L’Algérie, un pays « à risque élevé de fraude» selon un rapport diplomatique canadien

décembre 1, 2017

Un rapport d’audit interne sur la gestion des ambassades commandé par le ministère canadien des affaires étrangères qualifie l’Algérie de pays « à risque élevé de fraude».

Produit en juillet dernier et divulgué ce mois de novembre, le rapport s’est intéressé à plusieurs représentations diplomatiques canadiennes dans le monde dont celle d’Alger pour la période allant d’avril 2015 à février 2017.

Plusieurs irrégularités ont été constatées par les auditeurs dans le processus d’approvisionnement et la passation de marché, entre autres. L’ambassade n’applique pas systématiquement «…les procédures prescrites par l’administration centrale en matière  de passation de marchés …», peut-on y lire.

Pour illustrer leur propos, les auditeurs donnent l’exemple un contrat  d’aménagements paysagers conclu entre l’ambassade et un fournisseur algérien dont le nom a été caviardé dans la version publique du rapport.  Du fait du renouvellement annuel du contrat avec ce dernier, le même service a connu une hausse de 68% sur trois ans.

Le ministère canadien des affaires étrangère a lancé cet audit après avoir découvert des manœuvres frauduleuses au consulat canadien en Haiti qui au coûté 1.7 millions de dollars au trésor public.

En 2015, selon Radio Canada, une autre fraude d’une valeur de 75 000 dollars sur les bons d’essence a été détectée à l’ambassade canadienne en Cote d’Ivoire qui était dirigée par l’actuelle ambassadrice à Alger. L’employé local incriminé a été licencié.

Le Canada a 179 missions dans 109 pays. L’audit a été mené à  Abuja (Nigeria), Moscou (Russie), Nairobi (Kenya) et New Delhi (Inde).

Vue d’Alger, cette historie peut sembler anecdotique mais elle constitue une belle leçon de démocratie et de reddition de compte quant à la gestion de l’argent des contribuables.

———————– Prière de prendre note que tout commentaire qui contient des insultes, des propos racistes, islamophobes ou anti-sémites sera systématiquement refusé. Signalez-le moi. Cet espace doit demeurer un lieu de débat contradictoire basé sur le respect de tout un chacun. ——————————

copyright – 2012-2017 – Samir Ben

Advertisements

Élections locales en Algérie : Des Algériens de l’étranger privés de vote par procuration

novembre 21, 2017

Peu connue dans la diaspora algérienne, une disposition de la loi électorale permet aux Algériens qui résident à l’étranger de voter par procuration aux élections locales de leur dernière commune de résidence en Algérie ou de leur APC de naissance ou même de la commune de naissance de l’un de leurs parents.

L’article 54 de la loi organique n° 16-10 du 25 août 2016 relative au régime électoral qui stipule que «  …. les électeurs établis à l’étranger …. peuvent, en outre, exercer leur droit de vote par procuration pour les élections aux assemblées populaires communales et de wilayas ».
Il ne s’agit pas donc des Algériens qui sont momentanément à l’étranger mais bien de ceux qui sont résidents et immatriculés au niveau des consulats ou des ambassades algériennes. L’article 9 de la même loi leur donne le droit de s’inscrire sur les listes électorales pour les élections des assemblées populaire communales ou de Wilayas.  Mais au niveau des consulats algériens,  personne ne semble être au courant de la loi.
C’est-ce que vient de vivre un Algérien résident au Canada qui tenait à voter par procuration dans sa dernière commune de résidence en Algérie à  Mekla (Wilaya de Tizi Ouzou).
Mahfoudh  Messaoudene, Ingénieur en génie civil à Sainte-Julie dans la banlieue sud de Montréal, s’est déplacé au consulat d’Algérie à Montréal pour établir une procuration à un membre de sa famille en Algérie.
Les employés lui font comprendre qu’ils n’ont pas de formulaires et qu’il n’y pas de réglementation à ce sujet. Il a fallu qu’il leur montre le journal officiel pour qu’ils considèrent sa demande.
Ils étaient surprise d’apprendre qu’il est possible pour les Algériens vivant à l’étranger de voter ce jeudi.  Ils sont habitués à traiter des demandes relatives aux élections présidentielles, aux référendums ou aux législatives (les députés de la diaspora) mais pas aux élections locales.
En l’absence de formulaire spécifique aux élections communales du 23 novembre,  ils lui proposent de remplir  la procuration standard demandée habituellement pour divers motifs.
Au consulat, on affirme qu’aucune directive ou circulaire relative aux élections locales n’a été envoyée que ce soit par le ministère des affaires étrangères ou par le ministère de l’intérieur.
Mahfoudh Messaoudene envoie la procuration à ses proches en Algérie. Et surprise. Elle n’est pas valable. « Ca n’a aucun sens, je ne vais pas aller chercher les formulaires moi-même en Algérie », dit-il. « Au fond, le système ne veut pas nous laisser voter pour ne pas déranger sa clientèle », ajoute-t-il.
L’intensité de la joute électorale a fini par atteindre les Algériens  du Canada car même ceux qui sont partis restent concernés par la gestion directe des communes où vivent leurs familles et amis.

Par Samir Ben  Contactez moi

———————– Prière de prendre note que tout commentaire qui contient des insultes, des propos racistes, islamophobes ou anti-sémites sera systématiquement refusé. Signalez-le moi. Cet espace doit demeurer un lieu de débat contradictoire basé sur le respect de tout un chacun. ——————————

copyright – 2012-2017 – Samir Ben


Slimane Benaïssa, dramaturge : «Démonter la radicalisation par l’absurde»

novembre 20, 2017

Slimane Benaïssa a présenté la semaine dernière à Montréal  en première «mondiale» sa nouvelle pièce en français Trois jours avant l’heure, où il explore avec humour «les coulisses  logistiques et mentales de la préparation d’un attentat kamikaze». Il reviendra au TNA avec Babor Ghraq, du 26 novembre au 7 décembre. Entretien autour de cette radicalisation qui «n’est pas un art suprême découvert par des musulmans !»

Trois jours avant l’heure de Slimane Benaissa à Montréal – ph. Mohand Belmellat

La première de votre nouvelle pièce Trois jours avant l’heure a eu lieu à Montréal, pourquoi cette ville ?

La pièce est montée en Belgique. Elle est jouée la première fois à Montréal. C’est un sujet difficile et délicat. Faire une comédie sur deux kamikazes en pleine préparation d’attentat est un peu difficile pour faire admettre cela à un théâtre pour la monter.  Donc, nous l’avons fait avec nos propres moyens.  Et comme SN Production [basée à Montréal, NDLR] m’avait demandé de venir  au Canada avec un spectacle, je leur ai proposé de venir avec cette pièce (Trois jours avant l’heure).

