Deux Maghrébins à Lac-Mégantic…

Ils ne sont pas nombreux les immigrants à Lac-Mégantic, la petite ville qui a été le théâtre, le 6 juillet dernier, de l’explosion en son centre d’un train de 73 wagons transportant du pétrole brut. Bilan : 42 morts et 5 disparus.

Le seul organisme qui s’occupait des immigrants nouvellement arrivés a fermé ses portes il y a quelque temps « faute de subventions », m’explique Rémi Tremblay, le rédacteur en chef de l’hebdomadaire local, l’Echo de Frontenac. Il y a une petite poignée d’immigrants d’origine serbe, quelques Togolais et un Algérien et un Tunisien.

lacmegantic

Les Français qui vivent à Lac-Mégantic ne sont pas considérés comme immigrants. La ville est jumelée à Dourdan, une ville située à une soixantaine de kilomètres au Sud-Ouest de Paris (France).

rails

En visite à Lac-Mégantic ou les drapeaux sont toujours en berne et qui se relève de cette épreuve qui a fait la Une à l’échelle mondiale, j’ai pu voir une population paisible et résiliente qui n’a pas cédé au désespoir. Et comment l’aurait-elle pu avec tout cet élan de solidarité venu de partout au Québec et d’ailleurs. La vie reprend le dessus. A l’image du Musi-Café (le bar ou il y a eu le plus de victimes) qui va ressusciter dans le stationnement du magasin Maxi.  Les travaux de construction du châpiteau sont presque finis.

jai aussi croisé un immigrant d’origine africaine. Il est agent immobilier. Il a des affaires à Lac-Mégantic mais vit à Québec (la capitale de la province). Il ne sait pas encore si l’explosion va toucher son secteur puisque les baux venaient tout juste d’être signés.

Youcef l’Algérien et et Tarek le Tunisien

Youcef B., 34 ans, a quitté l’Algérie (Constantine) pour le Québec comme étudiant, il y 6 ans. Il vit à Lac-Mégantic depuis 7 mois. Ingénieur en climatisation en Algérie, il prépare en ce moment un doctorat en génie industriel à l’université Laval et travaille dans une grande compagnie de fabrication de Panneaux en mélamine basée à la périphérie de la ville.

Le soir de la catastrophe, il avait invité des amis chez lui à Lac-Mégantic pour leur faire découvrir la ville. Ils comptaient aller au centre-ville au bord du Lac pas loin du bistro le Musi-Café ou on a dénombré le plus grand nombre de victimes.

Comme ils étaient fatigués, ils ont reporté la sortie au-lendemain. Il est réveillé au milieu de la nuit par la propriétaire de la maison qui leur demandait d’évacuer les lieux. « Je n’ai pas compris ce qui se passait jusqu’à ce que je vois le champignon de feu dans le ciel. On dirait la bombe atomique d’Hiroshima », me dit Youcef B.

Ils seront hébergés jusqu’au matin chez le beau-frère de la propriétaire qui ne les a pas lâchés à cause des événements. Ils l’ont échappé belle. La maison n’est pas incluse dans la zone rouge ou jaune. Son téléphone n’a pas dérougi. Tous ses amis l’appelaient pour s’enquérir sachat qu’il vit à Lac-Mégantic.

ground_zero

Un de ses collègues n’a pas eu la même chance : Il a perdu un fils de 19 ans dans l’explosion. Youcef et d’autres collègues sont allés à l’église lui présenter leurs condoléances.

Son collègue Tarek Bendhaou n’était pas à Lac-Mégantic le soir de la catastrophe. Il était en vacances, Marié à une Québécoise et père de deux enfants, Tarek est d’origine tunisienne. Il vit au Canada depuis 32 ans. Ingénieur de l’Ecole polytechnique de Montréa, Tarek a travaillé dans plusieurs régions du Québec avant d’atterrir à Lac-Mégantic, il y a 14 ans. Les événements l’ont rapproché encore plus des Méganticois, me dit-il. « Avant, les gens disaient seulement bonjour. Maintenant, ils prennent le temps de demander des nouvelles ».

Sur le parvis de l’église Sainte-Agnès de Lac-Mégantic, en face de ce qui est appelé Ground Zero, les gens s’attardaient sur ce qui reste du centre ville. Ils ne sont pas que des Méganticois. Ce matin, les funérailles d’une des victimes ont eu lieu. Un couple de Montréalais a collé
à un arbre près de l’égélise un texte de solidarité pour les gens de cette ville éprouvée.

L’Echo de Frontenac, le journal local…

Rémi Tremblay est rédacteur en chef de l’hebdomadaire de la région, l’Echo de Frontenac. il fait partie de l’équipe depuis 32 ans. Il est en plein bouclage du dernier numéro. A la Une, la cérémonie de receuillement qui a eu lieu samedi dernier en hommage aux victimes de l’explosion.

Le siège du journal se trouve dans la zone rouge . « La rivière de feu est passée à deux maisons du siège de notre journal », me dit Rémi Tremblay.

Il affirme que personne n’a vu venir la catastrophe quoique, se rappelle-t-il, « cela fait seulement deux ans que les produits dangereux ont commené à être transportés par les trains qui passent par Lac-Mégantic ».

echo_de_frontenac

Le siège du journal n’étant plus accessible, l’équipe a déménagé de l’autre côté de la ville à environ deux kilomètres de la première adresse. Comme Ground Zero est une zone interdite, il faut faire un détour d’environ 8 km pour atteindre la nouvelle localisation adjacente à une caisse populaire.

L’association Hebdos Québec, a fourni au journal une aide de $15 000 qui a permis d’avoir du nouveau mobilier à la nouvelle localisation. Les ordinateurs et des cartons de documents ont pu être récupérés.

Claudia Collard est journaliste à l’Echo de Frontenac. Elle était en plein finalisation d’un article lors de ma visite au journal. Au même moment, un employé ramenait un carton de l’ancien siège plein de documents et effets appartenant à la journaliste. Elle était en vancances le jour fatidique.

Bien que La-Mégantic soit prise d’assaut par les medias, Claudia Collard a pu « accéder sans aucun problème à l’information ». Rémi Tremblay reconnait qu’il y a eu un peu de confusion les deux premiers jours avant que l’accès à l’information atteigne un niveau correct et acceptable.

La Vie continue…

Dans les rues de Lac-Mégantic, il n’est pas rare de croiser de belles voitures de collection. La plus en vue est certainement celle de Jean-Marc Bouffard, une Dodge Regent 1954 avec le logo de Sheriff bien évident sur ses portes et son capot.

voiture

Son sympathique propriétaire est membre du Club des voitures anciennes de Lac-Mégantic. Une exposition est prévue le 14 septembre dans la même ville. La vie continue !

Par Samir Ben  Contactez moi nord

———————– Prière de prendre note que tout commentaire qui contient des insultes, des propos racistes, islamophobes ou anti-sémites sera systématiquement refusé. Signalez-le moi. Cet espace doit demeurer un lieu de débat contradictoire basé sur le respect de tout un chacun. ————————

copyright – 2012 – Samir Ben

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2 Responses to Deux Maghrébins à Lac-Mégantic…

  1. Kader Kada dit :

    bonjour je vous salue tout simplement bon courage

  2. Tarek Ben-Dhaou dit :

    Merci Samir pour tes propos judicieux. J’ai apprécié l’espace d,expression que tu m’as accordé.

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