Élections locales en Algérie : Des Algériens de l’étranger privés de vote par procuration

novembre 21, 2017

Peu connue dans la diaspora algérienne, une disposition de la loi électorale permet aux Algériens qui résident à l’étranger de voter par procuration aux élections locales de leur dernière commune de résidence en Algérie ou de leur APC de naissance ou même de la commune de naissance de l’un de leurs parents.

L’article 54 de la loi organique n° 16-10 du 25 août 2016 relative au régime électoral qui stipule que «  …. les électeurs établis à l’étranger …. peuvent, en outre, exercer leur droit de vote par procuration pour les élections aux assemblées populaires communales et de wilayas ».
Il ne s’agit pas donc des Algériens qui sont momentanément à l’étranger mais bien de ceux qui sont résidents et immatriculés au niveau des consulats ou des ambassades algériennes. L’article 9 de la même loi leur donne le droit de s’inscrire sur les listes électorales pour les élections des assemblées populaire communales ou de Wilayas.  Mais au niveau des consulats algériens,  personne ne semble être au courant de la loi.
C’est-ce que vient de vivre un Algérien résident au Canada qui tenait à voter par procuration dans sa dernière commune de résidence en Algérie à  Mekla (Wilaya de Tizi Ouzou).
Mahfoudh  Messaoudene, Ingénieur en génie civil à Sainte-Julie dans la banlieue sud de Montréal, s’est déplacé au consulat d’Algérie à Montréal pour établir une procuration à un membre de sa famille en Algérie.
Les employés lui font comprendre qu’ils n’ont pas de formulaires et qu’il n’y pas de réglementation à ce sujet. Il a fallu qu’il leur montre le journal officiel pour qu’ils considèrent sa demande.
Ils étaient surprise d’apprendre qu’il est possible pour les Algériens vivant à l’étranger de voter ce jeudi.  Ils sont habitués à traiter des demandes relatives aux élections présidentielles, aux référendums ou aux législatives (les députés de la diaspora) mais pas aux élections locales.
En l’absence de formulaire spécifique aux élections communales du 23 novembre,  ils lui proposent de remplir  la procuration standard demandée habituellement pour divers motifs.
Au consulat, on affirme qu’aucune directive ou circulaire relative aux élections locales n’a été envoyée que ce soit par le ministère des affaires étrangères ou par le ministère de l’intérieur.
Mahfoudh Messaoudene envoie la procuration à ses proches en Algérie. Et surprise. Elle n’est pas valable. « Ca n’a aucun sens, je ne vais pas aller chercher les formulaires moi-même en Algérie », dit-il. « Au fond, le système ne veut pas nous laisser voter pour ne pas déranger sa clientèle », ajoute-t-il.
L’intensité de la joute électorale a fini par atteindre les Algériens  du Canada car même ceux qui sont partis restent concernés par la gestion directe des communes où vivent leurs familles et amis.

Par Samir Ben  Contactez moi

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Slimane Benaïssa, dramaturge : «Démonter la radicalisation par l’absurde»

novembre 20, 2017

Slimane Benaïssa a présenté la semaine dernière à Montréal  en première «mondiale» sa nouvelle pièce en français Trois jours avant l’heure, où il explore avec humour «les coulisses  logistiques et mentales de la préparation d’un attentat kamikaze». Il reviendra au TNA avec Babor Ghraq, du 26 novembre au 7 décembre. Entretien autour de cette radicalisation qui «n’est pas un art suprême découvert par des musulmans !»

Trois jours avant l’heure de Slimane Benaissa à Montréal – ph. Mohand Belmellat

La première de votre nouvelle pièce Trois jours avant l’heure a eu lieu à Montréal, pourquoi cette ville ?

La pièce est montée en Belgique. Elle est jouée la première fois à Montréal. C’est un sujet difficile et délicat. Faire une comédie sur deux kamikazes en pleine préparation d’attentat est un peu difficile pour faire admettre cela à un théâtre pour la monter.  Donc, nous l’avons fait avec nos propres moyens.  Et comme SN Production [basée à Montréal, NDLR] m’avait demandé de venir  au Canada avec un spectacle, je leur ai proposé de venir avec cette pièce (Trois jours avant l’heure).

