Alger : J-16

avril 11, 2013

J’ai toujours mal jugé, sans m’en rendre compte !, ceux qui ne rentrent pas en Algérie une fois par année pour voir leurs familles et leurs amis.

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J’étais encore plus impitoyable avec ceux qui habitent sur la rive nord de la méditerrannée  – ils sont plus proches de leurs familles que ne pourrait l’être un Algérien de Tamanrasset en visite à Alger !

Les coûts d’un voyage transatlantique sont, généralement, supérieurs à ceux d’une traversée de la mer blanche.

D’une moyenne de 1.5 fois par année, je suis passé à 0.5 par année : cela fait 2 ans que je ne suis pas rentré au bled  : Merci les joies de la paternité !

Et du coup suis-je en train de rejoindre ceux qui d’année en année espacent leurs escapade au pays natal ?  eh oui, il ne faut jamais dire fontaine je ne boirai pas de ton eau !!

Par Samir Ben Contactez moi

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Le Canada veut encore plus d’Algériens (*)

avril 1, 2013

Le Premier ministre canadien Stephen Harper,vient de signer un décret exécutif, non publié dans le journal officiel du pays de l’érable, qui ouvre les portes à plus d’immigration algérienne.

canada

A partir de ce 1er avril, les demandes d’immigration des Algériens seront traitées dans les 30 jours, y compris les week-ends, à partir de la date du dépôt de dossier.  Ce dernier sera allégé : il suffit d’avoir fait des études secondaire et d’un casier judiciaire vierge. Donc, plus besoin de prouver ses ressources financières, ses études universitaires ainsi que sa bonne santé.

Les candidats seront reçus par l’ambassadrice canadienne, selon ses disponibilités, qui devrait leur offrir du sirop d’érable en guise de bienvenue.

Selon une source du ministère canadien de l’immigration, il ne sera plus nécessaire de se déplacer en Tunisie pour le fameux entretien de sélection.  Les candidats sélectionnés sur la base du premier arrivé premier servi, seront accueillis dans la nouvelle extension de l’ambassade canadienne.

Celle-ci a récupéré une partie de la propriété de SNC-Lavalin qui lui est adjacente. Cette compagnie l’a offert gratuitement pour l’opération dans le but de redorer son image qui a été ternie par des histoires de corruption en Algérie .

SNC Lavalin a promis qu’elle prendrait en charge les trois premiers mois de résidence au Canada des candidats reçus (logement,nourriture, loisir et le mariage pour les célibataires).

L’argent sera prélevé des caisses de la compagnie montréalaise qui a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 6 milliards de dollars les 10 dernièrs années en Algérie. L’ambassade canadienne a recruté du personnel local pour faire face aux prévisions.

Une source canadienne à Ottawa a affirmé à Elwatan.com que cette décision a été prise avec la bénédiction de la reine Elisabeth II, le canada étant une monarchie constitutionnelle, pour différentes raisons : Les Algériens ont démontré depuis toujours leur capacité d’adaptation à l’hiver canadien et au monde du travail. Ils occupent tous des postes de reponsabilité et ont un revenu annuel moyen de plus de 250 000 dollars. Le taux de chômage étant insignifiant et tout le monde trouve du travail dans son domaine.

Le gouvernement algérien a  accepté cette nouvelle politique du Canada à la seule condition qu’il sera permis aux pêcheurs algériens d’aller pêcher les truites sur les côtes atlantiques canadiennes.

(*)Le lecteur aura compris de lui-même que tout ceci n’est qu’un poisson d’avril et que rien de tout ce qui a été écrit plus haut n’est vrai !

Par Samir Ben Contactez moi

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Que veut le Qatar ?

février 26, 2013

Depuis le déclenchement du printemps arabe, le Qatar,  minuscule Etat dont la superficie est à peine plus grande que celle de la wilaya de Khenchela est de plus en plus présent dans le fil d’actualité.

L’émir du Qatar et son épouse en visite officielle en France en 2009

Que cache cette visibilité ? Est-on en train d’assister à l’émergence d’une nouvelle puissance  régionale au Moyen-Orient qui s’est même permis d’être admise en tant que membre associé dans l’organisation internationale de la francophonie ?

Ou est-ce que ce pays de 1.75 million d’habitants dont 85% sont des étrangers, n’est que le sous-traitant pour une puissance étrangère, les Etats-Unis en l’occurence dans une région ?  Ces derniers possèdent à quelques kilomètres de la capitale Doha leur plus grande base militaire à l’extérieur du sol américain.

La question se pose d’autant plus que les théories conspirationnistes les plus fareflues circulent sur internet : alliance avec les Etats-Unis pour imposer au Moyen-Orient des gouvernements islamistes d’obédience wahabite (un islam radical originaire de l’Arabie Saoudite) afin de redessiner toute la région et préserver les intérêts américains.

Une sorte de refondation de la région tout en donnant un semblant de changement pour contenir les peuples arabes habituellement hostiles aux Etats-Unis, le grand allié d’Israël.

Une autre théorie voudrait que  ce serait, entre autres, à travers la chaîne d’information Al Jazeera, propriété de l’Etat du Qatar,  que les Etats-Unis ont manipulé tous les événements du printemps arabe pour, encore une fois, le redessiner conformément à leurs intérêts…

Et la liste est longue. Mais trêve de théories du complot et regardons de plus près la puissance ou la supposée puissance de cette ancienne colonie britannique qui a accédé à l’indépendance en 1971.

