Immigration au Canada : Le Québec attire toujours les Algériens

Dans l’avion d’Air Algérie qui les amène d’Alger à Montréal, on peut reconnaître quelques-uns à leurs nombreux bagages, un peu plus que les autres passagers, à leur excitation et à leur angoisse parfois qui trahissent la peur de l’inconnu après avoir quitté les leurs pour une nouvelle vie. Une nouvelle aventure d’où ils doivent repartir de zéro.

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On les reconnaît aussi à leurs questions parfois existentielles (travail, enfants, réussite, études, couple…) et pour lesquelles il n’y a pas de réponses toutes prêtes. Ce sont les nouveaux immigrants algériens qui débarquent à l’aéroport Pierre-Elliott Trudeau de Montréal dans la province du Québec à chaque vol d’Air Algérie – d’autres, peu nombreux, atterrissent dans d’autres aéroports ou passent par d’autres compagnies.

Tout se passe généralement vite et bien avec les services d’immigration fédéraux ou provinciaux. La bureaucratie canadienne a le mérite d’être efficace. Ses lourdeurs ou ses problèmes avec la corruption sont ailleurs et le risque de la croiser à l’aéroport est faible. Au premier trimestre 2015, pas moins de 414 immigrants d’origine algérienne ont été admis au Québec sur un total de 9200. Ils sont classés cinquièmes après les Chinois, les Français, les Iraniens et les Marocains, selon les statistiques du ministère de l’Immigration.

 Bienvenue_Au_Quebec

Ces chiffres peuvent paraître faibles, mais il ne faut pas oublier que ce sont ceux d’un seul trimestre. Pour l’année 2014, le Québec a reçu 50 275 immigrants dont 7% venaient d’Algérie, soit 3519. Ils étaient classés 3es après les Iraniens et les Français, suivis des Chinois et des Haitiens. «C’est une communauté d’installation récente au Québec et au Canada en général», explique le Dr Brahim Benyoucef, expert en urbanisme et fondateur de l’Observatoire Espace et Société au Québec.

Il a dressé un portrait de l’immigration algérienne au Canada en 2013 (voir l’entretien qu’il a accordé à El Watan pour ce dossier). «Selon la période d’immigration, seulement 360, soit 2,0% du total des Algériens immigrés au Québec, ont immigré avant 1976 ; 165, soit 0,9% ont immigré entre 1976-1980 ; 170, soit 1,0% entre 1981-1985 ; 760, soit 4,3% entre 1986-1990», explique-t-il. S’ensuit une «hausse» de l’immigration algérienne qui coïncidait avec la décennie noire. Et c’est dans les années 2000 qu’il y a eu une «explosion». «Entre 2001 et 2006, soit durant cinq ans seulement, le Canada a reçu plus d’Algériens qu’il n’en a reçus durant deux décennies (1980 à 2000)», remarque le Dr Brahim Benyoucef.

Plusieurs raisons expliquent cette évolution. «La politique d’accueil que la Canada a adoptée pour parer à son déficit démographique, la situation sécuritaire en Algérie fragilisée dès 1988 et la volonté de certaines familles algériennes de profiter d’une ouverture pour explorer de nouvelles opportunités, d’autant plus que le Canada affiche une attitude d’ouverture et d’accueil très différente de l’hostilité de certains pays d’Europe, dont la France», selon le même interlocuteur.

Le cheminement au Québec d’une famille maghrébine typique a fait l’objet d’une bande dessinée publiée en 2010 par le Centre culturel algérien (CCA), une association indépendante basée à Montréal — à ne pas confondre avec les centres culturels relevant de la diplomatie algérienne. Intégration… Dites-vous ! est le titre de la BD d’une quarantaine de pages éditée en collaboration avec le ministère de l’Immigration.

BD conçue et réalisée par l'association le Centre Culturel Algérien (Montréal) - http://www.ccacanada.org/

BD conçue et réalisée par l’association le Centre Culturel Algérien (Montréal) – http://www.ccacanada.org/

Elle gagnerait à être mise dans le sac d’accueil de tout immigrant qui débarque d’un avion d’Air Algérie. On y suit les parents, Madjid et Nabila, et leurs deux enfants, Nawal et Nassim. Après l’euphorie des premiers jours, place à la déception et la frustration des parents qui ne trouvent pas de travail. La maman remet en cause le choix de venir au Québec. Le père, de son côté, n’arrive pas à digérer le fait de se retrouver à compter sur l’aide sociale.

