Un iftar à Edmonton (l’Ouest du Canada)…

juillet 28, 2013

Me voilà en route pour Edmonton la capitale de l’Alberta à 300 Km au nord de Calgary.  Objectif : rencontrer la petite communauté des Algériens de la province qui y vivent et voir de plus près comment se passe le ramadan à 8 500 km du pays.

edmontonSamedi001

J’y arrive avant le ftour prévu à 21:40. Conduire sur la 2 nord ressemble à la conduite sur la 1. On est tourjours dans les prairies.

Mon contact à Edmonton est un Algérien qui travaille, lui aussi!, dans le pétrole. J’avoue que sans l’aide logistique des Algériens  de l’Alberta mon parcours aurait été difficile et compliqué. L’odeur du bled ? peut-être ! je viens de Montréal pas de l’Algérie quoique dans la métropole québécoise on ne se sent pas dépaysé. C’est plutôt l’hospitalité et la solidarité algérienne. Un peu de chauvinisme ne fait pas de mal.

Le Jean Talon d’Edmonton!

En soirée, direction le café Dolce Vitta dans le quartier italien d’Edmonton. C’est le quartier général  »non officiel » des adeptes de l’expresso et de la kahwa algérienne. Une ambiance à la rue Jean Talon de Montréal. Une sorte de micro rue jean talon. Il n’y a toutefois pas de boulangerie, d’épicerie ou de boucherie halal algérienne. Ici, c’est le soccer (football) qui rassemble. Le café italien est décoré aux couleurs du Lazio de Roma ou  de la Juventus…Là, ou il y a une odeur de football, il y une forte chance de croiser un Algérien!

J’y rencontre un groupe d’Algériens qui travaillent dans le métiers qui gravitent autour de l’industrie pétrolière. D’autres nous ont rejoints après la prière des tarawih vers 00:00 !

Je me suis un peu inquiété de l’heure tardive du iftar. Ce qui n’a pas manqué d’amuser les présenst. Mohamed k. m’a raconté, à ce propos, qu’il a passé trois ramadan avec les esquimaux près du pôle nord ou le soleil ne se couchait pas ! à quelle heure mangeait-il?  »on suit l’heure de Winnipeg », me dit-il. Pourquoi ? parce qu’elle est au centre du Canada.

Iftar

Hakima Abdessemed est une Algérienne mariée à un canadien de l’Ouest. Grâce à Facebook, elle a pu organiser un iftar au centre communautaire de West View Village. Une vingtaine d’Algériens y ont pris part.

iftar

Chacun y a contribué (plats préparés à la maison). Au menu : chorba frik, hrira, tadjine zitoune, kebda mcharmla, bourek, lham lahlou…le tradtionnel menu de ramdane !  Nous avons mangé sur fond de cris d’enfants qui jouaient dans la salle !

Par Samir Ben  Contactez moi nord

———————– Prière de prendre note que tout commentaire qui contient des insultes, des propos racistes, islamophobes ou anti-sémites sera systématiquement refusé. Signalez-le moi. Cet espace doit demeurer un lieu de débat contradictoire basé sur le respect de tout un chacun. ————————

copyright – 2012 – Samir Ben


Gaz et pétrole de schiste : Il n’y a pas urgence pour l’Algérie … (Algériens de Calgary)….

juillet 28, 2013

Non au gaz de schiste en Algérie..pour le moment !

(ce post  est en rappel )

Si j’ai entendu cette affirmation de la bouche d’un militant environnementaliste, il n’y aurait pas de quoi fouetter un chat. Mais que ce soient des pétroliers qui le disent, j’avoue que c’était la dernière des choses à laquelle je m’attendais en Alberta.

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Mais, il ne faut pas aller trop vite en conclusion. Les raisons du refus du gaz de schiste n’ont rien à voir avec le discours et parfois la “propagande” environnementaliste.

N’essayez surtout pas de toucher à la fracturation qui permet d’extraire du pétrole ou le gaz de la roche mère. Les géologues et techniciens du groupe vous “étriperont”.

Kamel B. est un ancien brillant étudiant de l’IAP qui a fait carrière à l’international avec différentes compagnies pétrolières sauf la Sonatrach et qui touche aussi à la fracturation multiple qui permet d’extraire le gaz de schiste. Il a une belle façon de vulgariser les différentes manières qui permettent d’extraire le pétrole..

La méthode conventionnelle qui consiste à aller chercher les hydrocarbures dans les pièges ou ils se trouvent sous la surface est comme un accouchement naturel. Quand on recourt à la fracturation, ceci peut ressembler à une césarienne!

La fracturation est appliquée dans le monde depuis 60 ans. Pourquoi cette levée de boucliers alors? Que ce soit Kamel B.  ou Rafik B., un diplômé de l’Ecole nationale polytechnique d’Alger et ancien employé de Sonatrach.

Pour eux, ce qui s’est passé au Colorado est dû au comportements de certains intervenants américains locaux, très peu nombreux m’assure-t-on, qui n’obéissaient à aucune règle pendant la fracturation. D’ou les tristement célèbres fuites de gaz qui font mauvaise presse au gaz et pétrole de schiste.

”Cest le résultat du comportement de certains cowboys (très minoritaires) de l’industrie pétrolière aux Etats-Unis.”, m’explique-t-on.

Pourquoi la catastrophe du colorado n’a-t-elle pas eu lieu au Canada ? me pose la question Kamel B. qui s’occupe actuellent de  la fracturation. La raison est qu’au pays de l’érable, la réglementation est stricte.

Pour l’Algérie, nos trois spécialistes sont unanimes : il faut commencer, en premier lieu, par exploiter le potentiel des ressources conventionnelles puis passer au gaz ou au pétrole de schiste.

Les Etats-Unis et le Canada y vont car ils ont épuisé tout ce qu’ils ont en conventionnel ce qui n’est pas du tout, vraiment pas du tout, le cas de l’Algérie. “Avant cela, il faut fracturer les réservoirs tight qui sont légion en Algérie, lesquels permetteront un débit supérieur au gaz/pétrole de schiste”, m’écrit l’un deux dans un échange de courriel après notre discussion. Sur la même lancée,

Au fait, pour Djamel M., qui est géologue, il faut dire plutôt gaz ou pétrole de shale (argile) que schiste…

Par Samir Ben  Contactez moi

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Calgary : Algeria Power …

juillet 25, 2013

Enfin Calgary. Au compteur de la voiture 4 005 km. J’avoue que je ne savais pas que la Subaru allait en être capable !

