Le Canada a refusé l’asile à la famille du petit Aylan Kurdi…

septembre 3, 2015

La famille du petit Syrien Aylan Kurdi dont la photo du corps échoué sur une plage en Turquie  a fait le tour de la planète, avait tenté il y a quelques mois de rejoindre le Canada mais s’est vue refuser la demande par le ministre de l’immigration Chris Alexander  (conservateur), selon le quotidien The  Globe and Mail dans son édition de ce jeudi.

Une demande de parrainage avait été déposée par la tante paternelle du petit Aylan qui habite Vancouver, dans l’Ouest canadien. Elle avait même été appuyée par le député de sa circonscription mais ceci n’a pas pesé dans la décision du ministère canadien de l’immigration.

En pleine campagne pour les élections législatives fédérales du 19 octobre prochain, les trois principaux partis canadiens ont promis de revoir à la hausse le seuil du nombre de réfugiés syriens autorisés à venir au Canada.

«Un gouvernement du NPD va prendre cette crise humanitaire extrêmement au sérieux, comme nous en avons l’obligation, et le Canada va faire sa part», a dit Thomas Mulcair, chef du Nouveau parti démocratique (Centre-gauche).

Justin Trudeau, le chef du parti libéral s’est engagé, quant à lui, à accueillir 25 000 réfugiés syriens  si son parti remporte les élections.

De son côté le Premier ministre sortant et chef du parti conservateur Stephen Harper , s’est engagé à accueillir 20 000 réfugiés syriens d’ici quatre ans. Ce dernier a affirmé en conférence de presse que son gouvernement, s’il est réélu, fera davantage en insistant sur le fait que « l’augmentation des quotas de réfugiés ne suffirait pas pour mettre un terme au drame des milliers de Syriens qui fuient le conflit sanglant dans leur pays ».

«Aussi longtemps qu’il y a aura des organisations comme le soit-disant État islamique, qui crée littéralement des millions de réfugiés et menace de massacrer des gens partout dans le monde, il ne peut y avoir de solution à la crise des réfugiés. Nous devons avoir une position militaire ferme contre l’ÉI et c’est ce que nous faisons», selon ses propos  rapportés par l’AFP.

Le Canada qui participe à la coalition militaire internationale contre Daesh avait promis en janvier dernier d’accueillir 10 000 réfugiés syriens sur trois ans. Mais concrètement, seuls  1 002 syriens se sont installés au pays de l’érable. En 2014, ils étaient 1 300.

Le gouvernement conservateur disait  « prioriser les minorités ethniques et religieuses, celles qui sont menacées ». D’où peut-être le refus de la famille du petit Ayalan.

Par Samir Ben  Contactez moi

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Le hacker Hamza Bendelladj n’a pas été condamné à mort

août 24, 2015

Le hacker algérien Hamza Bendelladj, détenu aux États-Unis depuis mai 2013, n’a pas été condamné à mort.

Son avocat américain commis d’office a affirmé à El Watan que «la rumeur sur sa condamnation à mort est fausse. Il connaîtra sa peine vers la fin du mois d’octobre».

Hamza Bendelladj à son arrestation en Thaïlande en janvier 2013

Hamza Bendelladj à son arrestation en Thaïlande en janvier 2013

L’ambassadrice américaine, Joan Polaschik, a aussi démenti, sur son fil Twitter, la condamnation à mort de celui qu’on surnomme le «hacker souriant» après son arrestation hypermédiatisée en Thaïlande, en janvier 2013, et son extradition vers les Etats-Unis.

Elle a précisé que «les crimes informatiques ne sont pas des crimes capitaux et ne sont pas punis par la peine de mort». Hamza Bendelladj a plaidé coupable, le 26 juin dernier, pour avoir «développé, distribué et contrôlé SpyEye, un cheval de Troie bancaire malicieux».

Chacun de ces chefs d’inculpation pourrait coûter une peine de 5 à 20 ans et une amende de 14 millions de dollars. Selon diverses sources, il risque une peine de prison de 30 ans.

Mais selon maître Strongwater, «les procureurs n’ont pas encore défini quelle peine ils vont recommander à la cour lors de l’audience qui se tiendra fin octobre». Son procès était prévu le 5 octobre, mais le plaidoyer de culpabilité évite au gouvernement américain de longues procédures qui auraient coûté trop cher aux contribuables. Hamza Bendelladj lui-même n’en a pas les moyens.

La rumeur sur sa condamnation lancée par un site tunisien a enflammé les réseaux sociaux en Algérie et dans la diaspora. Des internautes ont même lancé une pétition demandant au président  Barack Obama de libérer ce hacker. A rappeler que l’un des coaccusés de Hamza Bendelladj, le Russe Aleksandr Panin, avait plaidé coupable en janvier 2014 devant le tribunal fédéral d’Atlanta pour «création de virus en vue de commettre une fraude bancaire».

