Maïr Verthuy (Université Concordia) : « Assia Djebar était trop intelligente pour les hommes »

mai 25, 2016

Maïr Verthuy a été pendant longtemps professeure au département d’études françaises à l’université Concordia (Montréal, Canada). Elle y a co-fondé, en 1978, l’institut Simone de Beauvoir dont elle a été la première directrice. Elle a introduit la littérature de femmes, francophones, dans le cursus de son département. Parmi ces auteures Assia Djebar qui recevra en 2002 un doctorat honoris causa de la même université. Entre temps, elles sont devenues de grandes amies. Parler de Assia Djebar avec Mair Verthuy installe une telle proximité avec l’auteure algérienne qu’on se surprend à l’évoquer, tout simplement, par son prénom Assia. Maïr (Marie en Gallois) Verthuy nous dévoile un peu de la Assia qu’elle a connue.

 MairVerthuy

Comment s’est faite votre rencontre avec Assia Djebar ?

J’étais professeure de français à l’université Concordia. J’y ai enseigné d’abord l’histoire de la  littérature française.  Et comme il n’y avait pas de femmes au programme, la première des choses que j’ai faites a été, évidemment, d’enlever quelques hommes et de mettre des femmes à leurs places. C’était vers la fin des années 1960 bien avant la création de l’institut Simone de Beauvoir en 1978. Il y avait des femmes qui écrivaient mais leur public était réduit. Je parle du Québec et de la France qui étaient très en retard par rapport à la Grande-Bretagne d’où je venais.

J’ai découvert Assia Djebar chez Julliard. Ces premiers livres sont émouvants. On y voit que pour ces jeunes filles, la liberté c’est la France mais elles ne sont pas françaises. Elles sont déchirées dans les premiers romans. Pour elles, il était hors de question de se faire françaises pour être libres. Bref, je suis tombé complètement amoureuse de ce qu’elle faisait. Après, je l’ai introduite dans les programmes à Concordia.

 

Et la rencontre ?

Dans les années 1970 elle publiait de plus en plus. Je lisais tout. J’avais l’idée de la faire venir au Canada mais je ne savais pas comment le faire. Comme j’étais la seule femme au département d’études françaises, tous mes collègues ne me portaient pas dans leur cœur d’autant plus que je n’étais pas timide et modeste  comme devaient l’être les femmes à l’époque.  J’ai réussi à l’inviter à un colloque à Ottawa en 1982. Comme c’était financé par l’ambassade de France au Canada, il fallait convaincre l’ambassadeur qui ne la connaissait pas! Depuis, nous sommes devenues de très bonnes amies.

 

Grâce à vous Assia Djebar est enseignée en Amérique du Nord…

 

Je n’aime pas ce « grâce à vous ». Elle est certainement enseignée au Canada à cause de moi mais elle a, quand même, fait la connaissance ensuite de chercheuses américaines. J’ai été la première mais pas « grâce à moi ».

J’avais deux ou trois étudiantes américaines ainsi que des étudiants français qui repartaient avec une connaissance de Assia Djebar. Pas de miracle!

 

Assia Djebar a été connue en Amérique du Nord avant la France…

 Et encore! Vous savez, quand Julliard a dû fermer boutique, on ne trouvait pas les livres de Assia Djebar en France. Je ne les achetais pas en France. Je les commandais aux autres maisons d’édition ou à Alger. A l’époque si vous entriez dans une bibliothèque et vous demandiez un des ses livres, on vous prenait pour un fou !

Plus tard, il y avait des colloques à son sujet un peu partout dans le monde (peut être pas en France!). La Belgique lui a donné un doctorat honoris causa puis Concordia, entre autres.

Tout à coup, des Français ont commencé à comprendre qu’elle était célèbre partout ailleurs.

 

Comment s’est passée son entrée à l’académie française ? 

Ca m’avait étonnée d’abord. Parce qu’il fallait les voir tous et demander qu’ils votent pour vous. J’ai été étonnée qu’Assia ait été capable de cela. Elle m’avait dit qu’elle avait beaucoup souffert et que sa fierté en prenait un coup. En même temps, c’était important pour elle en tant qu’Algérienne en tant que femme arabe, berbère etc. d’être à l’académie française pour montrer que c’était faisable. Elle l’a fait  en tant que femme arabe. Elle a fait venir sa robe d’Alger. Elle a acheté le genre d’épée qu’il faut avoir d’Algérie aussi.