Lui dont les succès professionnels dans son pays étaient donnés comme exemple. Maintenant, il passe son temps avec d’autres immigrants qui vivent de l’aide sociale et qui passent leur temps dans les cafés à broyer du noir et à cracher sur cette société qui ne les reconnaît pas à leur juste valeur. De leur côté, les enfants s’intègrent plus facilement à travers l’école. Et c’est la rencontre avec la famille québécoise d’un ami de leurs enfants que leur expérience au Québec prend un cheminement plus positif. La bande dessinée a le mérite d’utiliser un langage direct et aborder frontalement les problèmes (les vraies affaires, comme on dit au Québec).

 

Pensée positive et réussite

Mehdi Benboubakeur est arrivé au Québec avec sa femme il y a une dizaine d’années à l’âge de 31 ans. Au bout de 2 semaines, il répond à une petite annonce. Un producteur de film indépendant cherchait une personne qui avait des qualifications en effets spéciaux. «On m’a demandé où j’avais fait mes études dans ce domaine. Je leur ai dit que j’étais autodidacte», explique Mehdi. A son grand bonheur, il est retenu. «J’ai passé les tests, et j’ai obtenu le poste», raconte Mehdi. En Algérie, il avait lancé une agence de publicité. Parmi ses clients, l’émission Khatem Souleimane qui passait sur la télévision algérienne et dont il avait réalisé le générique. «Je ne présume jamais que la personne que je vais rencontrer va me dire non», nous dit cet ingénieur en génie mécanique, major de sa promotion.

Quartier Le Petit Maghreb - Supporters de l'équipe nationale algérienne - Coupe du monde de football 2014- (c) Mohamed Kadri

Quartier Le Petit Maghreb de Montréal – Supporters de l’équipe nationale algérienne – Coupe du monde de football 2014- (c) Mohamed Kadri

Mehdi a, par ailleurs, une formation supérieure en marketing-communication qu’il a suivie à l’école El Qualam à Annaba, en Algérie, en partenariat avec l’université de Perpignan (France). Avec un ami, immigrant d’origine marocaine, il lance en 2008 un magazine, Réussir Ici. «Notre vision était d’adopter une attitude et une pensée positives, (à ne pas confondre avec la pensée magique, Ndlr). Il faut prendre notre place dans la société d’accueil. Nous sommes en Amérique du Nord.

Il ne faut pas attendre qu’on nous la donne. Il faut juste entreprendre. Rien ne peut nous bloquer si nous avons la bonne idée», explique-t-il avant de lancer un : «Si tu te lances en mode perdant, sois sûr que tu vas perdre». Mehdi n’a pas refait d’études mais a pris des cours de cinéma. «Le magazine m’avait permis d’agrandir mon réseau et j’ai été approché par l’organisme ‘‘La conférence des élus de Montréal’’ qui m’a proposé de déposer ma candidature pour un poste de chargé de communication que j’ai fini par décrocher», nous dit-il. Il est à ce poste depuis 2008.

L’organisme vient d’être dissous il y a quelques jours, mais Mehdi Benboubakeur n’a pas chômé et il continue sa carrière à la tête du Printemps numérique, «une initiative qui renforce le positionnement de Montréal comme capitale créative». «Mon conseil aux nouveaux arrivants est d’être positif et de croire en soi. Il faut aussi se dire qu’il y a toujours du bon même dans les situations les plus difficiles et qu’il n’y a rien d’anormal de passer par des moments de doute et de questionnement», conclut ce papa de 3 garçons, tous nés au Québec.

 

Aziz reprend le chemin de l’école

 

Le problème de la non-reconnaissance des diplômes et de l’expérience acquises par les immigrants en dehors du Québec n’arrête pas les demandes d’immigration venant d’Algérie. Encore moins les délais de traitement de dossiers par les services d’immigration du Québec qui vont de 4 ans et 9 mois à 5 ans et demi en moyenne. «J’ai quitté l’Algérie, c’était mon premier objectif. Ce qui allait venir après m’importait peu», nous explique Djamel, un ingénieur en informatique qui travaille dans le soutien technique dans un centre d’appel.

