Samia Orosemane, humour à peine voilé !

novembre 27, 2015

L’humoriste franco-tunisienne Samia Orosemane connait une ascension fulgurante depuis l’attentat contre Charlie Hebdo où elle a mis en ligne une vidéo où elle demandait aux djihadistes de se choisir une autre religion que la sienne.

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Près d’un millions de visionnements plus tard, elle est à Montréal pour présenter son spectacle Femme de couleurs au théâtre le Château .

La vidéo en question, il faut le préciser, a été mise en ligne bien avant, en octobre 2014, en réaction aux attentats d’Ottawa et de Saint-Jean-Sur-Richelieu. « A l’époque, nous dit-elle au bout du fil à partir de Paris où elle vit, je n’en revenais pas quand j’ai découvert que les auteurs des attentats étaient des convertis à l’islam».

D’où le coup de gueule de celle qui a mis les pieds au Québec pour la première en septembre dernier quand elle a été appelée en « urgence » en remplacement au gala Afrikiri de Montréal.

L’organisateur de la soirée ne se savait pas encore qu’il avait mis la main sur une valeur sûre qui cartonne dans les salles en France et en Belgique avec son spectacle Femme de couleurs. De fil en aiguille et en découvrant ses passages sur les plateaux de télévisions européennes, il décide de la faire revenir à Montréal et la produire devant 600 spectateurs.

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Signe distinctif de l’humoriste : le voile. Elle ne le porte pas que sur scène! Après des études au Conservatoire de Paris, Samia Orosemane décide de le porter et met ses ambitions d’humoriste en veilleuse avant de remonter sur scène. « Il y a plusieurs filles qui portent le voile et qui aimeraient être humoristes. Je ne sais pas comment ca va se passer pour elles, car moi j’ai été au conservatoire avant de le porter », explique-t-elle.

Très active sur les médias sociaux, ses vidéos Geneviève et Aicha sont suivies par des milliers d’internautes.

Son succès est certainement dû à sa capacité d’imiter les accents des différentes ethnies et cultures qui composent la France actuelle. Elle promet d’apprendre l’accent québécois !

Valeurs. « Dans mon spectacle, je raconte tous les combats que j’ai pu rencontrer dans ma vie en tant que femme. Le principe est de toujours transmettre des valeurs (respect des parents les difficultés de se marier avec quelqu’un de culture différente… ). Je parle de la rencontre de l’Autre. C’est un spectacle qui pousse au vivre-ensemble », dit-elle.

« La seule limite que je me pose est de ne pas être vulgaire. Et c’est possible en humour. Gad El Maleh ou le regretté Elie Kakou ne sont jamais vulgaires sur scènes », tranche celle qui aime dire sur sa page facebook « faites l’humour, pas la guerre ! ».

Plus de détails sur le spectacle….

 

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Nabila Ben Youssef, humour laïque

novembre 27, 2015

L’humoriste québécoise Nabila Ben Youssef  a fini hier soir le rodage montréalais de son spectacle Islamophobe malgré moi. Elle compte le poursuivre en région avant de le présenter devant un large public plus tard en 2016.

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Quand il s’agit d’islamophobie au Québec, on peut soit être comme le chroniqueur Mathieu Bock-Côté  et l’évacuer d’un revers de la main parce qu’elle serait un concept frauduleux ou choisir d’être comme Adil Charkaoui qui en fait un business exclusif. Nabila préfère une troisième voie : en rire !

L’humoriste d’origine tunisienne est montée hier soir sur scène au théâtre Sainte-Catherine malgré l’attentat qui a touché sa Tunisie natale la veille et qui l’a ébranlée. « Il faut montrer à ces barbares qu’on n’a pas peur d’eux », pouvait-on lire dans son message d’invitation à ses fans sur Facebook.

Mais sur les planches, la vie reprend le dessus et Nabila a enchaîné les blagues et les vannes dont elle seule détient le secret. Tout le monde y passe : musulmans, catholiques et juifs.

Elle s’est attaquée frontalement au projet de loi 59, dont certains auraient aimé qu’il criminaliserait toute critique de la religion. Une aberration pour celle qui s’est libérée de la sienne en immigrant au Québec il y a 20 ans.

Elle imagine que les peines de ceux qui s’attaqueraient à la religion seraient 1 000 coups de fouet ! « Tant qu’à y être. Pourquoi ne pas aller en Arabie Saoudite: ni hiver, ni élections partielles… » envoyant à terre la centaine de spectateurs pris d’un rire collectif.