Une nuit au camping de Bassano, un petit village à 140 km de Calgary, m’a fait découvrir les moustiques de l’Alberta ou plutôt leur voracité. Des moustiques (maringouins au Canada!) qui vous piquent à travers les vêtements et qui savent comment se faulfiler du bas des pantalons ! Même le After-Bite (un médicament anti-moustique local) n’y peut rien.

C’est le moment de nous séparer. Julien doit continuer pour les rocheuses et Sylvain devrait commencer à travailler dans la construction à Calgary. Finalement, on s’attache aux gens avec qui on a passé 4 jours de route et 3 nuit. On se promet de rester en contact…pas de larmes, toutefois ! on est tough !

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Les Algériens de Calgary

Me voilà à Calgary. A la recherche des Algériens de l’Alberta. Il ne faut pas chercher une rue Jean-Talon ou un Petit Maghreb dans le coin. On parle, ici, de la 17eme avenue qui divise la ville en est et ouest et de 3e rue !

Tout le monde travaille ici. Le secteur qui emploie les Algériens, on l’aura deviné, est le domaine pétrolier.

Le premier Algérien que je rencontre est DJamal M. Il est,  natutrellement, issu du monde des hydrocarburee. Président d’une compagnie d’exploration, il me reçoit dans son bureau au 16ème étage d’un building du centre ville de Calgary.

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C’est un enfant de l’INH de Boumerdes et de Sontrach. Arrivé au Canada (Québec) pour étudier, Ph.D de l’université Laval et McGill, il y est resté. Mais à la bonne place, Calgary !

Je suis fasciné par le parcours du monsieur. Après l’obtention de son doctorat, il n’a pas cessé de chercher un travail pendant trois années. En vain. Il décide alors de quitter Montréal et le Québec pour Calgary en Alberta.

Je suis d’autant plus fasciné quand il m’apprend que son permier voyage vers Calgary, il l’a fait par la route avec femme et enfants!

Après plusieurs emplois ou il a exploré le pétrole et a fait gagner des millions de dollars aux « autres ». Il a lancé sa propre compagnie d’exploration. Il ne jure que par les juniors, ces compagnies qui n’ont pas la taille des grandes pétrolières mais qui sont capables d’aller chercher le pétrole dans des endroits au potentiel non attractif pour les majors (BP, Sonatrach…).

Actuellement, sa compagnie explore la partie omanaise du désert de Rub Al-Khali.

L’Alberta est le plus gros producteur de pétrole au Canada. On crédite cette province de la seconde réserve de pétrole brut derrière l’Arabie Saoudite.

Pas étonnant d’y croiser des Algériens qui ont percé dans le secteur pétrolier sur les 1 400 recensés dans la province par l’ambassade d’Algérie au Canada.

J’ai eu la chance de passer la soirée avec un groupe d’entre eux. Une caractéristique partagée : Ils n’ont pas vécu longtemps au Québec ou ils n’y ont jamais mis les pieds. Cerise sur le gâteau : le plus bas salaire du groupe est de 150 000 dollars canadiens par année !

J’ai enfin la confirmation que toutes les histoires de succès en Alberta des immigrants, et des Algériens donc, ne sont pas des légendes urbaines ! Une réalité bien réelle !

Et les pétroliers qui restent à Montréal ? ils perdent leur temps et gâchent leur vie, lancent, unanimes, Kamel, Mohamed, Said, Yahia, Amar, Ahmed, Krimo et Rafik, tous d’anciens étudiants des universités algériennes et qui ont travaillé en Algérie pour Sonatrach ou d’autres compagnies.

Ils sont plombés, en résumé.

Non au gaz de schiste en Algérie..pour le moment !

Si j’ai entendu cette affirmation de la bouche d’un militant environnementaliste, il n’y aurait pas de quoi fouetter un chat. Mais que ce soient des pétroliers qui le disent, j’avoue que c’était la dernière des choses à laquelle je m’attendais en Alberta.

energie001

Mais, il ne faut pas aller trop vite en conclusion. Les raisons du refus du gaz de schiste n’ont rien à voir avec le discours et parfois la « propagande » environnementaliste.

N’essayez surtout pas de toucher à la fracturation qui permet d’extraire du pétrole ou le gaz de la roche mère. Les géologues et techniciens du groupe vous « étriperont ».

Kamel B. est un ancien brillant étudiant de l’IAP qui a fait carrière à l’international avec différentes compagnies pétrolières sauf la Sonatrach et qui touche aussi à la fracturation multiple qui permet d’extraire le gaz de schiste. Il a une belle façon de vulgariser les différentes manières qui permettent d’extraire le pétrole..

La méthode conventionnelle qui consiste à aller chercher les hydrocarbures dans les pièges ou ils se trouvent sous la surface est comme un accouchement naturel. Quand on recourt à la fracturation, ceci peut ressembler à une césarienne!

La fracturation est appliquée dans le monde depuis 60 ans. Pourquoi cette levée de boucliers alors? Que ce soit Kamel B.  ou Rafik B., un diplômé de l’Ecole nationale polytechnique d’Alger et ancien employé de Sonatrach.

Pour eux, ce qui s’est passé au Colorado est dû au comportements de certains intervenants américains locaux, très peu nombreux m’assure-t-on, qui n’obéissaient à aucune règle pendant la fracturation. D’ou les tristement célèbres fuites de gaz qui font mauvaise presse au gaz et pétrole de schiste.

 »Cest le résultat du comportement de certains cowboys (très minoritaires) de l’industrie pétrolière aux Etats-Unis. », m’explique-t-on.

Pourquoi la catastrophe du colorado n’a-t-elle pas eu lieu au Canada ? me pose la question Kamel B. qui s’occupe actuellent de  la fracturation. La raison est qu’au pays de l’érable, la réglementation est stricte.

Pour l’Algérie, nos trois spécialistes sont unanimes : il faut commencer, en premier lieu, par exploiter le potentiel des ressources conventionnelles puis passer au gaz ou au pétrole de schiste.

Les Etats-Unis et le Canada y vont car ils ont épuisé tout ce qu’ils ont en conventionnel ce qui n’est pas du tout, vraiment pas du tout, le cas de l’Algérie. « Avant cela, il faut fracturer les réservoirs tight qui sont légion en Algérie, lesquels permetteront un débit supérieur au gaz/pétrole de schiste », m’écrit l’un deux dans un échange de courriel après notre discussion. Sur la même lancée,

Au fait, pour Djamel M., qui est géologue, il faut dire plutôt gaz ou pétrole de shale (argile) que schiste…

Les rocheuses

Aujourd’hui,  J’ai pu visiter la ville de Banff au sud des montagnes rocheuses (Rocky mountains).