Montréal - (c) Mohamed Kadri

Montréal – (c) Mohamed Kadri

«Le taux de chômage des immigrants était de 11,6% en 2013 contre 7,6% pour l’ensemble de la population. La population immigrée d’arrivée très récente (5 ans ou moins) affiche un taux de chômage plus élevé que celui de l’ensemble de la population immigrée (14,6% contre 11,6%).

Le taux de chômage des personnes immigrantes diminue avec la durée de résidence. Il était de 11,2% chez celles arrivées il y a 5 à 10 ans, et de 10,8% chez celles arrivées il y a plus de 10 ans», selon les chiffres du ministère de l’immigration. Aziz, 34 ans, est arrivé au Québec il y a un peu plus d’une année. Avec un diplôme français en ressources humaines et une expérience de travail de 8 ans à Alger, il ne s’attendait pas à ce qu’aucune compagnie ou administration ne réponde à ses dizaines de CV envoyés. «Je savais que ça n’allait pas être facile.

Avec Internet et les amis qui vivent depuis plusieurs années, j’entendais parler du problème. Mais je me disais que ça n’arrive qu’aux autres», affirme ce père de deux petites filles. «Curieusement, je ne recevais des réponses que pour des postes de travail dans les centres s’appel», ajoute-t-il. «Ne jamais écouter les mauvais conseils», répète Aziz qui se rappelle le chemin que lui ont montré certains immigrants qui vivent de l’aide sociale et qu’il a rencontrés dans un café du quartier le Petit Maghreb de Montréal. «Mets-toi sur l’aide sociale et travaille au noir.

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C’est la seule issue pour les immigrants ici», lui conseille-t-on. Si d’autres peuvent subir un «lavage de cerveau», Aziz n’y succombe pas. Il commence à travailler comme commercial dans une grande enseigne de distribution. Voyant qu’il ne pouvait pas évoluer, il quitte après quelques mois. «La réussite passe par un bon travail qui nécessite un diplôme d’ici», nous dit Aziz qui a repris le chemin des études pour préparer un diplôme en gestion commerciale.

Alors, quid d’une immigration réussie ? Pour le Dr Brahim Benyoucef, «elle consiste en une adhésion confortable dans le milieu d’accueil. J’entends par confortable, consciente et cohérente avec la vison et les valeurs de l’individu et de sa famille. Une adhésion intervenant à tous les niveaux emploi et société. Une adhésion qui répond aux attentes initialement fixées. C’est une adhésion réussissant l’équilibre entre conscience identitaire et conscience citoyenne».

Par Samir Ben  Contactez moi

———————– Prière de prendre note que tout commentaire qui contient des insultes, des propos racistes, islamophobes ou anti-sémites sera systématiquement refusé. Signalez-le moi. Cet espace doit demeurer un lieu de débat contradictoire basé sur le respect de tout un chacun. ——————————

copyright – 2012-2015 – Samir Ben

11 réponses à Immigration au Canada : Le Québec attire toujours les Algériens

  1. Pierre Cloutier dit :

    Tous les immigrants sont bienvenus au Québec, de quelque région du monde qu’ils proviennent, à la seule condition qu’ils nous respectent comme peuple et comme nation et qu’ils viennent pour s’y intégrer en respectant nos valeurs, dont les principales, sont notre langue, notre culture, notre identité, l’égalité homme-femme et la séparation de l’État et de la religion. Nous ne sommes pas du tout à l’aise avec l’intégrisme religieux et les femmes voilées.

    Pierre Cloutier

    • revoltée dit :

      Bien entendu. Rien ne peut égaler la comprehension mutuelle.
      Mais le meilleur des deux mondes est celui dans lequel chacun est chez lui.
      Pour ceux qui ont déjà attérit au Québec, il est trop tard. Ils devront accepter le refus de l’autre.
      Mais si vous voulez avoir de meilleurs candidants à l’immigration, alors soyez plus selectifs quand vous envoyez vos visas!. Car quand on chasse le naturel, il revient au galop. Vous ne pouvez pas changer la mentalité d’une personne qui a toujours réfléchis d’une certaine façon. Mais vous pouvez l’empêcher de venir si elle ne correspond pas au modèle que vous recherchez.
      Utilisez les ressources que les anciens immigrants peuvent vous donner: On connait les notres mieux que vous. On sait qui est ici pour vivre et qui est ici pour empêcher les autres de vivre.
      Même nous les immigrants, on veut vivre en paix et loin de ces idées préhistoriques et grégaires. Mais vous ne faites pas confiance à notre jugement, nous qui avons connu la souffrance dans nos pays d’origine. Nous qui voulons vivre en paix et dans la joie et la réciprocité. Nous qui voulons bâtir un pays uni.
      À bon entendeur.