Quelle difficulté ?

D’abord le théâtre en Europe manque d’argent. Et le sujet abordé est très difficile.  Pour pouvoir aborder ces problèmes-là, il faut être vraiment d’une culture religieuse et laïque profonde.  C’est l’association des deux qui permet qu’on peut jouer avec beaucoup de choses et les clarifier.

J’ai la chance d’avoir réellement cette double culture. Je peux le faire sans choquer les musulmans ou outrager l’islam, je peux quand même dire certaines vérités et les rendre accessibles pour ceux qui ne connaissent pas l’islam.

Tout ça en recourant à l’humour ?

L’humour est le dernier recours quand il ne reste plus rien. Et d’ailleurs, si nous nous ne rions pas de nous-mêmes, ce sont les autres qui vont rire de nous.

Et l’humour est la preuve la plus flagrante que nous sommes capables de dépasser le problème.  Et l’autre, on l’aidera. Sil rit avec nous, ça va l’aider à dépasser le problème. Pour être dans l’humour, il faut avoir la distance. Cette distance, en ce qui nous concerne, nous l’avons depuis la décennie noire.

Nous en avons avalé des sigles avant Daech. Notre «expérience» avec le terrorisme et avec un islam détourné et une religion fourvoyée, nous en connaissons un bout.

Et notre responsabilité est pour ces sociétés à l’heure actuelle est de dire les choses le plus correctement possible. Aucun imam ne peut me contredire là-dessus !

L’image du musulman est malmenée dans les médias, est-ce que votre pièce va améliorer les choses ou encore les empirer ?

La manière avec laquelle on parle des attentats dans les médias participe à  leur mystification. Il faut les démystifier  d’abord, les déconstruire. La radicalisation n’est pas un art suprême découvert par des musulmans de nos jours. Ce n’est qu’un principe ridicule qui utilise l’islam. Il y a eu de la radicalisation partout et de tout temps.

Le fascisme italien ne ressemble pas au fascisme allemand ou au japonais.  Il y a toujours eu des moments de radicalisation et d’extrémisme. Celui musulman n’est pas spécial en soi. Il repose sur le même principe en utilisant simplement l’argumentation et le Dieu des musulmans.

N’êtes-vous pas en train de trop comprendre le kamikaze, le rendre humain, presque sympathique  ?

C’est un risque, mais il faut le prendre. C’est une démonstration par l’absurde. Ce que je dis est simple. Supposons que l’un de ces deux jeunes kamikazes se pose des questions. Dès qu’on se pose des questions, l’attentat n’aura pas lieu.

Au fond, la radicalisation ne souffre pas de la question. Je suis mathématicien à la base, je raisonne par l’absurde. C’est un raisonnement scientifique. Le jeune qui pose des questions  réussit à mettre le doute dans la tête de l’autre qui était complètement convaincu. Et l’attentat n’a pas lieu. Le questionnement de l’un démonte le radicalisme de l’autre.

N’avez-vous pas peur d’un risque de polémique comme c’est arrivé à Ismaël Saïdi, l’auteur de la pièce Djihad ?

Je l’ai vue à Paris. L’auteur parle des jeunes qui veulent aller combattre en Syrie. Des jeunes qui ne connaissent rien à l’islam. De ce qui leur arrive sur leur itinéraire. Mais il n’y a pas de débat sur l’islam à l’intérieur. Il reste sur la forme. Ma pièce s’intéresse au fond.

La polémique est donc justifiée ?

En général, la polémique atteint toujours les œuvres faibles. Une œuvre qui se soutient ouvre un débat, un questionnement. Elle n’ouvre pas une polémique. Toute œuvre faible qui manque de quelque chose crée la polémique.

Trois jours avant l’heure de Slimane Benaissa à Montréal – ph. Mohand Belmellat

Le problème des jeunes radicalisés n’est-il pas identitaire à la base ?

A la base et systématiquement, ils ont une relation compliquée au père.  Dans nos sociétés, quand la relation au père se complique, celui qui le remplace c’est Dieu. Il se trouve que même Dieu peut rédempter le père. C’est ce qui se passe au niveau psychologique. La formule est une. Il n’y en a pas dix mille. Après tout déboule avec des variantes,  bien sûr.

Les problèmes identitaires prennent mille et une formes. Les hooligans ou les fascistes d’extrême droite ont aussi un problème identitaire. Ils cherchent une identité dans l’extrémisme par la pureté de la race, par la violence.  C’est du même gabarit. Ce n’est pas parce que c’est entouré d’islam que ça doit être spécial.

Mais dans les médias, on prétend que c’est culturel ?

Ils prétendent que c’est inévitablement lié à l’islam. C’est vrai qu’historiquement l’islam est une religion qui a été guerrière, a mené des guerres, développé la notion de martyr guerrier, la notion de mourir pour Dieu… mais tout ceci ne justifie pas qu’elle ne peut pas être une religion de paix en temps de paix.

Ce n’est pas parce que l’islam te dit comment faire la guerre qu’il faut la faire pour être musulman.

Il  faut des motifs à une guerre, qui la justifient.  Toute violence commence dans un pays non pas à partir d’une idéologie. Les peuples sentent qu’il y a une violence qui va se déclencher, ils trouvent une idéologie pour la justifier, soit en détestant les juifs comme les nazis, soit les musulmans ou autres.

Dans les sociétés où on a accumulé les contradictions les unes aux autres, il y a toujours une violence qui couve. Toute société crée son conflit. Elle avance à travers les conflits qu’elle crée à l’intérieur d’elle-même. Les sociétés arabes comme toutes les sociétés créent des conflits, mais elles ne leur donnent pas de réponse. Elles les laissent stagner longtemps. Ceci ne peut aboutir qu’à la violence. Il faut l’argumenter ! Et il se trouve que la religion le fournit.

Prenons les événements du  5 Octobre 1988 en Algérie. S’il y avait une idéologie républicaine de gauche dominante dans la société, on aurait fait la prise de la Bastille.

Vous abordez l’intégrisme en Occident, mais l’Algérie a été la première à souffrir de ses dérives terroristes…

J’ai commencé au Festival de théâtre d’Avignon avec Les fils de l’amertume. C’est une pièce sur l’intégrisme algérien.  Je suis le premier à en avoir parlé. Avec Marianne et le marabout en 1993, j’avais créé le premier intégriste des banlieues françaises. On m’avait dit que j’étais malade ! Là je voyais les choses venir.