Quelle difficulté ?

D’abord le théâtre en Europe manque d’argent. Et le sujet abordé est très difficile.  Pour pouvoir aborder ces problèmes-là, il faut être vraiment d’une culture religieuse et laïque profonde.  C’est l’association des deux qui permet qu’on peut jouer avec beaucoup de choses et les clarifier.

J’ai la chance d’avoir réellement cette double culture. Je peux le faire sans choquer les musulmans ou outrager l’islam, je peux quand même dire certaines vérités et les rendre accessibles pour ceux qui ne connaissent pas l’islam.

Tout ça en recourant à l’humour ?

L’humour est le dernier recours quand il ne reste plus rien. Et d’ailleurs, si nous nous ne rions pas de nous-mêmes, ce sont les autres qui vont rire de nous.

Et l’humour est la preuve la plus flagrante que nous sommes capables de dépasser le problème.  Et l’autre, on l’aidera. Sil rit avec nous, ça va l’aider à dépasser le problème. Pour être dans l’humour, il faut avoir la distance. Cette distance, en ce qui nous concerne, nous l’avons depuis la décennie noire.

Nous en avons avalé des sigles avant Daech. Notre «expérience» avec le terrorisme et avec un islam détourné et une religion fourvoyée, nous en connaissons un bout.

Et notre responsabilité est pour ces sociétés à l’heure actuelle est de dire les choses le plus correctement possible. Aucun imam ne peut me contredire là-dessus !

L’image du musulman est malmenée dans les médias, est-ce que votre pièce va améliorer les choses ou encore les empirer ?

La manière avec laquelle on parle des attentats dans les médias participe à  leur mystification. Il faut les démystifier  d’abord, les déconstruire. La radicalisation n’est pas un art suprême découvert par des musulmans de nos jours. Ce n’est qu’un principe ridicule qui utilise l’islam. Il y a eu de la radicalisation partout et de tout temps.

Le fascisme italien ne ressemble pas au fascisme allemand ou au japonais.  Il y a toujours eu des moments de radicalisation et d’extrémisme. Celui musulman n’est pas spécial en soi. Il repose sur le même principe en utilisant simplement l’argumentation et le Dieu des musulmans.

N’êtes-vous pas en train de trop comprendre le kamikaze, le rendre humain, presque sympathique  ?

C’est un risque, mais il faut le prendre. C’est une démonstration par l’absurde. Ce que je dis est simple. Supposons que l’un de ces deux jeunes kamikazes se pose des questions. Dès qu’on se pose des questions, l’attentat n’aura pas lieu.

Au fond, la radicalisation ne souffre pas de la question. Je suis mathématicien à la base, je raisonne par l’absurde. C’est un raisonnement scientifique. Le jeune qui pose des questions  réussit à mettre le doute dans la tête de l’autre qui était complètement convaincu. Et l’attentat n’a pas lieu. Le questionnement de l’un démonte le radicalisme de l’autre.

N’avez-vous pas peur d’un risque de polémique comme c’est arrivé à Ismaël Saïdi, l’auteur de la pièce Djihad ?

Je l’ai vue à Paris. L’auteur parle des jeunes qui veulent aller combattre en Syrie. Des jeunes qui ne connaissent rien à l’islam. De ce qui leur arrive sur leur itinéraire. Mais il n’y a pas de débat sur l’islam à l’intérieur. Il reste sur la forme. Ma pièce s’intéresse au fond.

La polémique est donc justifiée ?

En général, la polémique atteint toujours les œuvres faibles. Une œuvre qui se soutient ouvre un débat, un questionnement. Elle n’ouvre pas une polémique. Toute œuvre faible qui manque de quelque chose crée la polémique.