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A l’école, on se payait la tête de notre professeur d »histoire- géographie quand il disait « djibal Erroki »… Ca se passait à la même période ou la télévision algérienne avait diffusé le premier Rocky de Sylvester Stallone.

Le nom de ces montagnes m’a toujours fasciné…savoir qu’elle sont formées de roches est une chose et le voir c’en est une autre.  Le paysage a dépassé mes attentes !

Par Samir Ben  Contactez moi

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Montréal-Calgary : Jour 4 …

juillet 24, 2013

La nuit s’est passée sans encombre. On a campé à côté d’un couple d’allemands. J’ai sorti le grand jeu avec ce qui me reste d’allemand appris du temps de Chadli !A part les moustiques plus qu’entreprenants quand on met le nez dehors, le campeurs étaient du genre calmes. Avec leur caravanes et leurs pick ups, chacune exhibait autour de 250 000 dollars de matériel.

 saskatchewan

Il est 9:00, direction Calgary. On arrive à la frontière du Manitoba avec le Saskatchewan à 10:15. La traversée de la province du Manitoba est un jeu d’enfant par rapport à celle de l’Ontario qui nous a pris deux jours et demi.

La conduite sur les routes plates et droites rappelle les hauts-plateaux algériens.

L’activité économique du saskatchewan, du moins le long de la 1 , donne l’impression d’être plus active : usines agroalimentaires,  élevages, trains de marchandises…

eolienne

Un parc d’éoliennes sugit. Aucune n’est en mouvement. Le vent est occupé plus haut dans le ciel à ramener les nuages  chargées de futures précipitations.

Julien a déjà travaillé, au Québec, dans une usine de fabrication de matériaux pour éoliennes.

presse

Le Winnpeg Free Press consacre deux pages à la naissance du bébé royal anglais. Cet intérêt est évident quand on sait que les rois d’Angleterre sont les chefs de l’Etat au Canada. Ce bébé régnera sur ce pays qui est, toutefois, une monarchie constitutionnelle ou le roi n’a aucun pouvoir.

Tornades. Les prairies canadiennes (Manitoba, Saskatchewan et une bonne partie l’Alberta) sont régulièrement balayées par des tornades. Particulièrement en été.

tornade

Elles ne font pas les manchettes car pas aussi spectaculaires que celles qui arrivent aux Etat-Unis.

Comme le ciel est clairsemé de nuages blancs et gris, je scrutais l’horizon à la recherche du moindre cône de nuage reliant la terre au ciel! Parfois, je commençais à échaffauder un plan de fuite en cas de tornade! Mon inquiétude, toutefois, n’a pas dépassé les limites du raisonnable et elle rest justifiée.

Dans le journal The Winnipeg Free Press, un article rend compte de la visite, hier, du premier ministre du Manitoba, Greg Selinger, dans une réserve indienne à Sioux Valley (les Dakota Nation), pour s’enquérir des dommages causés par une tornade survenue le 18 juillet. Une maison a été comlètement rasée et d’autres endommagées.e

Je remarque que dans ces régions, le sujet des Premières nations revient souvent dans les média. A Montréal, on en entend parler seulement à l’occasion de crises politiques comme avec le mouvement Idle no more (les amérindiens avait lancé un mouvement de protestation contre une loi fédérale qui allait empiéter sur leur terre. Ils ont profité de la forte mobilisation pour mettre de l’avant d’autres problèmes).

On se rapproche de Regina (capitale du Saskatchewan). Un autre changement de fuseau horaire. Le décalage avec Montréal est de 2 heures. Avec l’Algérie : 7 heures !

A Moose Jaw, je profite d’un arrêt à une station d’essence pour acheter le journal local, The Times Herald, fondé de 1889. Encore le bébé royal à la Une : “It’s aboy”!!! L’essence est toutefois chere : $1.47.

Un peu plus loin, un autostoppeur avec une pancarte BC (pour British Colombia, la province de la Colombie Britannique). Il veut certainement aller à Vancouver. 12 heures de route, au bas mot.

torche

Surprise. Au milieu des champs et paturages, les premiers petits puits de pétrole commencent à apparaitre. Le pétrole de l’ouest canadien. Nous ne sommes pas encore en Alberta. Des vaches broutent autour du puits. Une torche brûle le gaz qui sort du puits comme à la raffinerie de Sidi Arcine à côté de Baraki dans la banlieue d’Alger.

16:30. On arrive à la frontière avec l’Alberta. Un cheval nous accueille ! J’ai l’impression que l’aspect rural est très prononcé dans cette région.  De loin Sylvain nous montre ce qui pourrait être le début de la formation d’une tornade. Quelques gouttes de pluie m’inquiètent !

alberta

On passe par Medecine Hat. Un drôle de nom ! l’essence est à $1.15. J’ai maintenant la conviction que les tarifs plus chers à Montréal sont dus aux taxes.

Les pick ups sont légion ici et la conduite est plutôt rude! “Je suis au Canada mais je ne me sens pas dans mon pays’’, lance Julien pour exprimer les différence entre lui, le Canadien français ou le Québécois, et les Canadiens anglais.

18:00. Une autre torche de puits de pétrole, de l’Alberta cette fois-ci. On arrive au Camping de Bassno à 140 km de Calgary sur les coups de 19:00. Le soleil se couche ici aux alentours de 22:00. On préfère passer la nuit ici et d’aller à Calgary demain matin.

Petit problème. Je me rends compte, un peu plus tard, que le camping est adjacent à une ligne ferroviaire de train de marchandises. Un long train transportant du pétrole passe. Lac-Mégantic revient au galop. Allons nous subir le même sort que les habitants du centre ville de Lac-Mégantic (l’explosion du train a fait une cinquantaine de morts)? Le terrain plat de l’endroit me rassure. Même si le train se lance seul, sa force d’inertie va le garder sur place.

Ce camping n’a pas d’accès à Internet. On essaie de négocier avec le patron d’un motel à côté. Pas question de nous donner la clé d’accès à son réseau si nous ne sommes pas clients.

Finalement un faible signal de la bibliothèque du coin apparait sur mon téléphone. Largement suffisant pour assouvir ma dépendance à Internet…n’en déplaise aux moustiques qui m’attaquent de partout!

Un orage éclate. Pas d’innondations !

Au compteur : 3 860 km. Encore 140 km pour Calgary !

par Samir Ben  Contactez moi

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Montréal-Calgary : Jour 3 …

juillet 23, 2013

Objetif Manitoba ! Les derniers moments à Thunder Bay. La nuit, la température est tombée à 10 degrés C. Pas d’ours ou d’animaux sauvages en vue. manitoba001 Il n’y avait pas de quoi, nous avons passé la nuit dans un camping. La pleine lune et le bruit des trains qui passent pas très loin du lieu me  font penser aux gens de Lac-Mégantic, une petite ville située à 250 km à l’Est de Montréal.