Il est aussi intéressant de voir quel type de relations entretiennent les Etats-Unis  avec le Qatar, pays qui détient les troisièmes réserves de gaz naturel de la planète (1) et qui organisera la coupe du monde de football de 2022 – la version 2010 a été suivie par plus d’un milliard de téléspectateurs dans le monde.

Puissance

La littérature définissant la puissance dans les relations internationale est abondante.  Ainsi, le professeur américain en sciences politiques Samuel Huntington la définit comme  « la capacité d’un acteur, habituellement mais pas forcément un gouvernement, d’influencer le comportement des autres, qui peuvent être ou ne pas être des gouvernants. » (2).

Le géographe français Gérard Dorel en détaille les facteurs : « Une puissance mondiale, c’est un État qui dans le monde se distingue non seulement par son poids territorial, démographique et économique mais aussi par les moyens dont il dispose pour s’assurer d’une influence durable sur toute la planète en termes économiques, culturels et diplomatiques. » (3).

Il est clair qu’en ce qui concerne le Qatar, la puissance dont il s’agit ici doit être prise dans une perspective régionale.

Dans le cas du Qatar, le poids de la démographie et la superficie n’est pas aussi déterminant que l’économie et l’influence médiatique à travers sa chaîne d’information en continu Al Jazeera appelée la CNN arabe. Ainsi, en 2011, le PIB du Qatar s’est élevé à 174 miliards de dollars canadiens. Le taux de croissance enregistré a été de 18.8% la même année avec un taux de chômage nul.

Les données fournies par l’ambassade de  France sont très utiles. On y apprend que les autorités qataries « Soucieuses de rentabiliser les considérables excédents financiers du pays, les autorités qatariennes ont créé en 2005 une autorité publique pour gérer les investissements à l’étranger, la Qatar Investment Authority (QIA).

Fonds souverain

Ce fonds souverain a récemment procédé, via ses filiales Qatar Holding et Qatari Diar, à des opérations remarquées (investissement dans le London Stock Exchange et dans le quartier d’affaires londonien Canary Wharf ; participation dans la Barclays Bank ; rachat du magasin Harrod’s à Londres en mai 2010 ; entrée en 2009 dans le capital de Volkswagen, dans le contexte du rachat de Porsche par cette dernière). »

« Le fonds souverain qatarien Qatar Investment Authority (QIA) compte par ailleurs de nombreux partenariats avec des entreprises françaises et détient des participations dans au moins dix sociétés cotées à la Bourse de Paris dont six appartiennent au CAC 40.

Les participations du Qatar représentent ainsi entre 0,6 et 0,8% de la capitalisation totale des entreprises du CAC 40. Il détient notamment 12,83 % de Lagardère (19 mars 2012), 3% d’EADS (depuis 2008), 1,03% de LVMH, 2 % de Total (3ème actionnaire du groupe), 5 % de Veolia Environnement, 6,5 % de Vinci, 2 % de Vivendi, sans oublier 0,98% de Suez Environnement, 6,39 % de la société des bains de mer de Monaco ou 23,34 % du capital de la Société Fermière du Casino Municipal de Cannes (SFCMC).

Enfin, le Qatar possède d’autres participations en France à travers des organismes publics non rattachés au fonds souverain, notamment 85,73 % de Le Tanneur par Qatar Luxury Group et 100 % de Paris Saint-Germain FC par Qatar Sport Investment (qui a, par ailleurs, acquis pour Al Jazeera plusieurs lots ayant trait à la retransmission de matches de Ligue 1 et de Ligue des champions). », détaille la même source.

Les investissements du Qatar en sport ont particulièrement intéressé les médias. Tous ces détails sont importants et prouvent que l’influence du Qatar est réelle et n’est pas une vue de l’esprit relevant de la thérorie du complot.

Al Jazeera

 Sur le plan médiatique, la force de frappe du petit émirat réside dans sa chaîne d’information Al Jazeera. Créée en 1996 par l’émir du Qatar, Hamad ben Khalifa Al Thani, une année après avoir renversé son père, elle revendique plus de 40 millions de téléspectateurs quotidiens dans le monde. Ajoutés à celà, les différentes reprises dans les médias internationaux et une présence d’une multitude de correspondant dans presque tous les points chauds de la planète. Sa disponibilité gratuitement par satellite en fait le médias le plus écouté dans le monde arabe.

Mais au-delà des chiffres, est-ce que cette chaîne a de l’influence réelle dans le monde et dans le moyen-orient ? Une évidence pour Agnès Levallois, journaliste et ancienne directrice de la chaîne française d’information continue France 24.

Pour elle, « Al Jazeera a un pouvoir réel et un rôle dans le Moyen Orient. Cela a permis au Qatar d’apparaître sur la carte du monde et d’avoir un impact diplomatique, comme CNN et son influence américaine » (4).

François-Bernard Huyghe chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégique (France) abonde dans le même sens : « Tout pays qui veut avoir un poids international doit avoir un poids médiatique », explique-t-il (4).

Tous les investissements cités plus haut particulièrement ceux dans le sport ainsi que cette puissance médiatique trouvent un nom chez Pascal Boniface, directeur de l’IRIS : le soft power qu’on peut traduire par la Puissance douce (concept proposé par géopoliticien américain Joseph Nye en réaction aux thèses évoquant le déclin de la puissance américaine).

« La richesse du Qatar est fragile », estime-t-il (5) du fait qu’elle est tirée exclusivement du pétrole et du gaz. « Cette richesse fragile qui pousse le Qatar à investir dans le sport, par exemple. Vivant dans une zone géopolitique troublée, craignant les appé !@#$%^&* d’une Arabie Saoudite trop proche culturellement et la menace d’un Iran trop éloigné stratégiquement, le Qatar a choisi la diplomatie sportive pour exister sur la carte. », ajoute-t-il.