Panin et Bendelladj auraient conspiré pour écouler ce virus au prix unitaire de 1000 à 8500 dollars sur des forums spécialisés.

Le Russe aurait vendu le virus à quelque 150 clients. A titre d’exemple, l’un d’eux aurait subtilisé un total de 3,2 millions de dollars en 6 mois sur différents comptes bancaires.
Le «hacker souriant» semble, selon l’acte d’accusation, un «simple revendeur» des produits du pirate russe.

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Élections au Canada : deux candidates d’origine algérienne

août 21, 2015

Les élections législatives canadiennes qui se tiendront le 19 octobre prochain verront la participation de deux candidates de la diaspora algérienne et ce n’est pas une première.

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Sadia Groguhé et Djaouida Sellah

Djaouida Sellah et Sadia Groguhé deux députées sortantes du Nouveau parti démocratique (NPD), une formation politique de centre-gauche, sollicitent un autre mandat de leurs électeurs dans banlieue sud de Montréal.

Sadia Groguhé est née en France de parents algériens. Détentrice d’une maîtrise en psychologie, elle a été active en politique municipale avant d’émigrer au Canada en 2005.  Djaouida Sellah, médecin en Algérie, est arrivée au Canada en 1998, année où elle a créé l’Association québécoise des médecins diplômés hors Canada et États-Unis.

Ces deux femmes ont été élues avec un autre candidat d’origine algérienne, Tarik Brahmi, dans la foulée du raz-de-marée de leur parti aux élections de mai 2011 et que les observateurs de la politique canadienne ont appelé la Vague orange. Une vague qui devrait se consolider. Le NPD a de fortes chances de former le prochain gouvernement à Ottawa, selon les derniers sondages. Mais comme la campagne électorale s’étire sur 78 jours, la plus longue dans l’Histoire du Canada, tout peut arriver. L’ampleur de la vague orange de 2011 avait surpris y compris au sein du NPD qui s’est retrouvé dans les sièges de la première opposition en passant de 37 à 103 députés.

Le NPD a eu quatre ans pour consolider son image auprès de l’électorat en tenant tête au gouvernement conservateur majoritaire, comme le mentionnait à El Watan Peter Julian, l’un des ténors de ce parti.  Sa position minoritaire n’était pas sans avantages : il pouvait exprimer et répéter ses idées et arguments et atteindre le public à partir du parlement.

Salim Bouguermouh

Salim Bouguermouh

Par ailleurs, une élection primaire s’est tenue à l’intérieur du NPD dans une circonscription à l’Ouest de Montréal pour choisir un candidat qui représentera le parti à la prochaine élection. Salim Bouguermouh, lui aussi d’origine algérienne, avait à affronter de grosses pointures dont une célèbre journaliste canadienne anglophone et un ancien vice-ministre.

Après des études de médecine en Algérie, Il a complété sa spécialisation médicale en France. Au Canada, il a obtenu son doctorat (PhD) à l’Université de Montréal, suivi d’un stage postdoctoral au Massachusetts Institute of Technology (MIT) à Singapour.
Issu d’une famille militante en Algérie, il est le fils de l’ancien député FFS Mohand Larbi Bouguermouh.  Bien que les membres de son parti aient choisi finalement un autre candidat, Salim Bouguermouh ne baisse pas les bras et continue à militer et à prendre part activement à la campagne électorale.

Ne niant pas le travail communautaire pour les immigrants, il estime toutefois que le salut viendrait d’une implication dans la vie politique. « De par mes origines, j’ai un intérêt particulier pour les communautés immigrantes.  Je voudrais les encourager à investir tous les champs de la vie citoyenne au Canada, à participer à la vie politique.», affirme-t-il en les invitant, bien sûr, à « rejoindre le NPD ».

A noter aussi qu’un autre candidat Salah Bediari, poète et éditeur d’origine algérienne veut se présenter à la prochaine élection en indépendant.

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Montréal : deux Algériens meurent en sauvant de la noyade l’enfant de l’un des deux

août 13, 2015

Un père et son ami sont morts le week-end dernier en tentant de sauver le fils du premier d’une noyade certaine dans le parc des Chutes-Dorwin à 75 kilomètres au nord de Montréal.

Les chutes de Dorwin à 75 km au Nord de Montréal

Les chutes de Dorwin à 75 km au Nord de Montréal

Les corps de Nouali Benaissa, 50 ans, et Blaha Meloua, 53 ans, tous deux originaires de l’Ouest algérien ont été repêchés dans la rivière Ouareau chacun leur tour, dimanche et lundi.