A tel point que lors d’un débat sur une télévision française, animé par Franz-Olivier Giesbert, en présence, entre autres, de Salman Rushdi, j’avais dit que ce qui arrivait à l’Algérie n’est pas particulier à l’Algérie. Cela peut arriver n’importe où. Tout le monde m’a regardé de travers, sauf Salman Rushdi, qui leur avait dit «Benaïssa a raison !» Il comprenait les enjeux.

La vision théâtrale du dramaturge est complètement différente de celle du romancier ou du peintre. Je vois les conflits et comment ils se construisent.  Je ne m’intéresse pas à la vague qui est en surface, je m’intéresse aux courants qui sont en profondeur.
J’ai écrit aussi La dernière nuit d’un damné sur le 11 septembre. J’ai raisonné simplement : supposons que l’islam fabrique des kamikazes.

Comment va-t-il le faire ?

Oui, on nous dit que ce sont des types fabriqués par l’islam, mais en tant que musulman tu te poses la question : est-ce que c’est possible ou non ?  Alors tu commences par écrire la possibilité.

C’est une responsabilité qui nous incombe.  Il est évident que nous condamnons le terrorisme. Que reste-t-il à dire alors ? Il reste à mettre en lumière à quoi ça s’imbrique.  Et là, il faut être vrai…

Etes-vous en train de défendre l’islam ?

Pas du tout. C’est Camus qui disait qu’il faut bien nommer les choses. Si tu ne les nommes pas, tu te trompes, tu vas à la catastrophe. Dans une expérience physique, biologique, il faut déterminer exactement le virus pour lui trouver un remède. Je ne défends pas ces gens-là. Mon moteur c’est ma responsabilité de le dire. Je connais l’islam et je connais la modernité. Je parle en tant que témoin.

Pour le 50e anniversaire de votre carrière, vous êtes remonté sur scène avec Babor Ghraq, faites-vous du surplace ?

Ceux qui disent que je n’ai fait que Babor Ghraq ne connaissent simplement pas ce que j’ai fait ailleurs.
Il faut voir aussi comment Babor est d’actualité en Algérie. Combien elle a intéressé les jeunes.  Elle est à sa troisième génération et celle-ci est prête à la voir. Elle touche la génération de mon fils Khaled [qui avait 5 ans  à sa sortie en 1983, NDLR].  C’est une pièce qui a traversé les générations.

Nous l’avons présentée le Ramadhan dernier.  Nous allons la rejouer 20 soirs au TNA à partir du 26 novembre.

J’ai une dizaine de pièces écrites et en attente d’être montées.  Le problème maintenant est la qualité des acteurs.  Je ne peux pas faire moins que Babor Ghraq. Je ne peux et ne dois faire que plus.

J’ai pris la décision d’utiliser mes pièces comme outil de formation.  J’ai entamé un cycle de formation en Algérie. J’ai donné une master class à l’Ismas (ex- –INADC). La pièce est un bon prétexte pour former les jeunes acteurs. La décennie noire a créé une rupture et un creux entre notre génération et la nouvelle. Il n’y a pas de continuité. Il n’y a pas eu de transmission.

Ces actions de formation nous permettront de remettre les horloges à l’heure, de leur donner notre expérience et leur permettre d’avancer plus rapidement.

Donc, ce ne sont pas les projets qui manquent…

Je vais reprendre Au-delà du voile rak khouya wana chkoune. On me l’a demandé. J’ai adapté La visite de la vieille dame, du Suisse Friedrich Dürrenmatt.  J’ai écrit une pièce sur les harraga. Une pièce qui reste positive malgré la tragédie. Ces harraga montrent de hautes compétences en informatique pendant la préparation de leur départ qu’ils sont repérés par un employeur qui les recrute. Et ils abandonnent leur projet. Cette pièce est écrite, mais elle n’est pas montée.

Quelle pièce serait votre legs pour le théâtre algérien ?

Je crois qu’il y  a suffisamment d’unités dans mon travail, que ce soit en français ou en arabe.  Les gens peuvent entrer dans mon œuvre par différentes portes. Il y a ceux qui ont connu Prophètes sans dieu et qui vont s’intéresser à autre chose. Il y a ceux qui ont connu Babor Ghrak, Les fils de l’amertume… il se trouve que dans mon métier, j’ai une grande chance de ne pas avoir complètement raté ce que j’ai fait. Tout ce que j’ai présenté au public a fonctionné admirablement.

Y a-t-il une pièce que vous ayez toujours voulu écrire et monter, mais qui ne l’a jamais été ?

Oui, une pièce que je n’ai pas encore réussi à concrétiser.  C’est de faire rencontrer Sartre, Kateb Yacine et Camus pendant la guerre de

Libération. Je me pose la question de savoir si ces trois hommes s’étaient rencontrés, est-ce que la guerre de Libération n’aurait pas pris un autre sens ?  Ils ne se sont jamais rencontrés.

Camus et Sartre étaient en dispute et séparés. Kateb Yacine a refusé de rencontrer Camus et ne connaissait pas Sartre.  On a là les trois grands points de vue sur la guerre de Libération.

Il se trouve que Sartre utilisait la guerre d’Algérie pour améliorer la démocratie française à l’intérieur. Il était plus contre de Gaulle que pour ou contre les Algériens.

Kateb Yacine s’est inscrit dans le combat du FLN. Il a donné au peuple algérien une dimension ancestrale et réelle.

Camus, lui, avait un lien charnel à la terre d’Algérie. Il affirme qu’il a droit à ce pays parce que son corps y est inscrit. Il a tenté d’allier les Algériens et les pieds-noirs.

Ceci dit, on ne peut pas demander des comptes à nos martyrs et à nos moudjahidine. Mais comme la génération qui vient après, nous devons nous dire est-ce que cette guerre telle qu’ils l’ont faite est la plus juste ? La cause est réellement juste, c’est ma terre, je la reprends. Maintenant, est-ce que la démarche a été la plus juste de notre côté ? C’est notre légitime interrogation. Pourquoi ? Parce que notre indépendance dépend de la réponse à cette question.

Il ne s’agit pas de faire une guerre de Libération et de se considérer indépendants juridiquement pour que tous les problèmes liés à l’indépendance soient réglés, Si on ne continue pas à nous interroger, s’il y a eu vraiment un million et demi de morts, est-ce que le départ de tous les pieds-noirs et des juifs était juste ? où sont les erreurs ? Si on reste dans l’image de tout est bien, tout est parfait… ils vont continuer à nous écraser.

Pour revenir à votre passage à Montréal, est-ce qu’il y a une différence entre le public de la diaspora algérienne en Europe et ici au Canada ?

