Fatiha Gater-Guemiri honorée par la communauté anglophone du Québec

septembre 30, 2015

Rares sont les incursions des immigrants algériens du Québec dans la communauté anglophone de cette province canadienne.

Fatiha Gater-Guemiri, directrice générale du Réseau de l’Est de l’Île pour les services en anglais

Fatiha Gater-Guemiri, directrice générale du Réseau de l’Est de l’Île pour les services en anglais

Fatiha Gater-Guemiri a non seulement intégré cette communauté, mais a réussi à se distinguer et d’obtenir la reconnaissance de cette minorité en remportant le prix Goldbloom qui « rend hommage à des personnes qui ont contribué de manière exemplaire à la vitalité et à la réputation de la communauté d’expression anglaise du Québec ».

Il lui sera décerné le 8 octobre prochain lors d’une cérémonie à Montréal par le Quebec Community Groups Network (www.qcgn.ca), un regroupement de plus de 40 organismes de défense des anglophones du Québec  qui sont un peu plus d’un million sur une population totale de 8 millions.

Fatiha Gater-Guemiri  est honorée pour « son travail de directrice du Réseau de l’Est de l’Île pour les services en anglais, une organisation qu’elle a également cofondée, et pour son travail comme membre du Conseil canadien des femmes musulmanes, où elle encourage le dialogue culturel et spirituel entre les communautés juives et arabes. », explique  le Quebec Community Groups Network dans son communiqué.

« Parfaitement trilingue, Mme Gater-Guemiri travaille à établir un climat harmonieux entre les personnes de cultures et de langues différentes dans sa vie personnelle et professionnelle. Grâce à ses talents de diplomate, elle a su instaurer un terrain d’entente qui a permis d’accroître l’accès aux services en anglais tout en respectant le droit des travailleurs œuvrant dans les secteurs de la santé et des services sociaux de travailler en français. De plus, on doit à sa détermination un partenariat entre son réseau et les planificateurs des soins de santé qui visent à améliorer l’accès des personnes âgées vulnérables d’expression anglaise aux services de première ligne dans quatre territoires desservis par les CSSS (Centres de santé et de services sociaux) », ajoute la même source.

Cette native de Saida a étudié à l’Université d’Oran (licence en sciences physiques – option chimie) et  à l’université de Leeds au Royaume Uni (maîtrise en science et technologie des fibres). Elle a aussi fréquenté Oxford pour y étudier l’anglais. Elle a travaillé comme ingénieur de laboratoire à la SONIC de Saida‎.

Fatiha Gater-Guemiri a quitté l’Algérie pour l’Angleterre après les événements d’octobre 1988 et s’est spécialisée  en sciences environnementales. Elle travailla plusieurs années dans le domaine de l’environnement et le traitement des eaux avant d’atterrir  au Canada en 1997.

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Le Canada refuse le visa à Yasmina Khadra

septembre 28, 2015

L’écrivain algérien Yasmina Khadra s’est plaint dans une interview donnée au journal La Presse (Canada) de la procédure de demande de visa canadien qu’il juge « humiliante ».

Khadra

Dans l’entretien paru ce week-end, l’auteur qui vient de publier La dernière nuit du Raïs chez Julliard (France) affirme qu’il a eu récemment des problèmes avec la procédure d’obtention de visa d’entrée au Canada.

« J‘ai un problème avec la procédure. Au printemps dernier, j’étais invité en Acadie. Quand j’ai présenté mes papiers, on a exigé de moi un autre document, ce que j’ai trouvé humiliant et j’ai renoncé à venir. Pour venir au Canada, on nous place dans une annexe avec les demandeurs d’emploi. Il faudrait un minimum de correction peut-être… Le Canada est le seul pays où j’ai des difficultés. Je suis allé en Chine et à Cuba, mais avec le Canada, c’est dommage… », a-t-il répondu quand le journaliste lui a demandé s’il comptait participer au Salon du livre de Montréal qui se tiendra du 18 au 23 novembre prochain.

Yasmina Khadra a déjà visité le Canada dans le passé. Les services d’immigration canadiens ne commentent pas les cas de demande visa, avançant la confidentialité et la protection de la vie privée.