Profitant du beau temps, les deux familles sont allées pique-niquer à côté des chutes. Échappant à la vigilance des adultes, et pour une raison inconnue, l’enfant de 5 ans se retrouve dans l’eau à cet endroit où la baignade est interdite. Nouali Benaissa saute le premier pour sauver le fils de son ami. Il réussit à l’arracher au torrent après une lutte contre le courant très puissant.  Il est lui-même pris dans le tourbillon et c’est à ce moment que le père de l’enfant, Blaha Meloua, plonge pour les secourir.

La suite est dramatique. Les deux hommes se noient sous le regard horrifié de leurs femmes et des enfants présents. L’arrivée rapide des secours a permis de sauver l’enfant mais malheureusement  le décès de Nouali Benaissa a été constaté à l’hôpital et le corps de Blaha Meloua n’a été retrouvé que le lendemain.

Ce dernier a immigré au Canada il y a 6 ans après avoir vécu à Chicago aux États-unis, selon des informations recueillies auprès de ses amis.
Il a travaillé comme chauffeur de taxi avant de suivre une formation dans la construction et la rénovation (plomberie, électricité…) il y a une année. Il était père de deux enfants, un garçon et une fille.Nouali Benaissa a lui aussi vécu aux Etats-Unis avant de s’installer au Canada. Architecte de formation, il a travaillé dans l’inspection des constructions pour la ville de Montréal.

Les deux familles habitaient dans le quartier de Saint-Léonard à Montréal.

Rapatriement des corps

Une collecte vient d’être lancée  par l’association Le Centre culturel algérien. L’argent collecté servira à couvrir les frais des pompes funèbres (le centre ICQ) ainsi que le transport des corps et des familles vers l’Algérie.

L’État algérien ne prend pas en charge les rapatriements de corps de ses citoyens décédés à l’étranger et ce bien que la loi de finances 2015 avait prévu un fonds spécial à cet effet. Mais en l’absence de décret exécutif, elle est en stand by.

Tout semble indiquer aussi que cette disposition de la loi ne sera jamais appliquée. On se rappelle que le gouvernement avait été piégé par le député FLN de l’émigration (Canada, les Amérique et l’Europe hors France) Noureddine Belmeddah qui avait introduit un amendement accepté et voté par les autres députés.

A noter que le rapatriement des corps n’est pas systématique. D’autres immigrants algériens préfèrent enterrer leurs morts au Canada à l’image de ce que promeut l’Association de la Sépulture Musulmane du Québec.
Pour les dons :  L’Association le Centre Culturel Algérien (CCA) à Montréal…

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Canada : un séjour pour les jeunes de la diaspora en Algérie

juillet 25, 2015

Les jeunes algériens de la diaspora peuvent profiter d’un séjour gratuit en Algérie! Le ministère des affaires étrangères organisera à Souk Lethnine (Bejaia) un camp de vacances au profit des jeunes de la diaspora algérienne, selon un communiqué du consulat d’Algérie à Montréal.

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Le séjour débutera le 3 août prochain et s’étalera sur 15 jours. Il est ouvert aux jeunes (garçons et filles) âgés entre 18 et 30 ans.

« Tous les frais liés au séjour des participants à cette opération, sont pris en charge (frais d’hébergement, restauration et transport)», ajoute le communiqué.

L’inscription est toujours en cours et prendra fin le 30 juillet. S’en suivra un tirage au sort qui sera « effectué à l’issue de la collecte des candidatures et l’examen des requêtes ».

Les formulaires de candidatures (http://www.consulatalgeriemontreal.com/src/formulaires/formulaire_vacance2015.pdf) doivent être faxés au (514) 846 – 8127.

Le communiqué reste muet sur le nombre de places disponibles!

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Montréal : le festival Orientalys à partir de ce jeudi

juillet 22, 2015

Le nom du festival est à lui seul tout un programme. C’est la rencontre de l’Orient qui va de l’Afrique du Nord à la Corée du sud et du Québec symbolisé par la fleur de lys.

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Du jeudi 23 au dimanche 26 juillet, le Quai Jacques-Cartier du Vieux-Port de Montréal abritera la cinquième édition du festival Orientalys, le pendant estival du Festival du monde arabe de Montréal, ce rendez-vous incontournable de l’automne montréalais depuis 15 ans.
«Cela fait maintenant 5 ans qu’Orientalys s’entoure d’artistes et de créateurs remarquables de tous bords qui puisent dans l’immense patrimoine culturel de l’Orient pour transcender les barrières des origines, des certitudes et des héritages, dans un espace dynamique, stimulant et rassembleur », explique Ghita Nakhlé, directrice du festival.

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Labess (Nedjim Bouizoul). Concert : Vendredi 24 juillet – 21h30 Scène Loto-Québec

Elle ajoute que «  malgré son jeune âge, notre festival a connu une évolution remarquable attirant des milliers de montréalais et de touristes chaque année. Notre ambition est de lui permettre de s’ancrer définitivement dans le paysage culturel montréalais et québécois». Le festival complètement gratuit aura deux grandes scènes où se produiront plusieurs artistes dont certains d’origine algérienne : le groupe Labess, Cheb Fayçal et Berbanya.