Ici, au Canada et au Québec, le public algérien est beaucoup plus détendu ! Il est très loin de tout le poids qui nous a poussés à l’exil.
Quand tu es exilé en France, tu as déjà une partie des raisons de ton départ qui te pèse encore sur le dos. Tu es trop mêlé pour te positionner dans une intégration qui ne rejette pas les tiens et qui te fait accepter totalement les autres. Quand on n’a pas cette possibilité, on est désintégré à l’intérieur, donc incapables de s’intégrer à quoi que ce soit.

Déjà en Belgique, je me sens plus à l’aise. En Suisse, je me sens beaucoup plus à l’aise. Mais en France, il y a ce problème. Un véritable problème et auquel il faut répondre. Mais les nôtres répondent mal et les Français répondent encore plus mal, chacun à sa manière.

Votre pièce est en français, que donnerait l’expérience en arabe ?

Pour les spectateurs algériens qui seront présents ce mercredi [aujourd’hui, NDLR], au bout de cinq minutes, ils vont l’entendre en arabe !  Avec ma pièce Les fils de l’amertume montée en 1994 en France, le meilleur compliment que j’aie eu venait d’un spectateur qui m’avait dit : «M. Benaïssa, je vous jure qu’au bout de cinq minutes, je vous écouterai en arabe !»

Vous avez parlé de la traduction de vos œuvres en tamazight ?

Cela a été fait. Babor Ghraq a été traduite en mozabite, en kabyle. Je me bats aussi pour les publier en arabe dialectal. Le problème est que cette langue n’est pas codifiée. Ce n’est pas comme l’arabe classique que tu écris et que tu donnes à un correcteur et c’est terminé.  Pour publier mes textes en arabe dialectal, il faut qu’il y ait une codification.

Cette dernière n’existant pas, je dois la réfléchir. Il y a un projet dans ce sens avec la Télévision algérienne, car les textes seront publiés avec des DVD des pièces enregistrées.

Par Samir Ben  Contactez moi

———————– Prière de prendre note que tout commentaire qui contient des insultes, des propos racistes, islamophobes ou anti-sémites sera systématiquement refusé. Signalez-le moi. Cet espace doit demeurer un lieu de débat contradictoire basé sur le respect de tout un chacun. ——————————

copyright – 2012-2017 – Samir Ben


Lancement de la jeune chambre de commerce algérienne au Canada

novembre 15, 2017

La deuxième génération des Algériens du Canada s’organise et mise sur  la coopération entre les deux pays.

Amine Salah, Ikram Mecheri et Mehdi Houhou. Membres fondateurs de la JCCAC. photo. Karim Ouadia

 Trois jeunes algériens du pays de la feuille d’érable ne dépassant pas la trentaine lancent ce jeudi à Montréal la Jeune chambre de commerce algérienne au Canada (JCCAC).
« Nous avons trois axes stratégiques. Le premier est de rassembler les jeunes entrepreneurs de la communauté algérienne du Canada ou autres [les moins de 40 ans, NDLR]. Le deuxième est de les informer de tout ce qui est formation et autres services offerts aux entreprises établies ou en lancement.  Et en dernier lieu, et pas des moindres, de participer à des projets concrets », explique Amine Salah le président de la Jeune chambre de commerce.
«Une chambre de commerce est un outil à l’image de ce qu’en feront ses membres », ajoute Amine Salah qui est analyste en stratégie et intelligence des affaires chez la compagnie CGI.
Ce dernier a fondé la JCCAC avec deux autres jeunes algériens du Canada.  Ikram Mecheri qui assure la vice-présidence exécutive est une analyste risque chez Bombardier. Mehdi Houhou, le directeur général est analyste financier chez la Caisse Desjardins.
Économiquement, le moment est bien choisi pour lancer cette initiative puisqu’au Québec et partout dans le monde il y a beaucoup d’incitatifs au lancement des start-ups que ce soit en subventions ou en accompagnement.  « Montréal se veut la ville des start-ups », ajoute Amine Salah.
Quid des membres ? « La chambre est ouverte à tous ceux et celles qui ont à cœur le développement économique. Qu’ils soient salariés ou entrepreneure », répond-t-il.
Il insiste sur les bénéfices que peuvent tirer les entreprises qui adhèrent à la JCCAC. « Notre partenariat avec Entrepreneuriat Québec [un organisme d’aide aux entreprises, NDLR] donnera un accès privilégié pour notre communauté, ici et en Algérie, à des formations destinées au monde de l’entreprise ».
Les liens avec l’Algérie se noueront à travers INICIA Networking  (un réseau de jeunes compétences locales et issues de la diaspora) ainsi que le Forum des chefs d’entreprises (FCE). Des discussions sont en cours avec Injaz El Djazair. «Nous sommes ouverts à travailler avec d’autres associations », rassure Amine Salah.
«  On veut bâtir des ponts entre les gens d’affaires et entre l’Algérie et le Canada. Nous allons construire la partie du pont vers l’Algérie. L’autre partie du pont sera construite par les Algériens d’Algérie», ajoute-t-il.
A noter que près de 150 000 Algériens vivent au Canada dont le tiers de la deuxième génération. Le volume des échanges entre l’Algérie et le Canada a été de 2,37 milliards en 2016. En 2016, l’Algérie était le premier partenaire commercial du Canada en Afrique, et le 32e partenaire commercial du Canada dans le monde.

Par Samir Ben  Contactez moi

———————– Prière de prendre note que tout commentaire qui contient des insultes, des propos racistes, islamophobes ou anti-sémites sera systématiquement refusé. Signalez-le moi. Cet espace doit demeurer un lieu de débat contradictoire basé sur le respect de tout un chacun. ——————————

copyright – 2012-2017 – Samir Ben

 


Montréal : Des icônes de la chanson algérienne « réunies » sur scène

novembre 4, 2017

Un orchestre montréalais revisitera les grands classiques de la chanson maghrébine à l’occasion du Festival du monde arabe.

Ce ne sera pas par une quelconque prouesse technologique  hologramme, que seront réunies ce dimanche soir à Montréal  plusieurs icones  de la chanson algérienne et maghrébine.  Ce sera  à travers un orchestre montréalais  qui rappelle la formation El Gusto qui réunit des musiciens musulmans et juifs d’Algérie et du Maghreb qui a fait l’objet d’un film il y a quelques années.

Lili Boniche (Alger Alger), Line Monty (Ana Louliya), El Hasnaoui (Aruah Aruah, Ya Noudjoum Ellil), Reinette l’Oranaise (Nhabbek NHabbek), Salim Hallali, Fadila Dziria et Samy El Maghribi, entre autres, seront au centre de l’hommage à  « ces artistes intemporels, immortels,  qui ont marqué l’âge d’or d’un patrimoine musical algérien et maghrébin pluriel ».

intitulé Les immortels le concert rendra hommage à ces symboles de la musique arabo-anadalouse et berbère.

