Faut-il faire taire Omar Aktouf ?

La dernière contribution sur El Watan du professeur en management aux HEC de Montréal sur les choix économiques de l’Algérie a suscité une avalanche de commentaires pas toujours doux à son endroit (voir plus basm le lien sur la contribution ).

Youcef Bendada, économiste, vivant au Canada, part à sa défense. Je publie ici son texte en intégralité :

 

Faut-il faire taire Omar Aktouf ?

Omar Aktouf sort de sa réserve et,  comme à l’accoutumée, parle vrai. Il parle économie, gestion, management sans détours. Et puis, il cisèle ses phrases et ne prend pas de gants pour dire vrai.  Sa contribution, puisqu’elle est ainsi intitulée, est un cri du cœur d’un sociologue doublé d’un économiste connu et reconnu à travers le monde. Je n’exagère pas, puisque son école s’étend de l’Europe aux deux continents américains grâce à sa maitrise des langues anglaise, espagnole et portugaise.

Omar Aktouf, me semble-t-il, n’attend rien de quiconque. Il dit ce qu’il pense et dérange ceux qui courtisent. Omar Aktouf a lancé un cri que l’on veut déformer afin de le discréditer et l’éloigner de son devoir d’intellectuel prêt à servir sa patrie. À quoi alors servirait un intellectuel, si ce n’est pour dénoncer les (vraies) dérives de son pays lorsqu’il est en danger?

Pourquoi a-t-on voulu l’éloigner de son pays déjà dans les années 90, lorsque certaines autorités logées à El Mouradia ont demandé à une annexe de l’ONU de le bannir d’un programme économique au service des pays en développement, alors qu’il n’en coûtait pas un dinar à notre pays pour profiter de son savoir? Mais peut-être que, justement, le savoir que Omar Aktouf propose ne «plaît» tout simplement pas à bien des intérêts solidement installés dans et hors l’Algérie ?

Omar Aktouf, dont l’engagement pour son pays n’a d’égal que son franc parler et la justesse de ses analyses, dérange, tout bonnement, toute une série de «cliques» qui se sont donné pour «noble mission» le contrôle privé des richesses de notre pays, quitte à tenter de trouver théories et justifications là où il n’y en a plus : les modèles US et le néolibéralisme.

Pour preuve que Omar Aktouf a toujours eu raison, il suffit de lire ses ouvrages prémonitoires quant à la fabuleuse filouterie des Surprimes que le système financier américain a concoctée, plongeant le monde entier dans un tourbillon de mesures démentes de néolibéralisme, qui n’en finit plus, et dont les ressorts ne sont que sucer le sang des travailleurs et massacrer la nature tout en continuant à engraisser les banquiers et leurs complices, dont font partie, businessmen, politiciens, «experts» et autres «éminents professeurs».

L’appel de Omar Aktouf, si on veut bien le lire pour ce qu’il est : le cri du cœur d’un homme droit et authentique algérien, en plus d’être celui d’un des plus précoces et fins analystes (encore une fois mondialement connu et reconnu) des dégâts de la mondialisation, du néolibéralisme et du modèle US… est une bénédiction pour notre pays qui n’en peut plus de souffrir l’infinie boulimie de ces courtisans sans foi ni loi, qu’on nous présente, «théories fumeuses» à l’appui, comme les sauveurs de la nation.

Par ailleurs, ce cri de Omar Aktouf est une suite logique à son essai de fin des années 1980, publié sous le titre «Algérie, entre l’exil et la curée» : cet ouvrage dénonçait déjà l’inanité du mode de fonctionnement de notre économie,  et surtout, mettait clairement  à nu un système pourri ne favorisant que clanisme, corruption et maintien de l’économie algérienne dans un sous-développement endémique.

