Fellag : «Bled Runner, la fin du cycle de mes histoires algériennes»

novembre 25, 2016

L’humoriste présente Bled Runner, son dernier spectacle, ce jeudi soir à l’Olympia de Montréal devant 1 300 personnes, dont une bonne partie est issue de la communauté algérienne du Canada. Vu l’engouement du public, deux supplémentaires ont été rajoutées. Fellag, qui sera en tournée pour les deux prochaines années, revient dans cet entretien sur ce cycle entamé il y a 20 ans avec Djurdjurassik Bled.

fellag

© Denis Rouvre

– A Montréal, le public connaît votre personnage, M. Lazhar, du film éponyme où vous jouiez le rôle principal, mais pas Fellag l’humoriste ?

C’est vrai. La raison est que je ne me suis jamais produit ici. C’est la première fois.  Avec toute la communauté algérienne au Québec, on me demandait de venir. Le festival «Juste pour rire» m’avait invité à partir de 1999. Mais le problème est que j’avais des tournées énormes. Je donnais jusqu’à 150 représentations par an. Il était très difficile de trouver des dates où ça se passait au mois de juin où j’étais déjà sur les genoux. Je m’arrêtais. Je m’occupais de mes enfants.

Je partais en vacances. Je ne jouais plus après… Mon avant-dernier spectacle, Petits chocs de civilisations, qui était monté juste après M. Lazhar sorti en 2011, a failli être présenté ici dans le cadre de «Juste pour rire». Mais c’est moi qui ai reculé au dernier moment. Je me suis dit que c’est un casse-gueule. «Petits chocs des civilisations», qui a eu un énorme succès en France, où il a été joué plus de 300 fois, est une adresse aux Français. L’écriture elle-même, vu l’histoire qu’il y a entre la France et l’Algérie depuis plus de 150 ans avec tout l’imaginaire et les clichés des deux côtés.

Il n’y a pas un Français, pas un Algérien qui n’ait pas un oncle ou une tante qui vit en France, ou un Français qui n’ait pas un grand-père qui était colon ou chef de gare en Algérie. Tout ça faisait que le spectacle ne convenait pas pour le Québec. Tout d’un coup, j’ai eu peur. Une sueur froide. J’allais faire un spectacle pour un public qui n’avait aucune référence, ni émotionnelle ni historique, et ceci même s’il allait y avoir certainement des Algériens dans la salle.

– Vous ne courez pas le même risque avec Bled Runner ?

Non. Parce qu’avec celui-là c’est une autre écriture. C’est un voyage à travers tous mes spectacles depuis 20 ans. Je raconte l’histoire d’un Algérien des années 1950 jusqu’à maintenant en empruntant les chemins de tous les spectacles créés en France depuis 20 ans.

– Bled Runner est donc  un best of  ?

Non, c’est une réécriture. J’ai pris les thèmes et je les ai réinventés, réécrits, réaménagés, revus autrement. On a l’impression qu’on connaît, mais on ne connaît pas. Il va y avoir des gens qui vont dire : tiens, on a déjà vu celui-là, mais en fait ils ne l’ont pas vu ! Un tiers complètement nouveau, un tiers complètement bouleversé et le dernier tiers presque identique à ce qu’ils étaient avant.

Une sorte de voyage labyrinthique, comme je l’ai écrit, à travers ce que j’ai écrit depuis 20 ans en reprenant des thématiques qui sont encore d’actualité et les réinventer et les redresser parce qu’on n’a pas le même point de vue. J’ai 20 ans de plus, donc je ne vois pas les choses de la même façon.

– Au fond, c’est une fin de cycle. Alors que prévoyez-vous d’explorer dans le futur  ?

Tout à fait, c’est une fin de cycle. Je boucle une boucle qui sont les histoires algériennes, toutes ces valises d’histoires, de folies et de fantaisies que j’ai prises avec moi en m’arrachant de ce pays. Pendant 20 ans, j’ai raconté tout ceci de façon délirante  ! Bled Runner fait une boucle avec Djurdjurassik Bled ! Le futur, ce sera du théâtre, des livres, du cinéma, des one man shows, mais qui seront beaucoup moins dans le burlesque.

– On comprend que vous ne prendrez pas votre retraite de sitôt !