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Berbanya – Concert : Samedi 25 juillet – 18h30 – Scène Loto-Québec

La particularité et la marque de fabrique d’Orientalys est sans conteste la Médina qui s’installe sur les quais du Vieux-Port de Montréal  le temps du festival. Elle offre « une traversée des pays de la Route de la Soie. L’espace « Pays d’Orient » accueillera l’Algérie, la Tunisie, la Syrie, la Turquie, la Palestine, l’Iraq, l’Iran, le Pakistan, l’Inde, le Bangladesh, la Chine et la Corée du Sud ».

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Cheb Fayçal – Concert : Jeudi 23 juillet – 21h30 – Scène Loto-Québec

Le stand algérien  est pris en charge par SN Production ainsi que Racine et Confluences, un organisme à but non lucratif qui  a pour vocation « la diffusion et la promotion du patrimoine culturel algérien et maghrébin et qui encourage l’interculturalité ».

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DJ Rahimus aux commandes de la scène TD – Jeudi 23 juillet – 18h à 23h

Les organisateurs tablent sur d’autres activités.  « Le public participera à la fête en prenant part à des performances interactives étourdissantes dans la tente «Ateliers». Conteurs, danseurs, marionnettistes, musiciens et artisans proposeront des ateliers gratuits de broderies, percussions, contes orientaux, jeux de société, habillement, cours de langue, et autres activités, pour grands et petits».

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Immigration au Canada : Le Québec attire toujours les Algériens

juillet 19, 2015

Dans l’avion d’Air Algérie qui les amène d’Alger à Montréal, on peut reconnaître quelques-uns à leurs nombreux bagages, un peu plus que les autres passagers, à leur excitation et à leur angoisse parfois qui trahissent la peur de l’inconnu après avoir quitté les leurs pour une nouvelle vie. Une nouvelle aventure d’où ils doivent repartir de zéro.

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On les reconnaît aussi à leurs questions parfois existentielles (travail, enfants, réussite, études, couple…) et pour lesquelles il n’y a pas de réponses toutes prêtes. Ce sont les nouveaux immigrants algériens qui débarquent à l’aéroport Pierre-Elliott Trudeau de Montréal dans la province du Québec à chaque vol d’Air Algérie – d’autres, peu nombreux, atterrissent dans d’autres aéroports ou passent par d’autres compagnies.

Tout se passe généralement vite et bien avec les services d’immigration fédéraux ou provinciaux. La bureaucratie canadienne a le mérite d’être efficace. Ses lourdeurs ou ses problèmes avec la corruption sont ailleurs et le risque de la croiser à l’aéroport est faible. Au premier trimestre 2015, pas moins de 414 immigrants d’origine algérienne ont été admis au Québec sur un total de 9200. Ils sont classés cinquièmes après les Chinois, les Français, les Iraniens et les Marocains, selon les statistiques du ministère de l’Immigration.

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Ces chiffres peuvent paraître faibles, mais il ne faut pas oublier que ce sont ceux d’un seul trimestre. Pour l’année 2014, le Québec a reçu 50 275 immigrants dont 7% venaient d’Algérie, soit 3519. Ils étaient classés 3es après les Iraniens et les Français, suivis des Chinois et des Haitiens. «C’est une communauté d’installation récente au Québec et au Canada en général», explique le Dr Brahim Benyoucef, expert en urbanisme et fondateur de l’Observatoire Espace et Société au Québec.

Il a dressé un portrait de l’immigration algérienne au Canada en 2013 (voir l’entretien qu’il a accordé à El Watan pour ce dossier). «Selon la période d’immigration, seulement 360, soit 2,0% du total des Algériens immigrés au Québec, ont immigré avant 1976 ; 165, soit 0,9% ont immigré entre 1976-1980 ; 170, soit 1,0% entre 1981-1985 ; 760, soit 4,3% entre 1986-1990», explique-t-il. S’ensuit une «hausse» de l’immigration algérienne qui coïncidait avec la décennie noire. Et c’est dans les années 2000 qu’il y a eu une «explosion». «Entre 2001 et 2006, soit durant cinq ans seulement, le Canada a reçu plus d’Algériens qu’il n’en a reçus durant deux décennies (1980 à 2000)», remarque le Dr Brahim Benyoucef.

Plusieurs raisons expliquent cette évolution. «La politique d’accueil que la Canada a adoptée pour parer à son déficit démographique, la situation sécuritaire en Algérie fragilisée dès 1988 et la volonté de certaines familles algériennes de profiter d’une ouverture pour explorer de nouvelles opportunités, d’autant plus que le Canada affiche une attitude d’ouverture et d’accueil très différente de l’hostilité de certains pays d’Europe, dont la France», selon le même interlocuteur.