 

La revanche de la colonisée ?

Je pense qu’il y a eu un peu de cela. Reste à savoir si c’était conscient ou inconscient. Je ne pense pas qu’elle ait fait ça consciemment mais je pense qu’elle a été vraiment animée par cela, au moins en partie. Parce qu’en fait, avant la cérémonie d’entrée à l’académie française, elle avait organisé une cérémonie à l’institut du monde arabe où elle avait montré comment elle allait être habillée et l’épée qu’elle allait utiliser. Une façon à elle de dire : vous voyez, j’y vais  mais je ne suis pas française.

 

Comment a-t-elle vécu l’expérience du Nobel non obtenu ?

C’est honteux qu’elle ne l’ait pas obtenu. Personne n’a écrit mieux que Assia Djebar sur l’Afrique du Nord et sur une longue période. Il y a eu des auteurs français comme Fromentin qui ont décrit ce nouveau pays mais il n’y avait pas d’arabes du tout.  Un des livres de Assia Djebar s’ouvre sur l’invasion française et le traitement des autochtones par les Français – Assia était historienne, il ne faut pas l’oublier.

Elle était choquée et déçue de ne pas l’avoir eu. Très déçue. Elle ne pouvait pas aller le dire partout. Ca aurait paru outrecuidant de sa part. Elle pensait que ca allait se faire puisqu’on lui avait dit de rester à côté du téléphone.  Ils ont choisi à sa place une Allemande (2009, NDLR). Je n’ai pas d’objection du fait qu’elle soit allemande. Elle était beaucoup moins connue que Assia Djebar qui l’était, au moins, dans les Amériques, en Europe et en Afrique.

 

Pour revenir à l’écriture de Assia, en quoi est-elle universelle ?

Parce qu’elle pose les problèmes qui sont plus ou moins universels. Il y a aussi énormément d’ironie dans son écriture. Par exemple, le problème de la polygamie, bien que ce ne soit pas universel mais il y a peu de pays  où elle n’existe pas – Toutes les maîtresses à côtés des  épouses.  Je pense que cette tendresse qu’elle montre pour la femme trompée, méprisée et exploitée est aussi un élément universel.

Elle crée aussi des mondes. Elle vous oblige à penser. Je n’ai jamais compris pourquoi les gens pensent que la fiction est sans importance. Quand vous entrez dans un roman, vous entrez dans un monde autre que le vôtre. Vous apprenez ses règles et ses conditions. Vous y apprenez des choses et vous devez vous placer par rapport à ce monde que vous êtes en train de découvrir. Ca peut vous plaire ou déplaire. Ca vous pousse constamment à réfléchir à vous interroger. C’est le plus important. Cet impact, elle l’aura toujours.

 

Sommes-nous devant une écriture féminine ou féministe ?

 

C’est une écriture féministe. Elle le dit dans Ombre sultane, si ma mémoire est bonne. « Est-ce que j’ai eu tort d’activer les femmes ? Est-ce que j’ai augmenté leurs problèmes ? ». Elle se voyait très bien comme féministe, en fait.  Ce n’était pas la militante parce que son  arme c’était la littérature. Elle était militante dans un sens.

 

Si Assia se résumait en un livre, ce serait lequel ?

Certainement L’amour, la Fantasia. D’ailleurs les trois romans que je préfère, bien que je les apprécie tous de façon différente : L’amour, la fantasia; Vaste est la prison; Ombre sultane. Cela dit, Assia était très attachée à Loin de Médine; c’est un livre qui m’a émue sans réellement me plaire. Elle voulait à tout prix  offrir un rôle important aux femmes à l’époque où l’Islam se développait. Sur le plan historique, je n’ai rien à dire car là mon ignorance est totale. Mais cela me fait penser aux gens qui veulent être à la fois chrétiens et féministes, et l’on sort l’histoire de Marie-Madeleine. Les hommes y ont vite mis bon ordre !!!   Encore une fois ces deux religions finissent par se ressembler dans leur évolution parce que l’enjeu réel, c’est le pouvoir.

 

Quel a été son plus grand regret ?

Si elle avait un regret, c’est d’avoir été trop intelligente pour les hommes !

 

Quelle était la chose qui la révoltait le plus dans la réalité des femmes de son pays dans leur oppression ?

Je crois que c’est l’enfermement.