Trois jours avant l’heure de Slimane Benaissa à Montréal – ph. Mohand Belmellat

Le problème des jeunes radicalisés n’est-il pas identitaire à la base ?

A la base et systématiquement, ils ont une relation compliquée au père.  Dans nos sociétés, quand la relation au père se complique, celui qui le remplace c’est Dieu. Il se trouve que même Dieu peut rédempter le père. C’est ce qui se passe au niveau psychologique. La formule est une. Il n’y en a pas dix mille. Après tout déboule avec des variantes,  bien sûr.

Les problèmes identitaires prennent mille et une formes. Les hooligans ou les fascistes d’extrême droite ont aussi un problème identitaire. Ils cherchent une identité dans l’extrémisme par la pureté de la race, par la violence.  C’est du même gabarit. Ce n’est pas parce que c’est entouré d’islam que ça doit être spécial.

Mais dans les médias, on prétend que c’est culturel ?

Ils prétendent que c’est inévitablement lié à l’islam. C’est vrai qu’historiquement l’islam est une religion qui a été guerrière, a mené des guerres, développé la notion de martyr guerrier, la notion de mourir pour Dieu… mais tout ceci ne justifie pas qu’elle ne peut pas être une religion de paix en temps de paix.

Ce n’est pas parce que l’islam te dit comment faire la guerre qu’il faut la faire pour être musulman.

Il  faut des motifs à une guerre, qui la justifient.  Toute violence commence dans un pays non pas à partir d’une idéologie. Les peuples sentent qu’il y a une violence qui va se déclencher, ils trouvent une idéologie pour la justifier, soit en détestant les juifs comme les nazis, soit les musulmans ou autres.

Dans les sociétés où on a accumulé les contradictions les unes aux autres, il y a toujours une violence qui couve. Toute société crée son conflit. Elle avance à travers les conflits qu’elle crée à l’intérieur d’elle-même. Les sociétés arabes comme toutes les sociétés créent des conflits, mais elles ne leur donnent pas de réponse. Elles les laissent stagner longtemps. Ceci ne peut aboutir qu’à la violence. Il faut l’argumenter ! Et il se trouve que la religion le fournit.

Prenons les événements du  5 Octobre 1988 en Algérie. S’il y avait une idéologie républicaine de gauche dominante dans la société, on aurait fait la prise de la Bastille.

Vous abordez l’intégrisme en Occident, mais l’Algérie a été la première à souffrir de ses dérives terroristes…

J’ai commencé au Festival de théâtre d’Avignon avec Les fils de l’amertume. C’est une pièce sur l’intégrisme algérien.  Je suis le premier à en avoir parlé. Avec Marianne et le marabout en 1993, j’avais créé le premier intégriste des banlieues françaises. On m’avait dit que j’étais malade ! Là je voyais les choses venir.

A tel point que lors d’un débat sur une télévision française, animé par Franz-Olivier Giesbert, en présence, entre autres, de Salman Rushdi, j’avais dit que ce qui arrivait à l’Algérie n’est pas particulier à l’Algérie. Cela peut arriver n’importe où. Tout le monde m’a regardé de travers, sauf Salman Rushdi, qui leur avait dit «Benaïssa a raison !» Il comprenait les enjeux.

La vision théâtrale du dramaturge est complètement différente de celle du romancier ou du peintre. Je vois les conflits et comment ils se construisent.  Je ne m’intéresse pas à la vague qui est en surface, je m’intéresse aux courants qui sont en profondeur.
J’ai écrit aussi La dernière nuit d’un damné sur le 11 septembre. J’ai raisonné simplement : supposons que l’islam fabrique des kamikazes.

Comment va-t-il le faire ?

Oui, on nous dit que ce sont des types fabriqués par l’islam, mais en tant que musulman tu te poses la question : est-ce que c’est possible ou non ?  Alors tu commences par écrire la possibilité.

C’est une responsabilité qui nous incombe.  Il est évident que nous condamnons le terrorisme. Que reste-t-il à dire alors ? Il reste à mettre en lumière à quoi ça s’imbrique.  Et là, il faut être vrai…

Etes-vous en train de défendre l’islam ?