L’intégralité de l’entretien de Yasmina Khadra ….

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Aïd El Adha au Canada : Les fermiers se frottent les mains

septembre 23, 2015

Pour l’équivalent d’une semaine de travail au salaire minimum, 360 dollars, ils peuvent se payer un mouton d’un poids net de 20 à 23 kg «coupé et emballé», comme l’affirment les différentes publicités dans les journaux communautaires ou les affiches collées sur les devantures des salles de prière et les magasins du Petit Maghreb, l’artère commerciale où sont installées plusieurs boucheries halal.

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Plusieurs options s’offrent à ceux qui ne peuvent se passer du mouton pour célébrer cette tradition religieuse.  Le mouton peut être commandé chez un boucher contre versement d’arrhes. Le client vient récupérer son mouton découpé les jours suivant l’Aïd. Il ne faut pas, dans ce cas, compter récupérer les abats de la bête. La réglementation canadienne est stricte. D’autres préfèrent acheter le mouton vivant. Plusieurs fermes et abattoirs installés autour de Montréal y voient l’occasion d’augmenter leurs revenus et ne se privent pas de cette clientèle.

Comme la journée de l’Aïd n’est pas une fête officielle dans tous les secteurs, l’opération peut prendre deux à trois jours. Toutefois, par exemple, dans l’enseignement, les professeurs  peuvent faire prévaloir cette fête pour obtenir cette journée de congé. Si dans l’abattoir il y a toujours un vétérinaire qui contrôle, la situation est toute autre dans les fermes. Les fermiers vendent les bêtes aux acheteurs qui eux-mêmes procèdent à l’égorgement, puisque le fermier n’est pas autorisé à abattre les animaux.

La loi, par contre, permet de tuer un animal pour sa propre consommation. C’est cette disposition qui est avancée par les fermiers. Les musulmans qui procèdent à l’abattage rituel le font à titre individuel et donc légal. Dans ce cas, les abats y compris têtes et pattes peuvent être récupérés. Il n’est pas rare d’arriver pendant les jours de l’Aïd dans une ferme et de sentir l’odeur de la laine brulée au milieu de la fumée ! Au Québec, le ministère de l’Agriculture ne voit pas les choses de la même manière.

Tout fermier qui permet l’abattage de moutons sans avoir de permis s’expose à des amendes salées allant de 5000 à 15 000 dollars et  jusqu’à 45 000 en cas de récidive. Selon Radio Canada, un fermier de l’ouest d’Ottawa «a été reconnu coupable d’avoir opéré un abattoir illégal, après que des musulmans eurent égorgé des moutons sur sa ferme en octobre 2012 à l’occasion de l’Aïd». La condamnation remonte à mars dernier. «Il s’en est tiré avec une amende de 1250 dollars.

Les infractions à la Loi sur la qualité et la salubrité des aliments de l’Ontario sont chacune passibles d’une amende maximale de 25 000 dollars et d’une peine de deux ans de prison», rapportait la même source. Un boucher dans le Petit Maghreb, un immigrant, a raconté qu’il y a trois décennies, un nouvel arrivant d’Algérie avait acheté un mouton et a tenté de l’égorger à même la rue ! L’incident avait vite été contenu par les membres de la communauté ! Le Canada compte près d’un million de musulmans, 940 000. Près de 300 000 vivent au Québec.

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Candidatures pour les prix de la fondation Club Avenir (Canada)

septembre 16, 2015

Encore deux semaines avant la clôture de la période des candidatures pour les prix de la Fondation Club Avenir qui rend hommage et valorise l’excellence au sein de la diaspora algérienne au Canada.

Gala Club Avenir - 2013

Gala Club Avenir – 2013

Les candidats peuvent déposer eux-mêmes leurs dossiers ou peuvent être proposés par  d’autres personnes.

« Près de 50% des candidatures sont proposées par de tierces personnes qui estiment que tel  ou telle membre de la communauté mérite d’être honoré. L’autre moitié est soumise par les candidats eux-mêmes », affirme à El Watan Tahar Dilmi, président du comité de nomination et de sélection qui compte 6 membres, des universitaires et chefs d’entreprises.