Omar Aktouf tente de construire une démarche et une stratégie  aussi désintéressées que sérieuses, démarche qui permettrait de maitriser les ressources, en particulier toutes les ressources de type bien commun et publiques, aux mains d’un État fort («véritable État» comme il le dit, et non «cliques» d’économie de bazar,  s’improvisant «gouvernants») qui veille à un usage du revenu national de manière équitable, à une juste répartition entre «entreprises», travailleurs, nature…

Traiter Omar Aktouf de «naïf», de «déconnecté», de «soviétiste»… et de  tous ces «noms d’oiseaux» que je vois de ci-de là, n’est, pour moi, que refus de voir sérieusement ce qu’il a à nous dire, et gratuite insulte à son intelligence et à l’approche rigoureuse-constructive qu’il imprime à son discours.

Ne laissons pas son cri se transformer en désespoir. Quant aux charlatans, ils peuvent continuer à bénéficier de tous les supports, rien n’y fera, l’économie nationale sera sauvée par ses enfants, et, espérons le, la multiplication des Omar Aktouf.

 

Youcef Bendada

Économiste/Montréal

Lien : La contirbution de Omar Aktouf

Par Samir Ben Contactez moi
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copyright – 2012 – Samir Ben

 

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14 réponses à Faut-il faire taire Omar Aktouf ?

  1. Rabah dit :

    JAMAIS !
    Bien au contraire, notre pays a aujourd’hui plus que jamais besoin que de centaines d’Omar Aktouf, d’Abdelmadjid Bouzidi, de Lhaouari Addi, de Rachid Tlemçani ou d’Ahmed Benbitour s’expriment librement sur tous les médias, sur les problèmes qui l’enlisent dans le sous développement que Bouteflika et son clan de prédateurs a aggravé depuis 1999 en augmentant de manière criminelle sa dépendance des hydrocarbures, qu’ils exploitent intensivement et en dilapidant à tous les vents les importantes recettes en devises étrangères que cette exploitation sauvage génère.
    Blogs à consulter éventuellement :
    http://contreleclandoujda.centerblog.net
    http://cestleclandoujdaquimatuer.centerblog.net
    http://toutsurlelectionpresidentiellede2009.centerblog.net
    et les blogs amis.

    • Benbouali dit :

      L’Algérie a plus de 15 000 mosquées et 20 000 moussala.
      Combien a-t-elle de think-tanks ?
      Depuis l’arrivée de l’AKP au pouvoir en Turquie, ce pays a créé plus de 10 000 think-tanks. C’est là l’une des clés majeures de la réussite de la Turquie.

      • Redricci dit :

        jé apprécié l’exemple de la Turquie mais par contre j’apprécie mal l’exemple du nombre de mosquées ,depuis kon les mosquées constituent un obstacle au developpement économique cher Mr?

  2. Dr. Cherif Ghalizani dit :

    Omar Aktouf est un intellectuel. Il est libre de dire et écrire tout ce qu’il pense. Nous ne sommes pas obliges d être d accord avec lui comme nous sommes pas obliges d être d accord avec qui que ce soit puisque nous vivons dans un continent nord américain démocratique. On peut critiquer monsieur Omar Aktouf par des analyses scientifiques utilisant des chiffres et des statistiques et non pas pour des raisons émotionnelles du moment.. Maintenant si quelqu’un vient a la défense des démunis de cette société il est traite de sovietiste ou autre…c est une insulte a son intelligence…
    Jesus et le prophète Mohamed, le cardinal Leger au canada, l’Abbé Pierre en France, se sont porte a la défense des moins nantis de la société..doit on les cataloguer de sovietistes…Omar Aktouf est un intellectuel. Il est libre de dire et écrire tout ce qu’il pense. Nous ne sommes pas obliges d être d accord avec lui comme nous sommes pas obliges d être d accord avec qui que ce soit puisque nous vivons dans un continent nord américain démocratique. On peut critiquer monsieur Omar Aktouf par des analyses scientifiques utilisant des chiffres et des statistiques et non pas pour des raisons émotionnelles du moment.. Maintenant si quelqu’un vient a la défense des démunis de cette société il est traite de sovietiste ou autre…c est une insulte a son intelligence…
    Jesus et le prophète Mohamed, le cardinal Leger au canada, l’Abbé Pierre en France, se sont porte a la defense des moins nantis de la société..doit on les cataloguer de sovietistes…