Ses habitants ont vécu une nuit d’horreur quand un train trasportant du pétrole a explosé en plein centre ville au début du mois. 50 morts et autant de maisons et de commerces détruits. 8h20. Cap sur Winnipeg dans la province du Manitoba. 900 Km à faire.

La traversée de l’Ontario se fera en 2 jours et demi. C’est la province la plus large du Canada. On prend la 17 qui est rejointe par la 11 sur une bonne distance.

On quitte Thunder Bay sous un orages et une averse abondante. Quoi de plus normal pour cette « baie du tonnere »! Un panneau publicitaire d’une école bilingue sera notre au-revoir à l’endroit. « I’m bilingual, J’étudie en français ». Je croyais que le francais au Canada, au delà des personnes qui peuvent le parler à la maison,  était présent dans l’espace public seulement au Québec ! Que veut le Québec ?!!!

« Difficile journée pour les pouceux », nous lance Julien. Pouceux pour autostopeurs en québécois. Et c’est vrai que l’averse dissuaderait le plus téméraire d’entre eux. On en a croisés en cours de route. Généralement, ils sont 2 avec une petite pancarte sur laquelle ils ont écrit au feutre noir : WEST…

Le vieux téléphone Nexus One (Videotron) de Sylvain rend l’âme. On a essayé de le « réanimer ». Rien à faire. Il est fini. Sylvain n’étant pas un techno-dépendant, n’en devient pas malade pour autant. Sa pensée positive quotidienne doit y être pour quelque chose.

9 :30. Enfin, la pluie s’arrête et le soleil réapparait. On prend la 102 pour reprendre aussitôt la 17 ouest.

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Le temps pour moi de lire le journal local. Un rituel que j’applique à chaque ville et région que je traverse.

A la Une du The Chronicle Journal de Thunder Bay (à la radio locale on dit simplement Thunder !) est consacrée à la journée de la célébration du Lac suéprieur qui a eu hier, dimanche.

La star qui a attiré des milliers de visiteur était un grand voilier le Sorlandet ! A propos du Lac supérieur : il est le plus grand des Grands Lacs d’Amérique du Nord (82 350 km2).

On y apprend aussi que la chanteuse américaine Tina Turner s’est remariée en Suisse à l’âge de 73…son mari en a 57..

Le nouveau roi des Belges, Philippes a eu droit un article avec photo.

La naissance du bébé royal anglais est l’objet d’un concours : un prix sera décerné à celui ou à celle qui devinera la date de naissance et le poids du nouveau né !!!!

J’apprendrais pendant la journée la naissance du bébé, en plein forêt boréale, grâce à mon fil twitter que je reçois par SMS.

Mon téléphone ne fonctionne pas correctement mais la messagerie est toujours fonctionnelle Je recois un tweet d’influence communication qui m’informe que le poids twitter du bébé royal dans le monde est 264 fois plus important que celui du Québec même avec la tragédie de Lac Mégantic.

Le scandale des essais cliniques sur les Indiens dans les années 1940-50 a une bonne place dans le journal. Des scientifiques canadiens avec l’appui des gouvernements de l’époque avaient tenté des expériences inhumaines sur des indiens (dont des enfants) souffrant de malnutrition.

Au lieu de les nourrir, on expérientait sur eux de nouveaux produits interdits ailleurs au Canada. Un article nous annonce que le voleur qui a attaqué un magasin à une heure du matin a été appréhendé la journée même.

Il avait pris des cartouches de cigarettes et blessé légèrement l’employé en poste. Le jeune homme, la vingtaine, passera devant le juge. En fin, la police est à la recherche de l’auteur ou des auteurs d’une vol par effraction. « une télévision et un laptop ainsi que des bijoux d’une valeur de 15 000 dollars ont été dérobés ».

Une prime de 2 000 dollars est offerte pour quiconque aidera à les attraper ! La météo du journal local nous annonce un ciel alterné pour la route. 24 à Winnipeg. Pas de trace de la météo à Alger. Par contre, on y trouve le temps qu’il fera à Kaboul !

Je remarque que plus on avance vers l’ouest, il y a moins de panneaux bilingues…tout vire vers l’anglais. Fuseau horaire. On doit reculer d’une heure nos montres, quelque temps après Thunder Bay.

On rentre dans le Central Time. On quite l’East Time. On repère les Tim Hortons (une chaîne de cafés canadiennes qui existe même dans la base militaire de Kandahar (Afghanistan) parce qu’ils offrent le Wifi ! A 15 :00, on a atteint la frontière entre l’Ontario et la Manitoba.

Fini la montagne et bonjour la descente vers les prairies. Le prix de l’essence tombe à $1.29 dans cette région du Canada ou le Pick Up est roi au même titre que les zones ontariennes proches.

Je commence à scruter l’horizon pour voir s’il y a une tornade au loin. On est dans leur pays! La 17 devient la 1.

On arrive à Winnipeg. Centre ville banal mais pas moche ! Bien que la vitesse y soit limitée à 50 Km/h, certains y font de la vitesse sans aucune gêne !! des conducteurs fous ?!!

On se perd dans les rues de la ville. Mon GPS a du mal à réagir. Au bout de 45 minutes, on s’extirpe des entrailles de Winnipeg. Je tombe sur un panneau vantant l’arrivée de la 4G au Manitoba. En soirée, j’apprends que le ministre algérien des TIC a annoncé le lancement de l’appel d’offre pour la 3G le 1 aout !!! il était temps !

Direction Brandon à 300 Km. On l’atteint vers 20:00. Le terrain de camping est meilleur que celui de Thunder Bay. La raison? Le wifi partout !!! La route est directe. Il n’y se passe rien. Les champs se succedent. Des usines de transformations de grains.

Des bottes de foins sur le bord de l’autoroute large à 4 voies séparées par un très large terre-plein. Enfin Brandon. Il  nous reset environ 1 000 km pour Calgary. On n’y arrivera pas mardi mais mercredi.

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Montréal-Calgary : Jour 2…

juillet 22, 2013

Réveil à 6 :00 du matin en plein milieu de la réserve de Thessalon à quelques pas du Lac Huron.

Pas dérangé par les ours pendant la nuit. Michelle et son conjoint sont déjà debout. Le monde appartient aux lèves-tôt. Mickey le chien est déjà réveillé lui aussi.

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Juste le temps de vérifier mes emails et essayer de mettre à jour mon profil facebook. Bien qu’on soit dans « le bois », on a l’accès à internet grâce à la 3G du iPhone de Michelle. Quand j’active le hotspot de son téléphone intelligent, elle est toute surprise que j’ai pu réaliser cette prouesse !