« L’étude de la candidature va au-delà de la simple lecture du CV. Nous faisons les recherches et les recoupements d’usage.  Parfois quand il le faut, nous demandons des précisions aux candidats », ajoute celui qui est à son troisième mandat. Il ne sollicite pas un quatrième, tient-il  à préciser!

Le comité de sélection choisit deux ou trois candidats par catégorie et les soumet au jury qui est composé de 6 à 8 membres dont les trois membres fondateurs de club Avenir (le Pr à  HEC Taieb Hafsi et les deux chefs d’entreprises dans les TIC Ahmed Aina et Bachir  Halimi).

« Le comité de sélection est totalement indépendant du jury. Nous leur soumettons notre proposition. Chaque membre donne un nombre de points à chaque candidat et celui qui récolte le plus de point remporte le prix de sa catégorie », explique Tahar Dilmi.

Les catégories sont au nombre de cinq : Trois prix d’excellence (la Palme d’or, le Grand prix jeune potentiel et l’Entreprenariat au féminin) et deux prix de distinction ( Reconnaissance d’une réussite exceptionnelle et  Reconnaissance d’une contribution communautaire pour organisme ou un individu).

La majorité des lauréats des précédentes éditions venaient du Québec. Montréal était un peu surreprésentée. Ceci s’explique par la concentration de la majorité de la communauté algérienne du Canada dans la grande région de Montréal.

Ceci dit, il  y a eu des lauréats venus de Colombie Britannique dans l’Ouest du Canada et de l’Ontario de la région d’Ottawa.

Une question revient souvent : Quelle pertinence a un tel prix dans une ville comme Montréal où se distribuent chaque fin de semaine des dizaines de médailles et de plaques pour de multiples raisons?  La réponse est toute simple : donner l’exemple aux jeunes issus de la diaspora et leur dire que la réussite et l’excellence sont possibles et ne sont pas totalement  déterminées par  l’origine de la personne.

L’autre intérêt est de montrer que les membres de cette diaspora sont loin de l’image véhiculée par les médias dominants.

A noter que la fondation club avenir vient de nommer une nouvelle directrice générale, Tina Sebti qui succède à Sara Nacer.  Bachir Halimi, membre fondateur, est devenu à la même occasion président de la Fondation.

Pour le dépôt de candidature ….

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Montréal : La soprano Fairouz Oudjida, interprète universelle

septembre 12, 2015
La soprano Fairouz Oudjida  donnera  demain  samedi  un récital à l’école de musique Vincent d’Indy de Montréal. Elle sera accompagnée par le pianiste canadien Alain Dubé. Elle passe aussi facilement d’une musique à une autre que d’une langue à une autre – Elle est diplômée en interprétariat anglais-français-arabe ! Entretien.
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Quel programme avez-vous préparé pour votre récital de ce samedi ?