  3. mouraddz dit :

    Tout en saluant le mérite et le talent de Monsieur Omar Aktouf, je corrobore Monsieur GHALIZANI en vous disant à son unisson que Monsieur Omar Aktouf est un intellectuel et de prime abord un économiste émérite.Conséquemment, il est libre de dire et d’écrire tout ce qu’il pense. Et nous ne sommes pas obligés pour autant d’être d’accord ici en Algérie ou ailleurs.Et au-delà de la problématique de la culture des compétences en Algérie.Et sans intention de polémique de ma part,non,aucune,ai-je tant aimé soulever cette question si cruciale pour nous autres Algériens qui sommes d’ici là dans l’espoir que semble porter ,loin des friches et à juste raison Monsieur Aktouf et ses contradicteurs.OUI,est-il pourtant si nécessaire d’être cultivé et compétent pour diriger un pays comme L’Algérie?. Les Américains et les canadiens n’ont jamais autant que nous réclamé à leurs dirigeants d’être érudits,charismatiques,compétenciels et inspirés .Ce qui n’est toujours pas le cas chez nous,vous en conviendrez .
    De quelle culture-compétencielle parle-t-on ? En Algérie, la connaissance de l’histoire et de la géographie, des références généralistes et superficielles sont restées des marqueurs plus puissants qu’ailleurs. Il est rare que l’on interroge un gouvernant Algérien sur sa maîtrise des langues étrangères, son savoir scientifique,techniciste et compétencielle en économie et finances, son expérience au-delà des frontières de la 3ème R.I.Alors que la géostratégie et se défis, la mondialisation, les défis écologiques, la crise économique mondiale…et j’en passe… devraient l’exiger .
    Mais la littérature ! L’histoire et les généralités des artifices ! Ne pas en être imprégné, pour un gouvernant et un opposant Algérien(s), c’est un peu comme ma ville de Constantine sans ses ponts.
    Faut-il y voir seulement un penchant de ma part pour les gouvernants lettrés aux compétences, lorsque les élites politiques se confondent avec les élites intellectuelles,compétencielles et littéraires ? .Sans doute,mais Pourquoi donc en vous parlant aujourd’hui résurgisse devant moi, cette réplique assassine et attribuée au duc de La Rochefoucauld, à qui Louis seize demandait au soir du 14 juillet 1789 : C’est une révolte? Non, sire, c’est une révolution, aurait répondu le duc.
    Paraphrasant ce dialogue, qui est sans doute apocryphe;je dirai que telle que posée l’analyse -critique de Monsieur Aktouf sur les colonnes du journal El Watan est déjà une révolution mentale dans les débats contradictoires et pas seulement en économie. Accepter et respecter la liberté du débat contradictoire c’est comme la mandale d’une réussite à la face de l’échec économique Algérien patent .Car, à défaut de pétrole, de rente,et de,et de…les géniteurs de la réussite bâtissent d’idées et de compétences leurs pays.Mais que sont nos gouvernants-opposants devenus?.Ceux-là même qui en sont à l’origine étiologique .Eh bien ,à l’être et l’étant de Heidegger ils auront le point,zéro leur interdisant dans le rédhibitoire toute éventuelle gestion de notre pays l’Algérie;à moins que la cooptation prétorienne ne vienne une fois encore à en achever l’oeuvre destructrice.
    Et me semble-t-il à l’aune de ce désastre un consensus se dessine et s’établit aujourd’hui sur le fait que la formation de la personnalité bâtisseuse est autant du ressort de la trajectoire individuelle, du milieu culturel, de l’environnement ,du charisme ,de l’aptitude et du talent compétenciel,de l’élan national que de l’héritage génétique,clanique et régionaliste…
    Oui,Les catégories d’inné et d’acquis, de nature et de culture d’une réussite ou d’un échec en économie …, doivent être plus que jamais revisitées en Algérie.
    Et c’est signé un démocrate Algérien, qui pourrait être l’incarnation Algérienne d’une gauche moderne et pragmatique à la Tony Blair;avec des valeurs Islamo-Arabo-Amazighes,de la justice sociale,de la régulation et de l’Algérianité en plus;et avec de la vassalité en moins.Un Algérien tout aussi titulaire de hautes études en histoire,économie et finances;et qui pensait qu’entre le libéralisme,le néolibéralisme et le socialisme dogmatique il y a une économie de marché régulée régulée aux finances et aux marchés et génitrice de croissances et de richesses.