 

Quel est votre message aux participants à la rencontre d’Alger?

Je voulais beaucoup y aller. Wassyla Tamzali (l’organisatrice) m’a promis de m’emmener voir la tombe d’Assia. Mon médecin trouvait que faire un long vol suivi de trois jours d’intenses activités et long vol de retour était un peu trop. Dites aux participant-e-s de me garder la place au chaud car je n’ai pas renoncé à aller en Algérie un jour.

 

Dans le film « autour de Mair » de Hejer Charf, parlez-vous de Assia Djebar?

Pas uniquement de Assia. On parle de beaucoup d’auteures. Le principe du film est qu’en j’ai fait connaitre avant les autres universités canadiennes, les auteures francophones y compris immigrées.  En fait, c’est bizarre pour moi de me voir à l’écran. C’est la vision qu’a Hejer Charf de moi. Ce n’est pas une vision fausse mais c’est son film. Il y vait des heures et des heures d’enregistrement et il fallait qu’elle les réduise à 90 minutes. Le film est bien fait.

Ce que je voudrais que les gens retiennent c’est que justement c’était important d’ouvrir les portes aux femmes. Il n’y avait pas de femmes enseignées au Canada dans les universités. J’avais fait   une recherche avec une collègue de l’Ouest canadien et on a trouvé que les seules femmes qui étaient enseignées c’était Mme de Sévigné, George Sand et encore très mal!. Quand on voit un manque, il faut agir et je pense que j’ai agi.

 

Evénement :

* Paroles croisées sur  « Assia Djebar, écrivaine, cinéaste et plasticienne », une rencontre sur l’œuvre plurielle de Assia Djebar (aujourd’hui 26 mai  aux Ateliers sauvages – 38 rue Didouche Mourad, Alger).

*Le samedi 28 mai : projection du film canadien « Autour de Maïr » d’Hejer Charf à l’invitation de l’ambassade du Canada, un film sur l’écriture des femmes qui retrace les combats de Maïr Verthuy (lieu : l’institut francais – 7 rue Capitaine Hassani, Alger).

*Le 16 juin à Montréal, Maïr Verthuy prendra la parole à l’occasion de la journée Assia Djebar au Québec instaurée en février dernier, premier anniversaire du décès de l’auteure algérienne. La date choisie par l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) et l’organisme Racines et Confluences coïncide avec le jour d’entrée de Assia Djebar à l’académie française.

 

Par Samir Ben  Contactez moi

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Facebook : Le Premier ministre canadien adepte du One Two Three viva l’Algérie ?

mai 19, 2016

La réplique « non authentifiée » de Justin Trudeau, le Premier ministre du Canada,  a propulsé au devant de la scène un jeune Montréalais d’origine algérienne très actif sur les médias sociaux

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Tout le monde a vu passer la capture écran de facebook où le Premier ministre canadien répond à une question d’un jeune Montréalais d’origine algérienne par un « Viva l’Algérie et aussi le Canada ». Le lycéen lui demandait : « Si je dis on two three , vous dites quoi ? ».

La capture a été partagée des centaines de fois sur twitter et sur facebook y compris par l’ambassadrice du Canada en Algérie.

L’échange qui a disparu, ou qui n’a jamais eu lieu!, se serait produit le 10 mai dernier sur la page de Justin Trudeau, connu pour son goût pour les selfies. On se rappelle qu’il avait entamé son règne par un buzz planétaire quand il s’est offert une séance d’égo-portraits avec les citoyens de sa circonscription dans le métro, le lendemain de son élection en octobre dernier. Une circonscription où se trouve le Petit Maghreb de Montréal, haut lieu de célébration lors des matchs de l’équipe nationale algérienne de football (soccer au canada).

Le jeune lycéen exhibait fièrement sur son mur facebook  « Je pense que Justin Trudeau a du sang algérien qui le coule dans les veines ‪#‎TeamDzPartout ».

Devant l’incrédulité de ses followers (suiveurs) qui lui font remarquer que la publication ne se trouve nulle part sur le mur du Premier ministre, il publie un post explicatif où il dit, entre auters, qu’il spammait régulièrement le mur de Justin Trudeau et fut surpris de recevoir une réponse aussi rapide de sa part, mais qu’il n’était pas sûr qui lui a répondu. Maintenant il « regrette de l’avoir supprimé ».