L’humoriste, pédagogue, insistait lors de son spectacle sur la différence entre musulman et islamiste. « Je suis islamistophobe pas islamophobe » disait-elle en se moquant de ceux qui viennent sur sa page Facebook lui demander de renvoyer chez eux tous les musulmans du Québec.

Elle y voit le résultat de l’image du musulman dans les média. « A force de taper sur le même clou, les médias rendraient Mahomet lui-même islamophobe !», lance-elle à une salle acquise où on pouvait voir l’ancien conseiller municipal d’Hérouxville, André Drouin ou la présidente du Mouvement laïque québécois, Lucie Jobin.

Continuant dans la pédagogie, Nabila prend le temps d’expliquer, pas justifier, les dérives de l’islam : « L’islam est en pleine crise d’adolescence ». C’est la dernière religion arrivée sur le marché et finirait nécessairement par devenir adulte.

Comme c’est un spectacle de rodage le but est de tester l’effet des blagues en direct devant le public. Ainsi, après l’histoire de l’adolescent qui hésiterait entre un cours de poterie ou d’islam radical en entrant au CEGEP (Maisonneuve?!), elle s’amuse de la fréquentation des églises au Québec qui serait du même ordre que les visites des petits enfants aux personnes âgées dans un CHSLD. Une blague qui a laissé planer un malaise dans l’assistance pendant quelques secondes. On se demanderait si le public est vraiment prêt à rire de tout !

Rire pour faire rire ? non merci, disait-elle en début d’année au quotidien La Tribune (Sherbrooke) en réponse au journaliste qui lui demandait pourquoi elle n’est plus liée à Juste pour rire: « ce que je fais, ce n’est pas juste pour rire  : c’est aussi pour réfléchir ! »

Visitez le site web de Nabila Ben Youssef ….

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Montréal : Djmawi Africa, circulez vers l’avant !

novembre 25, 2015

Le groupe de musique algérienne « actuelle » sera en concert ce vendredi 27 novembre à La Tulipe de Montréal.

DjmawiAfrica

 

Les huit membres du groupe Djmawi Africa ne pourront pas utiliser à Montréal la formule consacrée des receveurs de bus algériens « Avancez l’arrière », titre de leur dernier album. Dans la métropole canadienne, on dit « Circulez vers l’arrière »! Deux mondes. Deux formules.

La formule algérienne a, toutefois, l’avantage de pouvoir exprimer un paradoxe qui résume « la mauvaise direction qu’on peut prendre », explique Abdou El Ksouri, le guitariste et manager du groupe en pleine promotion du concert que donnera le groupe à Montréal ce vendredi à  la Tulipe.

Beaucoup mettent rapidement Djmawi Africa dans la case musique Gnawa. Abdou el Ksouri nuance : « comme le chaabi, le rock ou la musique classique, le Gnawa fait partie des influences du groupes ». C’est de la musique algérienne telle qu’elle est faite de nos jours en Algérie. La raison est toute simple : l’Algérie est un grand pays aux multiples musiques. Leur fusion est un processus naturel pour ce groupe qui est à son troisième album « Avancez l’arrière » sorti en 2013. Le premier Mama remonte à 2008 et le second Echfaa a été lancé en 2012.

Ce souci « identitaire » est plus dans le regard de l’autre. Pour Abdou El Ksouri, l’équation est simple : « C’est de la musique algérienne actuelle tout simplement ».

Sara Nacer, de SN production (Montréal) qui produit le concert de ce vendredi en co-diffusion avec le Festival du monde arabe raconte, amusée, comment elle doit répéter plusieurs fois que « les membres de Djmawi Africa vivent en Algérie, y travaillent et y produisent leur musique ».

Des questions qui fusaient à la fin de leur concert ( Showcase) au Marché canadien et nord-américain des musique du monde, Mundial de Montréal, qui s’est tenu du 17 au 20 novembre.

La bonne prestation et la réaction des professionnels laissent augurer d’une année 2016 marquée par le Canada et l’Amérique du Nord pour Djmawi Africa.

Le groupe n’est pas à son premier « Marché de la musique ». Il vient juste de revenir de Rabat au Maroc où il a participé à Visa for music qui couvre les marchés d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. En octobre, Djmawi Africa était à Yaoundé (Cameroun) pour le marché des musiques d’Afrique le Kolatier. En mars 2016, il sera à Abidjan (Côte d’Ivoire) au Marché des arts du spectacle africain(MASA).