Non (rire). Dans ce formidable métier, à chaque âge on a un imaginaire nouveau, des désirs nouveaux. Regardez, Michel Bouquet. Depuis trois ans, il joue tous les soirs et il a 91 ans ! Si vous le voyez, vous serez pétrifié par l’énergie qu’il dégage à son âge.

– L’Algérien a toujours été votre matériau de base. Comment arrivez-vous à être à jour tout en vivant en France ?

D’abord j’ai 45 ans de maturation algérienne, d’observation, de vie, d’échange, de bouillonnement, de plaisir, de folie, d’humus… c’est en moi. Je puise dans des milliards de puits en moi et j’en trouve toujours et encore !

Par ailleurs, il y a une communauté algérienne en France extrêmement variée et nombreuse que je rencontre et que j’observe, je continue ma vie d’Algérien en France, l’autre moitié étant avec les Français et je crée des liens entre les deux ! Dans mes spectacles en France, ce qui est formidable, il y a 50 % d’Algériens et 50% de Français, surtout dans les grandes villes, il se crée des croisements et des plaisirs inouïs qui se font dans le public à travers mes histories. Ceci crée des liens, des ponts.

– A quand un spectacle en Algérie où vous n’en avez pas donné depuis 20 ans ?

Après mon départ d’Algérie et pendant six ans, il n’y avait rien à faire en Algérie à cause de la violence qui nous avait forcés à partir. Tous les théâtres étaient fermés. C’était particulièrement difficile pour moi qui joue tous les soirs. A un moment, c’était devenu un problème économique, car il fallait que je travaille. Je fais partie de ceux qui sont partis les derniers début 1994. Je ne voulais pas partir, ce n’était pas un luxe que je me permettais. J’en ai souffert énormément.

J’ai failli attraper une dépression les trois premières années en France, tout en ayant du succès. C’était interne. J’ai joué pendant un an en Tunisie et j’ai connu un succès fou, en France c’était pareil. Mais en dedans, ça me travaillait et j’ai frôlé la dépression à cause de tout ça. Petit à petit, j’ai commencé à trouver ma place en francisant mes spectacles et en trouvant un nouveau public qui a été très attiré par ce que je faisais. Les enfants vont à l’école, j’ai des amis et j’ai entamé des tournées. Et en premier lieu, personne ne m’a appelé d’Algérie !

Mais tout ceci a changé ?

Oui, mais je laisse la place aux jeunes. Je suis un autre après 22 ans. Cette Algérie que je raconte c’est mon Algérie à moi. Elle m’appartient et je la partage avec tous les gens qui s’y reconnaissent. Mes spectacles sont en français, il faudra écrire d’autres spectacles et là j’entame une tournée de deux ans. Donc, ce n’est pas du tout politique, ce n’est pas un abandon du pays, c’est un bonheur pour moi d’y jouer. C’est aussi simple que quand Sonelgaz demande à un ingénieur d’EDF de venir et qu’il réponde qu’il est pris et qu’il a des engagements.

– La situation en Algérie avec un Président aux capacités physiques réduites ne peut-elle pas être un sujet intéressant pour vous ?

Le pouvoir ne m’intéresse plus. Il m’intéresse dans sa bêtise, dans son absurdité en tant que système, mais pas les personnes ou sur une actualité. Il y a beaucoup de gens qui les traitent et le font beaucoup mieux que moi et sont plus près du problème. Moi je fais des choses plus paraboliques sur le système.

J’aimerais que les choses que je raconte continuent à faire rire dans cinq ans, dix ans. Je ne traite pas de l’actualité. Je l’ai fait au moment où j’étais à Alger quand l’actualité avait débordé la rue parce qu’il y avait une joie du changement après la chute du «mur de Berlin d’Alger» en 1989. Il y avait une euphorie à tous les niveaux. C’était avec Cocktail khorotov et sos labess.  Je me mêlais de l’actualité parce qu’elle était un sujet moteur de la société. Mais à partir du spectacle Un bateau pour l’Australie, j’ai commencé à faire de la vraie écriture théâtrale qui essaie d’aller vers des choses plus profondes, mais qui sont les causes de l’actualité quelle qu’elle soit.

– Peut-on rire de tout ?