    Une économie régulée par des états actionnaires,y compris à la majorité actionnariale des services publics.Des états tout aussi interventionnistes et régulateurs que garants de la libre entreprise du secteur privé dans un marché compétitif.
    BIEN QUE JE SOIS UN Algérien partisan d’une économie de marché et de finances régulées au service de la croissance des richesses, mais aussi au service de l’homme,de l’équité et de la justice sociale j’ai senti le besoin d’émettre quelques observations-critiques à monsieur Aktouf en lui signifiant:
    1-qu’une économie de marché n’est pas forcément un libéralisme sauvage et effréné, et qu’un socialisme pragmatique n’est aucunement un antilibéralisme primaire et dogmatique.L’intelligence positive aux médianes pragmatiques des deux est possible.Et ne me prenez pas au défi de le démontrer monsieur Aktouf,car je peux le démontrer ici et maintenant ,y compris aux niveaux des référentiels symbolisants l’économie libérale à savoir les agences de notations.
    2- Car oui,bien que je sois un Algérien partisan d’une économie de marché et de finances régulées au service de la croissance des richesses. Des richesses aussi au service de l’homme,de l’équité et de la justice sociale .C’est pourquoi ai-je décidé d’émettre les suivantes observations-critiques sur les agences de notations;dont il n’est pas question pour moi, cependant de les remettre en question tant elles représentent le seul baromètre fiable de la santé des états.Et vous voyez bien Monsieur Aktouf que la ligne pragmatique entre le socialisme entreprenant et le libéralisme régulé et contrôlé est bien possible. :
    3)-La gouvernance même des agences de notation est un facteur d’affaiblissement valoriel pour les entreprises privées et publiques, au capital détenu par des investisseurs financiers, qui en exigent une rentabilité et même des dividendes. La gouvernance des agences de notations est donc entre les mains de leurs actionnaires. En ce qui concerne les crédits privés, c’est du domaine admis,et ce, quoi que…Mais Lorsqu’il s’agit de crédits souverains, c’est un cran au-dessus des structures actionnariales et managériales des agences de notations actuelles; donc si j’étais à la place des gouvernants Algériens à la tête d’un pays émergent j’aurai demandé que ces agences de notations se dotent d’un board of trustees composé de personnalités diverses et reconnues, y compris des actionnaires, mais en minorité.C’est aussi et surtout cela Monsieur Aktouf, que d’être un socialiste entreprenant,pragmatique et au service d’une richesse nationale et de sa croissance,et ce, dans un contexte économique mondialisé.Mais faut-il pour autant se défaire de la mentalité rentière.
    4-Le timing des annonces est inacceptable(de cesagences). Comme pour les entreprises, les notations doivent se baser sur une régularité trimestrielle de l’évolution. Les dernières décisions se sont faites à l’inopiné-douteux, et ont créé une suspicion de manipulation spéculative des marchés. La vertu des notations devrait être dans leur régularité, sur base de faits nouveaux. En cas de crise, le rythme trimestriel peut être remplacé par un rythme mensuel, mais en aucun cas, sauf fait nouveau objectif et articulé, de manière abrupte.La planification structurelle est un fondement économique de gauche,monsieur Aktouf!) .Quand bien même la dégradation de la note américaine par exemple était totalement infondée à mon avis . la reprise et la croissance qui semblent revenir aux states ,qui possédent toujours les fondamentaux économiques les plus solides au monde me donnent raison.Quant à la dégradation de la France et de certains pays de la zone euro, elle est justifiée tant Le triple A de la France n’était de toute manière qu’une fiction surréaliste que savait déjà les investisseurs,les marchés anticipateurs et les banques ,ce qui explique qu’ils n’ont pas tant paniqué à l’effet de dégradation.En finalité,mes amis l’économie c’est le bon sens.
    Comme le bon sens d’un économiste qui n’est ni de gauche, ni de droite et qui viendrait nous expliquer la crise grecque à travers son humour Algérien,oui le mien et comme suit:

    Je dépense deux fois mes revenus depuis plus de 10 ans en m’endettant, et ceci uniquement pour gâter ma femme, afin qu’elle reste avec moi. Surendetté, je suis ruiné et à deux doigts de me retrouver à la rue ,en perdant tout. Un notable me propose pour m’aider de payer un tiers de mes dettes, de me prêter un autre tiers à taux minimal, à la condition de pouvoir suivre ma comptabilité et que je limite mes dépenses. Je vais demander à ma femme si on peut faire ça pour lui. Elle répondra non,car, de son côté tout ce qui l’intéresse c’est son petit confort à découvert.moralité de mon humour:je suis le gouvernement grec et je suis marié à mon peuple ,et pour le pire.à méditer en ce jour de ramadan.Faites dieu qu’il en soit pour le bien de l’Algérie et de son peuple.

  4. mustapha ouhadda dit :

    Moi, algérien, je vis à Québec, comme omar aktouf, professionnellement pas comme lui, j’aurais aimé être comme lui, si j’étais lui, j’aurais dénoncé ceux qui sont contre ses propos. Cette personne de renommée mondiale mérite bien des éloges et des égards. Cela dit, l’algérie (le régime) n’est pas à sa première fois de mettre à l’index tous ceux qui lui sont opposés. Monsieur Omar aktouf est une grande richesse pour notre pays, il est d’une grande importance et précieux. Omar Aktouf aime bien son pays par rapport à chakib, pro américain, détient des biens volés sinon achetés avec la rente pétrolière et gazière grace à la bénédiction de son ami oujdéen bouteflika. La personne qui doit être critiqué c’est bien ce dernier, pseudo président de l’algérie malade. Grand fossoyeur de mon notre pays, malade aussi parce qu’il offre des marché à qui lui semble inutile, par exemple au Qatar. Sachez que l’algérie n’est pas un pays arabe. Nous, algeriens, de bonne foi, devons être tous protégé Monsieur Omar Aktouf, homme honnete, sincère, aime son pays, professeur de très grande qualité. Cela étant dit, nous ne voulons pas de bouteflika, celui qui veut créer le poste de vice président!!

  5. mouraddz dit :