Je chanterais mon parcours, tous les pays qui m’ont formée et par lesquels je suis passée. Je ne le raconterais pas mais je le chanterais. Je passerais par différents répertoires : québécois, italien, russe et bien sûr des sonorités orientales.
 Le concert s’adresse aussi bien aux Canadiens qu’aux Algériens du Canada et à tous les mélomanes issus du monde arabe qui vivent ici. Ça les fait voyager dans les souvenirs du passé. Ça les touche, car ils ont tous connu les chansons que je vais chanter. Ils auront l’occasion de les écouter  dans un autre pays avec une voix particulière.
On se rappelle de votre triomphe au festival du monde arabe de Montréal en 2013. Quelle en était le secret ?
Les gens au Québec  ont aimé la chanteuse d’opéra qui reprend  les chansons de son patrimoine à sa façon. Plus de 80% des présents étaient des Québécois.
A cette occasion, j’avais aussi chanté Mon pays c’est l’hiver de Gilles Vigneault. Pour ce samedi j’ai une surprise pour les présents.
Comment s’est faite votre participation à ce festival ?
C’était simple. Je suis allée voir le directeur du festival, Mr Nekhlé. Je lui ai dit que je voulais chanter pour le festival et que j’avais des chansons  prêtes, des mélodies algériennes,  orientales et occidentales. Au fond, le concept du festival correspond à ce que j’ai toujours fait.
Dans le cadre de ce festival, j’avais lancé un CD Opéra du désert. Il comprenait plusieurs chansons algériennes : Alayki minni Salam, Harramtou bik nouassi et Achakt tefla andaloussia, Goumari, Ssendou , Ya zahratane fi khayali de Farid Ell Atrache et  une romance de Rachmaninov.
Comment avez-vous fait pour adapter ce patrimoine au chant lyrique ?
Toute une histoire.  Quand j’étais à Milan, j’ai fait une tournée dans toute l’Italie avec  la formation Les voix du monde (Voce del mondo).  Je représentais évidemment la voix algérienne. C’est là où j’ai commencé à chanter Alayki minni salam la première fois pour représenter mon pays. Parce qu’on nous demandait de chanter un air d’opéra et une chanson traditionnelle avec une tenue traditionnelle.
Je voulais diversifier mon répertoire traditionnel comme le faisaient les autres membres du groupe. Mais je n’avais que Alaiki Minni salam qui m’a été transcrite pour voix et piano par ma professeure  russe Tatiana Sergueèva  Saouli.
Il faut noter qu’on n’a pas de partitions pour les autres chansons.  On les connait à l’oreille ou on a juste la ligne mélodique. Les pianistes japonaises ou chinoises de notre orchestre ne pouvaient pas jouer sans partition.
 Alors j’ai contacté une compositrice qui était à l’école. Elle m’avait transcrit Ssendou et Goumari.
Alaiki minni salam (Terre de mes aïeux je te salue) a eu beaucoup de succès. Vous savez, les Italiens sont très difficiles avec les musiques étrangères.  Ssendou c’était le coup de cœur pour eux. La directrice de l’école en est tombée amoureuse, elle qui me jurait que par une chanson japonaise.
A ce moment, je me suis sentie investie d’une mission. Celle de présenter la culture algérienne à travers ma voix universelle.
Faudrait-il toujours adapter une chanson à l’oreille occidentale ?
Non pas nécessairement.  Il y a des chansons qui nous touchent et qu’on pense que tout le monde va aimer mais qui ne diront rien à l’oreille élevée dans une autre culture. Ma professeure me dit toujours « Cous avez pris ca dans le biberon quand vous étiez bébé et vous aimez. Mais pour une oreille étrangère ce n’est pas évident. Car il y a tout un vécu associé à la chanson ».
Je me suis toujours vu en train de chanter mes chansons à des étrangers. Je suis agréablement surprise quand le public en Italie apprécie et apprend même Goumari. Certes ma voix y est pour quelque chose. D’ailleurs, je peux sentir maintenant, mon oreille étant algérienne et universelle, que telle chanson va être bien accueillie.
Est-ce que tout peut être universel ?
Tout dépend. On peut faire des arrangements pour le rendre universel.  Il y a un répertoire qui a plus de facilité à prendre une couleur universelle. Mais, il y a un répertoire traditionnel qu’il est difficile d’adapter mais pas impossible.
Comme Ya Salah qui est très traditionnel que j’ai adapté. Je n’étais pas très sûre mais j’ai un bon feeling (ana albi dalili comme le dit la chanson, mon cœur est mon guide).
Ya Salah a été beaucoup appréciée par mes amis québécois. Elle leur fait rappeler El Adane !
Y a-t-il une chanson du répertoire algérien que vous aimeriez adapter?
Oui, Fat elli fat de Ahmed Wahbi par exemple.
Vous êtes diplômée en interprétariat et traduction. Comment êtes-vous venue à la musique ?
J’ai toujours aimé chanter et danser avec mon père qui ‘accompagnait à l’accordéon. Il est ingénieur géologue et amateur de cet instrument de musique. J’ai vécu mes 17 premières années à Hassi Messaoud dans le sud algérien en plein désert. J’en garde de très bons souvenirs. A Hassi Messaoud, j’aimais beaucoup chanter et  imiter mes professeurs. Je commençais déjà à avoir un public qui était formé de mes camarades à l’école. On me choisissait pour faire la présentatrice lors des spectacles à l’école.
A l’école  et pour l’anecdote, pendant notre heure de sport, nous les filles nous attendions que les garçons finissent leur partie de football pour pouvoir entrer sur le terrain. Alors, je chantais pour mes copines.  Je leur chantais Abdelhalim, entre autres.