Oui, on peut rire de tout mais  ça dépend comment. On ne peut pas mettre de limites au rire. On peut mettre des limites aux manières, aux façons de rire. Je ne veux pas faire fuir le public. Je joue devant des salles de 800, 1300 personnes si je fais fuir la moitié de la salle c’est comme si je me tirais une balle dans le pied. Je travaille sur mon texte pour ne pas choquer ou blesser. C’est un long processus qui me permet à la fin de monter sur scène et si ça ne plaît pas à quelqu’un, je peux discuter avec lui.

Par Samir Ben  Contactez moi

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La 3ème édition du couscous des Amériques

novembre 19, 2016

Pour célébrer ses 20 ans, le journal de la communauté algérienne et maghrébine de Montréal, Alfa, organise le samedi 26 novembre la troisième édition du Couscous des Amériques.

couscousdesameriques

Au-delà de la célébration de la rencontre entre les cultures, l’événement est une occasion pour une levée de fonds pour soutenir financièrement cette publication fondée par Mustapha Chelfi, l’un des deux doyens(*) des journalistes algériens de Montréal.

Quelques soucis de santé de l’ancien journaliste d’Algérie Actualité l’avait poussé à suspendre la publication du journal il y a un peu plus d’une année.

En juin dernier, il avait lancé un appel aux investisseurs potentiels intéressés par Alfa. «La communauté est devenue importante. Elle mériterait de disposer de médias qui parle d’elle et rejoignent également la société d’accueil. Alfa, journal francophone, a les capacités d’élargir son lectorat et de toucher un plus grand nombre de lecteurs.», affirmai-t-il dans son appel aux investisseurs dans la communauté et en dehors.

 

Détails :  

Quand : 26 novembre 2016, à partir de 18h30.

Où : La salle de réception du Centre Héllenique,
5757, avenue Wilderton Montréal (Qc) H3S 2K8.

Pour les billets :

514 531-1382
514 649-1382
514 686-4464

 

(*) l’autre étant le journaliste Aziz Fares.

 

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Quand Justin Trudeau encourage les jeunes leaders d’origine algérienne

novembre 16, 2016

Quoi faire pour booster un événement ? Amine Salah, président de Mont-Algérie, une association de jeunes issus de la diaspora algérienne au Canada, n’est pas allé par quatre chemins pour y répondre : Faire appel à Justin Trudeau !

 

Lui et son équipe ont « bataillé » pendant plusieurs mois pour convaincre l’entourage du jeune Premier ministre canadien Justin Trudeau de soutenir leur événement, le Maghreb Young Leaders Exposition (MYLE), qui se tient ce mercredi soir- le 16 novembre.

Et ce ne sera pas un simple message envoyé aux participants. Justin Trudeau qui a bâti une image d’un dirigeant 2.0, les a gratifiés d’une vidéo qui moussera certainement la soirée. Et comme tout politicien qui se respecte, cet appui est aussi un clin d’œil aux électeurs d’origine maghrébine qui vivent dans sa circonscription montréalaise.

« Nous avions besoin d’une personne influente pour nous soutenir. Et ca envoie un magnifique message d’espoir pour les jeunes entrepreneurs issus de l’immigration maghrébine et autre », nous confie Amine Salah qui est aussi analyste en intelligence d’affaire chez la compagnie CGI.

Ce dernier a succédé à Saad Benguerrah, l’un des membres fondateurs de Mont Algérie en 2012, qui est cadre actuellement dans le secteur de la santé au Québec.

Le Maghreb Young Leaders Exposition (MYLE) est un événement dédié à l’entrepreneuriat et au recrutement des jeunes de 18 à 35 ans.

« Les étudiants maghrébins, canadiens ou internationaux, les entrepreneurs de tout genre, les nouveaux arrivants à la recherche d’emploi et d’orientation ainsi que les professionnels en administration des affaires et en informatique » sont invités par Mont Algérie qui organise l’événement en partenariat avec le Conseil des Maghrébins du Canada et INICIA networking, un regroupement  de compétences algériennes à travers le monde.

En plus des ateliers et conférence, cet événement gratuit « se clôturera par un cocktail réseautage qui permettra d’échanger entre jeunes diplômés, entrepreneurs et membres de grandes entreprises ».