« Déjà en 2015 à l’occasion de l’hommage à Salim Halali, le concept était là. J’avais en tête l’idée qu’il y avait des artistes algériens  de culture juive  qui ont tellement donné au patrimoine algérien mais malheureusement qu’om ne revendique pas assez.  C’est au Québec qu’on s’en aperçoit en côtoyant les Marocains, par exemple. Pendant longtemps Salim Halali a été présenté comme Marocain, ce qui ne me pose absolument aucun problème. Ses soirées mythiques au cabaret Le Coq d’Or de Casablanca témoigne que le Maroc l’a accueilli à bras ouverts. Ceci dit il n’en demeure pas moins que Salim Hallali est un natif de Souk Ahras (Algérie). Il devrait être aussi une fierté algérienne! » , explique Sara Nace  de SN Production qui co-produit la soirée avec le Festival du monde arabe de Montréal.

« Toutes les chansons de Halali, par exemple, sont chantées dans les mariages en Algérie. Tout ce patrimoine est repris mais personne ne le revendique! », souligne la productrice. « Cette musique est d’une symbolique très forte. Elle est le reflet d’une identité maghrébine plurielle et notamment algérienne plurielle »

« La génération de nos parent sait par exemple que derrière telle ou telle chanson il y a Lili Boniche ou Reinette l’Oranaise mais la jeune génération le sait moins ou l’ignore carrément. Une génération qui a grandi dans une Algérie qui n’est pas ouverte et qui ne s’est pas encore réconciliée avec son identité. Une génération qui quand elle découvre cette part de notre patrimoine se rend compte de l’étendu du déni culturel! », ajoute la jeune productrice.

« Que ce soit Cheikh El Hasnaoui qui chantait en berbère (kabyle), Fadila Dzirya  en arabe algérois ou les autres, tous ces artistes se mêlaient les uns aux autres. Nous appartenons à une terre qui a autant donné au patrimoine musulman, juif que chrétien –  avec Saint Augustin, par exemple ». explique celle qui vit à Montréal, ville cosmopolite où se rencontrent toutes les cultures du monde.

Le programme de la soirée ravira les fans de cette époque et les curieux.  « Le chef d’orchestre est libre. C’est important qu’il y ait une confiance entre lui et le producteur. Bien sûr, il faut s’entendre sur le programme mais c’est lui l’artiste », explique Sara Nacer qui promet qu’« on écoutera des chansons de tous ces artistes le long de la soirée. Pour certains, ce sera deux chanson et pour d’autres trois. Il y a aussi des chansons qui ont été interprétées par plusieurs. On aura évidemment, El Bellaredj et Wahrane El Bahia ! ». Ces deux chansons étant un coup de cœur de la productrice.

« Salim Halali était pour moi la porte d’entrée sur toutes ces icônes de la chanson algérienne et maghrébine.  A travers El Bellaredj chantée par Fadila Dziria j’ai eu accès à une autre icône de la variété algérienne René Perez » , se rappelle celle qui a fait appel comme en 2015 à Henry Abittan pour former l’orchestre qui sera sur scène dimanche.  Ce dernier a été aussi chef d’orchestre lors du mémorable hommage à Salim Halali. Né à Casablanca où il a connu Salim Hallali et ses soirée mythiques, Henry Abittan perpétue la tradition sur les rives sur Saint-Laurent. On se rappelle aussi de sa performance avec Hamdi Bennani  lors du passage de ce dernier en 2010 à Montréal.

On reconnaîtra aussi dans l’orchestre, Salim Bouzidi l’un des membres fondateurs des Amis de la musique andalouse de Montréal (AMAM) et Maurice Malka, l’un des premiers percussionnistes (drabki)  arrivés à Montréal où il a joué avec Salim Hallali et Line Monty.

SN production a une longue histoire avec les immortels. En juin dernier à Montréal, la même équipe organisait un hommage tout en littérature à une autre immortelle, Assia Djebar.

Ce dimanche, place à la musique.

 

Plus :

http://festivalarabe.com/evenement/les-immortels/

Cinquième Salle, Place Des Arts – Montréal.

Par Samir Ben  Contactez moi

———————– Prière de prendre note que tout commentaire qui contient des insultes, des propos racistes, islamophobes ou anti-sémites sera systématiquement refusé. Signalez-le moi. Cet espace doit demeurer un lieu de débat contradictoire basé sur le respect de tout un chacun. ——————————

copyright – 2012-2017 – Samir Ben

 


Musique : Quand Fairouz chante Fairouz

octobre 26, 2017

La soprano Fairouz Oudjida donnera un concert ce samedi à Montréal dans le cadre du festival du monde arabe. Elle revisitera le répertoire de la diva libanaise Fairouz.

S’attaquer au répertoire de la grande diva libanaise Fairouz, née Nouhad Haddad, demande du courage et de l’audace. Car on n’a pas droit à l’erreur quand on chante devant un public montréalais de connaisseurs.

La soprano algérienne Fairouz Oudjida n’a pas peur des défis. Mais est-ce vraiment un défi que de chanter Fairouz pour celle qui a été bercée par les chants de la diva libanaise, toute son enfance passée dans la ville pétrolifère de Hassi Messaoud où travaillait son père.

« Fairouz m’a accompagnée depuis que j’étais enfant à Hassi Messaoud dans le sud algérien. Mes parents étaient amoureux de la musique orientale. Quand je sortais de l’école, je mettais son disque et je suivais les paroles sur la jaquette.  C’était mon passe-temps.  Son nom était comme le mien écrit en arabe sur les cassettes ou les vinyls, tout cela créait une relation particulière entre elle et moi », explique Fairouz Oudjida dont l’intérêt pour Fairouz a débuté vers l’âge de 8 ans.

« J’ai commencé très jeune à l’écouter avec beaucoup d’intérêt. Cette chanteuse m’habitait. Elle m’inspire depuis  toutes ces années. Son univers était proche du mien du moins j’arrivais à entrer dans le sien à travers la chanson », ajoute celle dont le prénom choisi par sa grand-mère paternelle a été très déterminant sur ses goûts et intérêts musicaux.

« Quand je suis née, ma grand-mère paternelle avait demandé à ma maman si elle pouvait me donner le prénom de Fairouz parce qu’elle adorait la diva et elle espérait qu’un jour je chanterais comme elle. C’est une histoire que je raconte souvent que c’est devenu banal pour moi mais au fond ça n’a jamais été banal. C’était prémonitoire. Mon prénom a été déterminant sur ma vie! », nous dit-elle.