« Beaucoup de concerts en Afrique, cette année. On est beaucoup pour les échanges Sud-Sud », nous dit le guitariste du groupe qui aime à rappeler que la musique de Djmawi Africa est le produit algérien qui s’exporte le mieux « hors hydrocarbure ». On verra ce qu’en pensent les producteurs de dattes ! Mais une chose est sûre, le « Africa » dans le nom du groupe est tout sauf de l’exotisme pour cette formation qui assume et revendique ses racines africaines. Ce qui n’aurait pas déplu à leur ancêtre Massinissa qui déclara un jour « l’Afrique aux Africains ».

 

Le clip Dellali

 

L’octuor qui fêtera ses 11 ans le mois prochain a surpris ses fans et le milieu de la musique algérienne par son clip Dellali sorti en septembre 2014. Un clip réussi sur le plan esthétique et qui n’a pas peur de bousculer quelques tabous.

« On a voulu bousculer le clip en Algérie. Les clips algériens sont très traditionnels. On court sur la plage ou dans la forêt, explique Abdou El Ksouri. On a fait appel à des jeunes cinéastes algériens qui travaillent en Algérie ». La réalisation du clip a été confiée à Damien Ounouri, le réalisateur de Fidai. Certains parlent même du premier vrai clip algérien.

La vidéo officielle mise en ligne en juillet derniers a été visionnée plus de 100 000 fois, pratiquement le même nombre d’abonnés à la page facebook du groupe.

Cette présence sur les médias sociaux fait dire au manger du groupe que « de nos jours pour annoncer un concert, nous n’avons qu’à le dire sur les médias sociaux ». Ðonc, plus besoin de squatter les murs de la ville ou d’afficher son visage sur les bus. De quoi rassurer l’organisateur du concert qui s’est fié au flair de la directrice artistique de SN production, Karima Bougherara.

On le voit bien, Djmawi Africa circule vers l’avant !

 

Plus d’info :

https://www.facebook.com/events/1027772017274040/

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Kamel Daoud au salon du livre de Montréal « Ecrire un roman sur l’islamisme ne m’intéresse pas »

novembre 22, 2015

« Je ne suis pas intéressé par l’écriture d’un roman sur l’islamisme. J’aime mieux m’imposer par ma littérature que par le marketing», a affirmé à El Watan l’écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud en marge du Salon du livre de Montréal qui se tient jusqu’à lundi et où il est invité en tant que lauréat du Prix des cinq continents de la francophonie.

KamelDaoud

L’auteur de Meursault, contre-enquête écrirait, toutefois, volontiers un roman sur l’expérience religieuse.

« Je n’ai pas envie d’écrire un livre qui correspond à une sorte d’exotisme : Algérien, islam, islamisme… Beaucoup d’ouvrages quand il s’agit de littérature tombent dans l’événementiel. La littérature traite de l’humain pas d’une religion », a-t-il ajouté juste après sa participation à une causerie sur la signification d’Être Arabe aujourd’hui avec l’auteure québécoise d’origine palestinienne Yara El-Ghadbane et l’anthropologue Gilles Bibeau auteur de l’essai Généalogie de la violence.

Kamel Daoud est revenu sur la genèse de son roman qui remonte à une chronique écrite pour le Quotidien d’Oran en mars 2010 et qui avait pour titre Le contre Meursault ou « l’Arabe » deux fois tué.

Lors de son intervention, celui dont l’audience dépasse le monde arabe et la francophonie a arraché les applaudissements des présents quand il a affirmé en préambule qu’il n’était pas « arabe ». « Je ne me sens pas arabe. Je crois que l’arabité c’est comme la négritude. Elle est dans le regard de l’autre », a-t-il expliqué.

« L’arabité m’appartient mais je ne lui appartiens pas. C’est un patrimoine culturel, un patrimoine de l’histoire mais je ne me sens pas arabe. Ce n’est pas une nationalité, c’est une culture et un patrimoine », ajoute le chroniqueur.

Rejetant la peau que veut lui imposer le puissant du moment, l’occident, Kamel Daoud revendique le statut de la possession du centre du monde. « J’ai le droit de représenter l’humanité, de parler en son nom et d’être au centre de l’universalité. Pourquoi dois-je être le marabout de la fable et l’occident représenter le centre du monde ?. J’ai le droit de proclamer que je suis le nombril du monde moi aussi », a-t-il conclu.