 

Sur Facebook : https://www.facebook.com/events/178032029304473/

 

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Montréal : Défilé de haute couture algérienne

novembre 11, 2016

En 2011, la créatrice de mode Zahia Belbachir se faisait connaître à travers son premier concours Miss Arabia à Montréal. A l’époque l’événement n’était pas ouvert aux hommes !

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 Cinq ans plus tard, la fondatrice de la Boutique montréalaise Soucamélias organise, ce vendredi soir,  un défilé de mode sur le thème du costume algérien à travers les époques. Cette-fois, les homes seront les bienvenus !

Colossale tâche, mais pas insurmontable pour cette battante originaire d’Oran. Aucune région du pays n’a été oubliée. La tradition sera maintenue mais subira quelques touches de modernité. « Le costume Algérien sera mis en valeur à ce rendez-vous de la Haute couture algérienne. Avec des touches de modernité sur fond artisanal. », explique l’organisatrice.

Les mannequins se déambuleront dans des tenues algéroises, kabyles, chaouies, constantinoises, oranaises, targuies et autres, sur une musique originale de Mohamed Rouane.

Zahia Belbachir a ratissé large en ouvrant les invitations en dehors de la communauté. Sa clientèle n’étant pas que maghrébine. On y trouve aussi des Québécoises et d’autres d’origines diverses.

 

Lien : https://www.facebook.com/events/1824715037762915/

 

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Justin Trudeau prêt à travailler avec Donald Trump

novembre 10, 2016

Justin Trudeau, Premier ministre du Canada, s’est dit impatient de travailler avec Donald Trump au lendemain de la victoire de ce dernier.

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«Nous sommes impatients de travailler de très près avec le président élu, M. Trump, et avec son administration et le Congrès des États-Unis au cours des prochaines années, notamment sur les dossiers du commerce, de l’investissement ainsi que de la paix et de la sécurité internationales.», a déclaré Justin Trudeau dans une déclaration diffusée mercredi matin par son service de presse.

Le Canada, le voisin du nord des Etats-Unis avec lesquels il partage une frontière commune de près de 9 000 km,  a suivi de très près l’élection américaine.

Plusieurs enjeux retiennent l’attention au pays de l’érable qui est « naturellement gouverné » par les libéraux plus proches du Parti démocratique que de Donald Trump.

Justin Trudeau s’est gardé d’afficher publiquement sa préférence pendant la campagne électorale, lui le grand ami de Barack Obama.

Pendant sa campagne électoral, celui qui sera le 45e président des Etats-Unis n’a pas cessé de décrier l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). Il a demandé « de le renégocier l’ALÉNA et a promis de le déchirer s’il n’y avait pas de négociations », selon les médias locaux. Le climat et les réfugiés peuvent aussi être un objet de discrode.

La veille, l’ambassadeur des Etats-Unis à Ottawa s’est voulu rassurant quel qu’en soit l’issue. «Indépendamment de qui remporte cette course, la relation entre le Canada et les États-Unis continuera de s’épanouir et d’être très forte, a-t-il affirmé à l’agence   de presse canadienne. Je sais que nous continuerons d’être les meilleurs amis, partenaires commerciaux et alliés.»

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La deuxième génération des jeunes Maghrébins s’organise

novembre 8, 2016

Mont-Algérie, un regroupement de jeunes Algériens du Québec organise le 16 novembre prochain le Maghreb Young Leaders Exposition (MYLE), un événement dédié à l’entrepreneuriat et au recrutement des jeunes.

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Les organisateurs ratissent large. « Les étudiants maghrébins, canadiens ou internationaux, les entrepreneurs de tout genre, les nouveaux arrivants à la recherche d’emploi et d’orientation ainsi que les professionnels en administration des affaires et en informatique » sont invités par ce regroupement fondé en 2012.

En plus des ateliers et conférence, cet événement gratuit « se clôturera par un cocktail réseautage qui permettra d’échanger entre jeunes diplômés, entrepreneurs et membres de grandes entreprises », affirme, dans un communiqué, Amine Salah, président de Mont-Algérie.

La particularité de cette association est que la majorité de ses membres sont des jeunes étudiants ou diplômés issus de l’immigration algérienne au Québec. Ils sont nés au Canada ou arrivés très jeunes où ils y ont fait leur scolarité.