Comme le Qatar « n’a pas les moyens de se constituer une armée suffisamment forte pour contrer les éventuelles menaces qui pèsent sur lui. Le hard power lui étant interdit, il mise sur le soft power, Al Jazeera et le sport.

Le Qatar mise sur la visibilité du sport et son attractivité pour exister sur la carte et se faire connaître de façon positive dans le monde entier. », estime le directeur de l’IRIS.

Concrètement l’influence d’Al Jazzera s’est mesurée dans le monde arabe à travers sa couverture des mouvements qui ont été déclenché à la fin de 2010 quand  un jeune chômeur tunisien s’est immolé par le feu en réaction à l’injustice qu’il subissait.

Son appui aux révoltes des peuples arabes, a été déterminant dans la chute des dicateurs arabes en Tunisie et en Egypte. Celà s’est transformé en Libye, par exemple, en un rôle actif sur le plan militaire (une première pour ce pays) et humanitaire.

Dans le cas de la Syrie, c’est sous les pressions du Qatar que la ligue arabe a durci sa position vis-à-vis du régime de Bachar al Assad. Le Qatar a, présentement, une réelle main-mise sur la ligue arabe. Le petit pays est aussi impliqué dans le dossier du conflit israélo-palestinien.

Les Etats-Unis

Le Qatar n’est pas seul. Les Etats-Unis sont son plus grand allié. Il accueille sur son sol une base militaire américaine qui abrite un quartier général avancé du CENTCOM qui assure la responsabilité des opérations militaires en Irak et en Afghanistan ainsi qu’au Moyen-Orient et en Asie centrale.

Les Etats-Unis et le Qatar ont signé en 1992 des accords de défense qui donne à l’armée américaine une capacité de projection (frappe) sur l’ensemble du Proche-Orient, le Bassin de la mer caspienne et l’asie centrale.

D’ailleurs, cette base a servi de point de départ pour les bombardements contre l’Irak en 2003. Cette alliance assure au Qatar sunnite (une branche de l’islam) une protection contre l’Iran chiite et permet aux Etats-Unis d’avoir un pieds à terre en face d’un ennemi à contenir.

Certains voient l’appui du Qatar au printemps arabe comme une volonté des Etats-Unis d’imposer leur agenda politique qui inclut les islamistes. Or, il ne s’agit pour les Etats-Unis ni plus ni moins que d’éviter «un nouveau 11-Septembre.

Les Etats-Unis sont convaincus qu’il faut qu’un processus de réformes soit engagé dans les pays arabes et que ce processus inclut les mouvements islamistes», analyse David Rigoulet-Roze(6).

Et comme l’Arabie l’Arabie Saoudite a perdu un peu de son influence vis-à-vis des Etats-Unis et dans la région, le Qatar « estime », que c’est le moment idéal pour remplir ce vide de puissance.

Par Samir Ben Contactez moi

Bibliographie :

1 – Site du ministère français des affaires étrangères : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo/qatar/presentation-du-qatar/

2 – Why International Primacy Matters. International Security, Vol. 17 No. 4 (Spring, 1993) pp. 68-83.

3 – La Puissance des États (La Documentation française, 1998).

4 – Intervention à l’Institut du Monde arabe (Paris-France) – http://www.imarabe.org/jeudi-ima/medias-arabes-nouveau-regard-ou-nouvelles-realites

5 – Blogue du directeur de l’IRIS, Pascal Boniface – http://pascalbonifaceaffairesstrategiques.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/01/29/le-qatar-hyper-puissance-du-sport.html

6 – http://www.slate.fr/story/51093/qatar-diplomatie

Par Samir Ben Contactez moi

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Affaire SNC Lavalin : Qui est Farid Bedjaoui ?

février 23, 2013

Le quotidien Montréalais La Presse a enquêté sur Farid Bedjaoui, le neveu de l’ancien ministre algérien des affaires étrangères Mohamed Bedjaoui au centre de l’affaire de corruption impliquant Saipem, une filiale de l’italeine ENI et Sonatrach.

Vivant entre Dubai et Montréal, il a aussi aidé la compagnie canadienne SNC Lavalin à avoir des contrats avec la compagnie nationale des hydrocarbures pour un montant d’un milliard de dollars.

Farid Bedjaoui

L’homme de 44 ans, détient 3 nationalités (algérienne, française et canadienne…).

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La vie dorée de Farid Bedjaoui

(par Isabelle Hachey et Fabrice de Pierrebourg…)

Issu d’une famille aisée et influente, Farid Bedjaoui a toujours mené une vie dorée, de Majorque, en Espagne, à Paris, en passant par Dubaï et surtout Montréal, base actuelle du clan familial, où serait investie une grande partie de sa fortune… (Lire la suite sur le journal La Presse)

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(Re)découvrir Slimane Azem….

janvier 4, 2013

Je dis toujours que les Algériens gagneraient à se connaître les uns les autres. Car actuellement nous sommes dans la situation de “deux malentendants qui ne s’écoutent pas” pour paraphraser l’écrivain Karim Akouche.

Slimane Azem

Slimane Azem

Puisque je me permets de donner des conseils, je dois commencer par les appliquer moi-même ! C’est chose faite.