 

Fairouz se chante, elle ne s’imite pas

 

Sara Nacer, directrice de SN production rappelle que le projet date depuis environ deux ans. « Fairouz traine ce projet depuis longtemps.  Elle est tellement respectueuse de son art qu’elle ne s’est jamais donné la permission de mener à terme ce projet que le jour où elle serait prête.  Nous parlons de ce projet depuis deux ans au minimum », explique celle qui est la productrice du concert en co-diffusion avec le festival du monde arabe de Montréal

L’histoire de Fairouz avec Fairouz ne s’arrête pas à son enfance. « J’ai toujours chanté pour mes proches Habaytak, Irdja3 ya alfa laila. Ses chansons collaient à ma voix.  En 2007, je suis partie à Milan où je représentait l’Algérie avec deux chansons (Alayki minni salam et Ssendu) .  A ce moment là, j’ai transcrit musicalement Habaytek avec l’aide d’une amie japonaise qui m’avait déjà aidé pour Ssendu. Donc  grâce à elle j’avais une partition  pour piano et voix utiles pour ceux qui m’accompagnent ».

Les Libanais qui l’écoutent reprendre les grands classiques de leur diva sont impressionnés et émerveillés. « Fairouz se chante, elle ne s’imite pas », nous dit-elle pour se parer de toute critique de fan inconditionnel de Fairouz.

« Sa musique m’emporte, m’inspire, elle me parle. Le raffinement et la délicatesse de sa musique. Bien qu’elle ait beaucoup de vigueur sur scène, malgré son charisme, elle me touche particulièrement avec ses chansons d’amour. Ses chansons ont une touche classique que j’aime beaucoup. Elle réussit une belle balance et une harmonie dans le mélange oriental-occidental» rajoute Fairouz qu’on  ne peut arrêter quand elle commence à parler de la diva libanaise.

Avec as voix de soprano, Fairouz Oudjida peut-elle rendre, sur scène, la voix de Fairouz? « J’ai un timbre de voix soprano. Et comme elle a une voix mezzo-soprano, je  peux changer de tonalité. J’ai été Soprano puis mezzo et maintenant soprano. L’essentiel que la voix soit à l’aise », explique-t-elle.

Elle sera accompagnée d’un orchestre dirigé par le pianiste Mouayad Khaldi. « Il travaille avec moi depuis 2010, année de mon arrivée au Canada. Il est d’origine syrienne. Il a fait comme moi l’école russe! », nous dit celle qui rêve de « porter Fairouz chante Fairouz à l’Opéra d’Alger ».

Si certains naissent avec une cuillère en argent dans la bouche, Fairouz est née, sans aucun doute, avec une voix en or que les Montréalais pourraient écouter ce samedi lors du concert qui se donnera à guichets fermés.

 

Plus de détails : http://festivalarabe.com/evenement/fairouz-chante-fairouz/

 

Par Samir Ben  Contactez moi

———————– Prière de prendre note que tout commentaire qui contient des insultes, des propos racistes, islamophobes ou anti-sémites sera systématiquement refusé. Signalez-le moi. Cet espace doit demeurer un lieu de débat contradictoire basé sur le respect de tout un chacun. ——————————

copyright – 2012-2017 – Samir Ben


En conflit avec Air Algérie : Les patrons du canadien SM international accusés de corruption au Canada

octobre 18, 2017

Le procès pour corruption de deux dirigeants du groupe canadien SM international, commencera le 8 novembre prochain au Palais de justice de Montréal,  selon ce qu’a appris El Watan.

Bernard Poulin – Président-Fondateur de SMi

Le groupe SMi qui vient de remporter un arbitrage contre Air Algérie dans l’affaire de la construction du siège social de la compagnie nationale à Bab Ezzouar (Alger) se trouve ainsi décapité d’une partie de sa direction.

Son président fondateur Bernard Poulin, 66 ans,  et  son vice-président infrastructures Dany Moreau  qui ont été arrêtés  le 19 septembre dernier par l’Unité permanente anticorruption du Québec (UPAC) se présenteront avec six autres accusés pour une audience préliminaire.

Ils sont accusés « de fraude, de corruption dans les affaires municipales, d’abus de confiance et de complot, et ce, en lien avec un système de partage de contrats publics octroyés par la Ville de Montréal, entre 2001 et 2009 ».

Selon l’UPAC, l’enquête a démontré  qu’ « il existait un réseau de firmes de génie-conseil, de fonctionnaires municipaux ainsi que d’un élu qui, entre eux, avaient élaboré un système de partage de contrats en échange de financement politique, de ristournes sur la valeur des contrats mis en cause (160 millions de dollars) ou d’autres avantages personnels ».

 

Le groupe SM pourrait être blacklisté au Québec

Les conséquences de ces accusations ne s’arrêteront pas aux seuls accusés. Le groupe SM international pourrait être mis dans le Registre des entreprises non admissibles aux contrats publics au Québec, une Blacklist qui a déjà accueilli SNC Lavalin accusé de fraude dans diverses affaires au Canada et à l’international.

Selon différentes médias locaux, « le gouvernement québécois « a entrepris des vérifications pour déterminer si le Groupe SM international (SMi) et ses filiales pourront continuer de faire affaire avec le gouvernement et les villes ». La décision pourrait prendre quelques semaines à quelques mois.

Fondé par Bernard Poulin en 1972, le groupe SM international est actif dans 35 pays. Il dispose de 8 bureaux à l’international dont un en Algérie. Il emploie 1000 employés.

Par Samir Ben  Contactez moi

———————– Prière de prendre note que tout commentaire qui contient des insultes, des propos racistes, islamophobes ou anti-sémites sera systématiquement refusé. Signalez-le moi. Cet espace doit demeurer un lieu de débat contradictoire basé sur le respect de tout un chacun. ——————————

copyright – 2012-2017 – Samir Ben


Diaspora algérienne au Canada : Motivations et histoires de réussites

octobre 15, 2017

Ils sont venus, ils étaient tous là!  L’auditorium du collège Regina Assumpta de Montréal  a accueilli  hier la première édition de la journée Where’ACC  organisée par le Centre culturel algérien (CCA) et consacrée au développement personnel.

Rayene Bouzitoun

C’était l’occasion pour les présents d’écouter les histoires de réussite et les motivations qui drivent les jeunes – y compris la deuxième génération –  issus de la diaspora algérienne au Canada et en Allemagne.

Protocole oblige,  et après l’intervention du président du CCA, Adel Ghlamallah ainsi que le chef du projet Where’ACC  (qui veut dire Où es-tu ? quand c’est prononcé en algérien), Youcef  Redjaouani, la parole a été donnée au Consul d’Algérie à Montréal, Abdelghani Cheriaf.