Pas du tout. C’est Camus qui disait qu’il faut bien nommer les choses. Si tu ne les nommes pas, tu te trompes, tu vas à la catastrophe. Dans une expérience physique, biologique, il faut déterminer exactement le virus pour lui trouver un remède. Je ne défends pas ces gens-là. Mon moteur c’est ma responsabilité de le dire. Je connais l’islam et je connais la modernité. Je parle en tant que témoin.

Pour le 50e anniversaire de votre carrière, vous êtes remonté sur scène avec Babor Ghraq, faites-vous du surplace ?

Ceux qui disent que je n’ai fait que Babor Ghraq ne connaissent simplement pas ce que j’ai fait ailleurs.
Il faut voir aussi comment Babor est d’actualité en Algérie. Combien elle a intéressé les jeunes.  Elle est à sa troisième génération et celle-ci est prête à la voir. Elle touche la génération de mon fils Khaled [qui avait 5 ans  à sa sortie en 1983, NDLR].  C’est une pièce qui a traversé les générations.

Nous l’avons présentée le Ramadhan dernier.  Nous allons la rejouer 20 soirs au TNA à partir du 26 novembre.

J’ai une dizaine de pièces écrites et en attente d’être montées.  Le problème maintenant est la qualité des acteurs.  Je ne peux pas faire moins que Babor Ghraq. Je ne peux et ne dois faire que plus.

J’ai pris la décision d’utiliser mes pièces comme outil de formation.  J’ai entamé un cycle de formation en Algérie. J’ai donné une master class à l’Ismas (ex- –INADC). La pièce est un bon prétexte pour former les jeunes acteurs. La décennie noire a créé une rupture et un creux entre notre génération et la nouvelle. Il n’y a pas de continuité. Il n’y a pas eu de transmission.

Ces actions de formation nous permettront de remettre les horloges à l’heure, de leur donner notre expérience et leur permettre d’avancer plus rapidement.

Donc, ce ne sont pas les projets qui manquent…

Je vais reprendre Au-delà du voile rak khouya wana chkoune. On me l’a demandé. J’ai adapté La visite de la vieille dame, du Suisse Friedrich Dürrenmatt.  J’ai écrit une pièce sur les harraga. Une pièce qui reste positive malgré la tragédie. Ces harraga montrent de hautes compétences en informatique pendant la préparation de leur départ qu’ils sont repérés par un employeur qui les recrute. Et ils abandonnent leur projet. Cette pièce est écrite, mais elle n’est pas montée.

Quelle pièce serait votre legs pour le théâtre algérien ?

Je crois qu’il y  a suffisamment d’unités dans mon travail, que ce soit en français ou en arabe.  Les gens peuvent entrer dans mon œuvre par différentes portes. Il y a ceux qui ont connu Prophètes sans dieu et qui vont s’intéresser à autre chose. Il y a ceux qui ont connu Babor Ghrak, Les fils de l’amertume… il se trouve que dans mon métier, j’ai une grande chance de ne pas avoir complètement raté ce que j’ai fait. Tout ce que j’ai présenté au public a fonctionné admirablement.

Y a-t-il une pièce que vous ayez toujours voulu écrire et monter, mais qui ne l’a jamais été ?

Oui, une pièce que je n’ai pas encore réussi à concrétiser.  C’est de faire rencontrer Sartre, Kateb Yacine et Camus pendant la guerre de

Libération. Je me pose la question de savoir si ces trois hommes s’étaient rencontrés, est-ce que la guerre de Libération n’aurait pas pris un autre sens ?  Ils ne se sont jamais rencontrés.

Camus et Sartre étaient en dispute et séparés. Kateb Yacine a refusé de rencontrer Camus et ne connaissait pas Sartre.  On a là les trois grands points de vue sur la guerre de Libération.