A Alger, le ministre des TIC, et soyons lucides, le pouvoir algérien, continue de gagner du temps en prétextant toutes sortes de raisons pour ne pas libérer l’internet mobile. Une  paranoïa de perte de contrôle qui ne devrait plus être de mise depuis que le printemps arabe, censé avoir été aidé par l’internet mobile, a abouti à une désillusion démocratique.

wifi

D’ailleurs sur le chemin de notre prochaine escale, Thuder Bay à un peu plus de 900 km à l’ouest de réserve, tous les terrains de camping, les hôtels, les motels, les restaurants ou autres lieu de pause mettent de l’avant la disponibilité de l’internet pour attirer une clientèle de plus en plus techno-dépendante. Sans oublier le logo Wifi sur tous les bus et trains de voyageurs !

La connexion avec le téléphone de Michelle  s’est bloquée au bout de quelques minutes et il était temps de partir. Donc, mise à jour du blogue et des statuts facebook attendra jusqu’au prochain accès internet !

Il est temps de partir. Michelle est au bout des larmes mais c’est une femme « tough » comme on dit au Québec.

Son chien a senti qu’on allait partir. Il affichait une mine un peu inquiète. La veille,je me suis comporté avec lui comme un goujat. Je ne lui ai pas prêté attention.  Sa maîtresse me l’a signalé en me lançant un « ça se voit que tu n’as pas de chien!!! ». Je me suis vite rattrapé en quelques caresses sincères. Et depuis, le chien m’a adopté …

17north

On a repris la 17 mais vers le nord. Il est 9 :00 du matin. J’attends depuis hier un signal de mon contact algérien à Edmonton qui n’a pas donné signe de vie depuis quelques jours.

Edmonton ne compte pas beaucoup d’Algériens mais un groupe facebook y est actif. Son administratrice compte organiser  un iftar de ramdan samedi prochain. J’espère y arriver à temps.

Edmonton a été aussi le théâtre d’une vraie histoire d’horreur d’un jeune couple d’Algériens. L’homme et la femme sont accusés de négligence criminelle qui a entraîné la mort d’une de leurs enfants. Ils sont actuellement détenus en prison en attente de leur procès. A Calgary, mon contact semble être solide.

route

La route vers Thunder Bay ( la Baie du Tonnerre!) se fait dans les montagnes et le long de lacs et rivières dont les villages avoisinants portent les noms…Une nomenclature qui me rappelle la toponymie des villages algériens (River et Oued!).

Je suis bluffé par les paysages. A des endroits, on descendait une pente qui donne l’impression qu’on plongeait directement dans le lac plus bas. La verdure et la proximité de l’eau me renvoyaient à la côte algérienne. Je le dis à mes compagnons de route. En bons Québécois fiers de leur province, ils me citent plusieurs endroits au Québec ou on peut voir les mêmes paysags comme dans la région de la Malbaie ou le Parc des Laurentides.

essence

L’essence. Ah, l’essence. Au Québec, on m’a convaincu que l’essence coûtait plus cher que dans la province voisine de l’Ontario. Oh que non ! Dans la région de White River, l’essence ordinaire coûtait, lors de notre passage, 1.47 le litre, Soit plus qu’à Montréal. La raison est que plus on va vers le nord plus les prix augmentaient, probablement à cause des coûts de transport.

En consultant la carte du Canada, Toronto que j’ai visitée au mois de juin m’a tout d’un coup paru loin au sud. Lors de mon séjour dans cette ville qu’on surnomme la ville reine, je ne regardais pas au nord et Thunder Bay me semblait loin, très loin et inaccessible!

Je n’arrêtais pas de prendre des photos et des notes. Ce qui ne manquait pas d’amuser Julien et Sylvain. Ce dernier me dit qu’il voudrait bien voir ce que je vais mettre sur le blog avant publication ! me voilà avec un rédacteur en chef dans la voiture !

Je reçois un SMS de mon contact d’Edmonton. Ouf! Un peu soulagé.

On passe devant un secteur qui a l’air d’avoir été reboisé. Sylvain se rappelle du milieu des années 1970 quand il était étudiant,  plantait des arbres lors d’opération de reboisement pendant les vacances….c’était comme en Algérie mais lui il était payé, pas comme les étudiants algériens qui le faisaient bénévolement sous le contrôle de l’UNJA et du FLN…

Il n’y a pas un seul type d’arbres. On trouve de tout : pins, pinèdes noirs, sapins, bouleaux…

J’ai du mal à imaginer que toute cette verdure et cette vie cédera sa place à la neige et à la glace pendant l’hiver rigureux du Canada.

Juste après, au milieu de nulle part une mine de la Barick.

La 17 qui alterne route et autoroute a une particularité à mes yeux d’Algérien : on ne trouve pratiquement pas de déchets, de bouteilles ou de canettes sur les acotements. Toujours pour Sylvain, qui on l’aura compris parle plus que Julien, ceux qui jettent le plus de déchets sur les routes canadiennes sont les « mangeux de Mc Donald’s !». Il propose à la compagnie américaine de lancer une campagne de sensibilsation envers ses clients pour les inciter à respecter l’environnement !

Le discussion va dans tous les sens : la religion, le développement personnel, l’éducation des enfants, l’immigration et bien sûr … l’islam et même le tristement célèbre pseudo-imam montréalais Said Djaziri qui a causé beacoup de tort à l’image des musulmans du Québec avant que le gouvernement canadien ne l’expulse vers sa Tunisie natale.

accident

Soudain, une voiture dépasse dangereusement un camion semi-remorque. Le chauffeur du camion, en bon conducteur, pour lui éviter une catastrophe serre un peu droite mais son mastodonte commence à tanguer…Tout le monde dans la voiture criait à la catastrophe…je n’arrivais pas à allumer mon appareil photo tellement j’étais sous l’émotion de ce que je voyais devant moi. Finalement, le camion a repris son équilibre et tout est rentré dans l’ordre.

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19 :40, on est arrivés au camping KOA de Thunder Bay . On va y passer la nuit. Mise à jour du blogue et facebook.

Au compteur de la voiture, 1 869 km. Il nous reste 2 000 km pour Calgary.

Demain matin, direction Winnipeg dans le Manitoba. La traversée de l’Ontario nous aura pris 2 jours et demi. On n’est pas encore arrivés!