Je suis tombé sur cet article founi de la ”Pasionaria” montréalaise du combat amazigh, la journaliste Djamila Addar…Elle nous fait (re)découvrir Slimane Azem, le chanteur de l’exil…thème qui nous touche directement à Montréal…

Bonne lecture…

Slimane Azem : la passion et la raison

Slimane Azem est un artiste algérien d’expression amazighe (berbère). Il est né un 19 septembre 1918 à Agouni Gueghrane en Kabylie. Il est mort un 28 janvier 1983 à Moissac en France. Il a marqué des générations et des générations de son peuple, mais aussi plusieurs artistes d’expression berbérophones et arabophones. Les Kabyles, notamment les immigrants algériens en France, le connaissent depuis ses débuts. L’Algérie indépendante le connaissait aussi, mais a décidé de le censurer en l’accusant à tort d’avoir trahi sa patrie en collaborant avec la France coloniale. Ces allégations qui n’ont jamais été prouvées ont facilité la tâche à ses détracteurs de le censurer dans les médias de son pays pendant plus de 25 ans. Ce qui a fait très mal à l’artiste et au compatriote qui a chanté sa terre natale jusqu’à la fin de sa vie. Il a certes vécu loin de son Algérie et surtout loin de sa Kabylie, mais ces deux territoires qui font sa patrie ont habité son âme tout au long de sa riche carrière. Une carrière qui a été répertoriée dans un excellent livre du Dr Youcef Nacib intitulé ‘’Slimane Azem, le poète’’. Beaucoup d’intérêt a été porté et continue à être porter à l’œuvre de Slimane Azem. À chaque fois qu’on s’y penche, on découvre encore et encore la profondeur des messages de l’artiste et  le degré d’un amour sincère qu’il a entretenu pour sa patrie, sa famille et les valeurs suprêmes de la vie. En somme, sa carrière est une source intarissable de leçons de vie et de dévouement à une patrie arrachée et à une culture amazighe malmenée. Dans ce modeste article, un voyage agréable et douloureux dans l’univers de certaines chansons phares de Dda Slimane.

 L’exil : ce mal nécessaire

Il est difficile de dissocier Slimane Azem de l’exil. Ce dernier est le thème qu’il a le plus chanté avec ses peines et ses joies. Si certaines personnes avaient choisi de vivre en dehors de leur pays, Slimane a subi cette séparation au plus haut point. Dans les chansons qui ont abordé ce thème, il fait les vas-et-viens entre le présent et le passé tout en se projetant dans un avenir rempli d’espoir de vivre un jour chez lui, parmi les siens.  En écoutant ses albums, c’est l’histoire récente et lointaine de son peuple qui défile. Aussi, on saisit le degré de sa douleur et l’amertume de l’exil. Mais, qui a le contrôle de son destin?  En effet, on ne choisit pas sa patrie tout comme ses parents d’ailleurs. On a juste de la chance d’être ce qu’on est et d’avoir ce qu’on a. Cette philosophie existe bel et bien dans la tête des Amazighs(Berbères) du Maroc aux frontières d’Égypte. Est-ce une façon thérapeutique de se consoler devant tant d’échecs et de dénis qui secouent depuis des siècles les habitants d’Afrique du Nord? Il est difficile de répondre à cette question, mais ce qui est certain c’est que Les Amazighs n’ont jamais cessé de lutter pour leur terre et leur identité. Mieux encore, ils affichent fièrement leur appartenance à une civilisation millénaire et n’hésitent pas à donner leur vie pour que leur langue et leur culture vivent et non pas survivent. Mais, voilà, les appé !@#$%^&* des envahisseurs et les trahisons de certains Berbères ont disloqué la cohésion et l’unité de tout un peuple. L’empire romain a séjourné en Afrique du Nord presque 5 siècles, les Arabes ont décidé d’en faire leur résidence permanente. Quant aux Français, leur présence qui a pris fin après 130 ans y a laissé des séquelles ravageuses. Parmi ces dernières, l’exil. D’ailleurs, c’est pendant sa présence qu’elle a forcé les Nord-Africains à aller travailler dans ses usines ou à faire les deux guerres mondiales pour la libérer de l’Allemagne nazie. Donc, des jeunes Algériens et notamment des Kabyles pour ne citer que ceux-là ont été contraints d’aller en France pour subvenir aux besoins de leurs familles démunies qui crevaient la dalle dans les montagnes. Ils étaient très jeunes et illettrés. Certains ne faisaient que travailler pendant que d’autres suivaient des cours du soir pour apprendre à lire et à écrire. Il fallait bien se débrouiller dans un pays étranger. Et Slimane Azem a fait partie de ces derniers. Son histoire est à l’image de celle de son pays natal.  Installé à Longwy au Nord de la France, il s’est acheté un café dans lequel il chantait aux immigrants nord-africains et kabyles en particulier : «  Il nous chantait chaque soir. Il n’exigeait aucun tarif. Chaque client donnait ce qu’il pouvait, mais à l’époque il y avait du travail. Donc, on le payait bien. C’était un artiste unique»,  nous a dit Ramdane qui avait à peine 20 ans.