A la maison nous avions une grande collection de disques vinyl très variés (Albinoni, Vivaldi, Fairouz, Taos Amrouche, Asmahane, Abdelhalim, Abdelouahab, Farid…).
J’écoutais beaucoup Fairouz. D’ailleurs ma grand-mère m’avait choisi ce prénom pour que je chante un jour comme elle! J’aimais voir mon prénom écrit sur les grands disques en vinyle. Ca m’impressionnait et j’en étais fière !
Un jour, j’avais 11 ans, mon père m’appelle. Il y vat une chanteuse d’opéra à la télévision, sur Arte. Il me dit : « Fairouz, viens ma fille. Regarde. Tu sais combien ça a pris pour cette dame pour chanter ainsi ? » Je lui répondit spontanément : « papa, il suffit d’avoir une belle voix pour chanter comme ça! ».   Il me dit ca prend plusieurs années de travail !
Cette chanteuse était habillée en blanc.  Elle était belle avec de longs cheveux blonds bouclés. Elle chantait un air merveilleux. Je ne connaissais pas le répertoire à l’époque, mais elle était divine. C’est là où j’ai eu le coup de cœur et la révélation. J’étais hypnotisée. Je me suis dit quel monde merveilleux. En même temps j’avais cette impression que je connaissais ce monde.
Cette scène, je la revois en HD ! Je pourrais même dessiner cette chanteuse tellement elle m’a marquée.
Et puis l’école de musique à Alger ?
Ma sœur qui m’avait précédée pour étudier à Alger m’avait trouvé une association de musique andalouse où je pouvais apprendre la musique tellement je l’ai harcelée ! C’était Essendoussia.
C’est elle qui m’inscrivitt.  Au début c’était toute une aventure pour moi d’y aller. J’étais habituée à aller de chez moi à l’université mais là je devais aller encore plus loin dans la ville. Il ne faut pas oublier  j’étais la fille de Hassi Messaoud qui débarquait à Alger –(New york !) !
Je devais faire du piano andalous. Le premier jour en arrivant, je voyais les costumes traditionnels accrochés, c’était la veille d’un concert, et j’entendais les notes de musique et un chœur. Avant de croiser qui que ce soit je me suis dit : le paradis doit ressembler à ça ! J’entrais dans un  monde merveilleux. Un monde auquel j’ai toujours rêvé. J’avais 17 ans !
17 ans, ce n’était pas un peu trop tard?
Pour le classique oui mais pour l’andalous, ce n’est pas trop tard. J’ai appris aussi le violon et j’étais très bonne !
Comment êtes-vous venue au chant ?
Un jour le violoniste qui remplaçait notre professeur  de piano  me demande si j’aime l’andalous. Je lui dis oui mais je préfère le Malouf. Ma mère est de l’est algérien,  j’ai grandi dans cette musique. Mon grand père écoutait Fergani et Chikh El Afrit. Résultat : ça me fait vibrer plus que d’autre musique car ça remonte à mon enfance. L’andalous me touche mais différemment.
 Et plus que tout, je préfère l’opéra, lui ai-je dit. Mais malheureusement ça n’existe pas en Algérie.
Il me répondit que si. Il y a une prof russe. Je lui ai dit emmène moi la voir tout de suite stp.  Il me dit que ce ne sera pas possible avant l’année prochaine. J’insiste et je finis par la rencontrer à l’Institut régionale de formation musical(IRFM) d’Alger.
On était quatre dans la classe. Les cours se donnaient deux fois par semaine. La professeure était disponible pour nous donner le maximum sur la musique, l’art et la vie surtout.
 Dès que je finissais ma journée à l’université, je courais au cours de Mme Tatiana Sergueèva  Saouli.
Elle m’avait suggéré au début d’apprendre la musique (théorie) et revenir l’année suivante. Je l’ai suppliée en lui disant que j’avais déjà perdu 17 ans de ma vie avant de la rencontrer et que je ne voulais pas perdre une heure de plus. Je veux rattraper le temps perdu.
J’apprenais vite. J’avançais à grands pas. Je suis une personne très motivée et passionnée.
A la fin de ma première année, on devait célébrer l’anniversaire de Pouchkine à Ibn Khaldoun, c’était en 1999. La salle était pleine et ii y avait plusieurs ambassadeurs. On vivait encore sous la menace terroriste. On a eu une très belle couverture médiatique.  Pour nous c’était une victoire.
Puis les concerts s’enchainaient.   En 2001, je représente l’Algérie pour la première fois à Moscou. Après, en 2004, j’ai obtenu une bourse pour étudier en Italie à Milan. Ma prof m’a énormément encouragée.
Pourquoi avoir opté pour le Canada ?
En 2010, la cloche avait sonné pour un changement. Je suis venue plusieurs fois au Canada avant de me dire un jour pourquoi pas une expérience nord-américaine? J’avais eu mon expérience européenne en Italie, je connaissais la culture russe par ma prof et même la culture asiatique avec mes camarades de classe en Italie qui étaient japonaises, sud-coréennes et de chinoises. Je savais qu’il y avait beaucoup d’opportunités au Canada.
 Dès mon arrivée, j’ai commencé à chercher les profs avec qui travailler. Il n’a jamais été question pour moi que je fasse autre chose que la musique et le chant.  C’était évident. Je suis venue ici pour continuer. Je ne me posais même pas la question.
 Ce n’était pas facile au début car je n’avais pas de contacts au Canada. Pas comme en Italie où j’avais pratiquement un concert par moi.
Il fallait trouver les gens pour qu’ils m’écoutent et me découvrent. Je cherchais et je n’ai pas lâché. A la fin, j’ai été chanceuse de tomber sur les bonnes personnes issues de l’université, de l’opéra de Montréal et du conservatoire.