Contacté par El Watan, un attaché de presse du bureau du Premier ministre canadien dit qu’il n’a aucune information sur cet échange avec le lycéen et  explique que « le Premier ministre définit l’orientation et les attentes de sa présence et ses activités sur les médias sociaux. Alors que son personnel est impliqué dans la création et la diffusion de la plupart de ces communications, le Premier ministre écrit et diffuse parfois ses propres messages ».

Jeff Yates, journaliste au quotidien montréalais Métro, est sceptique. « Je ne peux pas dire à 100% si c’est vrai ou faux. Le commentaire où M. Trudeau aurait répondu n’existe pas. A-t-il été effacé? C’est possible, mais impossible d’en être certain. En général, M. Trudeau ne répond pas aux commentaires sur sa page Facebook, et dans ce cas-ci il aurait répondu en moins d’une minute. Tout cela me donne l’impression que c’est peut-être un montage photo, mais je ne peux pas en être certain », nous explique celui qui est aussi connu par le pseudo Inspecteur viral et qui anime une page du même nom où il traque les fausses informations sur les médias sociaux (Inspecteur viral)

Dans tous les cas, que Justin Trudeau soit adepte du « wantotrisme » ou pas, le jeune Chiheb a certainement gagné un bon nombre de followers avec cette histoire.

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Emprunt obligataire : Le gouvernement sollicite la diaspora

mai 10, 2016

Le gouvernement vient d’instruire les ambassades et autres consulats algériens à travers le monde à faire la promotion auprès des nationaux de l’étranger de l’emprunt obligataire lancé le 17 avril.

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Une opération qui risque de ne pas attirer beaucoup d’épargnants de la diaspora, même ceux mus par le patriotisme économique, selon les observateurs. L’une des premières raisons du désintérêt est que l’arrêté du ministère des Finances du 28 mars 2016 ne prévoit pas d’obligations en devises étrangères – les obligations sont émises sous forme de coupures de 50 000 DA. «Le taux d’intérêt de 3,5% sur 3 ans et 5,75% sur 5 ans est l’un des plus attractifs au monde. Au Canada, le taux est d’à peine 1% à court terme. Il n’y a que la Norvège et trois ou quatre autres pays qui ont mis sur le marché des obligations avec un taux aussi alléchant.

Mais il ne faut pas compter sur l’engouement des épargnants algériens à convertir leurs dollars en dinars. La seule solution serait que le gouvernement les autorise à déposer leur argent en devises et à récupérer leur capital et les intérêts en devises», explique Youcef Bendada, un économiste à la retraite, qui vit au Canada. Le même décret stipule que les souscriptions peuvent être reçues, entre autres, dans les agences bancaires et les succursales de la Banque d’Algérie.

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Or, aucune représentation de la Banque d’Algérie n’est implantée en dehors du territoire national. «Il faudrait créer immédiatement des succursales à l’étranger du CPA ou de la BEA, par exemple, pour drainer l’épargne des Algériens de l’étranger», ajoute Youcef Bendada, surpris que l’arrêté ne prévoie rien pour la diaspora. A moins que le gouvernement s’attende à ce que l’argent vienne dans les bagages des touristes nationaux avec toutes les contraintes que posent les pays de résidence quant aux mouvements financiers (lutte contre le financement du terrorisme, protectionnisme…).

A titre de comparaison, les Marocains du Canada peuvent disposer de leur argent directement au pays, à travers la banque Desjardins, qui a une entente avec la Banque marocaine du commerce extérieur (BMCE). En outre, le gouvernement algérien n’a prévu aucun plan de communication à destination de la diaspora. La stratégie se résume à des messages austères sur les sites des représentations diplomatiques. Ainsi, sur le site du consulat d’Algérie à Montréal, comme sur d’autres consultés par El Watan, un lien informe «les membres de la communauté nationale, établis au Canada, que l’opération de souscription à l’emprunt national pour la croissance économique est effective depuis le 17 avril 2016».

Plus loin, «les ressortissants désireux de contribuer, de manière tangible, à la croissance économique du pays» sont invités «à prendre connaissance des conditions et des modalités d’émission par le Trésor public de l’emprunt, telles que fixées par l’arrêté du 28 mars 2016 du ministère des Finances». Il n’y a toutefois aucune documentation ou dépliant disponible à l’accueil du public, à part le même communiqué imprimé et affiché sur le babillard. Il ne faudra pas alors s’étonner du possible échec de cette opération auprès des Algériens de l’étranger dont le peu de considération, voire le mépris et la suspicion qu’affiche le gouvernement à leur égard sont symbolisés par l’article 51 de la nouvelle Constitution qui leur interdit l’accès «aux hautes responsabilités de l’Etat et aux fonctions politiques».