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«L’islam doit accepter les limitations à son expression publique en Occident», selon le philosophe Abdennour Bidar

novembre 11, 2015

Le philosophe français Abdennour Bidar ne mâche pas ses mots quand il parle de Zunera Ishaq qui a prêté serment de citoyenneté avec son niqab. Mais il ne prône pas l’idée d’enlever le voile en public pour toutes celles qui le portent si elles montrent leur visage et qu’elles ne sont pas en situation d’exercer l’autorité de l’État.

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L’auteur de Lettre au monde musulmanétait invité la fin de semaine dernière à débattre de l’islam face au défi de la laïcité sur invitation de l’organisme Pour le droit des femmes du Québec en collaboration avec Le rassemblement pour la laïcité dans le cadre du Salon de la culture du Festival du monde arabe de Montréal.

Pour lui, «il est absolument nécessaire que l’islam accepte des limites à son expression publique pour une raison qui est très simple, une raison de bon sens et de morale universelle. Dans nos sociétés occidentales, nous vivons dans un contexte multiculturel [pas au sens canadien, NDLR] dans lequel nous sommes tous différents et on le sait. À partir du moment où nous sommes plusieurs et différents, nous devons faire des concessions. C’est aussi simple que cela ».

L’islam et les musulmans ne doivent pas faire exception. «Que ce soit l’islam ou n’importe quelle autre croyance ou idéologie. Nul n’a le droit de s’avancer dans l’espace public en disant simplement: c’est ma liberté. Je suis qui je suis. Je fais ce que je veux et vous vous débrouillez. Ce n’est pas possible. Ça ne va pas être possible, car on doit vivre ensemble. Ca suppose que les uns et les autres fassent des efforts. Parce que vivre ensemble, ça ne veut pas dire simplement coexister», ajoute Abdennour Bidar qui et aussi membre de l’Observatoire de la laïcité en France.

Il prend l’exemple de Zunera Ishaq, cette femme qui a prêté le serment de citoyenneté avec le niqab. «Comment va-t-elle faire dans la vie sociale pour avoir une relation avec les autres alors qu’on ne voit pas son visage? Ce n’est pas l’islam, c’est une certaine interprétation de l’islam», explique-t-il.

«Les efforts doivent être faits dans les deux sens. On ne va pas demander à toute musulmane qui porte le voile de le ranger et de se dénuder. À partir du moment où je vois son visage, je ne vais pas lui demander d’enlever son voile. En France, on considère qu’une femme peut porter le voile sauf si elle est une représentante de l’État dans l’exercice de ses fonctions», ajoute Abdennour Bidar devant les 300 personnes venues l’écouter religieusement à la maison de la culture Frontenac.

La laïcité n’est pas l’ennemie de la religion

Abdennour Bidar déplore qu’en France la laïcité soit détournée par certains. «Souvent, en France, j’entends une confusion qui m’atterre personnellement selon laquelle la laïcité est l’ennemie de la religion, explique-t-il. Certains disent que la laïcité a été inventée pour être une arme de destruction massive de la diversité et pour discriminer l’islam».

«Le problème est qu’elle est effectivement utilisée et instrumentalisée comme ça notamment par la droite dure et par l’extrême droite. Mais ce n’est pas le sens de la laïcité. Elle n’est pas l’ennemie de la religion. Elle est ce principe politique qui permet que dans l’espace public les uns et les autres s’expriment à égalité de droits et de devoirs. Il y a malentendu à partir du moment où on pense qu’il faudrait choisir, par exemple, entre être croyant ou être laïque», déplore-t-il.

Il se dit optimiste pour le monde musulman du moins pour le moyen et le long terme. «Il est encore jeune, soutient-il. C’est le dernier arrivé. Il y a des idées pour lesquelles il lui faut peut-être du temps pour se familiariser», dit le philosophe qui affirme agir par amour de cette culture. Mais qui aime bien châtie bien.

«La conception de l’islam comme religion totale est portée par le salafisme ou par les frères musulmans qui disent que le coran est notre constitution», rappelle le philosophe.

Répondant à une question qui soulignait l’existence d’un verset dans le Coran qui dit clairement «nulle contrainte en religion» qui peut être pris pour un principe laïque, Abdennour Bidar dira qu’il ne comprend toujours pas comment le monde musulman est devenu , historiquement, cet empire de la contrainte et de la soumission. Je «crois profondément que la civilisation islamique n’a jamais été à la hauteur de son texte fondateur».

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Lire l’article sur le Huffington Post Québec…

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Un orchestre « El Gusto » montréalais rendra hommage à Salim Halali

novembre 5, 2015

Le Festival du monde arabe rendra hommage au chanteur algérien Salim Halali dimanche prochain, 10 ans après sa disparition et 40 ans après son passage à Montréal.