Pour ce dernier,  qui est revenu sur les problèmes de discrimination qui traversent les sociétés occidentale, « il n’est pas normal de demander à la deuxième génération qui est citoyenne canadienne et qui est passée par l’école canadienne, de s’intégrer. Ces jeunes évoluent dans une société qui est la leur ». « Ce n’est pas une raison pour se recroqueviller sur soi », a-t-il toutefois ajouté.

La ministre canadienne du patrimoine, Mélanie Joly, invitée à intervenir  a essayé de définir « c’est quoi être canadien », elle-même une 12ème génération. Pour elle, cinq éléments fondent l’identité canadienne : «  Nous sommes une petite population dans un vaste pays [36 millions d’habitants sur près de 10 millions de Km2, NDLR], proches d’un grand voisin, les États-Unis. Les autochtones. Le français et l’anglais.  La démocratie et enfin l’immigration ».

 

Conférence TEDx

Calquées sur le modèle des conférences TEDx, les présentations étaient chronométrées à 18 minutes.

Rayene Bouzitoune, 18 ans, membre du Conseil jeunesse du Premier ministre canadien, Justin Trudeau a ouvert le bal. Enchainant sur la notion d’appartenance au Canada , elle a rappelé qu’elle est arrivée d’Algérie à quatre ans. Croyant au début que c’était un aller-retour, elle a fini par comprendre que c’était un aller simple.

Son parcours d’immigrante, elle le symbolise par le tracé qu’on laisse en traversant une tempête de neige.  « Ce ne sera pas normal que les générations immigrantes après nous retrouvent la même tempête mais qu’elles ne puissent pas marcher dans nos pas », explique-t-elle à une assistance, dont certains avaient l’âge de ses grands-parents,  qui l’écoutait religieusement. Pour construire son identité, chose pas facile même si elle serait restée en Algérie, elle s’est impliquée dans son milieu. « Quand j’ai compris que je suis au Canada pour longtemps, j’ai commencé à attendre le moment où je deviendrais canadienne ! », a-t-elle ajoutée. « Même avec mes papiers et ma citoyenneté, j’avais toujours cette conviction que je n’étais pas encore Canadienne. Qu’est-ce qui manque alors même si je parle bien le français et avec parfois un petit accent québécois ?»,  s’est-elle interrogée.  C’est en comprenant qu’en contribuant  à la société et en s’impliquant à tous les niveaux, pas exclusivement au niveau gouvernemental, qu’elle consolidait son appartenance à cette société canadienne.  « S’impliquer peut consister juste à lancer une initiative locale comme un comité de recyclage dans une école primaire! », précise-t-elle.  Et quand on fait quelque chose pour la société, l’écho de nos actions nous revient.  «Ce monde est une montagne et nos actions sont les cris. L’écho de nos actions nous revient », a-t-elle conclu par cette citation du poète soufi Jalal Eddine Rumi

Sarah Dahmani

Sarah Dahmani, arrivée au Canada à l’âge de 11 ans se rappelle du premier choc linguistique qu’elle a eu en s’installant avec ses parents à St-Guillaume (Québec), un village de 1500 habitants!  A sa première journée de classe, elle est rentrée chez elle en pleurant en demandant, en colère, à ses parents pourquoi ils l’avaient inscrite dans une école anglophone!. Son père, intrigué, l’accompagne le lendemain à sa nouvelle école et finit par comprendre que l’enseignante avait un fort accent québécois!

Comme elle était une excellente élève en Algérie, elle a compris que pour maintenir son niveau, elle devait redoubler d’efforts.  Elle allait commencer à travailler en milieu hospitalier avant de comprendre que ce n’était pas ce qu’elle voulait au fond d’elle.  Elle abandonne tout et postule pour un travail au sein d’un organisme à but non lucratif qui s’occupe de l’environnement à la grande incompréhension de ses parents.

A force de persévérer elle a obtenu en 2013 avec on équipe le Phénix de l’environnement, la plus haute distinction en environnement au Québec.  De cette expérience, elle se rappellera toujours de la réaction d’un collègue québécois à qui elle a dit qu’elle était contente et tellement chanceuse d’avoir obtenu ce prix. « Félicitation Sarah ! La chance n’existe pas. La chance c’est de savoir saisir les opportunités quand elles se présentent! » , lui avait-il lancé.

Ghani Kolli

Ghani Kolli, entrepreneur et conférencier, qui vit au Canada depuis 2011, a rappelé que son premier choc migratoire et culturel, il l’a eu quand il a déménagé de son village natal Tagma en allant s’installer à Bejaia. Un autre choc culturel en arrivant à Alger. Le succès pour lui « c’est de rester et demeurer ce que nous sommes profondément. Car avec tous ces mouvements d’un lieu à un autre avec toutes ces cultures et sous-cultures, l’enjeu est de rester soi-même ».

 

Si Mohand Ou Mhand, the new cool!

C’est en bleu de Shanghai qu’Ismail Chaib, venu de Berlin, a donné  sa conférence  en arabe algérien. Il a entamé sa présentation en racontant l’histoire du poète kabyle Si Mohand Ou Mhand  (1848-1905) qui a quitté son village après un désaccord avec son entourage. Le directeur des opérations chez TESOBE (une Startup dans le domaine financier en Allemagne) fera  le parallèle avec son propre grand-père qui a quitté sa Kabylie natale pour s’installer et fonder une famille à El Harrach (Alger).  Arrive son tour, lui aussi, fâché un peu contre son propre pays,  qu’il quittera il y a quelques années pour la France puis l’Allemagne.

Ismail Chaib

Mais la décision de partir n’était pas facile. Il y avait cette  « peur » de tout laisser tomber. A l’époque, il avait une start-up prometteuse SMSBridge qui fonctionnait bien. Il avait « peur » de tout quitter, situation et famille.  Quelque temps après son installation en France pour étudier, il a eu une opportunité de travail en Allemagne sur le projet Open Bank. Encore une fois, cette « peur » de tout lâcher!  En analysant son parcours, il s’est rendu compte que les décision les plus déterminantes sur sa vie ont été prises à ces moments de « peur ». En conclusion, « sortir de sa zone de confort » est la seule façon pour avancer dans la vie, selon Ismail Chaib qui fera, lui-même,  face à une autre « peur »… il aura bientôt 30 ans! Gageons, qu’il s’en sortira ! Il faudra lui poser la question «  Wo bist Du ou Where’ACC » à ce moment-là !

 

Par Samir Ben  Contactez moi

———————– Prière de prendre note que tout commentaire qui contient des insultes, des propos racistes, islamophobes ou anti-sémites sera systématiquement refusé. Signalez-le moi. Cet espace doit demeurer un lieu de débat contradictoire basé sur le respect de tout un chacun. ——————————

copyright – 2012-2017 – Samir Ben


Montréal : Le Centre culturel algérien organise une journée sur le développement personnel

octobre 13, 2017

Les chemins du succès passent par le développement personnel. Telle est l’approche des organisateurs de la journée Where’AAC (qui veut dire Où es-tu ? quand c’est prononcé en algérien) qui se tiendra ce samedi 14 octobre à Montréal.

