un peu plus de 7 millions d’Algériens vivent à l’étranger.

Par Samir Ben  Contactez moi

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