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Prière de prendre note que tout commentaire qui contient des insultes, des propos racistes, islamophobes ou anti-sémites sera systématiquement refusé. Signalez-le moi. Cet espace doit demeurer un lieu de débat contradictoire basé sur le respect de tout un chacun.
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Montreal-Calgary : Jour 1…

juillet 21, 2013

En route pour Calgary à la rencontre des Algériens de l’Alberta. En route au sens propre ! Je dois parcourir les 3 800 km qui séparent Montréal de Calgary en voiture. Go west young man !

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En Alberta, près de 1 400 Algériens sont immatriculés auprès de l’ambassade d’Algérie au Canada. Donc, il ne faut pas trop espérer trouver des boutiques ou des restaurants algériens pour un iftar de Ramdan comme à Montréal ou vit la majorité des 100 000 Algériens du pays de l’érable.

Aventure pour aventure, le parcours se fera en covoiturage avec Sylvain et Julien, deux Québécois de Montréal et Magog.

Sylvain, la cinquantaine, est un travailleur autonome dans la construction. Il laisse tout pour aller tenter sa chance en Alberta. Au Québec, la commission Charbonneau qui enquête sur la corruption et la collusion dans le secteur de la construction a donné un coup de frein à beaucoup de projets. Ceci a déteint sur ses occasions de travail.

Julien, 27 ans, est un homme à tout faire et un amoureux de la randonnée et du snowboard. Il s’en va dans l’ouest pour explorer les rocheuses canadiennes et la vallée de l’ocanagane près de Vancouver.

On entame notre voyage à 8:20 du matin à partir de chez moi à Montréal sous une énorme averse non annoncée par Environnement Canada.  Julien au volant lance un « C’est parti! » sur fond de musique de Richard Galliano que je découvre du coup. Gracieuseté de Sylvain.

Avec la Subaru Outback annee 2004, on devrait atteindre Calgary mardi – on ne conduira pas la nuit par mesure de sécurité.

On prend l’autoroute 40 puis la 417 qui se prolongera pour les milliers de kilomètres qui nous restent en 17 ouest jusqu’a Winnipeg dans le Manitoba.

On atteind rapidement la frontière du Québec vers 9:30. Bienvenue en Ontario ! vers 11:00 le soleil et le ciel bleu font leur apparition

Changement de conducteur. Julien n’est pas du genre à ‘harceler’ celui qui conduit sa voiture!

Deja les stations services commencent à afficher des prix de l’essence plus bas que ceux du Québec – Mais plus on remontait au nord pour atteindre Blind River on sera accueilli par une cousin de Sylvain les prix augmentaient …. Fini le mythe du prix de l’essence plus bas en Ontario !

Plus on avancait plus les drapeaux canadiens s’affichaient et s’affirmaient. Parfois, je passais mon temps à lire les pannneaux publicitaires sur le bord de la route : tout y passait de la réclame, à la campagne de sensibilisation sur les dangers de l’alcool au volant et aux avis de recherche d’enfants disparus…et cerise sur le gâteau : des messages de Jesus du genre Born again!

Contrairement à ce que je croyais, le français n’est pas banni  de l’Ontario, du moins sur les routes !

Les paysages commencent à devenir intéressant. Les criques me donnaient des frissons et me rappelaient …. la cote algérienne!!!

Quelle fut ma surprise quand j’ai lu sur un panneau “SVP ne donnez pas à manger aux … ours”…

A 19:30, nous sommes arrivés à la réserve indienne de Thessalon. Ici vit la cousine de Sylvain qu’il n’a pas vue depuis 25 ans…

950 kilmètres déjà faits!!!!

Une nuit dans une réserve indienne

Blind River, 3 600 habitants. Réserve de Thessalon. La plus petite réserve indienne du Canada. Thessalon First Nation. 20 familles , une quarantaine de maisons et environ 200 habitants.

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Nous sommes finalement arrivés chez Michelle, une Québécoise qui vit dans la réserve avec un indien Ojibow, Joe. Une femme au grand coeur qui aime les Trucks et accueillante…réellement accueillante !  Connue dans la communauté, Michelle a un magasin de cadeaux.

Les retrouvailles entre Sylvain et Michelle étaient émouvantes…sans profusion de larmes ! On dirait deux adolescents qui poursuivaient une dicussion entamée la veille !

Michelle n’a pas perdu une note de son accent québécois. Son chien Mickey, un épagneul anglais, comprend les ordres en francais.

Un dîner chez Michelle. Au menu : du poisson blanc pêché la veille dans le Lac Huron à 3 kilometres de chez elle.

Ma seule crainte : les ours !!!! Michelle me raconte quelques histoires d’ours ! Comme le jour ou en levant la tete de sa vaisselle, elle voit un ours qui la regardait de l’autre côté de la fenetre !

Michelle nous conseille de ne laisser aucune nourriture dans la voiture….encore les ours !!!

Au matin, on reprend la route !!! 17 heures pour arriver dans le Manitoba…

Mes premiers mots en indien : Ho Ni : hello en Ojibow !!!

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Ramadan à Montréal : Un ftour à $11.99…

juillet 18, 2013

Impossible de ne pas passer par le Petit Maghreb pendant le Ramadan. Ce quartier qui occupe une bonne partie de la rue Jean-Talon à Montréal accueille une dizaine de boulangeries, une vingtaine de cafés détenus par des Algériens et deux restaurants qui proposent des menus spéciaux pour le mois sacré.

Restaurant Le Corail - Montréal - Petit Maghreb - Ramadan - Juillet 2013

Restaurant Le Corail – Montréal – Petit Maghreb – Ramadan – Juillet 2013

Sans oublier les épiceries ou on peut acheter des produits importés du Maghreb (Limonade Hamoud, Harissa, semoule, couscous … et même le célèbre flan Nouara!). Les boucheries halal ont aussi pignon sur rue quoique, parfois, aucune logique économique ne justifie l’écart des prix entre elles et les autres boucheries détenues par des non-musulmans mais proposant de la viande halal.

Quoiqu’il en soit, l’enjeu de ma visite au Petit Maghreb, hier, était le ftour. J’ai cherché un restaurant qui propose un service spécial Ramdan. J’ai été attiré par une affiche du Corail, anciennement le buffet du Petit Maghreb,  réouvert depuis 3 mois par un développeur d’affaires de la communauté. En dehors du ramadan, il se spécialise dans la cuisine méditerranénne (poissons et grillades sur charbon).

Restaurant Le Corail - Montréal - Petit Maghreb - Ramadan - Juillet 2013

Restaurant Le Corail – Montréal – Petit Maghreb – Ramadan – Juillet 2013

L’affiche en question vantait un menu spécial Ramdan pour $11,99. J’y suis entré. Quelle surprise. Il n’y avait pas que des célibataires (endurcis ou pas!) nouvellement arrivés au Canada, de vieux garçons qui ne peuvent pas se passer d’une Hrira de Ramdane ou de séparés qui se retrouvent sans  »cuisinière » à la maison (pas de jugement…)!