Hommage à SAlim Halali - Montréal - 8 novembre 2015. (C) Mohand Belmellat

Hommage à Salim Halali – Montréal – 8 novembre 2015. (C) Mohand Belmellat

Quand SN production a décidé de rendre hommage à Salim Halali, ses responsables étaient loin de soupçonner qu’au bout de l’exercice ils allaient se retrouver avec un orchestre « El Gusto » montréalais à l’image de celui fondé grâce au film-documentaire de Safinaz Bousbia sorti en 2011.

En chargeant Henry Abittan de former l’orchestre, la seule consignes qui lui a été transmise par les organisateurs était qu’il soit complet (sitar, violon…). Mission accomplie. Ce natif de Casablanca qui vit au Canada depuis les années 1970 a puisé dans l’orchestre des Amis de la musique andalouse de Montréal (AMAM) dont il était membre il y a quelque temps. Il a même convaincu le chef d’orchestre de AMAM, Salim Bouzidi, de prendre part à l’hommage. Résultat : un orchestre formé de musiciens de différentes origines et religions (juifs, musulmans…).

Le percussionniste Maurice Malca sera de la partie. Il y a 40 ans, un certain samedi 1er novembre 1975, il était sur scène son Tar (tambour) à la main avec Salim Halali à la Place des arts. Il faisait partie de l’orchestre formé par « 14 musiciens orientaux et le quartet canadien de Claude Denjean – piano, violons et 2 guitares », comme le soulignait le quotidien anglophone The Gazette dans un article paru à l’époque.

Le quotidien rappelait aussi la tâche difficile des musiciens qui devaient être attentifs aux changements impromptus de chansons et des improvisations que leur imposait parfois Salim Halali lors de cette soirée mémorable.

Dimanche prochain, « El Gusto » montréalais ne risquera pas d’être bousculé. Vu les répétitions et la préparation, le programme est réglé comme du papier à … musique !

Conquis par la prestation de Salim Halali, le journaliste de The Gazette qui avait assisté au spectacle écrivait à son propos : « Ses chansons sont presque toutes arabes, avec une touche de modernisme, dans le style qui a donné naissance au flamenco. (…) Salim Halali est énergique, dynamique, plein de charme et il établit une relation très intime avec son public, à la façon de Manitas de Plata [chanteur français de flamenco, NDLR]. »

Salim Halali - Concert à Montréal - 1er novembre 1975.

Salim Halali – Concert à Montréal – 1er novembre 1975.

Plus loin il écrit « Il entre en discussion avec un spectateur, tourne un compliment à une dame au milieu d’une chanson. Il s’arrête pile dans une chanson triste et s’embarque sur un solo de darbouka qui fait naître des battements de mains dans le public, dans une frénétique accélération de rythme. Il s’investit totalement dans son chant, se donne dans la joie avec des caprices d’enfant gâté ».

Pour l’anecdote, cette journée était humide. Il faisait 6 degrés et Montréal avait reçu 12 mm de pluie, selon les archives météo de l’époque. Ces conditions avaient affecté la voix de Salim Halali. « Bien qu’il avait eu de la difficulté dans les gammes supérieures, il a pu, en doublant d’effort, monter quelques octaves arrachant les applaudissements et des cris à son auditoire», rapportait The Gazette de l’époque.

Si pour l’hommage de dimanche prochain, les organisateurs ont choisi la Cinquième salle à la Place des arts, haut lieu de la culture montréalaise et qui peut accueillir un peu plus de 400 spectateurs, en 1975 et selon « la légende » ,1 800 personnes auraient assisté au concert de Salim Halali. Le chiffre est probablement exagéré puisque les billets étaient un peu chers pour les bourses de l’époque :  autour de 35 dollars. Plus chers qu’en 2015, !

Salim Halali, chanteur algérien

« Certains écartent Salim Halali de la liste des excellents chanteurs algériens simplement parce qu’il est juif et surtout parce qu’ils sont cons», tranche Kamal Almi alias Moh Kam, ancien journaliste à Alger et qui vit actuellement au Canada.

Salim Halali est né à Annaba en 1920 dans une famille juive originaire de Souk Ahras. A 17 ans, il part en France à Paris. Le succès ne tarde pas à venir dans clubs de flamenco. Il sera découvert par Mahieddine Bachtarzi. Mohamed el Kamel lui écrira ses premières chansons qui connaitront le succès (Andaloussia, Sevillana, Taali, Bine el barah ouel youm … ). Mohamed Iguerbouchène lui écrira d’autres succès.