  2. Pierre Cloutier.
    Les 2 derniers mots de votre commentaires sont une exigence (je suppose que c’est la votre) que ne pourrait accepter quelqu’un , n’importe lequel, qui est fidèle à son créateur. Quel que soit le nom de ce créateur et quelle que soit sa religion.
    Pouvez vous exiger d’un Hindou de se séparer de sa tenue vestimentaire ?
    Pouvez vous exiger d’un prêtre ou d’un Rabbin de se séparer de tenue religieuse ?

    Pourquoi est-on bloqué d’esprit quand il s’agit de nos sœurs Musulmanes qui ont de la dignité à en revendre ?

    Je ne suis pas Musulman , mais Chrétien avec un esprit ouvert.
    Je respecte tous ceux qui ont la FOI innée et qui ne sauraient reprocher à ceux et celles qui se disent évolués et qui se marient entre humains de même sexe ou qui se livrent à des partouzes à douze, sans parler de l’échangisme qui , selon certains esprits rétrogrades, les élève à un rang de la « hight society »

    Nous devons respecter et accepter ceux qui prient différemment et éviter de pointer le doigt comme si nous étions de…race supérieure.

    Chacun est comptable de ses actes devant le Père suprême.
    Nous sommes comme un produit périssable avec une date de péremption.

    Bien à vous Mr.Pierre. Je vous comprends parfaitement .Je vous invite à bien comprendre mes propos.

    Aspice curvatos pundere ramos…..Amen !

    • Chrif dit :

      Vous ne pouvez pas comparer la tenue religieuse d’un prêtre ou d’un rabin qui sont des officiants religieux avec l’accoutrement souvent inadapté de certains musulmans.
      En islam aussi comme on dit en France « l’habit ne fait pas le moine » et même encore plus selon la parole du Prophete : »Dieu ne regarde ni vos visages ni vos habits mais Il regarde vos cœurs et vos actions ».
      Donc, qu’on arrête avec cette apparence abusive qui n’a rien de religieux du moment que l’on s’habille décemment et surtout qu’on se comportement avec courtoisie et respect comme le recommande l’enseignement de l’islam.
      Certains reproduisent l’apparence et la façon de vivre du bled et se mettent en opposition ostentatoire alors que la religion incite à la discrétion au vivre ensemble et au respect des us et coutumes et des lois du pays d’accueil du moment que l’on a le libre exercice de son culte et la liberté d’expression.
      D’ailleurs, toutes ces valeurs n’existent presque plus dans l’ensemble du monde musulman et c’est pourquoi leurs citoyens sont ceux qui immigrent le plus.

      • Pierre Cloutier dit :

        Je suis ouvert à toutes les cultures, à toutes les races, à toutes les origines ethniques et je n’ai aucun problème avec les immigrants, Bien au contraire. Les Québécois, en général, ne sont ni racistes, ni xénophobes et nous n’avons colonisé personne. Nous avons cependant, je l’avoue, de la difficulté non pas avec l’islam comme religion – après tout nous avons été sous la domination de l’Église pendant des siècles – mais avec L’IDÉOLOGIE islamiste contenue dans le Coran, particulièrement les versets violents de la période de Médine (622-632) où Mahomet était devenu chef de guerre et chef d’État. Je connais très bien le Coran et je l’ai comme livre de référence à la maison. C’est dans cette partie qu’on retrouve les versets qui sont pour nous inacceptables : couper la main des voleurs, fouetter les amants non mariés, battre la femme désobéissante, tuer les apostats et les non croyants et combattre les Chrétiens et les Juifs. Nous sommes aussi vraiment réticents à ce que des femmes voilées intégralement se promènent dans nos rues, ce qui représente pour nous une forme de provocation et violation d’une des valeurs que nous chérissons le plus au Québec, soit celle de l’égalité des hommes et des femmes. Personnellement je n’aurais pas l’impolitesse de me promener avec ma caisse de bière sous le bras accompagnée de ma femme en bikini dans certains pays arabes, Par respect pour la culture de ces gens. Or, attend la même chose des immigrants : qu’ils respectent notre langue, notre culture, notre façon de vivre, notre identité, nos valeurs. Me semble que c’est simple à comprendre. En plus, l’Islam interdit aux femmes musulmanes de se marier avec des non musulmans. Une femme musulmane ne peut pas épouser un québécois s’il ne se convertit pas à l’islam. Comment voulez qu’une communauté puisse s’intégrer à son pays d’accueil avec une règle pareille? Impossible. On le voit et on le verra. Tout cela n’inaugure rien de bon. Cela va créer des communautés fermées sur elles-mêmes, source de haine et de tensions sociales. On le voit en Europe. Le christianisme est en déclin et l’islam, comme civilisation est en progression. Il faut être aveugle pour ne pas le voir.

