Japon : Hommage à Hasni à Tokyo

Au Bar Bonobo à Shibuya, quartier branché de Tokyo, l’ambiance était à la musique rai dimanche dernier. Quelques 70 personnes ont répondu à l’invitation de Toufik Ouamria et sa femme Natsue pour rendre hommage à l’icône du rai Hasni tombé sous les balles assassines d’un islamiste il y a 23 ans, un certain jeudi 29 septembre 1994 plus précisément.

Des Japonais curieux et ouverts sur les musiques du monde ou des Algériens issus de la petite communauté d’environ 400 âmes du pays du soleil levant.

Le couple algéro-nippon n’est pas à son premier événement consacré à Hasni. Depuis 7 ans, Toufik, gérant de restaurant et Natsue employée dans l’industrie de la musique, ne ratent pour rien au monde aucun anniversaire de la mort de Hasni. Le nombreux public a ému Toufik car habituellement l’affluence est un peu plus modeste.

L’année dernière, il a eu même droit à une visite surprise de l’ambassadeur d’Algérie au Japon. Compréhensible quand on sait que le Constantinois de Sidi Mabrouk (Le bosquet) a un statut de quasi-ambassadeur de la musique algérienne à Tokyo. Toutes les stars algériennes qui passent par la capitale japonaise font un saut chez lui. Le blogue de sa femme Natsue sur la culture algérienne est devenu un incontournable pour tout japonais qui s’intéresse à l’Algérie (https://blogs.yahoo.co.jp/natsuex).

« Hasni représentait l’espoir. C’était un vrai homme, un patriote. A l’annonce de son assassinat, je ne voulais pas le croire. Après le choc, plus rien n’a été comme avant pour moi. Le bon rai était fini… », nous dit Toufik, 43 ans, toujours inconsolable, plus de deux décades, après la mort de son idole.

Le chanteur a une influence particulière sur Toufik au point où il a donné le nom de Hasna à l’une de ses deux filles. Sa relation avec sa femme a commencé autour d’une discussion sur Hasni à Séoul en Corée du Sud où il a vécu un moment.

Matoub en japonais

Natsue Ouamria a plus d’une corde à son arc. Elle a étudié la musique en Europe dont la France où elle a découvert le rai et la musique algérienne. En plus de son érudition en ce domaine, elle est une bonne organisatrice d’événements. Le passage de Chikha Rimitti au Tokyo Summer Festival en 2004 s’est fait grâce à elle.

L’une des réalisations dont elle est très fière est d’avoir publié dans un magazine japonais de musique du monde quelques traductions de textes de Lounes Matoub avec l’aide de son mari Toufik.

De loin, il n’est pas évident de voir que les Japonais sont ouverts sur les rythmes du monde. Mais cette perception se trouve chamboulée quand on découvre que même des albums du chanteur chaoui Kamel El Galmi trouvent des acheteurs au Japon!

Par Samir Ben  Contactez moi

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copyright – 2012-2017 – Samir Ben

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