A quelques minutes du ftour (20:39!), la salle était pleine de clients majoritairement Algériens et Marocains : des clients seuls, des familles avec enfants, des couples… »J’ai fini mon travail tard et j’ai proposé à mon mari de venir ici », me confie une cliente habituée du lieu.

Restaurant Le Corail - Montréal - Petit Maghreb - Ramadan - Juillet 2013

Restaurant Le Corail – Montréal – Petit Maghreb – Ramadan – Juillet 2013

Accompagné de la musique du dernier CD du Montréalais Karim Saada, le menu était composé d’une Hrira (alternée avec une chorba, les autres jours), Bourek avec une salade de carottes et fèves et un ragoût de pomme de terre à la viande et une boisson (on dit breuvage au Québec!!!).

J’ai fini la soirée au café Safir, au coeur du Petit Maghreb, qui change d’horaires pendant le ramadan car la majorité de sa clientèle fait le ramadan. Ceux qui ne jeunent pas ne vont pas venir l’afficher au Petit Maghreb.   »Si tu veux manger à midi, il y a le Mc Do qui n’est pas loin », me dit en plaisantant son sympathique propriétaire.

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Hasna El Becharia : le programme politique….

juillet 16, 2013

Hasna El Becharia n’a pas été à l’université, n’a pas assisté aux formations sur les droits des femmes prodiguées par des ONG occidentales (financées par leurs gouvernements !!!!) encore moins connu les Femen mais en matière de défense des droits des femmes sur le terrain aucune association ne fait mieux qu’elle.

A ce propos, je me rappelle d’une expérience hallucinante en 2010. J’ai rencontré, avec une journaliste canadienne, une présidente d’une association de défenses des droits des femmes à Alger. On devait l’interviewer à propos des femmes victimes de viols à Hassi Messaoud (quartier El Haicha).

La dame, certainement sincère, nous a servi un discours passionné ou elle dénonçait ces atrocités et cette violence  »animale » de la part d’une horde de sauvages qui s’est attaquée à des femmes sans défense…

Entretien avec Hasna El Becharia - Montréal - Juillet 2013

Entretien avec Hasna El Becharia – Montréal – Juillet 2013

Sauf que toute cette rhéthorique est tombée à l’eau quand elle nous a avoué qu’elle n’est pas allée à la rencontre des victimes….

A mon avis, la différence avec Hasna El Becharia réside dans la proximité avec les femmes victimes des aberrations de notre société.

Hasna El Becharia est connue à Béchar pour venir en aide aux jeunes filles rejetées par leurs familles pour différentes raisons : grossesses non désirées, fugues suivies d’un rejet de la famille, belle-mère qui martyrise les enfants de son mari….

Elle sait que la vraie solution réside dans le changement des mentalités et que tout ce qu’elle peut faire pour ces malheureuses ne remplacera jamais le rôle de l’Etat ou l’amour familial.. tout un programme….politique.

J’ai discuté avec Hasna El Becharia, entre la séance de sound check avant son concert au Cabaret du Mile end de Montréal et l’enregistrement de la partie montréalaise d’un documentaire que lui consacre SN production. Le film est réalisé par Amine Kouider. En l’absence de ce dernier, la documentariste Nadia Zouaoui a assuré la continuité du travail.

Hasna El Becharia - Concert - Montréal - 9 juillet 2013

Hasna El Becharia – Concert – Montréal – 9 juillet 2013

Samir Ben : Au dernier festival Diwan de Béchar vous étiez accompagnée par votre troupe féminine Kerkettou. Pourquoi ne sont-elles pas avec vous au Canada ?

Hasna El Becharia :  Elles n’ont pas pu venir car elles n’ont pas de visas. Elles n’ont même pas de passeport. Avec cette troupe, nous répétons depuis mars dernier. Elles sont appris le kerkabou, les broudj (morceaux) du gnawi. Nous avons ouvert le festival de Béchar ou nous avons joué deux broudj.  Les gens étaient surpris que des femmes présentent du Gnawa. Eh oui, ils ont vu que c’était la fille du Mqaddame Salem (Hasna elle-même, NDLR).  On avait prévu 4 broudj mais les gens sont entrés en transe et on n’a pas pu finir. Et la révélation de cette soirée était sans conteste la jeune Hallouma. Elle a surpris tout le monde. Et pourtant je venais juste de lui apprendre les techniques de la djedba (transe). Elle n’a eu peur ni de la scène, ni de la lumière et ni du public !

Votre public est divers et mutiple. Y a-t-il une difference entre le public en Algerie et à l’étranger?

La seule différence est qu’en Algérie, les gens ne veulent écouter que Djazair Djohara (l’Algérie est une perle) : jeunes, vieux et enfants. Tout le monde la demande!  Au Canada, les gens ont aimé. En France aussi, ils aiment le Gnawa. La première fois au Cabaret sauvage en 1999, et à ma grande surprise même les femmes  occidentales sont entrées en transe. Il a fallu utiliser le bkhour et l’encens pour les réveiller. Il ne faut pas oublier que le Gnawa du Maroc est connu en France, Amazigh Kateb aussi…

Pourquoi, à votre avis, l’artiste algérien doit-il passer par la case France pour être reconnu dans son pays ?

Que voulez-vous ? c’est l’amère réalité.  De trois choses l’une : l’envie, la jalousie ou ils ne comprennent rien à ce que tu fais…

Un artiste doit être reconnu dans son pays avant de s’exporter mais chez nous il faut toujours passer par la case extérieure pour avoir sa place en Algérie…Il y a beaucoup d’artistes algériens au pays mais qui se consument dans l’indifférence. Je n’arrive toujours pas à comprendre cette situation.

Le profane ne se retrouve pas entre Gnawa, Diwan…

Ecoutez mon fils. Comme il n’y a un seul Dieu, il n’y a qu’un seul Diwan. Il n’y a qu’un seul Bilal (le premier esclave noir affranchi par le prophète Mohamed, NDLR) le Gnawa c’est la même chose partout. Diwan c’est la soirée elle même, c’est l’événement. Comme quand on dit « il y aura un Diwan demain soir, il y aura une mhalla », par exemple. Le Diwan et le Gnawa c’est a même chose même si c’est en Inde. Ca vient du Soudan et ça remonte à Bilal.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui se lacent dans la chanson Gnawa ?

Certains ont été irrigués par le Gnawa (teskaw en arabe, NDLR). Ils ne peuvent plus s’en passer.Qu’ils soient blancs, noirs ou quels qu’ils soient. Regardez la (Elle montre la chanteuse Souad Asla, NDLR). Elle est habitée par le Gnawa. Il y a tout un rituel à suivre pour devenir Gnawi .