  3. revoltée dit :

    Elle est belle l’intégration.
    Je suis immigrante depuis Presque 15 ans et c’est un grand déchirement. Je sais que l’Algérie a beaucoup de problèmes sociaux, politiques et économiques, mais ramener sa misère dans ses bagages n’est pas toujours une solution.
    Le déchirement sera suivi de frustration puis enfin de désespoir.
    Rien ne remplace le pays d’origine.
    Pourquoi venir dans un pays qui n’arrête pas de solliciter les jeunes d’ailleurs à venir immigrer et ensuite les laisse peiner et perdre leurs racines et surtout leur dignité?
    Partir de l’Algérie c’est ne plus jamais y retourner et vivre comme un paria dans une province qui n’a aucun respect des différences et qui n’en veut plus des immigrants.
    Alors voile ou pas voile, barbe ou pas barbe, la question restera la même: À quel point vous acceptez que votre dignité soit trainée par terre par des gens qui vous voient comme de la main d’œuvre cheap et qui n’auront aucune ouverture ni à votre culture ni à votre religion. Et pourquoi respecteront ils votre religion quand ils n’en ont plus eux mêmes?. Et pourquoi accueillir votre culture quand leur culture est noyée dans un monde d’anglais et que la seule reconnaissance qui leur reste du monde est la poutine grasse?.
    Immigrer au Québec est juste une insulte de plus à s’infliger quand on vient du Maghreb en général. Car ils ne veulent pas de nous. Quand allez-vous le comprendre?.
    Merci.

    • farid dit :

      je ne partage pas totalement votre point de vue, mais la dernière phrase est bel et bien réelle : les québécois ne veulent pas de maghrébins, et ils nous le montrent quotidiennement dans nos lieux de travail (si on en trouve bien sûr). la haine des québécois envers les maghrébins est inouie. j’en ai gouté de toutes les couleurs, et pourtant, je ne suis pas pratiquant, je ne fais pas carême et je bois un coup de temps en temps. c’est dire que le prétexte d’intégriste ou islamiste ne tient pas la route.

      pour ma part, je dirais deux choses : primo, certains comportements de notre communauté ne correspondent absolument pas à la société d’accueil ( et je me demande souvent pourquoi certains ont immigré au Québec vu que leur mode de vie ne peut s’accommoder qu’avec l’Arabie Saoudite ou le Yémen).

      secundo: il est sans contexte que les québécois (en grande majorité) sont xénophobes et racistes, je le dis et je l’assume.

      • L'integré dit :

        Au fait les québécois n’aiment personne. Ni les anglophones, ni les français, ni les autochtones, ni les immigrants. Mais à chaque fois ils changent de montures. Actuellement nous les portons, à cause bien sûr de l’éruption intégriste, que nous avons pourtant fui.
        Le comportement de certains de nos compatriotes y est pour quelque chose. Surtout ceux qui abandonnent leur culture, et boivent un petit coup, pour montrer qu’ils sont différents de ceux qui devraient être affectés au Yémen et l’Arabie. Pour les québécois, nous sommes le même type de monture, et ils continuent à nous chevaucher, jusqu’à ce qu’ils se lassent et choisissent un autre troupeau.