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Canada : mobilisation pour les réfugiés syriens

septembre 7, 2015

Il aura fallu que la photo du corps du petit Aylan Kurdi, échoué sur une plage turque, soit vue pour que le sort des réfugiés syriens passe à la une des médias partout dans le monde et au Canada.

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Rassemblement à Vancouver

Vancouver, Ottawa et Montréal sont les premières villes à avoir manifesté dans un pays connu pour avoir eu, jusqu’à récemment, une politique d’accueil de réfugiés des plus généreuses dans le monde. Hsen Moussi, président et fondateur d’une association de défense de réfugiés, Mouvance migratoire Ô Canada, estime que jusqu’à récemment le gouvernement canadien n’a pas fait preuve d’un grand enthousiasme concernant l’accueil des réfugiés syriens.

Mais «depuis la publication de la photo du petit Syrien, la donne a changé et toute la classe politique, y compris le gouvernement, veut les accueillir. Encore faudrait-il qu’ils arrivent au Canada», a-t-il indiqué. Le gouvernement canadien (conservateur) avait promis, en janvier dernier, d’accueillir 10 000 réfugiés syriens sur trois ans. Mais concrètement, seuls 1002 Syriens se sont installés au pays de la feuille d’érable.

En 2014, ils étaient 1300. Hsen Moussi a lancé une pétition pour demander au gouvernement Harper de régulariser tous les demandeurs d’asile qui sont déjà présents au Canada et ce ne sont pas seulement des Syriens. Il rappelle aussi que, depuis 4 ou 5 ans,  les demandes de refuge sont traitées plus «sévèrement», en plus des coupes dans les budgets alloués aux organismes d’aide aux réfugiés.

Aylan Kurdi et le Canada

La mort de Aylan Kurdi s’est invitée à la campagne électorale canadienne pour les élections du 19 octobre prochain. Chris Alexander, ministre de l’Immigration, s’est retrouvé au cœur d’une controverse après la publication de l’information sur son refus d’accorder l’asile à la famille du petit Aylan, en mars dernier.

La demande de parrainage aurait été déposée par la tante du bébé qui vit à Vancouver, dans l’Ouest canadien. Le ministre conservateur a même suspendu sa campagne pour gérer cette crise. Finalement, il s’est avéré que c’est l’oncle et non le père de Aylan à qui la demande de refuge a été refusée.