Slimane Azem comprenait évidemment la nostalgie qui rongeait ses compatriotes puisqu’il la subissait lui aussi. Il est devenu grâce à ses chants le pont qui liait les exilés à leurs familles, à leur culture et à leur terre natale. Ce qui explique donc l’omniprésence du thème de l’exil dans ses chansons. Parmi elles, El waqt agheddar, A Moh a Moh et ’Afrux ifireles’’. La première chanson ‘’El waqt agheddar’, dresse un tableau noir du  temps qui passe et qui joue des tours à l’être humain exilé, en principe provisoirement. Cependant, les circonstances font que ce provisoire dure et s’allonge au point de devenir permanent. Une réalité qui tourmente et qui piège l’immigrant qui ne rêve que de rentrer chez lui pour vivre parmi les siens. Il se sent piégé voire dépassé par le tourbillon de la vie et sa patience en prend des coups. À qui en parler? « L’exil nous a été imposé. Le jour, on rêve, la nuit on ne dort plus. Comment gérer ce cercle vicieux?». La seconde chanson ‘’ A Moh a Moh’’, quant à elle renvoie à ce beau pays qui est l’Algérie connue et reconnue en Afrique et qui est tant chérie par l’artiste. Dans cette œuvre, il fait une sorte de flashback de la genèse de son exil : «  Quand j’ai décidé de partir, j’ai promis aux parents de ne pas tarder à revenir. Ma jeunesse a été usée par les années qui se suivent à Paris. Je suis l’éternel malade qui attend le miracle. Je me suis habitué à l’exil, mon cœur est toujours attaché au pays ». Malheureusement, Slimane n’a pas réussi à tenir  sa promesse. Il ne pouvait pas rentrer au pays sans argent. Il ne supportait pas de vivre en France sans sa patrie et sa famille. Il s’est retrouvé dans un engrenage sans issue. Il a même peur de mourir en exil. Alors, que faire? C’est à ce niveau qu’intervient la troisième chanson ‘’ Afrux ifireles (l’hirondelle). À défaut de vivre chez lui, c’est plutôt sa patrie qui vit en lui désormais. Tous les moyens sont déployés pour s’informer de ce qui se passe au bled. Dans cette chanson, il charge l’hirondelle de transmettre ses messages au pays de ses ancêtres : «  L’hirondelle lance- toi dans les plaines du pays des Berbères. Ramène-moi les nouvelles du pays de Sidi Abderahmane. On souffre en exil, salue nos amis. Va en Kabylie, visite les montagnes, les plaines, les villages et  les forêts. Tu passeras la nuit sous mon toit ».

L’identité malmenée

Plusieurs chansons de Slimane Azem traitent de l’identité, de la langue, de la culture et du mode de vie des Amazighs. Dans Ledjdud (nos aïeux), il s’est questionné sur le parcours courageux de ses ancêtres. Comment étaient-ils jadis ? Pour lui, ils ont pu affronter les épreuves de la vie avec ce qu’ils ont de meilleur: l’honneur et la fierté. Aussi, la parole était le pilier de leur coutume. Ils n’ont jamais trahi le serment. Le pacte conclu avec l’autre est sacré. Ils n’ont besoin ni de témoins, ni de documents  pour le respecter. Point d’opportunisme dans leur façon d’être non plus. Et face à l’injustice ou la tyrannie, ils ne plient jamais. C’est ainsi que Slimane Azem voyait le passé glorieux de ses ancêtres Imazighen. Ces derniers ont toujours défendu leur terre bien avant les Romains. Malheureusement, l’histoire récente a mis de côté Massinissa, Jugurtha et tant d’autres. Cependant, il ne faut pas désespérer : « nos aïeux ont laissé la relève. Ils nous ont également légué les valeurs familiales et de fraternité, les terres et leurs richesses, l’identité, la langue et la culture. Les figuiers, les oliviers et les arbres majestueux sont les témoins incontournables de notre passé. » Ce qui est paradoxal, selon lui, est que les Kabyles au passé glorieux, se retrouvent comme des orphelins éparpillés à travers le monde. Certains ont quitté le pays par choix, d’autres par contrainte. Au sein de la demeure, ils ont semé la discorde. Ils ne s’entendent plus. La jalousie et la haine ont miné leurs rapports au grand bonheur de leurs ennemis. Aussi, dans son album ‘’Tamazirt’’, Slimane joue avec les mots et les paraboles. Il aimerait bien trouver quelqu’un qui pourrait interpréter son rêve dans lequel les tonnerres et les pluies torrentielles déboussolent la nature et les êtres. Les explications allaient bon train, mais lui il a compris ceci : «  Nous avons une histoire et une langue. Celle-ci s’appelle Tamazight. Nous devons l’enseigner avec détermination et fierté. Les détracteurs de Tamazight sont nos ennemis. Nous devons les affronter avec intelligence et dignité, car ce n’est qu’ainsi que nous pourrons imposer le respect à notre identité et à notre mémoire millénaire ». L’artiste est optimiste malgré les dégâts que la civilisation amazighe a subis. En effet, il compte sur le travail et le savoir-faire de la relève : « Les jeunes d’aujourd’hui sont capables de semer la paix, d’entretenir dignement la demeure et de sauvegarder l’héritage des ancêtres par l’honneur et par le savoir qui est à leur portée. J’espère qu’ils prendront conscience de tout cela. »

Femme kabyle : l’âme de la maison berbère

La femme kabyle est le pilier de la maison berbère. La vie tourne autour d’elle : « Toi la Kabyle,  tu es la sentinelle de la demeure. Tout tient grâce à toi ou tout s’écroule à cause de toi. Oriente ton mari et conseille tes enfants à aller dans le droit chemin à l’instar de tes voisins. Point de jalousie. N’envie personne. Ainsi, la vie sera clémente et agréable. Tout le monde vivra en paix. Tu es la gardienne de la mémoire et des valeurs berbères. » Il a chanté sa beauté, son dévouement. Pour lui, c’est cette femme qui embellit la Kabylie. La voir ramasser les olives ou l’entendre chanter habillée tout en couleur donne le goût de vivre à tout le monde.  Cependant, il admet que parfois, cette femme qu’il qualifie de perdrix s’isole pour cacher sa tristesse ou ses déceptions multiples à cause des injustices ou du poids des responsabilités qui pèsent sur ses épaules. Il lui demande de ne pas perdre espoir, car ses enfants ne l’oublieront jamais et le bonheur se pointera un jour à l’horizon.