Il y a toujours ceux qui suivent la mode.  Ceux–là ne  m’intéressent pas. Certains jeunes dès qu’ils connaissent un  peu de Gnawi mettent une calotte et prennent le gumbri et se disent Gnawi. Je les encourage à aller se nettoyer d’éviter l’alcool et la drogue. C’est fou, certains fument un joint, prennent deux ou trois bières prennent le gumbri et montent sur scène. Au bout de deux jours, ils te disent … je suis malade. C’est tout sauf du Gnawi. Que Dieu leur pardonne.

Vous avez-dit récemment que vous préférez votre premier l’album au second. Pourquoi ?

Le premier Album Djazair Djohara a été réalisé à Taghit (Algérie). Le second, Smaa Smaa, entre Taghit et l’Italie. On a fait participer les musiciens locaux de Béchar. On est allés à Taghit avec le producteur italien et l’ingénieur du son. On a fait une résidence.  Le produit a été paufiné en Italie. (Souad Asla en tant qu’arrangeur qui travaille avec Hasna el Becharia depuis 15 ans, continue la réponse, NDLR)

On a voulu garder l’âme de Hasna dans l’album, quelque chose de traditionnel avec gumbri et karkabou. Quand ils ont pris le produit en France, la manageuse a voulu faire participer un Cape-verdien, Théophile Chantre – celui qui écrivait des chansons à Cesaria Evora. Elle l’a malheureusement fait sans se concerter avec nous. C’est un produit sans âme pour moi.

Est-ce qu’il  y a un troisième album pour Hasna ?

(Souad Asla, NDLR) Il y a un album en préparation avec Smail Benhouhou, un grand pianiste et arangeur algérien. On est au stade de l’enregistrement brut. Elle est venue à Paris et on pris tous les morceaux. A chaque fois qu’elle reviendra, on le paufinera.

Qui le produit ?

(Souad Asla, NDLR) Il sera coproduit par Smail Benhouhou et moi-même. Et à ce propos, on souhaiterait avoir une petite résidence d’une dizaine de jours pour que le disque soit fait complètement en Algérie. Ce sera un disque 100% Hasna. Il y aura 13 morceaux.

Quel titre portera l’album ?

Nous n’avons pas encore décidé. Mais la chanson-phare sera Zine Nhar Elyoum. C’est une chanson qui vient de là (elle pointe sa tête, NDLR).

Est-ce qu’il y a une relève pour Hasna El Becharia en preparation ?

Il y a Souad Asla ! (elle a à son actif l’album Jawal, NDLR). Je lui ai meme appris le gumbri. Elle doit juste passer par la Mhalla des Gnawa que tient Maalam Brahim, l’élève de mon père Mqaddam Salem que Dieu ait son âme.

Peut-on remonter à votre premier album ? Vous parliez de l’Algérie et de votre fils…

J’étais en France. C’était une chanson qui décrivait l’Algérie pendant la décennie noire et ma relation avec mon fils qui n’était au beau fixe.  Je me suis dit je vais chanter les deux en même temps (Hasna s’est réconciliée depuis avec son fils. Elle a aussi une fille,NDLR).

Que diriez vous aux immigrants qui oublient parfois de rendre visite à leurs parents?

Je leur dis : Que Dieu vous pardonne. Vous ne savez pas quand la mort va frapper et à ce moment-là les regrets ne serviront à rien…

Quelle est votre chanson préférée ?

La chanson Gnawi de mon père Mqaddame Salem : Salou 3la nabina. A chaque fois que je l’écoute, j’ai des frissons. Et la chanson Gnawi qui me met dans tous mes états, c’est Jangar Mama.  Vous n’avez pas intérêt à me toucher quand j’y entre…

Vous venez en aide aux filles en difficulté à Béchar. Est-ce que le problème diminue ou augmente ?

J’ai été élevée dans cet esprit. Notre porte était ouverte à tout le monde. Je ne peux pas laisser des pauvres filles en proie à des problèmes dans la rue. Une mère célibataire est jetée dans la rue comme une paria ou une inctouchable.  Je ne peux pas aider tout le monde. Beaucoup de filles  sont dans les rues que ce soit à Béchar ou ailleurs en Algérie. Il faut de l’argent pour prendre en charge ces malheureuses.  C’est fou qu’un père ou mère rejette sa fille parce qu’elle a une grossesse non désirée. C’est honteux pour notre société. Résulat de tout ça : pratiquement chaque mois, on trouve un bébé jeté dans la rue que ce soit dans les décharges publiques, dans l’oued, dans des poubelles ou des boîtes…Il faut changer les mentalités. Tout ceci car la fille ne trouve personne pour la soutenir.

Mais l’homme est aussi responsable ?

Oui mais dès que la fille l’informe qu’elle est enceinte, il ferme son portable. Donc, il faut voir la réalité.

Propose recueillis par Samir Ben  Contactez moi

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Exclusif : Nouvel album pour Hasna El Becharia…

juillet 13, 2013

Hasna El Becharia était à Montréal la semaine dernière. J’ai eu la chance de la rencontrer grâce à Sara Nacer, attachée de presse au festival international des nuits d’Afrique.

Elle m’a confié qu’elle est en train de préparer un troisième album. Elle jure que celui-ci sera le reflet de son âme au contraire du deuxième (Smaa Smaa) qui a subi beaucoup d’interférences et de manipulations de la part de sa manager en France. Son premier est le désormais légendaire Djazair Djohara.

Hasna El Becharia - Concert - Montréal - 9 juillet 2013

Hasna El Becharia – Concert – Montréal – 9 juillet 2013

J’ai un peu insisté et elle m’a donné le titre de la chanson phare du nouvel opus : Zine nhar el youm….voici en exclusivité le morceau à l’état brut fredonné par la rebelle de la Saoura. La date de sortie. Ca devrait aller autour de la fin de l’année en cours à début 2014.

Je lui ai parlé entre la séance de sound check avant son concert au Cabaret du Mile end et l’enregistrement de la partie montréalaise d’un documentaire que lui consacre SN production. Le film est réalisé par Amine Kouider. En l’absence de ce dernier, la documentariste Nadia Zouaoui a assuré la continuité du travail.

J’ai lu quelques critiques élogieuses de la voix de Hasna. Celle que je n’ai pas encore comprise : sa voix est reptilienne. J’avoue que je n’ai pas encore vu de serpent chanter ou parler…sauf peut-être dans le premier Harry Potter !

Par Samir Ben Contactez moi

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