Que ce soit le père ou l’oncle qui a déposé la demande, ceci met en lumière la froideur d’un système où parfois l’humain devient un simple code ou numéro de dossier. Les partis de l’opposition ont sauté sur l’occasion et une surenchère sur les bonnes intentions d’accueil s’en est suivie. «Un gouvernement du NPD va prendre cette crise humanitaire extrêmement au sérieux, comme nous en avons l’obligation, et le Canada va assumer sa part», a dit Thomas Mulcair, chef du Nouveau parti démocratique (centre gauche), qui a promis d’accueillir
46 000 réfugiés.

Justin Trudeau, chef du Parti libéral, s’est engagé à accueillir 25 000 réfugiés syriens,  si son parti venait à remporter les élections.

De son côté, le Premier ministre sortant et chef du Parti conservateur, Stephen Harper, s’est engagé à accueillir 20 000 réfugiés syriens d’ici quatre ans. «Aussi longtemps qu’il y aura des organisations comme le soi-disant Etat islamique, provocant littéralement des millions de réfugiés et menaçant de massacrer des gens partout dans le monde, il ne peut y avoir de solution à la crise des réfugiés. Nous devons avoir une position militaire ferme contre l’EI et c’est ce que nous faisons», a-t-il affirmé en conférence de presse. Le Canada participe à la coalition militaire internationale contre Daech.

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Le Canada a refusé l’asile à la famille du petit Aylan Kurdi…

septembre 3, 2015

La famille du petit Syrien Aylan Kurdi dont la photo du corps échoué sur une plage en Turquie  a fait le tour de la planète, avait tenté il y a quelques mois de rejoindre le Canada mais s’est vue refuser la demande par le ministre de l’immigration Chris Alexander  (conservateur), selon le quotidien The  Globe and Mail dans son édition de ce jeudi.

Une demande de parrainage avait été déposée par la tante paternelle du petit Aylan qui habite Vancouver, dans l’Ouest canadien. Elle avait même été appuyée par le député de sa circonscription mais ceci n’a pas pesé dans la décision du ministère canadien de l’immigration.

En pleine campagne pour les élections législatives fédérales du 19 octobre prochain, les trois principaux partis canadiens ont promis de revoir à la hausse le seuil du nombre de réfugiés syriens autorisés à venir au Canada.

«Un gouvernement du NPD va prendre cette crise humanitaire extrêmement au sérieux, comme nous en avons l’obligation, et le Canada va faire sa part», a dit Thomas Mulcair, chef du Nouveau parti démocratique (Centre-gauche).

Justin Trudeau, le chef du parti libéral s’est engagé, quant à lui, à accueillir 25 000 réfugiés syriens  si son parti remporte les élections.

De son côté le Premier ministre sortant et chef du parti conservateur Stephen Harper , s’est engagé à accueillir 20 000 réfugiés syriens d’ici quatre ans. Ce dernier a affirmé en conférence de presse que son gouvernement, s’il est réélu, fera davantage en insistant sur le fait que « l’augmentation des quotas de réfugiés ne suffirait pas pour mettre un terme au drame des milliers de Syriens qui fuient le conflit sanglant dans leur pays ».

«Aussi longtemps qu’il y a aura des organisations comme le soit-disant État islamique, qui crée littéralement des millions de réfugiés et menace de massacrer des gens partout dans le monde, il ne peut y avoir de solution à la crise des réfugiés. Nous devons avoir une position militaire ferme contre l’ÉI et c’est ce que nous faisons», selon ses propos  rapportés par l’AFP.

Le Canada qui participe à la coalition militaire internationale contre Daesh avait promis en janvier dernier d’accueillir 10 000 réfugiés syriens sur trois ans. Mais concrètement, seuls  1 002 syriens se sont installés au pays de l’érable. En 2014, ils étaient 1 300.

Le gouvernement conservateur disait  « prioriser les minorités ethniques et religieuses, celles qui sont menacées ». D’où peut-être le refus de la famille du petit Ayalan.

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