Pour l’observateur de la communauté algérienne du Canada qui compte un peu plus de 100 000 personnes, tout un changement de paradigme est en train de s’opérer. Les jeunes issus de cette communauté et qui n’ont pas de problèmes d’intégration comme auraient pu avoir leurs parents en leur temps, se prennent en charge et agissent naturellement selon les codes du pays où ils vivent.

Plus d’info : https://www.facebook.com/events/178032029304473/

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Les terrasses de Merzak Allouache projeté ce samedi à Montréal

novembre 6, 2016

L’avant-dernier film de Merzak Allouache Les Terrasses sorti en 2013 a été projeté samedi soir à Montréal, dans le cadre du volet cinéma de la 17e édition du Festival du monde arabe.

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Dans les yeux de Merzak Allouache, la société algérienne actuelle peut se raconter en cinq histoires en  autant de moments d’une journée (les appels à la prière) et sur cinq différentes terrasses.

Le choix de terrasses pour voir l’Algérie est un choix naturel. Dans différentes discussions avec  les journalistes, le réalisateur explique que les terrasses en Algérie se sont transformées au fil du temps de lieux exclusivement féminins en des endroits où vivent les gens à cause de la crise du logement. Des terrasses qui sont « des espaces clos, devenus miroirs à ciel ouvert des contradictions, de la violence, de l’intolérance et des conflits sans fin qui minent la société algérienne ».

Comme le festival du monde arabe de Montréal n’est pas à proprement parler un festival de cinéma, les organisateurs se sont permis de retenir le film qui est déjà disponible sur DVD. Merzak Allouache ne sera pas présent à la projection de son film.

Les Terrassesétait dans la sélection officielle de la Mostra de Venise 2013 et du Prix Lumières de la presse étrangère (Paris) 2016.

Le réalisateur algérien a déjà été primé à Montréal. La dernière récompense lui est revenue en avril dernier lors du festival de cinéma Vues d’Afrique.  Son film Madame Courage (2015) a décroché le prix du meilleur long métrage.

Au programme du festival du monde arabe

Un autre film algérien sera projeté aujourd’hui, dimanche 6. Il s’agit de Maintenant, ils peuvent venir (2015) de Salem Brahimi. Il a été dans la sélection officielle du festival du film de Toronto en 2015 et a obtenu plusieurs prix dans d’autres festivals : Prix du meilleur « Nouveau réalisateur », Festival international du film Kosmorama, 2016 et Prix du Jury, Festival international du film de Dubaï, 2015. Montréal la blanche, une production québécoise de Bachir Bensaddek sera projeté mercredi 9 novembre. Le film Fadhma N’soumer de Belkacem Hadjadj a été projeté au début du festival.

A rappeler aussi qu’au menu du Salon de la culture du festival, Soheib Bencheikh, islamologue et ancien mufti de Marseille a donné samedi une conférence sur le concept d’islamophobie.

Plus d’info : http://festivalarabe.com/event/33-cin-les-terrasses/

 

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Montréal : Quand la police espionne les journalistes

novembre 5, 2016

C’est l’avalanche de révélations dans la province canadienne du Québec depuis une semaine. La police provinciale et celle de la ville de Montréal ont mis sur écoute des journalistes pour traquer leurs sources au sein des services de sécurité.

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Les relevés téléphoniques et des positions GPS en temps réel de téléphones de plusieurs journalistes d’investigation, de reporters de plusieurs médias, dont le diffuseur public Radio Canada, et d’un chroniquer vedette du journal La Presse ont été obtenus par la police. Dans certains cas, l’écoute a duré plusieurs années.

Bien que cette dernière ait obtenu au préalable un mandat d’une juge, les observateurs sont unanimes à y voir un abus et une atteinte à l’un des fondements de la démocratie. Les services de sécurité auraient pu arriver à leurs fins par d’autres moyens que de mettre sur écoute des représentants du quatrième pouvoir. Le chef de police de Montréal s’est voulu rassurant et a expliqué lors d’une conférence de presse, en mode gestion de crise, que cette «mesure est exceptionnelle».

Dans une rare réaction commune, les salles de rédaction des principaux journaux ont exprimé leur indignation face à cet espionnage électronique et ont demandé aux Parlements provincial et fédéral de prendre des mesures législatives pour protéger les sources journalistiques. Elles exigent de rendre plus contraignante «la procédure pour obtenir un mandat de surveillance contre un journaliste par les corps policiers».