Le cheminement au Québec d’une famille maghrébine typique a fait l’objet d’une bande dessinée publiée en 2010 par le Centre culturel algérien (CCA), une association indépendante basée à Montréal — à ne pas confondre avec les centres culturels relevant de la diplomatie algérienne. Intégration… Dites-vous ! est le titre de la BD d’une quarantaine de pages éditée en collaboration avec le ministère de l’Immigration.

BD conçue et réalisée par l'association le Centre Culturel Algérien (Montréal) - http://www.ccacanada.org/

BD conçue et réalisée par l’association le Centre Culturel Algérien (Montréal) – http://www.ccacanada.org/

Elle gagnerait à être mise dans le sac d’accueil de tout immigrant qui débarque d’un avion d’Air Algérie. On y suit les parents, Madjid et Nabila, et leurs deux enfants, Nawal et Nassim. Après l’euphorie des premiers jours, place à la déception et la frustration des parents qui ne trouvent pas de travail. La maman remet en cause le choix de venir au Québec. Le père, de son côté, n’arrive pas à digérer le fait de se retrouver à compter sur l’aide sociale.

Lui dont les succès professionnels dans son pays étaient donnés comme exemple. Maintenant, il passe son temps avec d’autres immigrants qui vivent de l’aide sociale et qui passent leur temps dans les cafés à broyer du noir et à cracher sur cette société qui ne les reconnaît pas à leur juste valeur. De leur côté, les enfants s’intègrent plus facilement à travers l’école. Et c’est la rencontre avec la famille québécoise d’un ami de leurs enfants que leur expérience au Québec prend un cheminement plus positif. La bande dessinée a le mérite d’utiliser un langage direct et aborder frontalement les problèmes (les vraies affaires, comme on dit au Québec).

 

Pensée positive et réussite

Mehdi Benboubakeur est arrivé au Québec avec sa femme il y a une dizaine d’années à l’âge de 31 ans. Au bout de 2 semaines, il répond à une petite annonce. Un producteur de film indépendant cherchait une personne qui avait des qualifications en effets spéciaux. «On m’a demandé où j’avais fait mes études dans ce domaine. Je leur ai dit que j’étais autodidacte», explique Mehdi. A son grand bonheur, il est retenu. «J’ai passé les tests, et j’ai obtenu le poste», raconte Mehdi. En Algérie, il avait lancé une agence de publicité. Parmi ses clients, l’émission Khatem Souleimane qui passait sur la télévision algérienne et dont il avait réalisé le générique. «Je ne présume jamais que la personne que je vais rencontrer va me dire non», nous dit cet ingénieur en génie mécanique, major de sa promotion.

Quartier Le Petit Maghreb - Supporters de l'équipe nationale algérienne - Coupe du monde de football 2014- (c) Mohamed Kadri

Quartier Le Petit Maghreb de Montréal – Supporters de l’équipe nationale algérienne – Coupe du monde de football 2014- (c) Mohamed Kadri

Mehdi a, par ailleurs, une formation supérieure en marketing-communication qu’il a suivie à l’école El Qualam à Annaba, en Algérie, en partenariat avec l’université de Perpignan (France). Avec un ami, immigrant d’origine marocaine, il lance en 2008 un magazine, Réussir Ici. «Notre vision était d’adopter une attitude et une pensée positives, (à ne pas confondre avec la pensée magique, Ndlr). Il faut prendre notre place dans la société d’accueil. Nous sommes en Amérique du Nord.

Il ne faut pas attendre qu’on nous la donne. Il faut juste entreprendre. Rien ne peut nous bloquer si nous avons la bonne idée», explique-t-il avant de lancer un : «Si tu te lances en mode perdant, sois sûr que tu vas perdre». Mehdi n’a pas refait d’études mais a pris des cours de cinéma. «Le magazine m’avait permis d’agrandir mon réseau et j’ai été approché par l’organisme ‘‘La conférence des élus de Montréal’’ qui m’a proposé de déposer ma candidature pour un poste de chargé de communication que j’ai fini par décrocher», nous dit-il. Il est à ce poste depuis 2008.

L’organisme vient d’être dissous il y a quelques jours, mais Mehdi Benboubakeur n’a pas chômé et il continue sa carrière à la tête du Printemps numérique, «une initiative qui renforce le positionnement de Montréal comme capitale créative». «Mon conseil aux nouveaux arrivants est d’être positif et de croire en soi. Il faut aussi se dire qu’il y a toujours du bon même dans les situations les plus difficiles et qu’il n’y a rien d’anormal de passer par des moments de doute et de questionnement», conclut ce papa de 3 garçons, tous nés au Québec.

