Musique : Quand Fairouz chante Fairouz

La soprano Fairouz Oudjida donnera un concert ce samedi à Montréal dans le cadre du festival du monde arabe. Elle revisitera le répertoire de la diva libanaise Fairouz.

S’attaquer au répertoire de la grande diva libanaise Fairouz, née Nouhad Haddad, demande du courage et de l’audace. Car on n’a pas droit à l’erreur quand on chante devant un public montréalais de connaisseurs.

La soprano algérienne Fairouz Oudjida n’a pas peur des défis. Mais est-ce vraiment un défi que de chanter Fairouz pour celle qui a été bercée par les chants de la diva libanaise, toute son enfance passée dans la ville pétrolifère de Hassi Messaoud où travaillait son père.

« Fairouz m’a accompagnée depuis que j’étais enfant à Hassi Messaoud dans le sud algérien. Mes parents étaient amoureux de la musique orientale. Quand je sortais de l’école, je mettais son disque et je suivais les paroles sur la jaquette.  C’était mon passe-temps.  Son nom était comme le mien écrit en arabe sur les cassettes ou les vinyls, tout cela créait une relation particulière entre elle et moi », explique Fairouz Oudjida dont l’intérêt pour Fairouz a débuté vers l’âge de 8 ans.

« J’ai commencé très jeune à l’écouter avec beaucoup d’intérêt. Cette chanteuse m’habitait. Elle m’inspire depuis  toutes ces années. Son univers était proche du mien du moins j’arrivais à entrer dans le sien à travers la chanson », ajoute celle dont le prénom choisi par sa grand-mère paternelle a été très déterminant sur ses goûts et intérêts musicaux.

« Quand je suis née, ma grand-mère paternelle avait demandé à ma maman si elle pouvait me donner le prénom de Fairouz parce qu’elle adorait la diva et elle espérait qu’un jour je chanterais comme elle. C’est une histoire que je raconte souvent que c’est devenu banal pour moi mais au fond ça n’a jamais été banal. C’était prémonitoire. Mon prénom a été déterminant sur ma vie! », nous dit-elle.

 

Fairouz se chante, elle ne s’imite pas

 

Sara Nacer, directrice de SN production rappelle que le projet date depuis environ deux ans. « Fairouz traine ce projet depuis longtemps.  Elle est tellement respectueuse de son art qu’elle ne s’est jamais donné la permission de mener à terme ce projet que le jour où elle serait prête.  Nous parlons de ce projet depuis deux ans au minimum », explique celle qui est la productrice du concert en co-diffusion avec le festival du monde arabe de Montréal

L’histoire de Fairouz avec Fairouz ne s’arrête pas à son enfance. « J’ai toujours chanté pour mes proches Habaytak, Irdja3 ya alfa laila. Ses chansons collaient à ma voix.  En 2007, je suis partie à Milan où je représentait l’Algérie avec deux chansons (Alayki minni salam et Ssendu) .  A ce moment là, j’ai transcrit musicalement Habaytek avec l’aide d’une amie japonaise qui m’avait déjà aidé pour Ssendu. Donc  grâce à elle j’avais une partition  pour piano et voix utiles pour ceux qui m’accompagnent ».

Les Libanais qui l’écoutent reprendre les grands classiques de leur diva sont impressionnés et émerveillés. « Fairouz se chante, elle ne s’imite pas », nous dit-elle pour se parer de toute critique de fan inconditionnel de Fairouz.

« Sa musique m’emporte, m’inspire, elle me parle. Le raffinement et la délicatesse de sa musique. Bien qu’elle ait beaucoup de vigueur sur scène, malgré son charisme, elle me touche particulièrement avec ses chansons d’amour. Ses chansons ont une touche classique que j’aime beaucoup. Elle réussit une belle balance et une harmonie dans le mélange oriental-occidental» rajoute Fairouz qu’on  ne peut arrêter quand elle commence à parler de la diva libanaise.

Avec as voix de soprano, Fairouz Oudjida peut-elle rendre, sur scène, la voix de Fairouz? « J’ai un timbre de voix soprano. Et comme elle a une voix mezzo-soprano, je  peux changer de tonalité. J’ai été Soprano puis mezzo et maintenant soprano. L’essentiel que la voix soit à l’aise », explique-t-elle.

Elle sera accompagnée d’un orchestre dirigé par le pianiste Mouayad Khaldi. « Il travaille avec moi depuis 2010, année de mon arrivée au Canada. Il est d’origine syrienne. Il a fait comme moi l’école russe! », nous dit celle qui rêve de « porter Fairouz chante Fairouz à l’Opéra d’Alger ».

Si certains naissent avec une cuillère en argent dans la bouche, Fairouz est née, sans aucun doute, avec une voix en or que les Montréalais pourraient écouter ce samedi lors du concert qui se donnera à guichets fermés.

 

Plus de détails : http://festivalarabe.com/evenement/fairouz-chante-fairouz/

 

Par Samir Ben  Contactez moi

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