Il se trouve que Sartre utilisait la guerre d’Algérie pour améliorer la démocratie française à l’intérieur. Il était plus contre de Gaulle que pour ou contre les Algériens.

Kateb Yacine s’est inscrit dans le combat du FLN. Il a donné au peuple algérien une dimension ancestrale et réelle.

Camus, lui, avait un lien charnel à la terre d’Algérie. Il affirme qu’il a droit à ce pays parce que son corps y est inscrit. Il a tenté d’allier les Algériens et les pieds-noirs.

Ceci dit, on ne peut pas demander des comptes à nos martyrs et à nos moudjahidine. Mais comme la génération qui vient après, nous devons nous dire est-ce que cette guerre telle qu’ils l’ont faite est la plus juste ? La cause est réellement juste, c’est ma terre, je la reprends. Maintenant, est-ce que la démarche a été la plus juste de notre côté ? C’est notre légitime interrogation. Pourquoi ? Parce que notre indépendance dépend de la réponse à cette question.

Il ne s’agit pas de faire une guerre de Libération et de se considérer indépendants juridiquement pour que tous les problèmes liés à l’indépendance soient réglés, Si on ne continue pas à nous interroger, s’il y a eu vraiment un million et demi de morts, est-ce que le départ de tous les pieds-noirs et des juifs était juste ? où sont les erreurs ? Si on reste dans l’image de tout est bien, tout est parfait… ils vont continuer à nous écraser.

Pour revenir à votre passage à Montréal, est-ce qu’il y a une différence entre le public de la diaspora algérienne en Europe et ici au Canada ?

Ici, au Canada et au Québec, le public algérien est beaucoup plus détendu ! Il est très loin de tout le poids qui nous a poussés à l’exil.
Quand tu es exilé en France, tu as déjà une partie des raisons de ton départ qui te pèse encore sur le dos. Tu es trop mêlé pour te positionner dans une intégration qui ne rejette pas les tiens et qui te fait accepter totalement les autres. Quand on n’a pas cette possibilité, on est désintégré à l’intérieur, donc incapables de s’intégrer à quoi que ce soit.

Déjà en Belgique, je me sens plus à l’aise. En Suisse, je me sens beaucoup plus à l’aise. Mais en France, il y a ce problème. Un véritable problème et auquel il faut répondre. Mais les nôtres répondent mal et les Français répondent encore plus mal, chacun à sa manière.

Votre pièce est en français, que donnerait l’expérience en arabe ?

Pour les spectateurs algériens qui seront présents ce mercredi [aujourd’hui, NDLR], au bout de cinq minutes, ils vont l’entendre en arabe !  Avec ma pièce Les fils de l’amertume montée en 1994 en France, le meilleur compliment que j’aie eu venait d’un spectateur qui m’avait dit : «M. Benaïssa, je vous jure qu’au bout de cinq minutes, je vous écouterai en arabe !»

Vous avez parlé de la traduction de vos œuvres en tamazight ?

Cela a été fait. Babor Ghraq a été traduite en mozabite, en kabyle. Je me bats aussi pour les publier en arabe dialectal. Le problème est que cette langue n’est pas codifiée. Ce n’est pas comme l’arabe classique que tu écris et que tu donnes à un correcteur et c’est terminé.  Pour publier mes textes en arabe dialectal, il faut qu’il y ait une codification.

Cette dernière n’existant pas, je dois la réfléchir. Il y a un projet dans ce sens avec la Télévision algérienne, car les textes seront publiés avec des DVD des pièces enregistrées.

Par Samir Ben  Contactez moi

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Lancement de la jeune chambre de commerce algérienne au Canada

novembre 15, 2017

La deuxième génération des Algériens du Canada s’organise et mise sur  la coopération entre les deux pays.