 

Aziz reprend le chemin de l’école

 

Le problème de la non-reconnaissance des diplômes et de l’expérience acquises par les immigrants en dehors du Québec n’arrête pas les demandes d’immigration venant d’Algérie. Encore moins les délais de traitement de dossiers par les services d’immigration du Québec qui vont de 4 ans et 9 mois à 5 ans et demi en moyenne. «J’ai quitté l’Algérie, c’était mon premier objectif. Ce qui allait venir après m’importait peu», nous explique Djamel, un ingénieur en informatique qui travaille dans le soutien technique dans un centre d’appel.

Montréal - (c) Mohamed Kadri

Montréal – (c) Mohamed Kadri

«Le taux de chômage des immigrants était de 11,6% en 2013 contre 7,6% pour l’ensemble de la population. La population immigrée d’arrivée très récente (5 ans ou moins) affiche un taux de chômage plus élevé que celui de l’ensemble de la population immigrée (14,6% contre 11,6%).

Le taux de chômage des personnes immigrantes diminue avec la durée de résidence. Il était de 11,2% chez celles arrivées il y a 5 à 10 ans, et de 10,8% chez celles arrivées il y a plus de 10 ans», selon les chiffres du ministère de l’immigration. Aziz, 34 ans, est arrivé au Québec il y a un peu plus d’une année. Avec un diplôme français en ressources humaines et une expérience de travail de 8 ans à Alger, il ne s’attendait pas à ce qu’aucune compagnie ou administration ne réponde à ses dizaines de CV envoyés. «Je savais que ça n’allait pas être facile.

Avec Internet et les amis qui vivent depuis plusieurs années, j’entendais parler du problème. Mais je me disais que ça n’arrive qu’aux autres», affirme ce père de deux petites filles. «Curieusement, je ne recevais des réponses que pour des postes de travail dans les centres s’appel», ajoute-t-il. «Ne jamais écouter les mauvais conseils», répète Aziz qui se rappelle le chemin que lui ont montré certains immigrants qui vivent de l’aide sociale et qu’il a rencontrés dans un café du quartier le Petit Maghreb de Montréal. «Mets-toi sur l’aide sociale et travaille au noir.

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C’est la seule issue pour les immigrants ici», lui conseille-t-on. Si d’autres peuvent subir un «lavage de cerveau», Aziz n’y succombe pas. Il commence à travailler comme commercial dans une grande enseigne de distribution. Voyant qu’il ne pouvait pas évoluer, il quitte après quelques mois. «La réussite passe par un bon travail qui nécessite un diplôme d’ici», nous dit Aziz qui a repris le chemin des études pour préparer un diplôme en gestion commerciale.

Alors, quid d’une immigration réussie ? Pour le Dr Brahim Benyoucef, «elle consiste en une adhésion confortable dans le milieu d’accueil. J’entends par confortable, consciente et cohérente avec la vison et les valeurs de l’individu et de sa famille. Une adhésion intervenant à tous les niveaux emploi et société. Une adhésion qui répond aux attentes initialement fixées. C’est une adhésion réussissant l’équilibre entre conscience identitaire et conscience citoyenne».

Par Samir Ben  Contactez moi

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Kathleen Weil. Ministre québécoise de l’Immigration, la diversité et l’Inclusion «La déqualification professionnelle des parents pourrait être un des facteurs de la radicalisation de leurs enfants»

juillet 19, 2015

– Les candidats à l’immigration au Québec se plaignent des longs délais d’attente. Avez-vous lancé des actions pour les réduire ?

Au cours des dernières années, le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion a reçu un nombre important de demandes dans le cadre des programmes des travailleurs qualifiés et des immigrants investisseurs, un volume nettement supérieur aux objectifs fixés et à sa capacité de traitement.

Kathleen Weil. Ministre québécoise de l’Immigration, la diversité et l’Inclusion

Kathleen Weil. Ministre québécoise de l’Immigration, la diversité et l’Inclusion

Le ministère a instauré un système de gestion des demandes en 2012 et œuvre actuellement à réduire les délais de traitement et les inventaires. Nous développons présentement un projet de système d’immigration basé sur la déclaration d’intérêt (DI). Considérant que la Loi sur l’immigration au Québec (LIQ) doit être modifiée et entérinée et qu’une nouvelle plateforme électronique doit être implantée, l’opérationnalisation de la DI au Québec n’est pas envisageable avant 2016.

 

– Allez-vous maintenir le même niveau d’immigration venant d’Algérie, ou allez-vous la baisser après tous les débats sur le voile et l’impossibilité d’intégration les Maghrébins au Québec à cause des différences culturelles (la religion en particulier) ?

Bien que certaines personnes d’origine maghrébine éprouvent des difficultés d’intégration professionnelle, il est faux d’affirmer que l’intégration de ces personnes est impossible. De nombreuses personnes immigrantes d’origine maghrébine se sont intégrées à la société québécoise avec succès et contribuent à la prospérité du Québec. La nouvelle politique prêtera une attention soutenue à la question de l’intégration, notamment professionnelle, des personnes immigrantes, dont celles issues du Maghreb.