De son côté, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) s’est dite «révoltée» par cette surveillance. Elle estime que «l’espionnage téléphonique d’un journaliste d’une telle ampleur est du jamais vu au Québec». «Ce nouveau cas d’entrave policière au travail des médias crée un climat d’intimidation dans lequel tout divulgateur craindra désormais de parler à un journaliste.

Or, lorsque les gens ont peur de parler aux médias, les scandales restent cachés, la corruption se propage et les citoyens sont maintenus dans la noirceur. Il est dans l’intérêt du public de protéger la liberté fondamentale qu’est la liberté de la presse», estime le syndicat des journalistes.
Le gouvernement provincial a réagi en annonçant plusieurs mesures dont celles de mettre les mandats de surveillance contre les journalistes au même niveau que ceux appliqués aux avocats, juges et députés. Il a annoncé aussi la mise sur pieds d’une commission d’enquête publique.
Soutien d’Edward Snowden

Le célèbre lanceur d’alertes américain, Edward Snowden, qui a révélé au monde les pratiques de surveillance de masse de la National Security Agency (NSA), a apporté son soutien aux journalistes espionnés. Lors d’une visioconférence à l’université McGill de Montréal, l’informaticien exilé en Russie a estimé que ce qui vient de se passer «est une attaque radicale contre la liberté de la presse».

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Webdiffusée, son intervention a été projetée dans une salle qui n’arrivait pas à contenir les 600 personnes ayant pu y accéder. Plusieurs milliers d’autres ont dû rebrousser chemin après de longues heures d’attente. «Pour la première fois de l’histoire de l’humanité, il est technologiquement et financièrement possible pour un gouvernement de traquer nos vies entières.

Ce n’est pas de la science-fiction. Ça se passe en ce moment», a-t-il rappelé faisant référence aux métadonnées qui permettent d’espionner sans faire des écoutes directes. Il a aussi mis en garde contre la banalisation de la perte de notion de vie privée qui est «la base de nos droits les plus fondamentaux. C’est la possibilité d’avoir ses propres idées, d’en discuter avec qui on veut. C’est la possibilité de communiquer avec qui on veut, de se rendre où on veut, de consulter ce que l’on veut sans que cela soit accumulé dans d’immenses banques de données, sans qu’on sache qui en fera quel usage dans le futur».

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Avant-première nord-américaine de Fadhma N’Soumer à Montréal : La Kabyle indomptée

octobre 31, 2016

Le film de Belkacem Hadjdadj retraçant l’épopée de Fadhma n’Soumer, héroïne de la résistance à l’occupation française dans les années 1850, sera projeté aujourd’hui (lundi 31.octobre) à Montréal en première nord-américaine.

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Programmé dans le cadre du Salon de la culture du Festival du Monde arabe de Montréal, il fait partie de la thématique des figures de la résistance. La programmation a retenu d’autres symboles : Nasser, Zénobya et Mohamed Ali.

La présentation du film a été confiée à la documentariste et journaliste Nadia Zouaoui. «Je suis plus qu’honorée de présenter ce film avec toute la symbolique que représente la rebelle Fadhma N’Soumer pour moi et pour les miens», a-t-elle publié sur les médias en incitant le public à venir nombreux.

L’espace Passerelle où aura lieu la projection risque de ne pas suffire pour accueillir tout le monde. Le débat qui suivra sera animé et modéré par le réalisateur Bachir Bensaddek, dont le film Montréal la blanche sera distribué prochainement en Algérie.
Produit par l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC) et Machaho production, Fadhma n’Soumer est sorti en 2014. D’une durée de 116 minutes, le film de Belkacem Hadjadj se décline, aussi, sous le titre de Burnous embrasé  (Avernus yerghan).

Le film se déroule à la fin de la décennie 1840, une dizaine d’années après la chute d’Alger, «mais la Kabylie reste largement insoumise. Elle est un creuset d’agitation contre l’occupant et le refuge de rebelles du nouvel ordre colonial. La France s’active à préparer la conquête de cette région stratégique. La résistance s’organise». «C’est dans ce contexte que grandit Fadhma, au sein d’une famille de notables lettrés liée à une puissante confrérie religieuse.