Amine Salah, Ikram Mecheri et Mehdi Houhou. Membres fondateurs de la JCCAC. photo. Karim Ouadia

 Trois jeunes algériens du pays de la feuille d’érable ne dépassant pas la trentaine lancent ce jeudi à Montréal la Jeune chambre de commerce algérienne au Canada (JCCAC).
« Nous avons trois axes stratégiques. Le premier est de rassembler les jeunes entrepreneurs de la communauté algérienne du Canada ou autres [les moins de 40 ans, NDLR]. Le deuxième est de les informer de tout ce qui est formation et autres services offerts aux entreprises établies ou en lancement.  Et en dernier lieu, et pas des moindres, de participer à des projets concrets », explique Amine Salah le président de la Jeune chambre de commerce.
«Une chambre de commerce est un outil à l’image de ce qu’en feront ses membres », ajoute Amine Salah qui est analyste en stratégie et intelligence des affaires chez la compagnie CGI.
Ce dernier a fondé la JCCAC avec deux autres jeunes algériens du Canada.  Ikram Mecheri qui assure la vice-présidence exécutive est une analyste risque chez Bombardier. Mehdi Houhou, le directeur général est analyste financier chez la Caisse Desjardins.
Économiquement, le moment est bien choisi pour lancer cette initiative puisqu’au Québec et partout dans le monde il y a beaucoup d’incitatifs au lancement des start-ups que ce soit en subventions ou en accompagnement.  « Montréal se veut la ville des start-ups », ajoute Amine Salah.
Quid des membres ? « La chambre est ouverte à tous ceux et celles qui ont à cœur le développement économique. Qu’ils soient salariés ou entrepreneure », répond-t-il.
Il insiste sur les bénéfices que peuvent tirer les entreprises qui adhèrent à la JCCAC. « Notre partenariat avec Entrepreneuriat Québec [un organisme d’aide aux entreprises, NDLR] donnera un accès privilégié pour notre communauté, ici et en Algérie, à des formations destinées au monde de l’entreprise ».
Les liens avec l’Algérie se noueront à travers INICIA Networking  (un réseau de jeunes compétences locales et issues de la diaspora) ainsi que le Forum des chefs d’entreprises (FCE). Des discussions sont en cours avec Injaz El Djazair. «Nous sommes ouverts à travailler avec d’autres associations », rassure Amine Salah.
«  On veut bâtir des ponts entre les gens d’affaires et entre l’Algérie et le Canada. Nous allons construire la partie du pont vers l’Algérie. L’autre partie du pont sera construite par les Algériens d’Algérie», ajoute-t-il.
A noter que près de 150 000 Algériens vivent au Canada dont le tiers de la deuxième génération. Le volume des échanges entre l’Algérie et le Canada a été de 2,37 milliards en 2016. En 2016, l’Algérie était le premier partenaire commercial du Canada en Afrique, et le 32e partenaire commercial du Canada dans le monde.

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Montréal : Des icônes de la chanson algérienne « réunies » sur scène

novembre 4, 2017

Un orchestre montréalais revisitera les grands classiques de la chanson maghrébine à l’occasion du Festival du monde arabe.

Ce ne sera pas par une quelconque prouesse technologique  hologramme, que seront réunies ce dimanche soir à Montréal  plusieurs icones  de la chanson algérienne et maghrébine.  Ce sera  à travers un orchestre montréalais  qui rappelle la formation El Gusto qui réunit des musiciens musulmans et juifs d’Algérie et du Maghreb qui a fait l’objet d’un film il y a quelques années.

Lili Boniche (Alger Alger), Line Monty (Ana Louliya), El Hasnaoui (Aruah Aruah, Ya Noudjoum Ellil), Reinette l’Oranaise (Nhabbek NHabbek), Salim Hallali, Fadila Dziria et Samy El Maghribi, entre autres, seront au centre de l’hommage à  « ces artistes intemporels, immortels,  qui ont marqué l’âge d’or d’un patrimoine musical algérien et maghrébin pluriel ».

intitulé Les immortels le concert rendra hommage à ces symboles de la musique arabo-anadalouse et berbère.