Organisé par le Centre culturel algérien (CCA) de Montréal, une association indépendante à ne pas confondre avec les centres culturels relevant de la diplomatie algérienne, la journée est destinée principalement aux membres de la diaspora algérienne de Montréal qu’ils soient immigrants de fraiche date ou installés depuis longtemps au Canada.

« Les principaux objectifs de cette journée visent à aider les participants à apprendre à mieux se connaître afin d’évoluer efficacement dans leurs carrières, acquérir des méthodes de développement personnel pour s’affirmer dans leur environnement socio-professionnel et développer des compétences en terme de communication interpersonnelle et de savoir-faire (soft skills) », peut-on lire dans les documents de présentation de cette journée.

« Tout le monde se rejoint quand il s’agit de développement personnel. Qu’on soit médecin, ingénieur ou quelqu’un qui a fait des études en littérature », explique Youcef Redjouani en charge du projet Where’ACC au sein du CCA et informaticien de formation et de métier.

Pour Adel Ghlamallah, président du CCA, le choix du thème de cette journée n’est pas le fruit du hasard. « Il y a un an, nous avons lancé un sondage sur le site et la page facebook du CCA. On avait posé la question suivante : quels sont les thèmes qui vous intéressent?   Au top il  y a eu le développement personnel et la communication ».

Les conférences et ateliers prévus seront animés par « des conférenciers auxquels tout le monde peut s’identifier » assure-t-il.

Pas moins de six conférenciers, quatre hommes et deux femmes sont au programme. Ils viennent du Canada et d’Allemagne et sont tous d’origine algérienne.

On reconnaîtra rapidement dans le lot Rayene Bouzitoun, la jeune membre du Conseil jeunesse du Premier ministre canadien et qui fait le buzz là où elle passe.

Les autres conférenciers sont :  Sarah Dahmani ( diplômée en sciences de l’environnement qui a dirigé une entreprise d’économie sociale à Montréal),  Ghani Kolli, entrepreneur et conférencier en entreprenariat arrivé  à Montréal en 2011.

Aboubakr Sahli, consultant sénior, formateur et chef auditeur dans le domaine de la Qualité, l’hygiène, la sécurité et l’environnement (QHSE).

Dali Chabaane, un chasseur de tête dans le domaine technologique et l’ingénierie. Et enfin, et non le moindre,  Ismail Chaib patron de TESOBE (une Startup dans le domaine financier en Allemagne).

 

Plus de détails sur : http://ccacanada.org/evenements/journee-de-conferences-d-ateliers-et-de-reseautage-sur-le-developpement-des-competences-p

Par Samir Ben  Contactez moi

———————– Prière de prendre note que tout commentaire qui contient des insultes, des propos racistes, islamophobes ou anti-sémites sera systématiquement refusé. Signalez-le moi. Cet espace doit demeurer un lieu de débat contradictoire basé sur le respect de tout un chacun. ——————————

copyright – 2012-2017 – Samir Ben


Allègement des conditions d’obtention de la citoyenneté canadienne

octobre 6, 2017

Le gouvernement de Justin Trudeau allège et simplifie les conditions d’obtentions de la citoyenneté canadienne pour les étrangers vivant légalement au Canada avec statut de résident permanent.

 A partir du 11 octobre prochain, tout demandeur de citoyenneté doit avoir « été présent au Canada pendant au moins trois des cinq ans qui ont précédé la date de sa demande ».

Auparavant, les conservateurs qui étaient au pouvoir, avaient imposé une présence effective de quatre ans pendant les six ans précédents la demande.  Leur loi était entrée en vigueur en juin 2015.

Deux ans plus tard, les libéraux de Justin Trudeau appliquent une de leurs promesses électorales en abrogeant les dispositions critiquées par beaucoup d’organisme défendant les immigrants.

D’autres changements ont été apportés. Ainsi, l’obligation d’être présent  au Canada six mois par année pendant les 4 ans précédents la demande a été supprimée.

L’exigence de connaître l’anglais ou le, les deux langues officielle du pays, pour les demandeurs a été changée. Elle est s’applique entre 18 et 54 ans. Auparavant, elle était applicable pour tout demandeur âgé de 14 à 64 ans.

« L’un des principaux atouts pour réussir son intégration dans la vie au Canada est l’obtention de la citoyenneté canadienne. Le gouvernement encourage tous les immigrants à demander la citoyenneté canadienne et à profiter de tous les avantages qu’offre le fait d’être Canadien. », explique le ministre canadien de l’immigration, Ahmed Hussen, lui-même arrivé au Canada en 1992 comme réfugié Somalien.

 

Les Algériens champions de la citoyenneté canadienne

« Les Algériens obtiennent en moyenne la citoyenneté  canadienne au bout de 3.8 années de résidence. Ceci contrairement à la moyenne des immigrants qui l’obtienne au bout de 6 ans », affirme l’historienne Marion Camarasa dans son livre La Méditerranée sur les rives du Saint-Laurent: une histoire des Algériens au Canada.

« Les originaires d’Algérie naturalisés conservent leur nationalité algérienne et acquièrent la citoyenneté canadienne souvent pour des raisons pratiques. Elle leur ouvre les portes du monde occidental », ajoute l’historienne.

La notion de citoyenneté, quoique juridiquement ne différant pas du concept de nationalité, n’est pas lié à la nation. Elle est très répandue dans les Etats fédéraux qui peuvent être composés de plusieurs nations. Au Canada, par exemple, le Québec est reconnu comme « une nation au sein d’un Canada uni ».

A noter que d’autres mesures sont entrées en vigueur en juin dernier date de la promulgation de la nouvelle loi. Le mesure qui permettait, sur proposition de conservateurs, de révoquer la citoyenneté canadienne d’un binational « si cette personne est déclarée coupable de trahison, d’espionnage ou de terrorisme » a été abrogée.  « Tout citoyen à double nationalité qui est déclaré coupable de ces crimes est traduit devant la justice canadienne, comme tout autre Canadien qui enfreint la loi » prévoit la loi proposée par le gouvernement Trudeau.

Par Samir Ben  Contactez moi

———————– Prière de prendre note que tout commentaire qui contient des insultes, des propos racistes, islamophobes ou anti-sémites sera systématiquement refusé. Signalez-le moi. Cet espace doit demeurer un lieu de débat contradictoire basé sur le respect de tout un chacun. ——————————

copyright – 2012-2017 – Samir Ben