Aïd El Adha au Canada : Les fermiers se frottent les mains

Pour l’équivalent d’une semaine de travail au salaire minimum, 360 dollars, ils peuvent se payer un mouton d’un poids net de 20 à 23 kg «coupé et emballé», comme l’affirment les différentes publicités dans les journaux communautaires ou les affiches collées sur les devantures des salles de prière et les magasins du Petit Maghreb, l’artère commerciale où sont installées plusieurs boucheries halal.

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Plusieurs options s’offrent à ceux qui ne peuvent se passer du mouton pour célébrer cette tradition religieuse.  Le mouton peut être commandé chez un boucher contre versement d’arrhes. Le client vient récupérer son mouton découpé les jours suivant l’Aïd. Il ne faut pas, dans ce cas, compter récupérer les abats de la bête. La réglementation canadienne est stricte. D’autres préfèrent acheter le mouton vivant. Plusieurs fermes et abattoirs installés autour de Montréal y voient l’occasion d’augmenter leurs revenus et ne se privent pas de cette clientèle.

Comme la journée de l’Aïd n’est pas une fête officielle dans tous les secteurs, l’opération peut prendre deux à trois jours. Toutefois, par exemple, dans l’enseignement, les professeurs  peuvent faire prévaloir cette fête pour obtenir cette journée de congé. Si dans l’abattoir il y a toujours un vétérinaire qui contrôle, la situation est toute autre dans les fermes. Les fermiers vendent les bêtes aux acheteurs qui eux-mêmes procèdent à l’égorgement, puisque le fermier n’est pas autorisé à abattre les animaux.

La loi, par contre, permet de tuer un animal pour sa propre consommation. C’est cette disposition qui est avancée par les fermiers. Les musulmans qui procèdent à l’abattage rituel le font à titre individuel et donc légal. Dans ce cas, les abats y compris têtes et pattes peuvent être récupérés. Il n’est pas rare d’arriver pendant les jours de l’Aïd dans une ferme et de sentir l’odeur de la laine brulée au milieu de la fumée ! Au Québec, le ministère de l’Agriculture ne voit pas les choses de la même manière.

Tout fermier qui permet l’abattage de moutons sans avoir de permis s’expose à des amendes salées allant de 5000 à 15 000 dollars et  jusqu’à 45 000 en cas de récidive. Selon Radio Canada, un fermier de l’ouest d’Ottawa «a été reconnu coupable d’avoir opéré un abattoir illégal, après que des musulmans eurent égorgé des moutons sur sa ferme en octobre 2012 à l’occasion de l’Aïd». La condamnation remonte à mars dernier. «Il s’en est tiré avec une amende de 1250 dollars.

Les infractions à la Loi sur la qualité et la salubrité des aliments de l’Ontario sont chacune passibles d’une amende maximale de 25 000 dollars et d’une peine de deux ans de prison», rapportait la même source. Un boucher dans le Petit Maghreb, un immigrant, a raconté qu’il y a trois décennies, un nouvel arrivant d’Algérie avait acheté un mouton et a tenté de l’égorger à même la rue ! L’incident avait vite été contenu par les membres de la communauté ! Le Canada compte près d’un million de musulmans, 940 000. Près de 300 000 vivent au Québec.

Par Samir Ben  Contactez moi

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