    Tout en saluant le mérite et le talent de Monsieur Omar Aktouf, j’abonde à quelques divergences prés dans le sens de votre commentaire,monsieur Mustapha. Mais je corrobore bien plus celui de Monsieur GHALIZANI en vous disant à son unisson que Monsieur omar Aktouf est un intellectuel et un économiste émérite digne de respect et de reconnaissance. Conséquemment, il est libre de dire et d’écrire tout ce qu’il pense. Et nous ne sommes pas obligés pour autant d’être d’accord ou pas avec lui , en Algérie ou ailleurs.Et au-delà de la problématique de la culture des compétences en Algérie, corrélaire à celle de la liberté.Et sans intention de polémique de ma part,non,aucune;ai-je tant aimé soulever cette question si cruciale pour nous autres Algériens qui sommes d’ici là dans l’espoir que semble porter ,loin des friches et à juste raison Monsieur Aktouf et ses contradicteurs.OUI,est-il pourtant si nécessaire d’être cultivé et compétent pour diriger un pays comme L’Algérie?. Les Américains et les canadiens n’ont jamais autant que nous réclamé à leurs dirigeants d’être érudits,charismatiques,compétenciels et inspirés .Ce qui n’est toujours pas le cas chez nous,vous en conviendrez . Ah mes amis! dites-moi qu’est-ce que le marketing au service d’un pays comme l’Algérie? ou mieux encore, qu’est-ce que le marketing n’est pas pour son économie ?. La réponse est quelque part la grande convergence entre nous tous.
    SI tel est le cas, alors de quelle culture-compétencielle parle-t-on pour l’Algérie?;la connaissance de l’histoire et de la géographie, des références généralistes et superficielles sont restées des marqueurs plus puissants qu’ailleurs. Il est rare que l’on interroge un gouvernant Algérien sur sa maîtrise des langues étrangères, son savoir scientifique,techniciste et compétencielle en économie et finances, son expérience au-delà des frontières de la 3ème R.I.Alors que la géostratégie et ses défis, la mondialisation, les défis écologiques, la crise économique mondiale…et j’en passe… devraient l’exiger .
    Mais la littérature ! L’histoire et les généralités des artifices ! Ne pas en être imprégné, pour un gouvernant et un opposant Algérien(s), c’est un peu comme ma ville de Constantine sans ses ponts.
    Faut-il y voir seulement un penchant de ma part pour les gouvernants lettrés aux compétences, lorsque les élites politiques se confondent avec les élites intellectuelles,compétencielles et littéraires ? .Sans doute,mais Pourquoi donc en vous parlant aujourd’hui résurgisse devant moi, cette réplique assassine et attribuée au duc de La Rochefoucauld, à qui Louis seize demandait au soir du 14 juillet 1789 : C’est une révolte? Non, sire, c’est une révolution, aurait répondu le duc.
    Paraphrasant ce dialogue, qui est sans doute apocryphe;je dirai que telle que posée l’analyse -critique de Monsieur Aktouf sur les colonnes du journal El Watan est déjà une révolution mentale dans les débats contradictoires et pas seulement en économie. Accepter et respecter la liberté du débat contradictoire c’est comme la mandale d’une réussite à la face de l’échec économique Algérien patent .Car, à défaut de pétrole, de rente,et de,et de…les géniteurs de la réussite bâtissent d’idées et de compétences leurs pays.Mais que sont nos gouvernants-opposants devenus?.Ceux-là même qui en sont à l’origine étiologique .Eh bien ,à l’être et à l’étant de Heidegger ils auront la note leur interdisant dans le rédhibitoire toute éventuelle gestion de notre pays l’Algérie; à moins que la cooptation prétorienne ne vienne une fois encore à en achever l’oeuvre destructrice.
    Et me semble-t-il à l’aune de ce désastre un consensus se dessine et s’établit aujourd’hui sur le fait que la formation de la personnalité bâtisseuse est autant du ressort de la trajectoire individuelle, du milieu culturel, de l’environnement ,du charisme ,de l’aptitude et du talent compétenciel,de l’élan national que de l’héritage génétique,clanique et régionaliste…
    Oui,Les catégories d’inné et d’acquis, de nature et de culture d’une réussite ou d’un échec en économie …, doivent être plus que jamais revisitées en Algérie.