En 1949, il s’installe à Casablanca (Maroc) et c’est le début de la période du cabaret Le Coq d’or. Il rentre définitivement en France en 1960.

« C’est un grand artiste algérien qui a fait connaître et voyager le patrimoine musical algérien dans le monde entier », explique Sara Nacer fondatrice de SN production. « Tout le monde connait les chansons de Salim Halali mais beaucoup ne connaissent pas le chanteur. Il était capable de passer de l’Est à l’Ouest de l’Algérie. A un moment on est à Annaba (Rimoune Rametni) et à un autre on est dans l’Oranie jusqu’au Maroc ou en Andalousie (La sevillana et Andaloussia) », ajoute-t-elle.

« Son existence et son talent n’auraient pas vu le jour sans l’intervention du premier grand recteur de la Mosquée de Paris, Kaddour Benghabrit, qui dissimula ses origines juives et le fit passer pour musulman durant les années d’occupation allemande, puis l’engagea comme chanteur au Café Maure de la mosquée », rappellent aussi les organisateurs. Cet épisode déterminant dans la vie de l’artiste est raconté dans le film Les hommes libres de Ismail Ferroukhi sorti en 2011. Salim Halali meurt à Cannes en juin 2005 à l’âge de 85 ans.

Plus d’info : http://festivalarabe.com/event/salim-hilali-le-grand-hommage/

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Réda Saoui, humour malin !

novembre 3, 2015

Avec une tête de « gars de Jean-Talon» (le quartier maghrébin de Montréal), l’humoriste Réda Saoui, contre toute attente!, vient de Saint Eustache dans la banlieue Nord-Ouest de Montréal où il est né.

L'humoriste Reda Saoui

L’humoriste Réda Saoui

Une ville où il est plus probable de croiser le nom Gingras (comme Nicole Gingras la coiffeuse, personnage d’un de ses sketchs!) qu’un patronyme venant de Tlemcen (Algérie) où l’humoriste de 29 ans a passé les dix premières années de sa vie en alternance avec le Québec (Canada).

Ce va-et-vient familial n’a pas perturbé l’enfant qu’il était. Au contraire, il lui a permis d’aiguiser son regard sur le monde et de s’imprégner des codes des deux cultures d’où cette légitimité à se payer, sur scène, la tête des « Arabes » et des Québécois de souche. La bienveillance n’est jamais loin et aucune place à la méchanceté.

Et il n’a pas dérogé à la règle dimanche dernier lors de son spectacle J’ai tort mais j’ai raison dans le cadre de la 16e édition du Festival du monde arabe de Montréal qui se tient jusqu’au 15 novembre.

Très à l’aise sur scène, Réda Saoui arrive rapidement à briser la glace avec le public qui n’est pas que « communautaire ». La technique du sondage fonctionne à merveille où les présents passent du staut de « gênés » à « complices » avec le jeune humoriste.

Usant parfois d’une voix forte, il enchaîne sans transition les blagues et les situations, s’en prenant tantôt aux Arabes et autres communautés, tantôt aux Québécois de souche. Les Africains qui sont toujours en retard ou les Français s’étripant sur un plateau de télévision auront aussi droit à sa médecine. Il s’en prend même à lui-même, arabe, musulman et africain. La totale !

Toutes les communautés passent sous le microscope de Réda Saoui à commencer par la sienne qui se spécialise dans les boucheries halal et les garderies. L’humoriste suggère de créer des boucheries-garderies intégrées ! La meilleure et qui fonctionne à tous les coups est l’histoire de la famille libanaise Show Off!

Aucune peur d’oser des sujets tabous, Québec oblige!, Réda Saoui aborde dans son numéro l’homosexualité chez les jeunes musulmans au Québec : pour concilier religion et orientation sexuelle, un jeune musulman pense à porter le hidjab!

L’humoriste écorche au passage le féminisme au Québec qui serait « une dictature ». Mais ce n’est que de l’humour, on est ou on n’est pas Charlie!

Au final, une bonne dose d’humour et de délire où la réflexion et l’observation n’ont pas déserté la scène.

A noter que le public du Festival du monde arabe (http://www.festivalarabe.com)a rendez-vous samedi 14 novembre avec l’humoriste algérien Abdelkader Secteur.

Plus d’info : http://www.festivalarabe.com

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