La politique sera accompagnée d’une stratégie d’action qui définira les moyens concrets pour assurer la pleine participation des personnes immigrantes de toutes origines. La planification pluriannuelle de l’immigration, qui est un processus soumis à la consultation publique, permet au Québec d’établir le nombre de personnes immigrantes qu’il compte accueillir au cours d’une période donnée, ainsi que des orientations en matière d’immigration. Un nouvel exercice devrait avoir lieu au cours des prochains mois.

 

– Récemment, le gouvernement du Québec a lancé un plan d’action pour faire face à la radicalisation. Pensez-vous qu’il peut y avoir un lien entre la déqualification professionnelle des parents et la radicalisation de leurs enfants ?

La déqualification professionnelle des parents pourrait être un des facteurs de la radicalisation de leurs enfants. C’est pourquoi le Plan d’action propose entre autres des modèles de réussite aux jeunes, notamment ceux de minorités racisées afin de favoriser l’inclusion.

L’objectif vise à influencer positivement ces jeunes particulièrement sensibles aux blessures de leurs parents, en leur permettant de rencontrer des Québécoises et des Québécois qui sont des exemples de persévérance et de détermination, et qui sont capables d’insuffler de l’espoir aux jeunes en les encourageant à croire en leurs capacités et à poursuivre leurs rêves.

Outre cette action qui vise à renforcer l’estime de soi, le Plan d’action prévoit aussi des mesures qui visent à déconstruire les préjugés, notamment islamophobes et des mesures d’éducation aux droits et libertés de la personne et aux valeurs démocratiques.

Par ailleurs, le Plan d’action offre aussi aux familles un soutien en vue d’améliorer la communication intrafamiliale. Certaines des mesures visent également à présenter et à faciliter l’accès aux ressources existantes auxquelles les familles peuvent s’adresser si elles ont des inquiétudes envers leurs enfants qui montreraient des signes possibles de radicalisation.

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Brahim Benyoucef. A propos de l’émigration algérienne au Québec «Place à la deuxième génération»

juillet 19, 2015

– Vous avez établi récemment un portrait de l’immigration algérienne au Québec. Quels sont les traits qui se sont dégagés ?

C’est une communauté d’installation récente au Québec et au Canada en général. Compte tenu du profil francophone, la communauté algérienne a bénéficié ces dernières années de quotas considérables qui la plaçaient aux premiers rangs des nouveaux immigrants reçus au Québec.

Dr Brahim Benyoucef,  expert en urbanisme et fondateur de l’Observatoire Espace et Société au Québec-Canada.

Dr Brahim Benyoucef,
expert en urbanisme et fondateur de l’Observatoire Espace et Société au Québec-Canada.

Entre 2007 et 2011, sa part était de 8,4% du total des immigrants reçus à pareille période, ce qui l’élève au rang 2 après les Marocains et avant les Français et les chinois. Elle présente un profil identique à celui de toute la communauté maghrébine. La communauté compte légèrement plus d’hommes que de femmes. C’est une communauté jeune. Les immigrants d’origine algérienne sont très scolarisés. Le taux de chômage que la communauté subit est presque trois fois supérieur à celui de l’ensemble de la population du Québec (voir encadré pour les statistiques).

 

– Y a-t-il toujours des obstacles à l’accès au marché du travail pour les Algériens du Québec ?

La situation demeure toujours problématique pour les nouveaux arrivants, exposés dès leur arrivée aux surprises du nouveau milieu, aux chocs de changement et appelés à s’engager dans un long processus de découverte, d’apprentissage, d’adaptation et de réajustement. Toutefois, pour ceux qui comptent déjà quelques années de résidence, même s’il n’y a pas eu depuis un grand sondage, les témoignages indiquent que les personnes après quelques années d’expérimentation du milieu finissent par emprunter une voie qui les réconforte, soit celle des études ou du travail et de la progression à l’interne et à travers la mobilité dans le marché de l’emploi au fur à mesure de l’acquisition des expériences.

Il se trouve que les personnes arrivent à s’accrocher au marché et finissent par obtenir un emploi, même s’il ne correspond pas forcément à celui de leur choix. C’est pour cela que je dis qu’il est temps d’alléger la forte attention accordée à l’employabilité afin de diriger les efforts vers les enjeux liés à l’enfance, à la famille et à l’éducation des enfants, etc. car les enjeux de la communauté changent et il faut s’adapter en conséquence.

 

– Pensez-vous que la deuxième génération aura plus de facilité sur le marché du travail ?