La patrie : tamurt iw, ma passion

Il n’y a pas une situation plus cruelle que celle de vivre loin de sa patrie et sa famille. L’argent ne pourra jamais combler la douleur de l’exilé arraché à son milieu naturel. Parfois ceux qui vivent dans leur pays ne réalisent pas la chance qu’ils ont jusqu’à ce qu’ils le quittent. La nostalgie et la culpabilité de ne pas partager des moments de vie avec les siens rongent tellement l’émigrant qu’il se dissocie de la société d’accueil et plonge alors dans un univers propre à lui. Il se crée une patrie ou il reconstitue celle qu’il a perdue. Désormais, il vit mécaniquement son quotidien et la vraie patrie le hante tout au long de sa vie : «  Je ne t’habite pas, mais toi tu m’habites désormais jusqu’à la fin de mes jours.  Je n’ai volé ni tué. Je suis exilé malgré moi. C’est mon destin. J’habite ailleurs et toi tu habites mon cœur. Je chante aux émigrants et je leur souhaite de retourner chez eux et que les tracas de l’exil s’escomptent un jour. »

Les trahisons inattendues

Slimane Azem utilise beaucoup les paraboles pour exprimer sa pensée, mais aussi le langage direct et dur pour secouer les siens. Il est à la fois citoyen du monde et philosophe à ses heures.  Dans la chanson “A wi lan d el fahem”,  il implore le sage ou le clairvoyant de lui  expliquer les raisons qui poussent les proches à trahir, à poignarder dans le dos les leurs : « Les trahisons viennent toujours des proches. ». Il se demande alors pourquoi les apparences sont trompeuses à ce point. Pourquoi les figues sont-elles belles de l’extérieur, mais pourries à l’intérieur ? Pourquoi brime-t-on toujours les personnes calmes et dignes ? Pourquoi le fruit de tant d’efforts est toujours récupéré par des parasites ? Il utilise très souvent des images d’animaux pour illustrer la cruauté des hommes. Mais, comme dirait Si Mohand Oumhend : « Si laman i dyeka l xuf » Pis encore, dans la chanson amentass (nos tares), il s’attaque à ceux qui brisent les meilleures volontés d’Algérie au lieu d’imiter les peuples qui avancent, qui évoluent. Il est déçu de voir les corbeaux se pavaner dans l’espace public ou détenir les règnes du pouvoir pendant que les Lions sont relégués aux calendres grecques. Devant un tel dilemme, que faire ? L’artiste conclut ainsi : « L’injustice finit tôt ou tard par disparaître. Elle ressemble à la neige  qui fond doucement, lentement, mais sûrement. »

Djamila Addar

Une chanson de Slimane Azem sur l’exil :

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La tempête du siècle…

décembre 29, 2012

Pas moins de 45 cm de neige sont tombés sur Montréal et sa région en ce jeudi 27 décembre battant de deux centimètres le record enregistré en mars 1971.  On parle déjà de la tempête du siècle.

Tempête de neige sur Montréal - 27-12-2012 / 45cm de neige

Tempête de neige sur Montréal – 27-12-2012 / 45cm de neige

La neige, un incontournable de l’hiver canadien impressionne toujours; pas uniquement l’immigrant. Même les natifs du pays sont fascinés par cette glace cristalisée.

Pour le nouvel arrivant qui vit son premier hiver à Montréal (ce qui n’est plus mon cas depuis un bon bout de temps!), la vision des voitures ensevelies sous la neige le long des trottoirs frôle le surréalisme !

Noël et les fêtes de fin d’année ne sont pas prétexte à laisser les bancs et montagnes de neiges empester la vie des Montréalais avec une température moyenne de -10°! La ville prévoit de déneiger les 10 000 km de rues et trottoirs en sept jours.

Quelques photos prises après le passage de la tempête :

Tempête de neige sur Montréal - 27-12-2012 / 45cm de neige

Tempête de neige sur Montréal – 27-12-2012 / 45cm de neige

Tempête de neige sur Montréal - 27-12-2012 / 45cm de neige

Tempête de neige sur Montréal – 27-12-2012 / 45cm de neige

Tempête de neige sur Montréal - 27-12-2012 / 45cm de neige

Tempête de neige sur Montréal – 27-12-2012 / 45cm de neige

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Tempête de neige sur Montréal – 27-12-2012 / 45cm de neige

Tempête de neige sur Montréal – 27-12-2012 / 45cm de neige

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Tempête de neige sur Montréal - 27-12-2012 / 45cm de neige

Tempête de neige sur Montréal – 27-12-2012 / 45cm de neige

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Tempête de neige sur Montréal – 27-12-2012 / 45cm de neige

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Tempête de neige sur Montréal – 27-12-2012 / 45cm de neige

Tempête de neige sur Montréal - 27-12-2012 / 45cm de neige

Tempête de neige sur Montréal – 27-12-2012 / 45cm de neige

En vidéo …

Montréal sous la neige…(mtele.ca)…

Par Samir Ben Contactez moi

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Corruption à SNC Lavalin …

novembre 30, 2012

Je ne sais pas si le siège de SNC Lavalin à Alger jouxtera pour longtemps l’ambassade du Canada à Benaknoun dans la capitale algérienne.

Au rythme où vont les révélations sur la corruption dans la haute hiérarchie  de la firme montréalaise SNC Lavalin, certains analystes canadiens avancent même l’idée d’un démantelement pur et simple de la firme. Mais on en est pas encore là.

