Mohamed Lachemi, recteur de l’Université Ryerson : Des bourses pour étudiants algériens brillants..

A la tête de l’université Ryerson (Toronto, Canada), avec ses 43 000 étudiants, en plus de ceux inscrits en formation continue, Mohamed Lachemi, ancien brillant diplômé en génie civil de l’université des sciences et de la technologie d’Oran (USTO), estime, dans cet entretien accordé à El Watan Etudiant, que l’université algérienne devrait accorder plus de place à la mise en pratique et à l’application des notions théoriques que l’étudiant apprend en classe. Il se dit également prêt à accueillir des étudiants algériens brillants, qui pourront bénéficier de bourses dans son université. M. Lachemi était à Alger cette semaine dans le cadre d’un forum sur la diaspora algérienne au Canada, où il devait parler de partenariat entre son université et les universités algériennes.

mohamed_lachemi

Vous venez d’être installé à la tête de l’université canadienne Ryerson. Pouvez-vous la présenter ?

Notre université compte maintenant environ 43 000 étudiants réguliers. Nous avons plusieurs programmes qui sont enseignés dans sept facultés (sciences, communication, ingénierie, architecture…). Nous favorisons l’entrepreneurship et l’innovation. La plus grande étant l’incubateur, où les étudiants peuvent créer leur propre emploi pendant leur formation. Ils y apprennent à être entrepreneurs et à prendre des risques.

Cet incubateur, appelé Digital Media Zone (DMZ), est l’un des plus grands en Amérique du Nord, il comprend 10 zones d’innovation (biomédical, énergies, design…) où les étudiants venant de différents départements peuvent collaborer entre eux. Ils mettent ensemble leurs idées et forment des compagnies qui contribuent à la société.

Donc, c’est une université qui prépare au monde du travail seulement ?

Oui, mais pas seulement, il y a beaucoup de programmes qui sont accrédités par des agences d’aide à la création d’entreprises et ça prépare bien les étudiants à l’emploi. L’étudiant doit y participer, donc la réflexion est au cœur de cette démarche. On peut faire les deux.

Vous connaissez les deux systèmes universitaires. Quelles différences y a-t-il entre les universités algériennes et canadiennes ?

Je pense qu’au niveau des universités algériennes, il y a un très bon travail qui se fait sur le côté théorique. Ce qui manque, sans jouer au donneur de leçons, c’est la liaison entre la théorie et l’aspect pratico-pratique. Au Canada, les universités sont fortes dans ce domaine. L’étudiant a toujours une idée avancée sur les applications pratiques de ce qu’on lui enseigne en classe ou dans le laboratoire. Bien sûr, l’aspect théorique est important mais il faudrait toujours voir son application.

Avez-vous été sollicité par l’Algérie pour d’éventuels partenariats avec votre université ?

J’ai été plus sollicité par des individus au niveau des universités algériennes et j’ai toujours répondu positivement. Je pense que c’est important pour n’importe quel Algérien d’aider son pays et d’aider les gens qui y sont.

J’ai une dette envers l’Algérie. J’ai encadré dans le passé et j’encadre des étudiants algériens, que ce soit à Sherbrooke ou à Ryerson. Depuis l’annonce de ma nomination, je reçois encore plus d’emails d’universitaires algériens. Ma présence au forum de la diaspora algérienne du Canada à Alger peut être un bon début. J’espère pouvoir développer des partenariats avec les universités algériennes.

Etes-vous intéressé par le recrutement d’étudiants algériens dans votre université ?

Bien sûr. Il y a des possibilités pour les étudiants brillants d’avoir des bourses ici. Il faut le mentionner et en tenir compte. Je serais très heureux d’aider des gens qui sont en train de réfléchir à une formation à l’étranger.

Que doivent-ils faire ?

Dans les universités canadiennes, le processus est toujours le même, il faut faire une demande. Une bonne moyenne et une maîtrise de l’anglais sont nécessaires. Il y a plus de possibilités dans le Canada anglais qu’au Québec.

Quels conseil pourriez-vous donner aux étudiants algériens ?

S’il y a un conseil que je donnerais à un étudiant qu’il soit à Ryerson ou en Algérie, c’est le travail acharné. Pour les étudiants algériens qui veulent étudier au Canada, je leur dis de ne pas laisser l’anglais devenir un obstacle. On peut apprendre l’anglais.

Quand je suis venu au Canada, je ne parlais pas un seul mot d’anglais. Je l’ai appris par moi-même, je ne suis jamais allé dans une école pour l’apprendre. C’est un conseil que je donne. C’est une réalité maintenant, surtout dans le domaine scientifique.

La langue qui peut aider les gens à avancer, c’est l’anglais. Je parle bien du domaine scientifique, je ne parle pas du côté linguistique. Nous avons des collaborations avec des instituts français où je donne des conférences en anglais à leur demande. Les jeunes Algériens ont une capacité énorme à apprendre les langues.

Bio express :

Né en 1962 à Bordj Bounaâma dans la wilaya de Tissemsilt, Mohamed Lachemi obtient son baccalauréat série mathématiques à Relizane. Après une année de tronc commun à Tiaret, il passe quatre ans à l’université des sciences et de la technologie d’Oran (USTO). Au bout d’un parcours exceptionnel, il décroche un ingéniorat en génie civil en 1986.

Ce brillant étudiant bénéficie d’une bourse d’étude de l’Etat algérien qui lui permet de s’inscrire à l’université de Sherbrooke (Canada) où il décroche un doctorat en génie civil. Il entame en 1993 une carrière de chercheur au sein du centre d’excellence sur le béton de la même université.

En 1998, il est recruté par l’université Ryerson comme professeur au département de génie civil qu’il finit par diriger. Avec des centaines de publications dans son domaine et des collaborations avec plusieurs universités et centres de recherche dans le monde, la carrière de Mohamed Lachemi culmine avec son installation, la semaine dernière, à la tête de l’université Ryerson, dont il devient le 9e recteur depuis sa fondation en 1948.

Par Samir Ben  Contactez moi

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Une réponse à Mohamed Lachemi, recteur de l’Université Ryerson : Des bourses pour étudiants algériens brillants..

  1. Kais dit :

    Tout en felicitant le Professeur pour sa promotion, il y a deux points qui me derangent:
    – Un doctorat au Canada au frais des contribuables Algeriens et puis on se tirent! a ma connaissance aucun jour enseigne dans une universite Algerienne,
    – Comment un recteur peut il seul prendre la decision d’aider un pays ou un autre (en l’occurence l’Algerie cette fois ci!!) sans se refairer a l’assemblee/board de cette universite? est ce si facile que ca au Canada? je ne le pense pas.

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