Claude Courtemanche. président du Conseil de développement Canada-Algérie (CDCA) «Les Canadiens sont beaucoup plus impatients que les Algériens face à la bureaucratie»

Rencontré en marge de la mission du Forum des chefs d’entreprise au Canada, organisée la semaine dernière avec le CDCA, Claude Courtemanche décode dans cet entretien le fonctionnement des milieux d’affaires entre les deux pays dont le volume d’échanges, principalement les hydrocarbures, s’est élevé 2,4 milliards de dollars canadiens, selon les dernières statistiques.

Quel bilan faites-vous de cette rencontre ? Avez-vous atteint vos objectifs ?

Ceci est notre première mission et il est trop tôt pour faire un bilan. La mission s’est bien déroulée avec un programme riche et varié. Nous avons encore du travail à faire, et c’est pour cela que nous avons signé un mémorandum d’entente entre le FCE et le CDCA.

Nous devons travailler en étroite collaboration pour encourager un maximum d’échanges et arriver à un partenariat économique d’entreprises entre les deux pays. Nous avons réussi, tant à Ottawa qu’à Montréal, à transmettre le message qu’il y a une volonté réelle des gens d’affaires qui non seulement sont prêts à devenir des partenaires, mais veulent collectivement contribuer à l’essor de leur pays. De plus, j’ose même dire que ce message est passé dans le reste du Canada via le forum national du «Canadian Arab Business Council» à Ottawa. L’Algérie y était le pays d’honneur et le ministre canadien du Commerce international a rencontré personnellement la délégation du FCE et à sa tête Ali Haddad .

 

Dans la présentation du CDCA, vous affirmez qu’il n’est pas nécessairement facile pour un canadien de décoder le fonctionnement des affaires en Algérie ? Pouvez-vous nous donner quelques exemples de ces «différences culturelles» ?
Ce qui vient à l’esprit, c’est d’abord l’attitude vis-à-vis de l’environnement juridique. Les Canadiens sont beaucoup plus impatients que les Algériens à l’égard de la bureaucratie. Il faut que les règles du jeu soient simples, claires et ne changent pas d’un jour à l’autre. Ils sont aussi habitués à trouver près d’eux et rapidement les produits et services dont ils ont besoin, ce qui n’est pas toujours le cas en Algérie.
Il faut donc qu’ils apprennent les vertus de la patience et de la persévérance, tout en tenant bon sur les critères d’efficacité et de productivité que l’on trouve dans l’ADN des pays froids comme le Canada.

Ceci étant dit, nous avons aussi de belles ressemblances dont je peux témoigner suite à la mission. Nous nous entendons bien en tant qu’individus et c’est très important dans les affaires. Nous sommes de part et d’autre des gens simples, allant directement aux choses, avec un bon sens de l’humour. Nous partageons en plus une langue de travail, le français, mais un français bien branché sur la réalité d’affaires anglo-saxonne de l’Amérique du Nord.

Est-ce que la règle du 51/49 peut constituer un frein pour les gens d’affaires canadiens ?

Nous comprenons le contexte et nous saisissons bien l’esprit de la règle. Il faut tout de même que les investissements étrangers contribuent sur le long terme à l’essor du pays et au bien-être des Algériens.

On doit cependant être conscient des réalités. Attirer des investissements est un «business» très compétitif, avec quelque deux cents pays, incluant le Canada, sur le marché. Et un très grand nombre d’entre eux n’ont pas ce type d’exigence. Peut-être qu’il y aurait lieu d’examiner d’autres options, telles des critères au niveau du «contenu» algérien des activités de l’investisseur étranger. D’autres pays ont pris cette voie.

Je tiens à ajouter que nous sommes de ceux qui disent haut et fort qu’il faut un partenaire algérien qui comprenne bien le contexte local pour s’aventurer en affaires dans votre pays. C’est pour cela qu’on stimule les rencontres entre gens d’affaires.

Hors hydrocarbures, quels seraient les secteurs qui pourraient être intéressants pour les gens d’affaires des deux pays ?

On peut déceler à première vue des secteurs tels les techniques de construction, l’agroalimentaire, le pharmaceutique, la sécurité alimentaire, les technologies de l’informatique, la sécurité, etc. Mais c’est d’abord et avant tout l’exercice de «match-making» des entreprises des deux pays qui nous en dira plus.

On verra peut-être un partenariat idéal dans un secteur différent. Je préférerais qu’on en reparle un peu plus tard dans l’année lorsque le FCE et le CDCA auront fait leur devoir d’identification des candidats partenaires. Un gros travail nous attend, et c’est là que nous verrons si nous sommes à la hauteur des attentes créées suite à cette très agréable visite du FCE.

Par Samir Ben  Contactez moi

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