Siège social de SNC Lavalin à Montréal

Siège social de SNC Lavalin à Montréal

Je ne parle pas ici des affaires de la compagnie québécoise en Algérie mais au Canada même.

L’ex-président de SNC Lavalin, Pierre Duhaime, a été arrêté mercredi dernier par l’Unité permanente anti-corruption de la province  canadienne du Québec pour fraude et faux et usage de faux (plus de 22 millions de dollars contre un contrat de 1.3 millard de dollars pour la contruction d’un hôpital à Montréal).

Et ce n’est pas tout.  Selon les révélations des journaliste de la télévision de Radio Canada, d’autres hauts dirigeants sont accusés par la justice suisse de blanchiment d’argent à travers des sociétés écrans dans des paradis fiscaux dans la cadre de leurs opérations en Afrique du Nord (195 millions de dollars).

Si on sait qu’il s’agit en partie d’opérations menées en Libye, on ne sait pas encore si elles concernent aussi l’Algérie.

Pour l’histoire ….

Pierre-Elliott Trudeau (premier ministre du Canada) en visite en Algérie (mai 1981)...Juste après, SNC Lavalin obtient le contrat de Maqam chahid pour 150 millions de dollars suivi d'un autre de 450 millions de dollars pour tout Riadh el feth...

Pierre-Elliott Trudeau (premier ministre du Canada) en visite en Algérie (mai 1981)…
Juste après, SNC Lavalin obtient le contrat de Maqam chahid pour 150 millions de dollars suivi d’un autre de 450 millions de dollars pour tout Riadh el feth…

 

Plus de détails avec Radio-Canada :

L’ex-président de SNC-Lavalin Pierre Duhaime arrêté…

et

SNC-Lavalin : les paiements douteux s’élèvent à 195 millions de dollars…

Par Samir Ben Contactez moi

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Allah au pays des enfants perdus…

septembre 22, 2012

J’attendais depuis quelque temps la publication du premier roman de Karim Akouche, jeune écrivain et dramaturge Algérien d’origine kabyle qui vit au Québec depuis 2008.

C’est chose faite. Allah au pays des enfants perdus vient d’être publié aux éditions Dialogue Nord Sud (Montréal – septembre 2012).

Allah au pays des enfants perdus – roman de Karim Akouche – Editions Nord Sud – Montréal – Septembre 2012

La “culpabilité” d’avoir raté sa pièce théatrale Qui viendra fleurir ma tombe? où il aborde l’identité du peuple berbère à travers l’exil, ne me donnait aucune marge de manoeuvre pour passer à côté de la sortie de ce roman.

Alors, j’ai pris les devants et voilà que je m’en suis procuré une copie bien avant sa sortie officielle prévue le 6 octobre prochain.

Première impression sur la forme. Le livre est bien fait (l’auteur est aussi designer !).  Sur le fond, je ne l’ai pas encore lu mais un brin de causette avec l’auteur m’a donné envie de le lire au point où j’ai presque  écourté notre rencontre pour rentrer chez moi et commencer la lecture des 204 pages du roman.

Le titre, très vendeur par les temps qui courent ”relève juste de l’ironie” m’a-t-il assuré.

Le roman raconte “les destins d’êtres attachants qui cherchent à quitter un pays absurde” gangréné par la corruption et l’islamisme.

Petit extrait de Allah au pays des enfants perdus : 

« L’Algérie est une partie de dominos. Le peuple en est le double blanc : quand bien même il participe au jeu, sa voix n’est jamais prise en compte.» !!!

Plus d’informations :

Lancement du roman Allah au pays des enfants perdus…

Les éditions Nord Sud

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Le Québec, Twitter et moi…

juillet 30, 2012

Je m’apprête à suivre sur Twitter les élections québécoises.  Elles devraient être annoncées dans les prochains jours.

Et alors? me diriez-vous ?! 

J’ai un compte twitter un peu plus jeune que le service du petit oiseau bleu lancé en 2006.  J’avoue que même vivant dans un pays du G8, je ne l’utilisais pas beaucoup. Une question de coût !

Ceci s’explique aussi par le fait que mes contacts et mes amis  sont plus sur facebook.  Donc, je passe plus de temps sur facebook.

Au Québec (une province canadienne, si ca ne vous dit rien, pensez à Céline Dion !)

C’est la première fois au Québec que j’assiste et je mesure en ”live” l’impact des réseaux sociaux sur la vie politique – Je ne parle pas d’un changement de régime comme cela s’est fait en Egypte ou échoué en Iran !

Comme le Québec s’apprête à vivre une élection législative, probablement le 4 septembre prochain, après plusieurs mois d’agitation étudiante, les esprits commencent à sa chauffer sur Facebook et particulièrement sur Twitter.

On en est déjà à une première victime : un candidat d’origine arabe, un peu trop imprudent, et  qui a accusé sur Twitter, les indpendantistes québécois d’être racistes s’est vu exclus de son parti et ne pourra pas se représenter au nom de cette formation politique (Kamal G. Lutfi pour le parti Coalition Avenir Québec).

Les annonces de candidatures passent par twitter avant d’être entérinée….en conférence de presse le lendemain !

Les échanges entre candidats se passent en direct sur Twitter…et les candidats intéragissent avec les électeurs…Il est clair que ceci ne se passe pas sans risque pour les candidats s’ils ne font pas attention à ce qu’ils mettent dans les 140 caractères qu peut contenir un tweet.

A Alger !

Tout ça  me rappelle une histoire qui m’est arrivée à Alger pendant l’été 2010. Elle n’a rien à voir avec la classe politique algérienne ou le pouvoir algérien lui-même – Tous deux ne fonctionnant qu’avec la rumeur…

C’est celle de ce responsable dans la wilaya d’Alger que je devais rencontrer dans le cadre de mon travail de journaliste – bien sûr, je suis passé par la cellule de communication qui a organisé la prise de contact.