    Et c’est signé un démocrate Algérien, qui pourrait être l’incarnation Algérienne d’une gauche moderne et pragmatique à la Tony Blair;avec des valeurs Islamo-Arabo-Amazighes,de la justice sociale,de la régulation et de l’Algérianité en plus;et avec de la vassalité en moins.Un Algérien tout aussi titulaire de hautes études en histoire,économie et finances;et qui pensait qu’entre le libéralisme,le néolibéralisme et le socialisme dogmatique il y a une économie de marché régulée régulée aux finances et aux marchés et génitrice de croissances et de richesses.
    Une économie régulée par des états actionnaires,y compris à la majorité actionnariale des services publics.Des états tout aussi interventionnistes et régulateurs que garants de la libre entreprise du secteur privé dans un marché compétitif.
    Et dans le corrélaire j’ai senti le besoin d’émettre quelques observations-critiques à monsieur Aktouf en lui signifiant dans la divergence respectueuse:
    1-qu’une économie de marché n’est pas forcément un libéralisme sauvage et effréné, et qu’un socialisme pragmatique n’est aucunement un antilibéralisme primaire et dogmatique.L’intelligence positive aux médianes pragmatiques des deux est possible.Et ne me prenez pas au défi de le démontrer monsieur Aktouf,car je peux le démontrer ici et maintenant ,y compris aux niveaux des référentiels symbolisants l’économie libérale à savoir les agences de notations.
    2- Car oui,bien que je sois un Algérien partisan d’une économie de marché et de finances régulées au service de la croissance des richesses. Des richesses aussi au service de l’homme,de l’équité et de la justice sociale.Ceci étant il n’est pas question pour moi, cependant de les remettre en question (les agences de notations) tant elles représentent le seul baromètre fiable de la santé des états.
    Et vous voyez bien Monsieur Aktouf que la ligne pragmatique entre le socialisme entreprenant et le libéralisme régulé et contrôlé est bien possible.
    3)-La gouvernance même des agences de notation est un facteur d’affaiblissement valoriel pour les entreprises privées et publiques, au capital détenu par des investisseurs financiers, qui en exigent une rentabilité et même des dividendes. La gouvernance des agences de notations est donc entre les mains de leurs actionnaires. En ce qui concerne les crédits privés, c’est du domaine admis,et ce, quoi que…Mais Lorsqu’il s’agit de crédits souverains, c’est un cran au-dessus des structures actionnariales et managériales des agences de notations actuelles; donc si j’étais à la place des gouvernants Algériens à la tête d’un pays émergent j’aurai demandé que ces agences de notations se dotent d’un board of trustees composé de personnalités diverses et reconnues, y compris des actionnaires, mais en minorité.C’est aussi et surtout cela Monsieur Aktouf, que d’être un socialiste entreprenant,pragmatique et au service d’une richesse nationale et de sa croissance,et ce, dans un contexte économique mondialisé.Mais faut-il pour autant se défaire de la mentalité rentière.
    4-Le timing des annonces est inacceptable(de ces agences). Comme pour les entreprises, les notations doivent se baser sur une régularité trimestrielle de l’évolution. Les dernières décisions se sont faites à l’inopiné-douteux, et ont créé une suspicion de manipulation spéculative des marchés. La vertu des notations devrait être dans leur régularité, sur base de faits nouveaux. En cas de crise, le rythme trimestriel peut être remplacé par un rythme mensuel, mais en aucun cas, sauf fait nouveau objectif et articulé, de manière abrupte.La planification structurelle est un fondement économique de gauche,monsieur Aktouf! .Quand bien même la dégradation de la note américaine par exemple était totalement infondée à mon avis . la reprise et la croissance qui semblent revenir aux states ,qui possédent toujours les fondamentaux économiques les plus solides au monde me donnent raison.Quant à la dégradation de la France et de certains pays de la zone euro, elle est justifiée tant Le triple A de la France n’était de toute manière qu’une fiction surréaliste que savait déjà les investisseurs,les marchés anticipateurs et les banques ,ce qui explique qu’ils n’ont pas tant paniqué à l’effet de dégradation.En finalité,mes amis l’économie c’est le bon sens.
    Comme le bon sens d’un économiste qui n’est ni de gauche, ni de droite et qui viendrait nous expliquer la crise grecque à travers son humour Algérien,oui le mien et comme suit:

    Je dépense deux fois mes revenus depuis plus de 10 ans en m’endettant, et ceci uniquement pour gâter ma femme, afin qu’elle reste avec moi. Surendetté, je suis ruiné et à deux doigts de me retrouver à la rue ,en perdant tout. Un notable me propose pour m’aider de payer un tiers de mes dettes, de me prêter un autre tiers à taux minimal, à la condition de pouvoir suivre ma comptabilité et que je limite mes dépenses. Je vais demander à ma femme si on peut faire ça pour lui. Elle répondra non,car, de son côté tout ce qui l’intéresse c’est son petit confort à découvert.moralité de mon humour:je suis le gouvernement grec et je suis marié à mon peuple ,et pour le pire.à méditer en ce jour de ramadan. Faites dieu qu’il en soit pour le bien de l’Algérie et de son peuple.

  6. Mustapha dit :

    À part Mr Aktouf, je n’ai pas encore entendu des intellectuels algériens, s’exprimer de manière aussi honnête et aussi engagée dans la cause nationale.

    À tous ceux qui véhiculent l’obscurantisme, je dis ceci: Avec l,aide de ses vrais enfants, l’Algérie va changer.

  7. mouloud dit :

    c’est une drole d’idée et de question de faire taire un homme libre qui dit ce qu’il pense. On réagit comme du temps de ben bella, boumdiène et bien sur boutef. On a déja fait taire bien d’autres: Abbane, Maatoub, kateb yacine……on est bien avancé aujourd’hui et cela se voit. Mouloud

    • Belagha Abdelkrim dit :

      Ah la chitta quand tu nous tiens!!! c’est bien commode de critiquer, voire dénigrer, son pays à partir d’asiles douillets e au canada et en France. Parler de loin est facile, agir sur place est plus périlleux!!!

      • DALILA dit :

        baraKA ALLAH FIK
        WALLAH ICI AU QUÉBEC IL Y A DES ALGÉRIENS QUI N’ ARRETENT PAS DE CRITIAQUER L’ALGERIE, INSULTER LES ALGÉRIENS À PARTIR DE L’ASILE ILS PENSENT QUE LES QUÉBÉCOIS PENSENT À EUX, LES QUÉBECOIS PENSENT À LEUR PAYS PAS À TES PROBLÈMES ET ILS SONT RAISON.
        WALLAH TEBHDILA
        CELUI QUI VEUT L’ALGERIE FAIT QUELQUE CHOSE DE CONCRET SINON SVP SILENCE!

  8. Benyoucef dit :

    La mafia de l’argent dirigé par Said Bouteflika et ses sbires, qui chapeautent également les barons de l’informel islamistes, qu’Ouyahia a vigoureusement dénoncés et accusés récemment d’être derrière la destruction de l’économie algérienne, est en train de recycler son argent sale avant le départ prochain de Bouteflika.

    Il s’agit bien sûr de la partie dinars algériens, des milliards, car la partie devise a été déjà placée dans des paradis fiscaux .

    Avec ces milliards de dinars algériens, ils veulent siphonner les devises que le pays rapportera après leur départ et de manière « légale », à travers les bureaux de change que Bouteflika veut créer avant son départ.

    Pourquoi il ne l’a pas fait avant, il avait pourtant tout le temps de le faire ?

    Toutes les mesures qu’il va prendre pendant les mois voire les semaines qu’il lui reste sur le koursi, pardon le lit présidentiel, seront de cette nature.

    Il se trompe car ses hommes, ses femmes, ses lois scélérates seront mis dans un seul sac et jetés à la poubelle avec lui.

    13
    ou 14 ans au pouvoir pour en arriver là, c’est vraiment triste mais il mérite ce sort infâme, c’est à dire de sortir par la petite porte ou par les caniveaux.

    Comme ses frères tyrans arabes, qu’il a défendus contre toute logique et contre l’avis même du peuple algérien, depuis 1999, il n’a fait que servir sa famille et sa région d’Oujda-Tlemcen, alors qu’il avait la chance de pouvoir servir le vaillant peuple algérien et l’immense et grande Algérie, qu’il n’a cessé de mépriser et de rabaisser.
     »
    Petit il vécut, petit il mourut » disait le Grand Victor Hugo du petit dictateur Napoléon III, qu’il avait surnommé « Napoléon le petit »..

    Les dictateurs finissent souvent exilés ou pendus.

  9. ALEX dit :

    les termes des scientifiques doivent passer à leur application, le pays va mal !

  10. malika bouhadef dit :

    dans la majorité des analyses et commentaires tout le monde semble d’accord sur une chose: la « négativisation du sovietisme ». pensez vous que l’économie mondiale refleurira un jour autrement? à moi de faire comme l’occident rassemblé derrière les usa: prendre l’argent vrai ,la force de travail du peuple » pour renflouer les caisses des rapaces. autre astuce, et pas des moindres, la guerre: comme au temps du New deal…entendez des vous dans les campagnes…. et les villes de toutes les contrées….????

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