« Déjà en 2015 à l’occasion de l’hommage à Salim Halali, le concept était là. J’avais en tête l’idée qu’il y avait des artistes algériens  de culture juive  qui ont tellement donné au patrimoine algérien mais malheureusement qu’om ne revendique pas assez.  C’est au Québec qu’on s’en aperçoit en côtoyant les Marocains, par exemple. Pendant longtemps Salim Halali a été présenté comme Marocain, ce qui ne me pose absolument aucun problème. Ses soirées mythiques au cabaret Le Coq d’Or de Casablanca témoigne que le Maroc l’a accueilli à bras ouverts. Ceci dit il n’en demeure pas moins que Salim Hallali est un natif de Souk Ahras (Algérie). Il devrait être aussi une fierté algérienne! » , explique Sara Nace  de SN Production qui co-produit la soirée avec le Festival du monde arabe de Montréal.

« Toutes les chansons de Halali, par exemple, sont chantées dans les mariages en Algérie. Tout ce patrimoine est repris mais personne ne le revendique! », souligne la productrice. « Cette musique est d’une symbolique très forte. Elle est le reflet d’une identité maghrébine plurielle et notamment algérienne plurielle »

« La génération de nos parent sait par exemple que derrière telle ou telle chanson il y a Lili Boniche ou Reinette l’Oranaise mais la jeune génération le sait moins ou l’ignore carrément. Une génération qui a grandi dans une Algérie qui n’est pas ouverte et qui ne s’est pas encore réconciliée avec son identité. Une génération qui quand elle découvre cette part de notre patrimoine se rend compte de l’étendu du déni culturel! », ajoute la jeune productrice.

« Que ce soit Cheikh El Hasnaoui qui chantait en berbère (kabyle), Fadila Dzirya  en arabe algérois ou les autres, tous ces artistes se mêlaient les uns aux autres. Nous appartenons à une terre qui a autant donné au patrimoine musulman, juif que chrétien –  avec Saint Augustin, par exemple ». explique celle qui vit à Montréal, ville cosmopolite où se rencontrent toutes les cultures du monde.

Le programme de la soirée ravira les fans de cette époque et les curieux.  « Le chef d’orchestre est libre. C’est important qu’il y ait une confiance entre lui et le producteur. Bien sûr, il faut s’entendre sur le programme mais c’est lui l’artiste », explique Sara Nacer qui promet qu’« on écoutera des chansons de tous ces artistes le long de la soirée. Pour certains, ce sera deux chanson et pour d’autres trois. Il y a aussi des chansons qui ont été interprétées par plusieurs. On aura évidemment, El Bellaredj et Wahrane El Bahia ! ». Ces deux chansons étant un coup de cœur de la productrice.

« Salim Halali était pour moi la porte d’entrée sur toutes ces icônes de la chanson algérienne et maghrébine.  A travers El Bellaredj chantée par Fadila Dziria j’ai eu accès à une autre icône de la variété algérienne René Perez » , se rappelle celle qui a fait appel comme en 2015 à Henry Abittan pour former l’orchestre qui sera sur scène dimanche.  Ce dernier a été aussi chef d’orchestre lors du mémorable hommage à Salim Halali. Né à Casablanca où il a connu Salim Hallali et ses soirée mythiques, Henry Abittan perpétue la tradition sur les rives sur Saint-Laurent. On se rappelle aussi de sa performance avec Hamdi Bennani  lors du passage de ce dernier en 2010 à Montréal.

On reconnaîtra aussi dans l’orchestre, Salim Bouzidi l’un des membres fondateurs des Amis de la musique andalouse de Montréal (AMAM) et Maurice Malka, l’un des premiers percussionnistes (drabki)  arrivés à Montréal où il a joué avec Salim Hallali et Line Monty.

SN production a une longue histoire avec les immortels. En juin dernier à Montréal, la même équipe organisait un hommage tout en littérature à une autre immortelle, Assia Djebar.

Ce dimanche, place à la musique.

 

Plus :

http://festivalarabe.com/evenement/les-immortels/

Cinquième Salle, Place Des Arts – Montréal.

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