Il est certain que la deuxième génération pourrait avoir la chance de s’épargner beaucoup d’ennuis, notamment ceux reliés à la reconnaissance des acquis et à l’expérience canadienne, dans la mesure où la plupart sont diplômés des établissements canadiens et entament pour la plupart leur expérience de travail au Canada dès le jeune âge. Je le dis au conditionnel, car cela dépend de l’effort que les personnes déploient pour réussir leurs études et réussir des choix de carrière avisés.

Comme autre atout, ils ont la facilité de communication car ils adoptent facilement la raison et la manière de penser d’ici. Ils s’exposent cependant à deux risques majeurs : le premier concerne tous les Canadiens, il s’agit du risque lié aux caprices du marché et au rythme de croissance économique. Le deuxième risque est lié à la discrimination et ses effets, phénomène fluctuant avec l’image que l’opinion publique se fait du musulman en général et de l’Algérien en particulier et variable avec les conjonctures politiques, les surprises de l’actualité et les campagnes médiatiques.

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Diaspora : L’auteure Djemila Benhabib, invitée du Carrefour littéraire de Montréal

juillet 16, 2015

Pour sa sixième édition qui se tiendra ce vendredi, le Carrefour littéraire de Montréal invite la journaliste et auteure d’origine algérienne Djemila Benhabib pour parler de son expérience d’écriture comme moyen et acte de résistance.

djemilabenhabib

L’auteure de Ma vie à contre-Coran et des Soldats d’Allah à la conquête de l’occident aura aussi l’occasion de débattre avec les habitués de ce café littéraire lancé il y a quelques mois par le quatuor  Ali Kaidi, Khelifa Hareb, Nacer Irid et Mouloud Idriss, quatre militants pour la démocratie et l’identité amazighe en Algérie et au Québec.

Dès le lancement de ce café littéraire qui se tient au Café le Carrefour, d’où son nom, pas loin du Petit Maghreb de Montréal, ses initiateurs n’ont pas fait dans la facilité et dans la non- pertinence du choix des sujets ou des invités.

Le ton a été donné dès le premier rendez-vous où le sujet était Albert Camus « célèbre mais néanmoins controversé », comme le décrit Khelifa Hareb. Cirta, capitale de la Numidie en écho à la manifestation Constantine Capitale de la culture arabe, était le sujet du troisième café littéraire.

Et cette sixième édition ne déroge pas à la règle puisque la militante laïque et anti-islamiste Djemila Benhabib est connue pour son talent polémiste. Un talent reconnu même par ses adversaires politiques.

Adulée au Québec par certains, honnie par d’autres, l’ancienne correspondante d’El Watan à Montréal ne passe laisse pas indifférent.

Son combat contre les islamistes lui vaut souvent le qualificatif d’islamophobe. Une accusation colportée, d’un côté, évidemment, par un courant islamiste radical qui veut la faire taire en usant et abusant d’une liberté d’expression possible en occident. D’un autre côté, le musulman « lamda » lui reproche de fournir des munitions aux islamophobes qui ne veulent pas de musulmans en occident.

Au mois d’août prochain, elle aura l’occasion de défendre son point de vue en commission parlementaire à l’occasion de l’étude du projet de loi 59 sur le discours haineux. Certains voient dans ce projet une menace pour toute critique de l’islam qui pourrait être prise pour de l’islamophobie.

Des réactions sur les réseaux sociaux ont amené Khelifa Hareb à donner quelques précisions. « Nous remercions nos invités et Djemila Benhabib d’avoir accepté nos invitations sans hésitation et de nous honorer avec leurs participations. Nos invités sont des écrivains, des réalisateurs, chercheurs qui partagent avec nous un minimum syndical (démocratie, justice sociale, laïcité, féminisme, écologie)», explique-t-il.

« On donne la chance aux orateurs d’exposer leurs idées autour d’un thème bien défini en toute liberté et indépendance. Cela ne veut pas dire qu’on partage ou qu’on on adhère complètement à leurs idées. Et c’est tant mieux ainsi. Car notre objectif est de créer un débat constructif, un vrai échange d’idées libre et indépendant, ouvert, démocratique, responsable, loin de toute structuration partisane, ou récupération politique », conclut-il.

Il est à parier que la salle du Café Carrefour sur la rue Bélanger ne suffira pas à tous ceux et celles qui viendront écouter l’auteure.

Djemila Benhabib est née en Ukraine de père algérien et de mère chypriote- grecque. Ses parents aux convictions de gauche étaient des enseignants universitaires. Elevée à Oran, elle a fui l’Algérie pendant la décennie noire sous la menace terroriste. Proche de la branche identitaire du Parti Québécois, elle a été candidate de ce parti aux élections provinciales de 2012 et 2014 où elle a été défaite.

Ses livres ont édités en Algérie par les éditions Koukou du journaliste Arezki Ait-Larbi (http://www.koukou-editions.com/).

La page Facebook du Carrefour littéraire…

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