  4. azul dit :

    Moi aussi, j’ai la même impression globalement sur les québécois quand il s’agit d’accepter les autres. seulement je me demande est ce que le problème ne réside pas en nous. Pourquoi les autres communautés ont plus de facilité à vivre ici pourtant en plus elles ont l’handicape de la langue.
    Dans le fond, c’est la particularité du Québec en Amérique de nord quand à son histoire, sa culture et même à sa politique d’immigration qui rend l’intégration plus difficile. Le Québec prône interculturalisme. C’est son choix de société et il a raison. L’avenir de sa culture y dépend. Des généralisations entières se sont sacrifiées chacune à sa façon pour que le Québec survive comme culture unique en Amérique du nord. Ses sacrifices ont donné aujourd’hui un Québec libre de toute emprise de l’église. Accepter de vivre au Québec c’est accepter de participer à promouvoir l’interculturalisme à travers des valeurs telle que la laïcité et l’égalité entre homme et femme. Pour les personne qui se considère musulmanes le défi est de taille. Comment est ce qu’on peut vivre sereinement quand nous mêmes possédons des valeurs en oppositions frontales avec celles de la société d’accueil?
    Nos parents et grands parents ont immigré en France. nous imaginons maintenant la non vie qu’ils ont eu toute leur vie. la bonne nouvelle pour certains d’eux, c’est que leur enfants étaient épargnés de tout cela. qu’est-il de nos enfants? Le grand choc c’est eux justement. J’ai la chance de travailler dans l’enseignement et j’ai une certaine possibilité d’observer un peu ce qui se passe pour eux. Malheureusement, le constat est alarmant. Ce n’est pas juste moi qui le dit mais le constat est le suivant: nos enfants sont déjà en difficulté. la raison: l’opposition des valeurs des parents à celles de l’école Québécoise.
    Imposer un autre model d’intégration à la US, multiculturalisme avec la version soft comme les maghrébins essayent de faire c’est tout simplement affronter la société qui nous a accueillit.
    Pour ma part, j’ai fait mes choix bien avant de venir,d’ailleurs c’est la raison de ma venu. Mes enfants sont chanceux de fréquenter une école ouverte sur le monde qui véhicule des valeurs universelles qui leur apprendra en premier lieu le vivre ensemble.
    Je ne cherche pas à plaire à personne. j’ai fais mes sacrifices pour venir ici et j’en fait encore pour trouver ma place et accompagner mes enfants dans leur cheminement.
    J’ai toujours pris mon petit coup ici ou avant de venir non pas pour montrer ma différence mais tout simplement parce que je suis différent. et c’est le cas de beaucoup.

    ,on est venu d’un meme pays.

  5. Révoltée dit :

    Je comprends tous les avis ici.
    Je dois dire que les algériens en particulier ont un problème historique de taille. Et ils ont de la misère à s’accepter entre eux. Je comprends qu’avec les horreurs des années 90 on doive se méfier de tout et de tout le monde mais quand une algérienne est dans le métro ou l’autobus et affiche un dédain et un mépris inimaginable envers sa consœur, alors là il faut se poser des questions.
    Avant de vouloir être aimés et acceptés par les autres, il faudra le faire pour nous et entre nous avant tout.

  6. athmane nia dit :

    les algeriens immigrants au canada croient qu’en immigrant au canada ils ont trouves solution de leurs vie, or ils l’ont compliquée et plus les annees passe plus ca se complique de plus en plus et a l’age de la retraite ils se rendent compte du gachi de l’immigration au canada, un pays loin de tout le monde, seul pays sans carte d’identite, un pays egoiste et materialiste, un pays comme une usine qui embauche les esclaves et achete la matiere premiere qu’est les enfants, les deracines pour produire un canadien sans ou avec identité la question ressemble a celle de la poule avant l’oeuf ou l’inverse? partout dans le monde si un canadien se presente une question se pose « d’origine d’ou? ».
    Or que ces enfants d’algeriens ont bien une racine algerienne, pure mediteraneenne, la ou il y’a la brume du matin au front de mer, les aures, et le sahara, et les 04saisons, ils ont bien des grands parents bons, simples, ravies, fiers, les biens aime(e)s de tous….
    un gachi pour un enfant d’algerien vendu pour des jouets americains ne connais meme pas le vecu de son pere au bled, parlant pas de l’histoire de la terre natale de cet pere ou mere parceque il nous faut un livre de 1millions de pages a partir d’avant jesus.
    c’est compliqué cette immigration chez des gens purement materialiste et a part materialiste y’a rien n’a signaler.
    le profond de cette immigration est peut etre beaucoup plus compliqué parceque je suis certain qu’un mediteraneen et qui a vecu une journee en mediteranee ne peut en tout etat de cause se deraciner, par contre les enfants je pense que c’est la le malheur de cet mediteraneen bon et sensuel, a l’inverse, cet enfant est le bonheur de cet materialiste qui donne rien sans interets.

    Athmane. Alger-Paris.

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