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Feux de forêts de Fort McMurray (Canada) : Un Algérien témoigne

mai 7, 2016

La petite communauté des Algériens travaillant dans le secteur pétrolier dans l’Ouest canadien a été elle aussi touchée par les feux de forêts qui ravagent
depuis le 1er mai la région de la ville Fort McMurray, à 450 Km au nord d’Edmonton, la capitale de l’Alberta.

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Photo prise de la voiture de Said

« Beaucoup d’Algeriens sont affectés. Il y a beaucoup qui ont acheté des maisons là-bas », nous affirme un chef d’entreprise algérien vivant à Calgary, à 750 km au sud de Fort McMurray.

Contacté par El Watan, un Algérien, Said*, qui vit et travaille dans la ville sinistrée affirme que les maisons des Algériens ont été épargnées par les feux,
sauf une qui a été complètement détruite dans le quartier d’Abasand.
Il ajoute que tous les Algériens se portent bien et ont suivi les ordres d’évacuation. Ils sont maitenant à Edmonton ou à Calgary.

Said a été évacué jeudi dernier par sa compagnie. Il vit maintenant dans l’appartement que lui a prêté un ami. Travaillant dans les sables bitumineux d’où est extrait le pétrole de l’Ouest canadien, il a été mis au chômage pour les trois prochaines semaines. «On nous a promis qu’on sera rappelés mais rien n’est moin sûr», dit l’Algérien.

A rappeler que vu l’ampleur du brasier qui n’est pas près de s’éteindre vu la météo annoncée, l’état d’urgence a été déclaré dans la province.
L’ambassade d’Algérie à Ottawa n’a pas répondu à nos demandes d’information.

Mise à jour (10 mai 2016)  :Voici le message envoyé par l’ambassade d’Algérie au Canada aux Algériens de  l’Alberta :

Cher(e)Compatriote,

L’Ambassade d’Algérie à Ottawa suit de très près la situation des
ressortissants algériens résidant dans le territoire de Fort McMurray,
en Alberta, suite à l’incendie qui ravage actuellement  cette région.
L’Ambassade témoigne son soutien aux ressortissants qui sont touchés par
cette terrible épreuve et invite les personnes qui ont des difficultés
particulières à prendre contact avec ses services.
Bien cordialement.

Ambassade d’Algérie à Ottawa
Service Consulaire

 

La catastrophe de Fort McMurray en chiffres (source : Le journal de Montréal) :

90 000 sinistrés

1600 bâtiments détruits à Fort McMurray

4 localités évacuées

85 000 hectares touchés par les feux

49 feux en cours, dont 7 hors de contrôle

1110 pompiers, 145 hélicoptères, 22 avions-citernes

0 blessé grave ou personne manquante
*Le témoin a préféré garder l’anonymat

 

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Montréal: Hommage à Kamel Hamadi

mai 5, 2016

Le théâtre du renouveau amazigh (Canada) rendra hommage à l’auteur-compositeur et chanteur Kamel Hamadi le samedi 7 mai à Montréal.

KamelHamamdi

Un riche programme a été concocté pour celui qu’on crédite de plus de 2 500 chansons et opérettes composées durant plus de 60 ans de production artistique que ce soit en kabyle en arabe algérien et même pour des artistes orientaux.

« Nous célébrerons, en sa présence, son incommensurable contribution à notre culture par le biais d’une soirée hommage au programme original qui consistera, entre autres, par l’interprétation de quelques œuvres de son riche patrimoine de plus de 2500 chansons écrites », expliquent les organisateurs.

Le documentaire « Kamel Hamadi Ger Yenzizen » de Abderazak Labri Cherif sorti en 2010 et qui retrace la vie et le parcours artistique de celui qu’on surnomme « Le tailleur de chansons sur mesure » est programmé en ouverture de la soirée.

Plusieurs artistes de la scène kabyle montréalaise se succéderont pour rendre un hommage en chansons à l’époux de la défunte chanteuse Noura.  L’orchestre sera dirigé par Rafik Abdeladim.

Le programme détaillé…

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