Elle révèle très vite une personnalité exceptionnelle qui ne peut se satisfaire du statut réservé à la femme dans la société rurale du XIXe siècle. Rejetant le mariage traditionnel, elle préfère la retraite solitaire. Jusqu’au jour où l’histoire en marche lui fait rencontrer un destin à sa mesure…»


Musique : Concert de la chanteuse Amel Zen à Montréal

octobre 31, 2016

Le public montréalais avait rendez-vous dimanche soir avec la chanteuse pop algérienne Amel Zen.  Elle se produira à la salle Le National dans le cadre de la 17e édition du Festival du monde arabe.

Arrivée depuis quelques jours dans la métropole canadienne, Amel Zen a pris le temps de s’imprégner d’une ville où vit la grande majorité des 100 000 Algériens du Canada.

Au programme de son concert: le répertoire de la chanteuse puisé dans son album éponyme sorti en 2013 et quelques reprises au bonheur des habitués du Festival du monde arabe qui ne sont pas que « communautaires ».  D’ailleurs, le festival  est un incontournable de la scène culturelle de cette ville cosmopolite. Très couru par le public ouvert à la diversité, il présente une programmation très éclectique qui est tout sauf folklorique.

« Le public montréalais est curieux. J’aime cette curiosité artistique », a-t-elle expliqué en entrevue avec  El Watan après son passage sur les ondes de Radio Canada pour promouvoir son concert.

« Je ne fais pas de la musique que pour le public algérien ou que pour la communauté. Je pense qu’il faut aller au-delà  et montrer au monde cette Algérie moderne », ajoute celle qui vient tout juste de revenir des Etats-Unis où elle a participé à OneBeat,  un programme d’échange interculturel.

Ce soir, le public aura l’occasion d’écouter son dernier Single Tlata qui remet au goût du jour un ancien texte de Melhoune de cheikh Mohamed El Nejjar, Tlata zahoua ou mraha (les trois passions). Elle lui donne une nouvelle vie avec des sonorités rock.

Artiste de son temps, la trentenaire en a fait un vidéo clip disponible sur Youtube et dont la réalisation a été confiée au Mexicain  Julio Carlos Zapata. Actuellement, il dépasse les 800 000 visionnements.

« Ce que j’aime dans les médias sociaux c’est que ça donne l’égalité des chances pour tout le monde. On n’est pas dans le favoritisme. Si vous mettez une vidéo sur youtube et qu’elle devient virale, les portes des labels peuvent s’ouvrir, des rencontres artistiques deviennent possibles… », explique cette ancienne candidate de l’édition 2007 de Alhane wa chabab (la star académie algérienne).

Avant ce vidéoclip, Amel Zen avait lancé un autre Single El Warda (la fleur) dont les arrangements et la production du son ont été confiés à Safy Boutella. Un autre clip connait aussi du succès sur Youtube, Kan ikoulli (il me disait) avec plus de 400 000 visionnements.

Architecte de formation et ancienne élève de l’Association de musique andalouse El Kaissaria de Cherchell (Tipaza), Amel Zen chante aussi en chenoui (berbère de la région de Gouraya). Sa chanson Yelis Iyourayen (La fille de Gouraya) est un hommage aux femmes de la région. De père chenoui et mère chaouie,  « elle pratiquait, nous a-t-elle confié, cette langue lors des week-ends chez sa grand-mère ».

Son album « d’essence ethno- pop algérienne comporte douze chansons. Elle est l’auteur-compositrice de huit titres. Deux autres ont été réalisés en collaboration avec des auteurs-compositeurs, Messaoud Agrane, Yanis Djama, Yacine Meziane et Gargour Amine, un titre du patrimoine, un instrumental, une reprise en berbère et le remix du single Kan I’koli fait par The Crossfaders. Les sujets abordés sont variés, entre autres, l’amour, la trahison, la nostalgie, l’enfance, l’hypocrisie », expliquait-elle à El Watan à sa sortie.

Sur scène, Amel Zen sera accompagnée par un orchestre venu d’Algérie auquel se sont joints quelques musiciens montréalais de la diaspora algérienne.

Elle participe au Festival du monde arabe avec le soutien de l’Agence algérienne du rayonnement culturel (AARC).

La salle Le National peut accueillir jusqu’à 750 spectateurs.

Par Samir Ben  Contactez moi

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