Naïvement, le jour J, j’appelle le responsable sur son téléphone mobile – il me l’avait donné auparavant.

Première tentative, deuxièeme tentative…nème tentative : Il ne répond pas ! Il a fini par m’envoyer un SMS : ”ceci est le téléphone d’un MESSOUL (responsable) !!!”….et mon téléphone à moi, il appartient à qui ?….c’est toute la différence entre un système qui donne l’impression, au moins, aux gens qu’ils comptent et un autre qui les écrase….

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Faut-il faire taire Omar Aktouf ?

juillet 22, 2012

La dernière contribution sur El Watan du professeur en management aux HEC de Montréal sur les choix économiques de l’Algérie a suscité une avalanche de commentaires pas toujours doux à son endroit (voir plus basm le lien sur la contribution ).

Youcef Bendada, économiste, vivant au Canada, part à sa défense. Je publie ici son texte en intégralité :

 

Faut-il faire taire Omar Aktouf ?

Omar Aktouf sort de sa réserve et,  comme à l’accoutumée, parle vrai. Il parle économie, gestion, management sans détours. Et puis, il cisèle ses phrases et ne prend pas de gants pour dire vrai.  Sa contribution, puisqu’elle est ainsi intitulée, est un cri du cœur d’un sociologue doublé d’un économiste connu et reconnu à travers le monde. Je n’exagère pas, puisque son école s’étend de l’Europe aux deux continents américains grâce à sa maitrise des langues anglaise, espagnole et portugaise.

Omar Aktouf, me semble-t-il, n’attend rien de quiconque. Il dit ce qu’il pense et dérange ceux qui courtisent. Omar Aktouf a lancé un cri que l’on veut déformer afin de le discréditer et l’éloigner de son devoir d’intellectuel prêt à servir sa patrie. À quoi alors servirait un intellectuel, si ce n’est pour dénoncer les (vraies) dérives de son pays lorsqu’il est en danger?

Pourquoi a-t-on voulu l’éloigner de son pays déjà dans les années 90, lorsque certaines autorités logées à El Mouradia ont demandé à une annexe de l’ONU de le bannir d’un programme économique au service des pays en développement, alors qu’il n’en coûtait pas un dinar à notre pays pour profiter de son savoir? Mais peut-être que, justement, le savoir que Omar Aktouf propose ne «plaît» tout simplement pas à bien des intérêts solidement installés dans et hors l’Algérie ?

Omar Aktouf, dont l’engagement pour son pays n’a d’égal que son franc parler et la justesse de ses analyses, dérange, tout bonnement, toute une série de «cliques» qui se sont donné pour «noble mission» le contrôle privé des richesses de notre pays, quitte à tenter de trouver théories et justifications là où il n’y en a plus : les modèles US et le néolibéralisme.

Pour preuve que Omar Aktouf a toujours eu raison, il suffit de lire ses ouvrages prémonitoires quant à la fabuleuse filouterie des Surprimes que le système financier américain a concoctée, plongeant le monde entier dans un tourbillon de mesures démentes de néolibéralisme, qui n’en finit plus, et dont les ressorts ne sont que sucer le sang des travailleurs et massacrer la nature tout en continuant à engraisser les banquiers et leurs complices, dont font partie, businessmen, politiciens, «experts» et autres «éminents professeurs».

L’appel de Omar Aktouf, si on veut bien le lire pour ce qu’il est : le cri du cœur d’un homme droit et authentique algérien, en plus d’être celui d’un des plus précoces et fins analystes (encore une fois mondialement connu et reconnu) des dégâts de la mondialisation, du néolibéralisme et du modèle US… est une bénédiction pour notre pays qui n’en peut plus de souffrir l’infinie boulimie de ces courtisans sans foi ni loi, qu’on nous présente, «théories fumeuses» à l’appui, comme les sauveurs de la nation.

Par ailleurs, ce cri de Omar Aktouf est une suite logique à son essai de fin des années 1980, publié sous le titre «Algérie, entre l’exil et la curée» : cet ouvrage dénonçait déjà l’inanité du mode de fonctionnement de notre économie,  et surtout, mettait clairement  à nu un système pourri ne favorisant que clanisme, corruption et maintien de l’économie algérienne dans un sous-développement endémique.

Omar Aktouf tente de construire une démarche et une stratégie  aussi désintéressées que sérieuses, démarche qui permettrait de maitriser les ressources, en particulier toutes les ressources de type bien commun et publiques, aux mains d’un État fort («véritable État» comme il le dit, et non «cliques» d’économie de bazar,  s’improvisant «gouvernants») qui veille à un usage du revenu national de manière équitable, à une juste répartition entre «entreprises», travailleurs, nature…

Traiter Omar Aktouf de «naïf», de «déconnecté», de «soviétiste»… et de  tous ces «noms d’oiseaux» que je vois de ci-de là, n’est, pour moi, que refus de voir sérieusement ce qu’il a à nous dire, et gratuite insulte à son intelligence et à l’approche rigoureuse-constructive qu’il imprime à son discours.

Ne laissons pas son cri se transformer en désespoir. Quant aux charlatans, ils peuvent continuer à bénéficier de tous les supports, rien n’y fera, l’économie nationale sera sauvée par ses enfants, et, espérons le, la multiplication des Omar Aktouf.

 

Youcef Bendada

Économiste/Montréal

Lien : La contirbution de Omar Aktouf

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